Pourquoi l’inspection électromagnétique

Stéphane Bélainsky de la firme 3E mesure et atténue les ondes dans tous genres de bâtiments depuis 2005. Ici, il captait le champ électrique d’un câble de chauffage passant dans le plancher avec de la moustiquaire de métal mise à la terre au mur. « Si Bélainsky n’était pas là, il faudrait l’inventer », affirme le physicien Paul Héroux professeur de médecine et expert en toxicologie des ondes à l’Université McGill. © André Fauteux

Louise Nassif ne se considère pas hypersensible aux champs électromagnétiques, mais cette résidente de Sainte-Adèle sait que nous sommes tous plus ou moins électrosensibles, puisque nos cellules et organes fonctionnent par impulsions électriques.

« Le branle-bas autour de l’installation des compteurs intelligents en 2013 a suscité mon intérêt et c’est à cette période que j’ai commandé ma première inspection électromagnétique. »

C’est ainsi que le technicien Stéphane Bélainsky, propriétaire de l’entreprise 3E, lui a appris comment réduire son exposition aux extrêmement basses fréquences (EBF) du réseau et des appareils électriques ainsi qu’aux radiofréquences (RF)/micro-ondes pulsées des antennes et des appareils de télécommunication sans fil. Avec comme conséquences des améliorations subtiles mais tangibles dans son bien-être général.

« Mon sommeil s’est amélioré et un apaisement s’est produit en moi, dit-elle. Après quelques jours, je me suis sentie moins fébrile et plus calme, comme si mon corps était plus au repos, en paix. » 

Pourquoi mesurer les ondes

Subventionnée par le programme Habitation durable Victoriaville, l’inspection électromagnétique devrait être enseignée à tous les inspecteurs en bâtiment, selon le récent rapport de la Commission de l’État du New Hampshire sur les effets sanitaires et environnementaux de la technologie 5G, la cinquième génération de la téléphonie cellulaire.

Pourquoi mesurer les ondes alors que Santé Canada affirme que les lignes directrices internationales d’exposition aux champs électromagnétiques (CEM), tant pour les (EBF) que pour les (RF) nous protègent amplement? Parce que de nombreux experts et organismes, dont l’Académie américaine de pédiatrie, affirment que ces lignes directrices, écrites par les militaires et l’industrie pour ne prévenir que l’échauffement des tissus et autres effets aigus des expositions à court terme, ne protègent pas des effets craints à long terme, comme le cancer.

Plusieurs pays appliquent d’ailleurs le principe de précaution en la matière, dont la France, qui a interdit le Wi-Fi dans les garderies ainsi qu’au primaire hors des activités pédagogiques.

Un consensus émerge

Depuis les années 1960, des milliers d’études scientifiques (voir bioinitiative.org et emf-portal.org) ont démontré que les très faibles expositions répétées aux CEM sont bioactives. Ces études indiquent que les brèves expositions peuvent être nocives ou bénéfiques, mais qu’il faut aussi craindre la nocivité des expositions prolongées.

On sait par exemple que les ondes peuvent provoquer une cascade d’effets biologiques comme la fatigue chronique puisqu’elles minent la capacité des mitochondries de nos cellules à produire de l’énergie. De plus, elles peuvent stopper la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil qui combat la croissance des tumeurs, par la glande pinéale. En janvier 2021, le groupe d’experts BERENIS, qui conseille le gouvernement suisse en matière de CEM, publie un bulletin spécial historique : il conclut que la majorité des études animales et cytologiques publiées depuis 10 ans confirment que les faibles expositions aux ondes EBF et RF causent un stress oxydatif. Accélérateur de vieillissement et de maladie, le stress oxydatif équivaut à une forme de corrosion des cellules par lente électrocution, selon l’ingénieur en électricité britannique Steve Magee, expert en médecine légale des CEM (environmentalradiation.com). Par ailleurs, une cour allemande vient de sanctionner un chercheur lié à l’industrie qui attaquait la validité d’une étude concluant – comme plusieurs autres – que les ondes cellulaires endommagent l’ADN.

Ronald Melnick a conçu l’étude du US NTP. Aujourd’hui retraité, il conseille l’Environmental Health Trust. © ehtrust.org

Surtout, il faut savoir qu’en 2011 le Centre international de recherches sur le cancer (CIRC) a classé les RF dans la catégorie 2B, « peut-être cancérogènes pour l’humain ». Ceci parce que les « grands » utilisateurs du cellulaire (en fait seulement 30 minutes par jour pendant dix ans, ce qui est courant aujourd’hui) doublent leur risque de tumeur bénigne ou cancéreuse du même côté de la tête où ils tiennent le combiné. Or, en 2018, deux études sur les rats (US NTP et Institut Ramazzini), la première simulant les émissions d’un téléphone portable et la seconde le plus faible rayonnement d’une antenne cellulaire, ont démontré hors de tout doute que les RF peuvent causer des cancers.

Le plus inquiétant, c’est qu’il s’agissait des mêmes types de tumeurs (des schwannomes de la myéline isolant les nerfs tel le gliome, le plus mortel cancer du cerveau) que l’on observe à long terme chez certains de ces grands utilisateurs.

Quant aux EBF domestiques de 50/60 hertz, le CIRC les a classées 2B, en 2001, en raison d’un doublement du risque de leucémie chez les enfants surexposés.

Aide-toi, le ciel t’aidera!
Comme vous ignorez si vous êtes génétiquement prédisposés à la maladie, pas besoin d’être ou de devenir hypersensible pour chercher à vous protéger des ondes, fait remarquer Mary Redmayne, chercheuse australienne en épidémiologie et médecine préventive à l’Université Victoria de Wellington. « Si la capacité de réparation et le système immunitaire de la personne peu consciente des ondes ne suivent pas le stress causé par l’exposition chronique au rayonnement de RF, alors celle-ci accumulera des dommages cellulaires et autres jusqu’à ce qu’une maladie  devienne éventuellement apparente, peut-être des années plus tard », écrivait-elle dans un article redéfinissant l’électrosensibilité qu’elle a cosigné en janvier 2021, dans la revue médicale Electromagnetic Biology and Medicine.

Des scientifiques israéliens ont établi un lien entre l’utilisation du téléphone mobile et le cancer de la thyroïde. © next-up.org

Selon elle, la personne inconsciente que les ondes lui causent des dommages cellulaires d’abord invisibles, puis de l’inflammation subtile, est comme celle qui continue de s’exposer au soleil alors que sa peau est en train de brûler. Une telle inconscience pourrait s’avérer fatale si l’on considère que plusieurs maladies liées aux ondes, comme le cancer du cerveau et de la thyroïde ainsi que l’alzheimer, sont en nette progression.

Fait méconnu, l’incidence du gliome, la forme de cancer du cerveau la plus mortelle, est en hausse à l’heure du tout-au-sans-fil. https://research-information.bris.ac.uk/ws/portalfiles/portal/167945072/Full_text_PDF_final_published_version_.pdf

Les effets biologiques des ondes varient d’un individu à l’autre en fonction de nombreux facteurs, selon le docteur en radiobiologie Igor Belyaev, directeur du laboratoire de radiobiologie de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Académie des sciences slovaque, à Bratislava : les fréquences, l’intensité et autres caractéristiques des ondes en présence; la durée de l’exposition; les prédispositions génétiques du sujet; son hygiène de vie, dont la prise ou non d’antioxydants; son état de santé, en particulier de son microbiote intestinal qui est intimement lié à l’immunité et au cerveau; ainsi que l’état de son système nerveux, qui peut avoir subi diverses atteintes (monoxyde de carbone, moisissures, pesticides, formaldéhyde, métaux lourds, chocs électriques, traumatismes crâniens et émotifs, implants métalliques captant les ondes comme une antenne, etc.).

Fabriqués en Ontario, les analyseurs de radiofréquences Safe and Sound Classic et Pro utilisent notamment un code de couleur basé sur les limites d’exposition recommandées en baubiologie pour les zones de repos. © slt.co

Selon une récente revue de la littérature (Bevington, 2019), l’électrohypersensibilité touche 1,5 % des gens sévèrement, de 1,5 à 5 % modérément et de 5 à 30 % légèrement. Par exemple, selon l’ancien président de la Société cardiovasculaire canadienne, le Dr Hugh Scully, une personne sur cinq aurait une arythmie cardiaque préjudiciable causée par les RF. En décembre 2020, l’Académie nationale des sciences américaine concluait que les micro-ondes pulsées dirigées vers les ambassades américaines à Cuba, en Chine et dans d’autres pays étaient l’explication la plus définitive pour expliquer les dommages neurologiques subis par leurs diplomates. Ceux-ci souffraient notamment d’étourdissements, de fatigue, de maux de tête, de pertes d’audition, de mémoire et d’équilibre.

Les lecteurs allemands de Gigahertz Solutions sont les plus utilisés dans le monde par les professionnels de l’hygiène électromagnétique. © slt.co

Pour les personnes les plus handicapées par les ondes, les limites d’exposition aux ondes non fondées sur la science des effets non thermiques sont « une inacceptable forme de torture qui mène certaines personnes au suicide », puisque leur entourage ne reconnait pas que les CEM déclenchent leurs symptômes, selon l’ingénieur en électricité californien Larry Gust. Président de l’Institut américain de baubiologie, Gust œuvre dans le domaine des bâtiments sains depuis une trentaine d’années. Tout comme ses diplômés québécois Stéphane Bélainsky de la firme 3E (en 2005) et Julie Galipeau (fin 2016), Gust et les autres baubiologistes spécialistes du rayonnement électromagnétique reçoivent des appels au secours d’un nombre croissant de gens – parfois des familles entières – qui vivent des tragédies depuis l’installation massive des compteurs « intelligents », du Wi-Fi et d’autres antennes. « Ils me supplient de les aider à retrouver une vie normale, dit-il. Ces gens endurent une souffrance énorme. Ils ont de très douloureux et fréquents maux de tête, des nausées, de l’acouphène, la peau qui brûle, de l’arythmie cardiaque, des douleurs arthritiques, de la confusion mentale, des pertes de mémoire. Ils ont perdu leur droit inaliénable à une bonne santé. » 

La cause, selon lui : au 21e siècle, les technologies sans fil émettent dans la plupart des bâtiments des micro-ondes pulsées à des niveaux d’exposition des milliers de fois inférieurs aux limites thermiques, mais 24 heures sur 24. Heureusement, dans bien des cas il est assez facile de se protéger, par exemple en éliminant le sans-fil de nos maisons, à tout le moins le soir et la nuit.

Le lecteur grand public GQ EMF 390 mesure les basses et les hautes fréquences mais il n’est pas ultra précis.

Comment mesurer les ondes

Membre de la Commission sur la 5G du New Hampshire, le physicien Paul Héroux enseigne la toxicologie des CEM à la Faculté de médecine de l’Université McGill. Il recommande aux débutants dans la mesure de l’électrosmog le multimètre EMF-390 du fabricant américain GQ Electronics. Cet appareil revient à environ 200 $ et mesure à la fois les champs électriques et magnétiques domestiques (fréquences 60 hertz à 150 kilohertz) ainsi que les RF de 50 mégahertz à 8 gigahertz.

Par contre, les appareils à bas prix peuvent donner un faux sentiment de sécurité, car aucun n’est ultra précis sur une si large bande de fréquences. « Un appareil qui peut faire tout ça coûterait plusieurs milliers de dollars », explique le consultant ontarien Robert Steller, président de la firme Breathing Easy et ancien directeur de l’Institut américain de baubiologie.

Pour les novices, l’ensemble abordable MK5 de Safe Living Technologies comprend deux appareils très précis pour mesurer les CEM domestiques et les radiofréquences. © slt.co

Le baubiologiste californien Oram Miller est une des meilleures sources dans ce domaine. Voir sa page d’appareils recommandés à l’onglet EMF Meters and Instruments sur son site createhealthyhomes.com.

Fabriqués en Ontario, les analyseurs de radiofréquences Safe and Sound Classic et Pro utilisent notamment un code de couleur basé sur les limites d’exposition recommandées en baubiologie pour les zones de repos. © slt.co

La plupart des baubiologistes s’approvisionnent chez le fournisseur ontarien Safe Living Technologies (SLT), distributeur nord-américain des analyseurs allemands Gigahertz Solutions, reconnus par les autorités judiciaires et médicales allemandes. Pour les novices, son ensemble MK5 à 393 $ comprend deux appareils très fiables livrés dans une petite valise de plastique : l’analyseur ME 3030B Gigahertz Solutions couvrant les EBF de 16 à 2 000 Hz émises par les câbles et appareils électriques, ainsi que le détecteur Safe and Sound Classic de RF entre 200 mégahertz et 8 gigahertz. Fabriqué par SLT, ce dernier est un appareil ultra précis (à +/- 6 dB) qui émet divers sons caractérisant les sources ainsi qu’un signal lumineux dont les couleurs (du vert au rouge) correspondent aux Valeurs indicatives pour les zones de repos protégeant contre les effets des RF à long terme déterminées par l’Institut für Baubiologie + Nachhaltigkeit allemand.

Lignes directrices IGNIR 2021 pour l’exposition au rayonnement non ionisant (© ignir.org). † Moyenne basée sur une exposition de 6 minutes. Les foetus, les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les malades, les personnes avec des implants métalliques et les électrohypersensibles sont plus affectés par les ondes. Leurs symptômes peuvent être faibles, modérés ou intenses. G-S Units = Unités Graham-Stetzer de hautes fréquences transitoires ou électricité sale. Si on utilise des filtres Greenwave, ce fabricant recommande sous 25 mV et d’éviter de dépasser 50 mV. Il n’y a pas de rapport direct entre les unités Graham-Stetzer et les mV car cela dépend des fréquences d’électricité sale mesurées.

En se basant sur les milliers d’études indépendantes résumées par les rapports bioinitiative.org, Larry Gust recommande d’éviter une exposition prolongée aux RF dépassant 60 microwatts par mètre carré (μW/m2). Pour leur part, les nouvelles lignes directrices internationales IGNIR recommandent de limiter l’exposition chronique entre 0,1 et 100 μW/m2. Comparativement, la limite du Code de sécurité 6 canadien (pour éviter les effets thermiques d’une brève exposition) est de 4,5 millions μW/m2!

Larry Gust souligne qu’il faut toujours tenir compte des expositions crêtes (maximales) et non des moyennes comme le font les industriels tel Hydro-Québec pour ses compteurs nouvelle génération. Car, si je vous ébouillante une fois sur dix, le fait que je vous arrose avec de l’eau tiède les neuf autres fois ne vous soulageront pas! Tenir compte des crêtes est d’autant plus critique que la moëlle osseuse d’un enfant absorbe 10 fois plus les RF/micro-ondes que celle d’un adulte, selon une étude (Christ et al, 2010) citée par le gouvernement français.

Pour les champs magnétiques domestiques, générés par la consommation de courant quand un appareil est allumé, l’idéal dans les chambres est d’être sous 20 nanotesla (nT) ou 0,2 milligauss (mG). Paul Héroux recommande de se tenir sous 100 nT (1 mG) la plupart du temps, parce que sous son microscope il voit déjà des effets néfastes sur des cellules leucémiques à partir de 25 nT (0,25 mG).

Les champs électriques EBF sont produits par le voltage et sont donc toujours présents dans un appareil (allumé ou non) ou un câble électrique sous tension. L’Institut de baubiologie conseille de s’en tenir sous 5 volts par mètre dans les chambres. Ces champs électriques ont été liés notamment à des risques accrus de leucémie chez les employés d’Hydro Ontario.

Ensuite, les baubiologistes recommandent de limiter sous 100 millivolts les tensions corporelles induites par les CEM de courant alternatif (CA ou AC en anglais – voir l’Ensemble de mesure du voltage corporel AC sur em3e.com).

Sur un oscilloscope, on voit clairement comment l’électricité sale (en rouge) augmente quand on utilise un appareil créant beaucoup d’interférence, dans ce cas-ci par un système de stockage d’électricité Powerwall, de Tesla. © William Holland

L’électricité « sale »

Enfin, il est très important de mesurer l’interférence de hautes fréquences transitoires (HFT ou électricité sale) générée par les appareils électroniques, car elles seraient des cancérogènes universels, selon l’épidémiologiste américain Samuel Milham, auteur du livre Dirty Electricity – Electrification and the Diseases of Civilization.

Les HFT sont de très brèves surtensions aux fréquences dans les kilohertz qui parasitent l’onde 60 Hz. Elles se mesurent avec un oscilloscope ou un lecteur de marque Stetzerizer ou Greenwave. On les atténue d’abord en réduisant ou en éliminant l’utilisation d’appareils électroniques qui en génèrent beaucoup, en particulier l’éclairage fluorescent, les rhéostats (dimmers en anglais), les onduleurs de basse qualité (ils doivent produire une onde sinusoïdale pure) et autres appareils dont le bloc d’alimentation découpe (on/off) l’onde. Les HFT résiduels se corrigent avec des « filtres » condensateurs fournis par les mêmes fabricants.

La toxicologue ontarienne Magda Havas a beaucoup étudié les HFT, notamment dans le cadre d’une petite étude effectuée dans une école torontoise. Sur 18 enseignants, 45 % étaient moins fatigués et 35 % se sont dit en meilleure santé après la pose de filtres Graham-Stetzer à leur insu sur des prises électriques de leur salle de classe, tandis que 80 % des plus jeunes écoliers ont vu leur comportement et leur productivité s’améliorer. Par contre, certains écoliers et enseignants se sentaient moins bien après la pose de ces filtres. Ceux de marque Greenwave, qui sont mis à la terre et filtrent une plus large bande de fréquences, sont souvent mieux tolérés par les personnes hypersensibles.

Se faire guider par un pro

De même, brancher l’un ou l’autre de ces filtres condensateurs dans une prise avec des câbles inversés ou mal vissés génère des champs magnétiques importants dans l’ensemble du circuit. L’idéal est de toujours mesurer les CEM avant et après avoir appliqué une mesure d’atténuation, afin de s’assurer que l’on ne crée pas un autre problème.

Un baldaquin doté de tissu blindant SwissShield. © slt.co

C’est là que l’aide d’un professionnel peut s’avérer utile, également si l’on utilise un tapis ou autres produits de mise à la terre corporelle reconnus dans plusieurs études (earthinginstitute.net) comme ayant un effet anti-inflammatoire. Par contre, ils peuvent être dangereux si on les utilise mal et qu’ils augmentent le voltage corporel au lieu de le diminuer. L’aide d’un professionnel est aussi nécessaire pour appliquer efficacement les mesures de dernier recours que représentent les produits de blindage, comme la peinture au graphite YShield ou un baldaquin ou autre produit de coton et cuivre argenté Swiss Shield, qui évitent à bien des hypersensibles de devoir déménager d’une habitation trop polluée par les ondes de sources extérieures comme les antennes relais. Mise en garde de Stéphane Bélainsky : « Beaucoup de vêtements en nylon plaqué de particules métal les perdent au lavage. »

Bien que plusieurs le fassent par pure prévention, la plupart des gens embauchent un expert en hygiène électromagnétique parce qu’ils n’arrivent pas à résoudre un problème eux-mêmes. Par exemple, dans le grand Montréal, une inspection faite par Stéphane Bélainsky, de 3E, coûte typiquement entre 300 $ pour un studio et 610 $ pour une grande maison. Et elle comprend un rapport écrit détaillant l’intensité des divers CEM à divers endroits de chaque pièce de la maison.

Le maître électricien Jean-Claude Morin, de Magog, est souvent recommandé par Stéphane pour régler des problèmes électriques, notamment de mise à la terre inefficace ou problématique générant des courants de fuite. « Je fais des corrections à toutes les semaines un peu partout en province, explique M. Morin. Il faut mesurer les CEM avant et après pour valider notre travail. L’inspection électromagnétique est importante parce qu’on est pollué par l’aqueduc et la plomberie métalliques sur lesquels circule des microcourants générateurs de champs magnétiques. Aujourd’hui, c’est un sérieux problème, par exemple si on fait du chauffage radiant à eau chaude avec des calorifères en fonte, en cuivre ou en acier. La solution : transférer la mise à la terre de l’entrée électrique sur des tiges métalliques enfouies, comme à la campagne, et remplacer une partie de l’entrée d’eau métallique par une section ‘‘diélectrique’’ en plastique, pour stopper l’entrée des microcourants s’introduisant de l’extérieur. » Parfois il faut demander à Hydro-Québec de régler un problème de courants vagabonds dans le sol, un sérieux problème bien documenté par Magda Havas.

Selon Jean-Claude Morin, le problème des HFT (l’électricité sale) « empire de plus en plus. La qualité de l’onde n’est plus ce qu’elle était il y a dix ans, depuis que le 60 hertz est frappé par les compteurs ‘‘intelligents’’ et les autres patentes électroniques avec blocs d’alimentation à commutation et des puces à gauche et à droite. On est dans une vapeur quelconque! Les fils électriques deviennent un peu des antennes quand on branche un émetteur Wi-Fi sur les prises de courant. J’essaie toujours de gérer les problèmes à la source et je refile ceux concernant les HFT à Stéphane. Mais quand l’électricité sale est si forte qu’on ne peut pas la gérer, on met un conditionneur de ligne sur l’entrée électrique. »

Shungite et autres harmoniseurs

Et qu’en est-il des harmoniseurs d’énergie? Ils ne réduisent pas l’intensité mesurable des champs, mais certains comme la shungite et les compensateurs CMO neutraliseraient la nocivité des ondes artificielles, selon de nombreux témoignages de clients soulagés. Selon le livre La shungite, énergie de vie, de Regina Martino (Ambre, 2011), cette pierre noire inverse la torsion gauche (rétrogyre) néfaste des CEM artificiels, lui donnant la torsion droite (lévogyre) du vivant, en plus de corriger les anomalies géomagnétiques et de hausser significativement l’énergie vitale. L’effet de la shungite sur le rayonnement des cellules vivantes, que les anciens appelaient prana, chi ou qi, est mesurable selon elle notamment avec l’antenne de Lécher et la bioélectrographie par photo Kirlian. En 2017, une étude faite à l’Université Yonsei, en Corée du Sud, a même démontré que la shungite a un effet antioxydant et anti-inflammatoire contre les dommages causés par les rayons ultraviolets B sur la peau de souris sans poils.

Sachez toutefois que l’efficacité de la shungite dépend de sa densité qui doit être proportionnelle à la puissance des ondes. Comme la shungite coûte cher, on est donc doublement gagnant si l’on réduit les sources d’électrosmog. « Étant hypersensible, c’est avec des quantités de shungite importantes que je suis arrivée à me protéger adéquatement », explique Dianne Breton de Sainte-Agathe-des-Monts, qui affirme mieux tolérer le Wi-Fi, les poils d’animaux et les produits chimiques depuis qu’elle s’est procuré divers produits de shungite. Lire son témoignage ici.

« La shungite fait du fine tuning mais il faut corriger la source », confirme José Lévesque, vice-président du Rassemblement électrosensibilité Québec et directeur de l’entreprise Vert-Techno qui offre des solutions câblées permettant de naviguer sur Internet sans Wi-Fi, même avec une tablette ou un cellulaire. « Dans mon camion, je suis content d’avoir de la shungite, mais si j’allume le Bluetooth ou que je suis près d’un routeur Wi-Fi, je ne me sens pas bien. Ça dépend de la sensibilité de la personne. »

Et comme en vieillissant dans un monde pollué de plus en plus de gens deviennent sensibles aux ondes, Louise Nassif et d’autres citoyens prudents préfèrent réduire leur exposition le plus possible. « La santé, dit-elle, c’est aussi savoir que l’on n’est pas exposé inutilement et de façon prolongée à des fréquences ou des champs qui, selon des études assez poussées que j’ai lues, sont nuisibles pour la santé. Ça nous rassure. »

Pour en savoir davantage

Champs électromagnétiques : douze façons de se protéger

 

 

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