KnightsBridge : le constructeur de l’année

KnightsBridge : le constructeur de l’année

 

L'heureuse équipe de  KnightsBridge a raflé plusieurs Prix Domus, dont celui du Constructeur de l'année et meilleur rapport qualité/prix lors du 33e Gala Domus. © CNW/Gestion KnightsBridge

L’heureuse équipe de KnightsBridge a raflé plusieurs Prix Domus, dont celui du Constructeur de l’année et meilleur rapport qualité/prix lors du 33e Gala Domus. © CNW/Gestion KnightsBridge

Montréal, avenue de Châteaubriand, printemps 2016. Un étroit bâtiment s’élève devant moi. L’édifice, d’allure moderne, abrite KnightsBridge, une jeune entreprise de construction écologique. Aujourd’hui, tout y est calme. Mais il y a à peine quelques mois, on pouvait sentir l’ouragan de joie qui faisait trembler les murs du bâtiment…

C’est que KnightsBridge, qui vient à peine de célébrer son quatrième anniversaire d’existence, a reçu, en février dernier, le prix Domus du Constructeur de l’année 2015! Comment une si jeune entreprise est-elle parvenue à remporter ce prix prestigieux, alors qu’elle se trouvait en concurrence avec une foule de firmes plus établies? « Honnêtement, nous ne nous attendions vraiment pas à remporter le prix! » confie candidement l’ingénieur Simon G. Boyer, cofondateur de KnightsBridge. Pourtant, en 2013 et 2014, KnightsBridge avait déjà raflé les honneurs du concours dans la catégorie Meilleur rapport qualité-prix. Cette nouvelle récompense n’était-elle pas la suite logique de la progression? En réalité, en postulant pour le prix du Constructeur de l’année, Simon et son associé, Charles-Antoine Gosselin, ne cherchaient qu’à mieux connaître les rouages de cette catégorie afin de bien s’y préparer. La première place? Oui, certainement, pour 2017, peut-être… En apprenant l’issue du concours, leur joie fût immense!

Projet AdHoc, 2015, certifié LEED Platine.

Projet AdHoc, 2015, certifié LEED Platine.

La durabilité avant tout
Que fait KnightsBridge de différent? Tout est dans la réflexion, répond Simon, qui insiste sur le concept. Pour lui, il ne suffit pas d’assembler des matériaux, même d’une qualité exceptionnelle, pour en faire un bâtiment. L’espace doit être bien pensé et aéré, la luminosité maximale, la finition sans faille. Mais au-delà des considérations esthétiques, c’est l’enveloppe du bâtiment qui compte, selon lui. Car le concept de durabilité trône en première place, ex aequo avec la réflexion, dans les valeurs que prônent KnightsBridge. Bâtir un immeuble qui demeurera sain et étanche pour des décennies à venir, voilà de quoi il s’agit. Pour cela, il faut faire preuve d’une éthique de travail irréprochable. « Dans le contexte actuel, obtenir une licence d’entrepreneur est beaucoup trop facile », affirme Simon. Les nouveaux arrivants, qui n’ont souvent aucune expérience dans le domaine, placent régulièrement l’éthique tout en bas de la liste des priorités, bien loin derrière le profit.

Le Treehouse, construit en 2015.

Le Treehouse, construit en 2015.

Dès 2007, le jeune Simon voit les choses autrement. Fraîchement diplômé en génie civil, il est engagé par une firme de consultants en stratégie d’affaires et fait le tour de la planète. Deux ans plus tard, bien que fort d’une expérience incroyablement enrichissante, le jeune homme réalise qu’il lui manque quelque chose : « J’avais la fibre entrepreneuriale et en plus, j’avais le sens de la mission », raconte-t-il. Alors dans la mi-vingtaine, il chérit déjà des valeurs largement répandues chez les gens de sa génération, notamment une conscience environnementale très aiguisée. Pour lui, la question ne se pose même pas : les nouvelles façons de faire dans le domaine de la construction doivent inclure la durabilité, l’efficacité énergétique, la réduction des déchets… Sa mission à lui sera d’intégrer ces valeurs à tous les projets de construction qu’il entreprendra.

Intérieur du Treehouse.

Intérieur du Treehouse.

Le premier consiste à transformer radicalement un triplex : à part la structure, absolument tout sera refait. Simon, qui plus jeune a participé à la rénovation de la maison familiale, se lance dans tous les corps de métier : charpentier, plombier, électricien, plâtrier, etc. Il réalise alors qu’il n’est pas doué dans tous les domaines! À la recherche de collaborateurs, il rencontre Charles-Antoine : l’entente est immédiate.

Dans le triplex, les travaux s’étirent et l’apprentissage se fait à la dure. Le duo y commet évidemment des erreurs. Il comprend qu’il faut repenser ce qui était pensé. Les à peu près n’ont pas leur place en construction. La leçon est bien apprise : concept, matériaux, procédés, on n’opte que pour le meilleur et, surtout, le sensé. Le résultat final parle de lui-même : le nouveau bâtiment s’avère une réussite. Quel genre d’erreurs a-t-il commises et quelles leçons en a-t-il tirées?

Projet Gauthier, 2015.

Projet Gauthier, 2015.

« Certains projets de développement ont énormément de sens, autant pour la ville que pour les clients et les promoteurs, mais il faut tenir compte du risque politique, qui peut aller à l’encontre de l’idée générale. Nous avons passé près de faire faillite avec un de nos premiers projets à cause de cet aspect. Il faut aussi bien planifier son projet. L’industrie de la construction a la mentalité du “on rentre dans le tas” et on avance le plus vite possible. Alors que la production en usine donne des objets soigneusement réfléchis, qu’on parle d’automobile, d’avion ou d’éléments plus simples, la construction fait place à beaucoup d’improvisation. Une maison se veut pourtant l’acquisition la plus importante de la vie de nos acheteurs. Ne pas bien planifier résulte souvent en des erreurs majeures qui auront un impact sur la durée de vie du bâtiment, des coûts importants de correctifs, ou une performance sérieusement amoindrie. Aujourd’hui, nous planifions extrêmement bien nos projets, en appliquant les concepts LEAN [école de « gestion sans gaspillage », qui trouve ses sources au Japon dans le système de production de Toyota, selon Wikipedia]. Le résultat donne une qualité améliorée à un coût moindre. Il y a cependant un changement de mentalité important à faire en construction, et convertir toutes les parties prenantes à ce mode de pensée s’avère un défi quotidien. »

Projet Gauthier, 2015, certifié LEED Platine.

Projet Gauthier, 2015, certifié LEED Platine.

Spécialistes des transformations
La naissance officielle de KnightsBridge survient en avril 2012. Le nom de l’entreprise provient d’un quartier de Londres reconnu pour l’architecture de ses bâtiments, explique le troisième associé, David Pontbriand. « Le “Knights” peut signifier un chevalier, vertueux et valeureux, alors que le “Bridge” peut correspondre au pont que nous représentons entre les gens et leurs aspirations, ou du moins leur habitation de rêve! »

Le créneau de la jeune entreprise est la transformation d’immeubles. Cependant, le marché montréalais se montre tristement insatisfaisant, car la plupart des propriétés disponibles ont été mal conçues et se retrouvent en piteux état. KnightsBridge change son fusil d’épaule : exit la transformation, on se lance dans la construction. L’entreprise s’offrent alors les services de menuisiers d’expérience, de chargés de projets, de comptables, d’experts en marketing. Deux nouvelles divisions sont créées : Core construction, qui réalise les travaux de construction, et C2 Immobilier, qui s’occupe de l’achat et de la vente des propriétés. Ainsi, KnightsBridge contrôle toutes les étapes de la réalisation d’un immeuble, de l’idée de départ à la remise des clefs. Et c’est cela qui constitue sa meilleure assurance qualité!

Projet Gauthier.

Projet Gauthier.

Le plein contrôle d’un projet permet à l’équipe de prendre les bonnes décisions au bon moment. À l’achat du terrain, toutes les variables environnementales sont prises en compte. Le bâtiment est intégré dans son environnement selon les meilleurs principes. Les espaces extérieurs sont longuement réfléchis. Le bâtiment lui-même est conçu selon les normes LEED, avec les meilleurs matériaux disponibles. Dans ce domaine, l’entreprise se tient à l’affût des nouveautés, sans intégrer l’inédit à tout prix. Tous les matériaux doivent avoir fait leurs preuves à répétition avant que KnightsBridge les emploie à grande échelle. Ici et là, l’équipe essaie de nouvelles façons de faire et de nouveaux matériaux. L’approbation ne survient que si la qualité, la durabilité et le prix sont au rendez-vous.

Le mur Adex RES-RS.

Le mur Adex RES-RS.

Par exemple, Simon G. Boyer aime bien installer le Câble Vert de Flextherm, un système radiant électrique de plancher, comme système de chauffage principal. Un système sans entretien, contrairement aux planchers à eau chaude. KnightsBridge a aussi un faible pour les enduits architecturaux de Systèmes Adex, comprenant une finition extérieure en acrylique montée sur de l’isolation en polystyrène expansé et une membrane pare-air. « Quand l’acrylique est bien utilisé, ça en fait un matériau contemporain et très durable. Dommage qu’il ait souffert d’une mauvaise réputation à la suite de d’applications inadéquates il y a quelques années. » Enfin, KnightsBridge utilise aussi une fibre très particulière pour ses planchers de béton. « Nous l’importons des États-Unis et sommes les seuls au Québec à l’utiliser. Cette fibre est invisible et empêche la fissuration de nos dalles. Ça rend le produit très esthétique. »

La clientèle
Jeunes professionnels, familles, acheteurs expérimentés et retraités : tous sont desservis par KnightsBridge. Ils ont souvent des exigences en commun : le quartier doit être agréable, le prix raisonnable, le design attrayant, le confort moderne, l’espace de vie doit déborder à l’extérieur… Mais bien qu’il s’avère grandement apprécié, le concept de durabilité ne représente pas une de leurs priorités. Qu’importe, c’est ainsi que KnightsBridge construit!

Simon m’explique que certains des gestes posés par l’équipe demandent plus de réflexion, de temps et d’efforts que ce qu’exigent les codes de construction, pour un coût de base plus élevé. Cependant, sur la durée de vie totale du bâtiment, ces coûts se récupèrent rapidement. La qualité du geste et des matériaux utilisés garantit que l’ouvrage ne sera pas à recommencer dans 10 ans.

L’homme est visiblement passionné. Ambitieux, énergique, il ne compte pas ses heures. Mais cet enthousiasme n’assure pas au client qu’il en aura pour son argent dans l’investissement le plus important de sa vie. « Les gens choisissent leur constructeur », rappelle Simon. Son équipe et lui vendent une philosophie, qu’ils expliquent en long et en large. Les acheteurs potentiels doivent partager leur vision de l’habitat sain et durable. Souvent, les rencontres d’information durent plus de 90 minutes.

Ceux qui choisissent KnightsBridge vivent une expérience qui ne se compare en rien à celle qu’ils auraient vécue en signant une promesse d’achat dans une roulotte de chantier. Pas de raccourcis, pas de faux compromis, pas de coins ronds. Le plan de départ se voit rectifié seulement si la modification apporte une amélioration considérable au concept. Et les erreurs de KnightsBridge sont assumées par KnightsBridge, pas par le client. « Nous voulons devenir le meilleur constructeur de Montréal », affirme Simon avec aplomb. Pour le jeune homme, il ne s’agit pas là d’un souhait, mais d’un objectif. Gageons qu’ils y arriveront plus vite qu’ils n’y croient!

La différence KnightsBridge

Alors que la plupart des constructeurs bâtissent selon les normes mais sans plus, KnightsBridge fait plusieurs pas additionnels. L’équipe s’adaptera durant les travaux pour répondre aux imprévus, elle fera l’effort supplémentaire de réflexion afin de livrer un produit bien pensé et enfin, elle fera le suivi après la remise des clefs. L’acoustique fait notamment partie des préoccupations de l’équipe de conception. Sur chacun des projets, une série de tests s’effectue afin de rendre le bâtiment « étanche » à son environnement sonore.

En plus d’une foule de caractéristiques qui rendent le bâtiment durable, KnightsBridge fait une place d’honneur à l’enveloppe. Bien que les matériaux et procédés utilisés lors de l’érection du bâtiment soient invisibles pour les futurs propriétaires, ils ont une importance capitale. « Ce n’est pas très sexy de parler d’isolation ou de plomberie! » convient Simon avec un sourire. Néanmoins, ces éléments garantissent la pérennité du bâtiment.

Quoi d’autre? Le « senti », si on peut le nommer ainsi! Simon et son équipe accordent une importance majeure à la variable psychologique. L’espace est-il fonctionnel, harmonieux, aéré? Les occupants s’y sentent-ils bien, à l’aise, heureux? Des propriétaires qui aiment l’environnement dans lequel ils vivent se montreront plus sereins, en meilleure santé physique et psychologique. Combien d’autres compagnies de construction prennent ces éléments en compte? La spécificité KnightsBridge, c’est là qu’elle se trouve!

http://devkb.ca/

 

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