En effet, une enquête publiée par Inside Climate News en 2015 a révélé ce que Raymond et ses collègues savaient dès 1982, grâce à ce document d'information « réservé au personnel d'Exxon et ne devant pas être diffusé à l'extérieur ». Des chercheurs d'Exxon y reconnaissaient que, malgré les nombreuses incertitudes qui subsistaient, pour enrayer le réchauffement climatique, « il faudrait réduire considérablement la consommation de combustibles fossiles ». À défaut, « certains événements potentiellement catastrophiques doivent être pris en compte », indiquait ce guide, citant des experts indépendants. « Une fois que les effets seront mesurables, ils pourraient ne plus être réversibles. »
Ce rapport de 1982 précisait que l'humanité disposait « d'une marge de manœuvre de cinq à dix ans avant que la nécessité de prendre des décisions difficiles concernant l'évolution des stratégies énergétiques ne devienne critique ».
Exxon a cru ses chercheurs, rappelle McKibben, puisque l'entreprise « a commencé à construire des plates-formes de forage plus hautes pour contrer la montée du niveau de la mer, et à repérer les zones de l'Arctique qui pourraient s'avérer idéales pour le forage pétrolier une fois que ces plates-formes auront contribué à faire fondre la glace », selon un article publié en 2015 par le Los Angeles Times.
Lee Raymond a joué un rôle de premier plan alors qu’Exxon contribuait à la création de la Global Climate Coalition, première de nombreuses organisations de désinformation climatique, ajoute McKibben : « Il est devenu, à bien des égards, le porte-parole de l’antiscience : en 1997, alors que le monde s’apprêtait à assister aux premières négociations mondiales sur le climat à Kyoto, il a prononcé un discours dont l’importance n’a peut-être d’égale que celle du témoignage initial de [l'expert de la NASA James] Hansen. S'exprimant à Pékin devant le Congrès mondial du pétrole, Raymond a affirmé que le climat mondial se refroidissait, qu'il n'y avait aucun moyen de savoir si le CO₂ en était responsable, et qu'en tout état de cause, « il est hautement improbable que la température au milieu du siècle prochain soit sensiblement différente, que des mesures soient prises dès maintenant ou dans vingt ans ».
Le climatoscepticisme encore à la mode
Je suis toujours exaspéré par les soi-disant écolos qui nient l'évidence des changements climatiques meurtriers causés par la combustion humaine effrénée de produits pétroliers, tout en pourfendant les limites des énergies alternatives et des véhicules électriques.Ce dernier explique, tout comme Alter, que peu de gens peuvent se permettre de travailler dans une petite maison urbaine performante entourée de pistes cyclables et de tramways électriques. « Les modes de vie ne se résument pas à des choix individuels; ils s'inscrivent dans des infrastructures, des systèmes d'approvisionnement et des institutions qui enferment les sociétés dans des aspirations consuméristes et des trajectoires à fortes émissions. »
Pour éliminer à la fois les comportements et les politiques destructrices pour le climat et la société, il faut reconnaître les bienfaits des alternatives écologiques, dit Akenji. « La transformation sociétale doit permettre de mettre en avant les avantages : les bienfaits pour la santé liés à une meilleure alimentation et au recours aux modes de transport actifs, ainsi que les avantages découlant d’un gain de temps et de possibilités accrues en matière d’interactions sociales, de développement des compétences et de participation à des activités enrichissantes. »
Ce tableau d'Akenji (traduit par Google) résume ce que l'on peut faire dès aujourd'hui pour ralentir les changements climatiques.


