
Par Nicolas Daous St-Jacques, Conseiller en efficacité énergétique agréé, évaluateur LEED et entrepreneur en rénovation écoresponsable
Le test « d’étanchité » [sic], le test « d’étancheté » [resic] le test « avec la porte », le test avec « le gros blower », « l’affaire de la pression d’air »… Appelez-le comme vous voulez, mais une chose est certaine : on en entend parler de plus en plus sur les chantiers. Peu importe comment il est prononcé ou appelé, le test d’infiltrométrie se démocratise et c’est tant mieux. De plus, j’éprouve toujours un certain plaisir à voir de plus en plus de corps de métier se demander ce que je fais là.
Même si la demande pour ce test demeure tout de même faible, c’est toujours encourageant de voir des entrepreneurs, autoconstructeurs, acheteurs ou propriétaires de maisons s’y intéresser. Quand j’arrive sur un chantier avec mon équipement — difficile à manquer — les non-initiés se mettent rapidement à poser des questions : « Ça sert à quoi exactement? », « C’est vraiment utile? », « Ça change quoi pour finir? ».
La réponse courte : énormément de choses.
Le test d’infiltrométrie permet essentiellement d’évaluer à quel point un bâtiment est étanche à l’air. En d’autres mots, il permet de savoir si l’enveloppe du bâtiment contrôle efficacement les mouvements d’air entre l’intérieur et l’extérieur. Et contrairement à une inspection visuelle, ce test permet d’identifier presque toutes les fissures.
Même avec les meilleures intentions du monde, personne n’est à l’abri d’un joint incorrectement colmaté, d’un pare-air mal scellé, d’un pare-vapeur perforé ou d’un petit manque d’uréthane autour d’une fente quelconque dans l’enveloppe. L’œil humain a ses limites. En revanche, il est beaucoup plus difficile de tromper le test d'infiltrométrie. Il est inutile d’avoir des murs avec une isolation de R-44 si le bâtiment est une vraie passoire.

