Les tests effectués en laboratoire simulent l'absorption des ondes par le crâne modelé sur celui d'un militaire de 6'2'' et 220 lbs, ce que dénonce l'Académie américaine de pédiatrie.

« C'est un véritable coup de tonnerre qui vient de s'abattre sur le géant californien Apple et qui risque de se répandre à travers l'Europe », commentait vendredi dernier l'organisme français Alerte Phonegate, à l'origine d'un scandale qui rappelle celui du Dieselgate où Volkswagen avait truqué les tests d'émissions polluantes de ses véhicules. 

Le 12 septembre, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) annonçait le retrait provisoire de l'iPhone 12 pour dépassement du niveau réglementaire européen du débit d'absorption spécifique (DAS) du rayonnement des champs électromagnétiques (CEM) de radiofréquences (RF) dans les bras et les jambes des utilisateurs. Les distributeurs avaient l'obligation immédiate de le retirer des points de vente.

L'iPhone 12 est le premier des téléphones intelligents d'Apple à être épinglé par l'ANFR, selon Alerte Phonegate. Les tests de DAS ont été réalisés par le laboratoire allemand CTC Advanced en 2021. Selon l'ANFR : 

« Ils doivent ainsi respecter les valeurs limites réglementaires de 4 watt par kilogramme (W/kg) pour le DAS des membres et 2 W/kg pour le DAS « tronc » concernant la tête, le cou et le tronc. Les mesures de l’ANFR ont révélé une valeur de DAS « membre » dépassant cette limite, soit 5,74 W/kg. En revanche, les valeurs de DAS « tronc » sont conformes. »

Apple a contesté ces conclusions, affirmant que l'appareil, sorti en 2020, a été certifié par des organismes internationaux et qu'il est conforme à la réglementation, rapporte l'Associated Press. Mais à l'époque les fabricants pouvaient tester leurs appareils à au moins 5 mm d'un corps « fantôme » en plastique. Les tests sont désormais faits à 0 mm de la tête et des membres du fantôme mais jusqu'à 25 mm ou un po du tronc. Le Canada a adopté des limites DAS et distances de séparation similaires, mais le protocole d'essai français diffère. Le porte-parole du ministère fédéral Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), Sean Benmor, explique pourquoi l'iPhone 12 a pu échouer au test français et être conforme au Canada : « Les paramètres opérationnels, tels que la fréquence et la puissance, d’un téléphone intelligent comme le iPhone 12, peuvent varier d’un pays à l’autre. Conséquemment, un produit échouant la conformité avec les exigences de la France ne se traduit pas automatiquement en résultat non conforme aux limites applicables canadiennes. »

Les tests d'absorption du rayonnement par les membres n'ont été imposés en France qu'à partir de juillet 2020, selon le site Nextinpact.

Ce 15 septembre, Apple a accepté de réaliser une mise à jour logicielle mais seulement pour s'adapter au protocole de test de DAS spécifique de la France, rapporte le BBC. À défaut, le fabricant risquait, selon le ministre français du Numérique Jean-Noël Barrot, une demande de rappel de l'ensemble des iPhone 12 vendus en France.

Mais la tempête médiatique qui a suivi le retrait provisoire de l'iPhone 12 est passée complètement à côté des véritables enjeux : la réussite d'un test DAS leurre les utilisateurs en les laissant faussement croire, avec la bénédiction des autorités sanitaires, à l'innocuité de l'exposition quotidienne et prolongée au rayonnement RF/micro-ondes émis par les cellulaires. Sans oublier que les Canadiens et le reste de l'humanité continuent d'être plus exposé que les Français à ces ondes soupçonnées cancérogènes!

En 2019, le quotidien Chicago Tribune a commandé des tests indépendants de DAS sur onze modèles Apple, Samsung et Motorola. Ils ont été effectuées dans des conditions réalistes d'utilisation, soit pendant 18 minutes et en mesurant le DAS à entre 2 et 15 mm de distance de la source, par un laboratoire accrédité par le gouvernement américain. Ils ont révélé que plusieurs modèles de cellulaires autorisés étaient en fait non conformes à la limite règlementaire américaine. Dans cette enquête indépendante, la plus ambitieuse jamais réalisée sur le sujet, plusieurs appareils iPhone 7 donnaient une dose de RF jusqu'à deux fois plus élevée que ce qu'Apple avait rapporté aux autorités. Il faut savoir que les fabricants peuvent choisir le laboratoire d'essai et le succès d'un seul appareil au test de DAS permet de le vendre à des millions de copies, soulignait le reporter du Tribune, Sam Roe, un récipiendaire du prestigieux prix de journalisme Pulitzer. De plus, le test est faussé car il n'utilise qu'une seule radiofréquence (l'onde porteuse) alors qu'un téléphone en conversation et téléchargeant des données en émet plusieurs, dont des extrêmement basses fréquences (60 Hertz).

Apple a contesté les tests du Tribune parce qu'ils ont été faits à moins de 5 mm, la distance permise à l'époque. Suite aux plaintes de fabricants, le laboratoire a refait les tests en activant des senseurs conçus pour réduire la puissance d'émission de l'appareil lorsqu'il s'approche du corps. Cette fonction n'est pas toujours fiable pour réduire l'absorption de micro-ondes par les utilisateurs, affirmait cette semaine l'ingénieur québécois Pedro Gregorio, en entrevue avec Nicolas Pineault. Son autre invité, l'avocat montréalais Charles O'Brien, y parlait d'une action collective acceptée contre Apple et Samsung qui sont accusés d'enfreindre la loi de protection du consommateur en n'informant pas celui-ci des risques associés au rayonnement des cellulaires, ni comment s'en protéger. O'Brien demandait qu'on lui écrive à l'adresse bluegreenlaw@gmail.com si l'on soupçonne avoir fait un cancer (cérébral, du sein, colorectal, etc.) à cause d'un cellulaire allumé souvent placé dans une poche ou un soutien-gorge.

Le rayonnement de radiofréquences micro-ondes des appareils sans fil pénètre plus profondément dans le crâne d'un enfant qui est plus mince que celui d'un adulte.

Des tests peu représentatifs

Sachez que les tests de DAS sont jugés désuets et nullement protecteurs de la santé publique, notamment par l'Académie américaine de pédiatrie, car ils ne reflètent pas l'exposition réelle (notamment des enfants) aux ondes dans des conditions normales d'utilisation d'un cellulaire. En effet, aussitôt qu'il est allumé, il émet régulièrement des micro-ondes pulsées pour mettre des applications à jour, signaler sa présence aux antennes environnantes, etc. Surtout, ces tests sont faits avec un crâne ou un tronc en plastique modelés sur ceux d'un militaire de 6'2'' et 220 livres. Or, le corps d'un enfant est beaucoup plus vulnérable aux ondes et il absorbe proportionnellement à son poids un niveau plus élevé du rayonnement qui pénètre plus profondément dans son crâne qui est plus mince que celui d'un adulte.

Le DAS n'est pas une mesure réaliste également parce qu'il est mesuré avec un cellulaire émettant à sa puissance maximale mais sur une seule fréquence. « Aujourd'hui, la plupart des téléphones intelligents utilisent plusieurs fréquences différentes lors d'un seul appel, ou lors de plusieurs utilisations simultanées du téléphone » explique le site de l'organisme américain Environmental Health Trust (EHT). 

Qui plus est, les tests de DAS ne visent qu'à éviter, après une exposition de six minutes, l'échauffement des tissus humains d'un degré Celsius. Cet échauffement est le seul danger biologique des RF reconnu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui n'a pas tranché sur les risques non thermiques comme le cancer, documentés notamment par les chercheurs indépendants membres de la Commission internationale sur les effets biologiques des champs électromagnétiques. Plusieurs études indiquent que l'exposition chronique au rayonnement de RF/micro-ondes génère de l'oxydation augmentant la création de radicaux libres et d'espèces réactives de l'oxygène néfastes, affaiblissant les membranes cellulaires et générant des protéines de choc thermique nuisant à la réparation et la défense cellulaires, et pouvant ouvrir la barrière hémato-encéphalique protégeant le cerveau contre les virus et les polluants (lire ce rapport déposé au Sénat français). 

https://ehtrust.org/wi-fi-wireless-radio-frequency-radiation-can-damage-the-blood-brain-barrier/#:~:text=Radiofrequency%20radiation%20exposure%20has%20also,effects%20such%20as%20neurodegenerative%20disease.

En 2011, le Centre international de recherches sur le cancer (CIRC) de l'OMS a classé les RF comme « peut-être cancérogènes pour l'humain » sur la base d'un risque accru de gliome (le cancer du cerveau le plus mortel) chez certains utilisateurs réguliers du cellulaire pendant dix ans. Le CIRC de l'OMS réévalue présentement cette classification sur la base des études récentes mais la composition du comité d'experts, dont plusieurs sont liés à l'industrie des télécommunications, est dénoncée.

Le gliome, une maladie des riches?

Ce cancer est plus présent dans les comtés au niveau socioéconomique élevé, selon une étude publiée en 2019 dirigée par David Côté, à l'époque chercheur à l'Université Harvard et aujourd'hui résident en neurochirugie à l'Université de la Californie. Le risque de le développer est plus élevé chez les gens qui adoptent le cellulaire au quotidien avant l'âge de 20 ans et le risque est plus élevé du même côté de la tête où l'on appuie le combiné, selon les études de l'oncologue et épidémiologiste suédois Lennart Hardell, également pionnier des études sur la cancérogénécité de la dioxine, des BPC et de l'herbicide glyphosate (Roundup).

Le risque de gliome augmente de 60 % chez les gens qui utilisent un cellulaire en moyenne 17 minutes par jour sur une décennie, selon une méta-analyse de 46 études épidémiologiques réalisée en 2021. Publiée dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health, elle montre que le rayonnement des téléphones portables peut augmenter le risque de cancer et de tumeurs non malignes, de troubles et de maladies neurologiques et de troubles de la reproduction. Les risques sont également accrus par le rayonnement Wi-Fi, selon plusieurs études. Les auteurs de la méta-analyse ont répliqué aux critiques formulées par des chercheurs membres de l'organisme ICNIRP qui publie les limities d'exposition thermiques adoptées par la plupart des pays. Le conflit d'intérêts entourant les membres de l'ICNIRP avec l'industrie sont bien documentés, notamment au parlement européen.

« Voulez-vous attendre d'avoir des preuves concluantes de maladies ou agir pour réduire le risque, par précaution? », demandait la fondatrice de l'EHT, l'épidémiologiste Devra Davis, ancienne conseillère du président Clinton en matière de pollution chimique, dans le cadre de l'EMF Medical Conference 2021 dont toutes les présentations peuvent désormais être visionnées en ligne gratuitement. Dans celle sur le cancer du cerveau avec Dre Davis, deux neurochirurgiens disent s'inquièter de voir de plus en plus de patients atteints d'un gliome, une maladie surtout associée aux personnes âgées parce qu'elle prend normalement des décennies à se manifester. Et ce, d'autant plus que de la plupart des jeunes sont connectés et donc surexposés aux ondes 24 heures sur 24, portant constamment leur cellulaire ou le laissant allumé sur leur table de nuit, voire sous leur oreiller, réduisant leur sécrétion cérébrale de mélatonine réglant leur horloge biologique et luttant contre le cancer.

Des délais qui s'allongent de plus en plus

En France, les tests réalisés sur une série d'iPhone 12 remonte à 2021, de même que pour l'iPhone 13 dont le contrôle est toujours en cours à l'ANFR. « Nous constatons avec regret qu'il aura fallu près de deux années pour que la sanction tombe et que les possesseurs d'iPhone 12 soient informés de la surexposition causée par leur téléphone intelligent. Un délai beaucoup top long et qui ne profite qu'au fabricant à la pomme, dénonce le lanceur d'alerte français Marc Arazi, directeur de l'association Alerte Phonegate qui n'a pas pu accéder spécifiquement au rapport de test qui ne figure pas actuellement dans la base de données de tests DAS de l'ANFR. 

« Nous allons aussi immédiatement nous assurer que l'ANFR informe les instances européennes et comme l'a annoncé le Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, le 1er septembre 2023, dans une réponse écrite à l'eurodéputée polonaise Beata Mazurek, que l'iPhone 12 soit aussi retiré de l'ensemble du marché européen. »

« Les allégations d'Alerte Phonegate, ainsi que l'étude de 2016 réalisée par l'Agence nationale française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), sont préoccupantes, a répondu Thierry Breton. En effet, les téléphones mobiles non conformes à la directive relative aux équipements hertziens (RED) ne doivent pas être mis sur le marché de l'Union européenne. »

Ce sont maintenant 43 modèles de téléphones portables, reconnus comme dangereux pour la santé des utilisateurs, qui ont été soit retirés du marché français ou ont vu leur DAS faire l’objet d’une mise à jour logicielle. Les derniers en date : l'iPhone 12 d'Apple, le Motorola Edge, l’Essentiel Clap 20+, le Xiaomi Poco X3 et le Logicom Le Swipe.

Études contradictoires

Le ministre français du Numérique, Jean-Noël Barrot, a déclaré que les niveaux de radiation de l'iPhone 12 sont encore bien inférieurs à ceux qui, selon les études scientifiques, pourraient nuire aux utilisateurs. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), citée hier par l'Agence France Presse, a ajouté que « rien n'indique pour l'instant que l'exposition à des champs électromagnétiques (CEM) de faible intensité, soit dangereuse pour la santé humaine » et ce « malgré de nombreuses recherches ».

Les résultats des diverses études sont effectivement mitigés, explique la journaliste asiatique du Washington Post, Kelsey Ables. « La question est difficile à étudier : les scientifiques ne peuvent pas, pour des raisons éthiques, exposer des êtres humains à des rayonnements élevés, et les études qui demandent aux gens de réfléchir à leur utilisation du téléphone sont sujettes à l'erreur humaine. » Il y a aussi débat d'un pays à l'autre concernant l'incidence des gliomes (les tumeurs cérébrales les plus mortelles) qui semble augmenter au Royaume-Uni et à Malte mais pas au Canada ni aux États-Unis.

La plus importante étude sur les dangers du cellulaire a coûté 25 millions de dollars et a été fait par le programme national de toxicologie des National Institutes of Health américains. Les chercheurs ont exposé des rats et des souris à des niveaux élevés de rayonnement de téléphones cellulaiers et ont obtenu des « preuves claires » d'une augmentation du risque de tumeurs, ainsi que de dommages à l'ADN ou aux tissus et un poids corporel plus faible chez certains rats. Lorsque l'étude a été publiée en 2018, John Bucher, un scientifique impliqué dans la recherche à US National Toxicology Program, a déclaré aux journalistes qu'il ne pouvait pas extrapoler à partir des données les effets sur la santé des humains. Le fait que les rats mâles aient développé des tumeurs dans les nerfs autour de leur cœur suggère que les radiations des téléphones portables pourraient être un cancérogène "faible", a déclaré M. Bucher. Ces résultats ont toutefois été répliqués en Italie dans une étude publiée la même année par des chercheurs de l'Institut Rammazini qui ont exposé des rats à des niveaux de rayonnement plus faibles correspondant aux émissions d'antennes cellulaires. Les résultats probants de ces deux études (dont des dommages à l'ADN) ont incité plusieurs experts à recommander à l'OMS de classer les radiofréquences comme « probablement cancérogènes pour l'humain ». (Lire Les preuves que les ondes radio sont cancérogènes.)

De plus, les rats ont développé le même type de tumeur (un schwannome) dont les risques sont plus élevés chez les gens qui parlent quotidiennement au cellulaire. Une nouvelle étude italienne rapporte d'ailleurs le cas d'un homme de 40 ans qui a développé une tumeur dans la cuisse au niveau de la poche avant gauche où il rangeait habituellement son cellulaire. « Il s'agissait d'un schwannome, un type de tumeur qui apparaît régulièrement dans les rapports sur les téléphones portables, rappelle Louis Slesin, l'éditeur de la très respectée lettre new-yorkaise Microwave News. Les grandes études animales menées par le National Toxicology Program des États-Unis et l'Institut Ramazzini d'Italie ont révélé l'existence de schwannomes malins chez les rats exposés aux radiofréquences. C'est cette découverte qui a conduit le NTP à conclure qu'il existait des "preuves évidentes" de cancer. Le neurinome de l'acoustique, un schwannome du nerf reliant l'oreille au cerveau, est lié aux téléphones portables depuis plus de 20 ans. Il existe bien d'autres liens entre l'exposition aux radiofréquences et cette famille de tumeurs. »

Les schwannomes sont des tumeurs des cellules de Schwann constituant la myéline ou gaine isolante des nerfs qui seraient endommagées par les RF/micro-ondes, tout comme ce qui se produit dans les cas de maladies neurodégénératives comme la sclérose en plaques et la maladie de Lou Gherig (sclérose latérale amyotrophique).

Symptômes et mesures de protection

Les experts comme ceux de l’Environmental Working Group et du Département de santé publique de la Californie recommandent de préférer le téléphone filaire, d’utiliser les textos en général, d’éviter le cellulaire quand la réception est mauvaise (il augmente alors la puissance de ses émissions et donc l'exposition de l'utilisateur) et de ne l’utiliser que pour faire de courts appels urgents.

Les rayonnements de radiofréquences micro-ondes des antennes relais peuvent également provoquer des troubles neurologiques, notamment des maux de tête, de la fatigue, des troubles de la mémoire et du sommeil, ainsi qu'une hypersensibilité électromagnétique, a indiqué un des auteurs de l'étude, le chercheur Joel Moskowitz, directeur du Centre pour la santé familiale et communautaire de l'Université de la Californie, à Berkeley.

« Tout d'abord, minimisez votre utilisation des téléphones portables ou des téléphones sans fil - utilisez une ligne fixe chaque fois que possible, a déclaré Moskowitz au journal Daily Californian dans un courriel. Si vous utilisez un téléphone portable, éteignez le Wi-Fi et le Bluetooth si vous ne les utilisez pas. »

Afin de limiter les risques, M. Moskowitz ajoute que les utilisateurs devraient tenir les appareils à une distance d'au moins 10 pouces du corps et de la tête (dont privilégier le mode haut-parleur ou utiliser un écouteur de type Airtube) afin de réduire l'exposition aux radiations. Il précise que lorsque les appareils ne sont pas utilisés, ils doivent être rangés dans un sac. S'il est nécessaire de ranger le téléphone dans la poche arrière, il doit être mis en mode avion.

Joel Moskowitz dit qu'il faut éviter d'utiliser le cellulaire quand la réception est mauvaise, car le portable est programmé pour alors augmener sa puissance d'émissions d'ondes pour communiquer avec l'antenne relais la plus proche, ce qui augmente l'exposition aux CEM de RF.

Les ondes cellulaires sont plus bioactives que les ondes naturelles car elles sont modulées (constamment pulsées on/off) et, surtout, polarisées : leurs oscillations orientées linéairement ou circulairement plutôt qu'aléatoirement peuvent induire des oscillations forcées sur les ions des cellules vivantes, comme le calcium et le potassium1

Les exigences canadiennes respectées

Au Canada, le code de sécurité 6 de Santé Canada spécifie que pour les appareils conçus pour être utilisés à moins de 20 cm du corps, le DAS ne doit pas dépasser 1,6 W/kg pour le tronc et 4 W/kg pour les membres. « Le iPhone 12 a été testé par un laboratoire accrédité en septembre 2020, avant d'être autorisé sur le marché canadien. Au cours d’activités routinières de surveillance du marché, ISDE a effectué une vérification en février 2023 du iPhone 12 d’Apple, dont les résultats étaient conformes avec les limites applicables canadiennes », indique Hans Parmar, relationniste au ministère ISDE. 

Le Canada n'a pas retiré l'iPhone 12 malgré l'interdiction française parce qu'il respecte les exigences canadiennes, explique un autre porte-parole du ministère ISDE, Sean Benmor : « Chaque appareil, tel que le iPhone 12, doit passer un processus de test et de certification rigoureux avant d'être autorisé sur le marché canadien. ISDE exige que les essais de conformité de la tête soient effectués directement contre un fantôme SAM (tête simulée) à une distance de séparation de zéro millimètre. En plus, ISDE exige que les essais de conformité du corps soient effectués contre un fantôme (corps simulée) à une distance de séparation de zéro à 15 millimètres. Finalement, ISDE exige que les essais de conformité des membres soient effectués directement contre un fantôme (corps simulée) à une distance de séparation de zéro millimètre. Au cours d’activités routinières de surveillance du marché, ISDE a effectué une vérification en février 2023 du iPhone 12 d’Apple, dont les résultats étaient conformes avec les limites applicables canadiennes.

« Les mesures réglementaires en place au Canada constituent une approche efficace pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens. Suite à la prise de position de la France relative au iPhone 12, ISDE prend des mesures additionnelles afin de réaffirmer la conformité de ce produit. Si le Gouvernement du Canada prend connaissance d'un appareil dont les niveaux d'exposition dépassent les limites applicables canadiennes, des mesures immédiates seront prises pour protéger les Canadiens. Pour en savoir plus sur les exigences établies au Canada, veuillez consulter le document Cahier des charges sur les normes radioélectriques 102 (CNR-102) Conformité des appareils de radiocommunication aux limites d’exposition humaine aux radiofréquences (toutes bandes de fréquences), le Code de sécurité 6 et L’énergie radiofréquence et la sécurité. »

Il ajoute :  « ISDE a adopté le Code de sécurité 6 (CS 6) de Santé Canada comme étant les limites canadiennes d’exposition aux radiofréquences pour les appareils sans fil et leur infrastructure connexe. Les limites du CS 6 intègrent de vastes marges de sécurité pour offrir à toutes les personnes au Canada, un degré de protection important. »

Faux, rétorque Sharon Noble de l'organisme canadien Citizens for Safer Tech. « ISDE m'a confirmé par écrit que le DAS du CS 6 n'est pas suivi pour déterminer si le téléphone est conforme. L'ISDE suit la détermination de l'ICNIRP selon laquelle l'échauffement est le seul effet néfaste pour la santé. En fait, la plupart des téléphones sont autorisés à être mis sur le marché sans qu'aucun test ne soit effectué par l'ISED pour s'assurer que les normes du CS 6 sont respectées. Les marges importantes n'existent pas parce que le DAS du CS 6, qui est inférieur à la ligne directrice de l'ICNIRP, n'est pas respecté. Par ailleurs, l'ISED m'a écrit qu'il ne dispose pas d'un programme de surveillance applicable à d'autres dispositifs sans fil, bien qu'il envisage d'en mettre un en place. Je n'ai trouvé aucun test effectué par une quelconque autorité. Il semble que les niveaux de radiofréquences soient entièrement laissés à l'appréciation des fabricants - le renard dans le poulailler. »

Sharon Noble ajoute que ce n'est pas la première fois que l'on constate que des cellulaires dépassements les limites de DAS permises : « L'ISED n'a pas vraiment prêté attention aux téléphones dont le Chicago Tribune a constaté qu'ils émettaient des radiofréquences excessives, et le Canada et les États-Unis vendent les mêmes produits. Les tests de 90 modèles canadiens dont nous avons obtenu des résultats ont été faits avec une entretoise (spacer), donc aucun des appareils n'était à 0 mm de distance de la tête du SAM. Et pour le corps, ils autorisent de nombreux millimètres - jusqu'à 15 mm dans les résultats des tests que j'ai obtenus. Les tests pour le fantôme peuvent être effectués avec le téléphone incliné de manière à ce que l'antenne soit éloignée de la tête. J'ai demandé comment les téléphones pouvaient être à moins de 1,6 W/kg au niveau de la tête mais beaucoup plus au niveau du corps lorsque le téléphone est à 15 mm de distance et je n'ai pas reçu de réponse de l'ISED qui ait un sens. Il est grand temps que le manque de protection soit examiné par nos législateurs, avec des recommandations claires pour rectifier la réglementation inadéquate des téléphones cellulaires et autres appareils sans fil. 

De nombreux scientifiques indépendants très respectés ont publié des études de grande qualité, évaluées par des pairs, montrant que les rayonnements radiofréquences émis par les appareils sans fil tels que les téléphones cellulaires peuvent causer des dommages biologiques allant de l'inflammation, des lésions de l'ADN et des tumeurs à des problèmes cardiaques et de fertilité, des maux de tête et un brouillard cérébral, le tout à des expositions inférieures aux limites maximales fixées par le CS 6. »

Meg Sears, présidente de Prevent Cancer Now, a déclaré dans un communiqué conjoint émis par son organisme, avec celui de Mme Noble ainsi que Canadiens pour une technologie sécuritaire (C4ST) : « Les cancers augmentent rapidement chez les jeunes Canadiens, et les rayonnements sans fil ainsi que les produits chimiques, l'alimentation et les activités sont impliqués. Le rayonnement des appareils sans fil amplifie la toxicité des produits chimiques dangereux, et nous devons donc réduire l'exposition aux deux. Il existe des options de communication à exposition réduite ou nulle, à choisir à la maison et à l'école, au travail et dans les loisirs. »

Frank Clegg, directeur général de C4ST et ancien président de Microsoft Canada, a déclaré : « Il est grand temps que Santé Canada abandonne l'idée réfutée que seule la chaleur puisse être nocive, et intègre les preuves d'effets non thermiques néfastes à des niveaux d'exposition bien inférieurs au Code de sécurité 6. Un pas dans la bonne direction serait un examen complet par la commission de la santé de la Chambre des communes. Un autre pas consisterait à fournir des avertissements adéquats sur l'utilisation des téléphones cellulaires, avec une divulgation complète des valeurs DAS lorsque les téléphones cellulaires sont tenus près du corps. Notre santé en dépend. »

Pour plus d’informations, veuillez consulter : L’énergie radiofréquence et la sécurité. »  

Pour en savoir davantage

Visionner le webinaire Brain cancer, neurological disease and EMR : Is there a risk?, avec notamment le neurochirurgien Hillel Baldwin qui animait une conférence médicale sur les effets biologiques des champs électromagnétiques en 2021. 

1. Polarization: A Key Difference between Man-Made and Natural Electromagnetic Fields, in regard to Biological Activity, Dimitris J. Panagopoulos, Olle Johansson et George L. Carlo, Scientific Reports, Nature.com, octobre 2015 : article complet disponible sur https://maisonsaine.ca/uploads/cem-electrosmog/polarization-ollejo-carlo.pdf