L'exposition du public au rayonnement de radiofréquences/micro-ondes pulsées et polarisées nocives se rapproche dangereusement des limites de l'ICNIRP ne visant qu'à éviter l'échauffement qui risque d'être fatal pour les cellules humaines. Image traduite par Google. Source : 
www.thelancet.com/journals/lanplh/article/PIIS2542-5196(18)30221-3/fulltext

Source de chaos dans la régulation du glucose et donc de l'énergie dans le corps humain, la hausse fulgurante de l’exposition chronique à l'électrosmog émis par le Wi-Fi et les autres technologies sans fil alimenterait l'épidémie de diabète de type 2, maladie qui était rare avant l'électrification de nos sociétés, prévient le biophysicien montréalais Paul Héroux.

« Si nous voulons freiner l’augmentation du diabète dans le monde, nous devons non seulement surveiller notre activité physique et notre alimentation, mais aussi notre environnement. Et malheureusement, il n’existe pour l’instant aucune réglementation efficace pour protéger la population des champs électromagnétiques » (CEM) qui sont une autre forme de perturbateurs endocriniens, déplore ce vice président de la commission internationale sur les effets biologiques des CEM (ICBE-EMF.org).

Chercheur depuis 1987 à la faculté de médecine de l’Université McGill, où il dirige le laboratoire de toxicologie électromagnétique, et ancien chercheur à l’Institut de recherche d'Hydro-Québec, le Dr Héroux est l'auteur d'un chapitre (téléchargeable en exclusivité par nos abonnés) qui vient de paraître dans un livre édité sous la direction d'une chercheuse en santé publique à l'Université Harvard. Citant 280 références remontant jusqu'en 1926, ce chapitre porte sur l’influence à long terme des réseaux électriques et de télécommunication sans fil sur le diabète, l'une des maladies les plus répandues et les plus coûteuses.

Il s'inquiète aussi grandement de l'impact des ondes sur la mémoire et autres facultés intellectuelles, en particulier des enfants. « Il faut comprendre la situation critique dans laquelle nous nous trouvons alors que dans certaines écoles nos enfants sont assis sous des routeurs Wi-Fi pendant qu'ils essaient d'apprendre. Ils peuvent être exposés à des taux de RF/micro-ondes pulsées très, très élevés. Et l’hippocampe, cette partie de notre cerveau qui traite l'information, est extrêmement sensible à ce rayonnement. »

Source : www.passeportsante.net/fr/parties-corps/Fiche.aspx?doc=mitochondries-role-bon-fonctionnement-corps

Comme l'écrivait aussi Paul Héroux dans un article paru en 2025, « les CEM à des puissances non thermiques modifient le pH (l'équilibre acido-basique) dans des parties importantes du corps humain et bousculent le transport d'électrons par les mitochondries, les centrales électriques de nos cellules, nous a-t-il expliqué par courriel. Les résultats sur le métabolisme sont une perturbation endocrinienne et une augmentation des niveaux de radicaux libres oxydants. Ces ondes causent un chaos en termes de régulation de l'énergie et, bien sûr, du glucose dans le sang. »

Le quart des Québécois seraient prédiabétiques

Selon lui, il est d’autant plus urgent de réduire son exposition aux CEM (lire ici notre dossier sur les douze façons de vous protéger) puisque le diabète est l’une des maladies à la croissance la plus rapide, les autorités médicales qualifiant le phénomène d’épidémie métabolique, de crise sanitaire. Son incidence s’est décuplée depuis 1945, si bien qu’en 2022-2023 au Québec, elle touchait une personne de 20 ans et plus sur huit ou 12 % des gens (dont 13,7 % des hommes), soit autant qu’aux États-Unis où les taux d’obésité sont encore plus élevés. Selon Diabète Canada, en 2024, 10 % des Canadiens avaient reçu un diagnostic de diabète de type 1 ou 2, et la proportion montait à 30 % de la population en incluant les gens prédiabétiques ou vivant avec un diabète de type 2 non diagnostiqué. Le prédiabète est l'indicateur le plus inquiétant pour les projections futures, une véritable bombe à retardement. On estime que plus de 50 % des personnes qui apprennent qu’elles sont prédiabétiques et qui ne modifient pas leurs habitudes de vie recevront 8 à 10 ans plus tard un diagnostic de diabète de type 2. Actuellement, environ 20 % à 25 % des adultes québécois pourraient être dans cette zone grise, souvent sans le savoir.

Selon Paul Héroux, l'impact des CEM sur le diabète est « une situation très, très grave. Nous devrons modifier quelque peu nos habitudes personnelles d’utilisation des technologies sans fil et convaincre l'industrie de prendre au sérieux les effets nocifs de leur rayonnement. Si nous voulons venir à bout de l'épidémie de diabète, nous avons besoin de la coopération de la communauté des ingénieurs pour réduire les niveaux d’émissions de ce rayonnement. » 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il y a quatre fois plus de diabétiques dans le monde qu’en 1990, soit 800 millions de personnes. Une personne diabétique est environ trois fois plus susceptible d'être hospitalisée pour des maladies cardiovasculaires et douze fois plus à risque de souffrir d'insuffisance rénale terminale, selon l’Agence de santé publique du Canada.« Environ 3,8 millions de personnes au Canada ont reçu un diagnostic de diabète, rapportait en janvier Santé Canada. En 2018, on estimait à 27 milliards de dollars les coûts liés au diabète pour le système de santé. Ces coûts pourraient dépasser 39 milliards de dollars d'ici 2028. »

En 2022, un article de l'Agence Science Presse (ASP) financé par le gouvernement du Québec concluait ainsi que les ondes de la technologie sans fil 5G n'augmentent pas le risque de diabète : « Il est possible que les ondes et les champs magnétiques influent sur la glycémie et la production d’insuline, mais les données scientifiques semblent aller dans les deux sens, en plus d’être nettement insuffisantes pour qu’on puisse déterminer quel pourrait être le lien de cause à effet. » Paul Héroux réplique que « les études citées par l'ASP ont confirmé l'action à court terme des CEM sur l'équilibre endocrinien. Mon article parle des conséquences chroniques (sur sept années) de ces champs, non pas d'expositions de "quelques heures" ou "six heures".  »

La courbe de hausse de la prévalence du diabète a suivi les deux vagues de modification de l'environnement électromagnétique naturel, explique Paul Hérou : depuis le 20e siècle, avec l’expansion des réseaux de distribution électrique et des appareils consommant de l’électricité d’extrêmement basses fréquences (EBF) ou 60 hertz utilisée par les câbles et appareils électriques filaires; et au 21e siècle, avec la prolifération des antennes et des appareils de télécommunication sans fil par radiofréquences (RF), incluant les micro-ondes de 1 à 300 gigahertz (GHz). Source : Paul Héroux
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