Carole Thériault n’en revenait pas. À la suite d’une conversation avec son conjoint, technologue en architecture et inspecteur en bâtiment, elle avait décidé de mesurer le radon au sous-sol où est située la chambre de sa fille. Ce gaz souterrain radioactif, qui s’infiltre dans les bâtiments par les fissures et ouvertures des dalles et fondations, est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. 

Résultat? La concentration de ce gaz inodore et incolore, qui provient de la dégradation de l’uranium dans le sol, était plusieurs fois1 au-dessus des  200 becquerels par mètre cube (200 Bq/m³) d’air recommandés depuis 2007 par Santé Canada. Mme Thériault s’est alors inquiétée pour la santé de sa fille, le radon s’accumulant davantage dans la partie inférieure des immeubles parce qu’il est plus lourd que l’air.

« C’est très troublant, mais il ne faut pas paniquer lorsque l’on découvre l’existence de ce gaz chez soi, tempère-t-elle. Il faut comprendre qu’il existe des moyens d’assainir notre milieu de vie de façon significative. »

Mme Thériault a tellement apprécié les travaux d’atténuation du radon effectués l’automne dernier chez elle par l'entreprise Action-Radon.net, qu’elle et son conjoint, Charles-Alexandre Durocher, ont acquis cette entreprise considérée comme une référence dans le domaine depuis 2009. Le fondateur et président de l’entreprise établie à Montréal et à Québec, Joël Valois, est l’un des rares experts formés et certifiés en atténuation du radon à la fois aux États-Unis (en 2009) et au Canada (en 2012). Ce printemps, il a été interviewé à ce sujet à l’émission La Facture de Radio-Canada et à la chaine télé Qub de Québecor. « Comme [son entreprise] rejoignait les valeurs et le domaine d’expertise de Charles-Alexandre, nous nous sommes donnés pour mission d’avoir un impact significatif auprès de la population en la matière. »  

Tester l'hiver aux cinq ans

Santé Canada recommande de mesurer le radon aux cinq ans, durant 90 jours et pendant la saison de chauffage, dans tous les bâtiments habités de quatre étages et moins, peu importe « l’endroit où il est situé, le type de bâtiment ou si un système d’atténuation du radon est déjà installé ».

En saison de chauffage, les concentrations de radon augmentent en raison de la ventilation réduite et de l’effet de cheminée (la chaleur qui monte) qui crée une dépressurisation qui aspire les gaz souterrains. Si la mesure moyenne dépasse 200 Bq/m³ dans des pièces occupées au moins quatre heures par jour, Santé Canada recommande d’embaucher « un professionnel du radon certifié qui déterminera la façon la plus efficace et économique pour diminuer les concentrations de radon dans votre maison ».

« Plus les concentrations de radon sont élevées, plus il faut agir rapidement, peut-on lire sur le site de ce ministère fédéral. Lorsque des mesures correctives sont prises, la concentration en radon doit être réduite autant que possible. » 

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, le radon serait responsable d’environ 16 % des décès par cancer du poumon, soit un sur six. Cela représente environ 1 000 victimes par année, soit environ trois fois plus que le nombre de victimes d’accidents de la route. 

Une maison sur six pose problème

Une maison québécoise et ontarienne sur six dépasse les 200 Bq/m3, une sur cinq dans les Prairies et dans les Territoires du Nord-Ouest, et même une sur trois en Atlantique et dans l’intérieur de la Colombie-Britannique et du Yukon, selon le Rapport pancanadien sur le radon 2024.

Chaque année, ActionRadon.net installe chaque année dans les diverses régions de la province 700 systèmes d’atténuation du radon qui créent une dépressurisation sous dalle. (Elle pose aussi des couvercles d’étanchéité sur les puisards non scellés.) Pour une telle installation, il est nécessaire de percer la dalle de béton afin d’installer une canalisation raccordée à un système d’évacuation. Cette canalisation est ensuite raccordée à un ventilateur d’extraction qui fonctionne continuellement. Joël Thériault privilégie l’évacuation latérale par la fondation ou par la solive de rive, « une méthode plus sûre contre les enjeux de condensation et de formation de glace associés à l’évacuation par la toiture, et moins invasive également », explique Mme Thériault.

L’installation d’un tel système coûte de 2 500 $ à 4 500 $ selon le nombre de points de succion requis en fonction de la grandeur et des caractéristiques du bâtiment. Action-Radon.net garantit que son travail permet d’obtenir un taux de radon inférieur à 100 Bq/m3. Pour ce faire, des pierres concassées doivent être installées sous la dalle et les puisards et autres ouvertures présentes – et souvent inaccessibles à moins d’ouvrir les murs – doivent être scellés dans la dalle de béton.

L'entreprise offre plusieurs lecteurs de radon, dont l’Alpha Track (50 $) pour mesurer les concentrations de façon ponctuelle, et le Corentium Home d’AirThings (180 $), un détecteur électronique qui permet de mesurer quotidiennement les concentrations de façon continue. L’entreprise propose de rembourser le coût de cet appareil à l’achat et l’installation d’un système d’atténuation du radon.
Sachez que la majorité des lecteurs de radon vendus sur le marché donnent des résultats peu fiables, alors ne vous fiez qu’aux modèles approuvés par Santé Canada. Vous trouverez la liste sur c-nrpp.ca, le site du Programme national de compétence sur le radon au Canada).

  1. « Nous sommes d’avis qu’il est préférable d’éviter trop de précision qu’un lecteur non avisé pourrait interpréter, les résultats variant d’une propriété à l’autre, du type de test utilisé à l’autre et du moment de la prise de lecture également, explique Mme Thériault. Nous faisons face tous les jours à des gens très inquiets que nous devons rassurer et aider. Nous préférons la sobriété et la douceur dans notre message à ce stade-ci. »