La suie qui tapisse les lieux incendiés et les alentours est classée cancérogène.
Photo : Marcus Yam, LA Times

Présente en grande quantité après un incendie, « la suie n’est pas qu’une simple saleté, c’est un contaminant qui présente de nombreux dangers », relate Josianne Roy qui depuis 2005 enseigne la chimie aux programmes collégiaux de Sécurité Incendie et de Sciences de la Nature au Campus Notre-Dame-de-Foy, un collège privé de Québec. Substance cancérogène, la suie « transporte à sa surface de nombreux contaminants par le phénomène d’adsorption. Ces contaminants transportés peuvent ensuite désorber (décoller) au contact de la peau ou entrer dans l’organisme par ingestion ou par inhalation. Par surcroît, la suie peut être corrosive lorsqu’elle transporte des contaminants acides ou oxydants, et endommager les objets qui entrent en contact avec elle. De par sa nature peu volatile, la suie se dépose facilement sur les surfaces solides et froides lors d’un incendie. À cela, ajoutons qu’elle est inflammable et qu’elle transfère facilement la chaleur lors d’un incendie », ajoute Mme Roy, consultante et titulaire d’une maîtrise en chimie  qui a réalisé divers stages en caserne dans différents services incendie du Québec.

Lisez ici le grand dossier qu’elle nous a préparé, La contamination de l’air et des lieux après un incendie.

Et ne manquez pas le feuillet Que faire après un incendie publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Celui-ci explique notamment qui contacter et comment vous protéger si vous êtes sensible aux produits chimiques et aux moisissures.

© Al Seib – LA times

Pour sa part, Josianne Roy recommande d’éviter l’usage des plastiques et des bois agglomérés aux résines de formaldéhyde dans les maisons car une fois enflammés, leurs composants pétrochimiques contribuent en général à rendre les incendies plus chauds, plus rapides et plus mortels que les feux de matériaux naturels et minéraux. Surtout, il faut recouvrir les mousses isolantes d’un matériau coupe-feu comme le gypse, tel que prescrit par les codes du bâtiment.

Dans la plupart des cas, les feux de mousses isolantes créent des feux « outrageusement sévères », nous a précisé par courriel l’expert californien Vyto Babrauska qui en 1976 est devenu le premier titulaire d’un doctorat en génie sur la protection des incendies. « Dans certains cas, puisque la mousse fond à basses températures, elle peut rétrécir et s’éloigner de la source de combustion et rien ne se produit. Mais il n’est jamais prudent de s’attendre à un tel résultat, puisque les feux sévères peuvent se produire », affirme le président de Fire Science and Technology, auteur de 250 articles scientifiques et rapports ainsi que du livre Heat Release in Fires, premier ouvrage sur la chaleur dégagée par les incendies.

Pour étayer ses dires, il nous a fait parvenir ces quatre articles :

Quantifying the combustion product hazard on the basis of test results

Wall insulation products : Full-scale tests versus evaluation from bench-scale toxic potency data

Smoke, Gas and Heat Release Data for Building Products in the Cone Calorimeter

Standard Room Fire Test Development at the National Bureau of Standards

 

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