Source : https://www.scientificamerican.com/blog/guest-blog/left-sided-cancer-blame-your-bed-and-tv/
Cancer du côté gauche : la faute à votre lit et à la télévision ?
Par R. Douglas Fields Ph.D., ancien chef de la section Développement et plasticité du système nerveux à l’Institut national de la santé infantile et du développement humain et professeur adjoint à l’université du Maryland
Curieusement, le taux de cancer est 10 % plus élevé dans le sein gauche que dans le droit. Ce biais en faveur du côté gauche vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes et s'applique également au mélanome, un cancer de la peau. Les chercheurs Örjan Hallberg, de Hallberg Independent Research en Suède, et le neuroscientifique Olle Johansson Ph.D., ancien responsable de l'unité de dermatologie expérimentale, de l'Institut Karolinska en à Stockholm, proposaient dans le numéro de juin 2010 de la revue Pathophysiology une explication surprenante qui non seulement met en avant une cause commune aux deux cancers, mais pourrait également vous amener à modifier vos habitudes de sommeil.
Pour des raisons inconnues, les taux de cancer du sein et de mélanome ont tous deux augmenté régulièrement au cours des 30 dernières années. L'exposition au soleil augmente le risque de mélanome, mais l'intensité du soleil n'a pas changé au cours des trois dernières décennies. [Selon Santé Canada, « un appauvrissement constant de la couche d’ozone de 10 % devrait s’accompagner d’une augmentation de 26 % des cancers de la peau autres que les mélanomes ».] Plus étrange encore, le mélanome touche le plus souvent les hanches, les cuisses et le tronc, qui sont des zones du corps protégées du soleil. Qu'est-ce qui est responsable de la prédominance du côté gauche et de l'incidence croissante de ces cancers ?
Un indice intrigant nous vient d’Extrême-Orient. Au Japon, il n’existe pas de corrélation entre les taux de mélanome et de cancer du sein comme c’est le cas en Occident, et aucune de ces deux maladies ne présente de prévalence du côté gauche. De plus, le taux de cancer du sein au Japon est nettement inférieur à celui de l’Occident; il ne représente que 3 % de ce que l’on observe en Suède, par exemple. Le taux de cancer de la prostate au Japon ne représente que 10 % de celui observé au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Les chercheurs avancent une explication fondée sur les différences entre les habitudes de sommeil au Japon et dans les pays occidentaux. Des études antérieures ont montré que tant les hommes que les femmes préfèrent dormir sur le côté droit [ce qui favorise la santé du cerveau, selon les recherches de la neuroscientifique américaine Tara Swart, M.D., PhD]. Les raisons de cette préférence générale ne sont pas claires, mais dormir sur le côté droit pourrait réduire la pression exercée par le poids du corps sur le cœur, et les battements cardiaques sont moins bruyants que lorsqu’on dort sur le côté gauche. Il n'y a toutefois aucune raison de penser que les Japonais dorment dans des positions différentes de celles des Occidentaux. Les lits au Japon sont cependant différents. Les futons utilisés pour dormir au Japon sont des matelas posés directement sur le sol de la chambre, contrairement aux sommiers et matelas surélevés des lits occidentaux. Un lien entre le mobilier de chambre à coucher et le cancer semble absurde, mais c'est là, concluent les chercheurs suédois, que réside la réponse.
La première preuve qu'ils citent provient d'une étude suédoise de 2007 menée entre 1989 et 1993, qui a révélé un lien étroit entre l'incidence du mélanome et le nombre d'antennes de transmission FM et de TV couvrant la zone où vivaient les individus. [Lire aussi leur étude Malignant melanoma of the skin – not a sunshine story!] Malgré des corrélations épidémiologiques comme celle-ci suggérant que les rayonnements électromagnétiques des stations de radio FM et de télévision pourraient affaiblir le système immunitaire et favoriser le cancer, l’intensité de ces champs électromagnétiques (CEM) est si faible qu’il a été difficile d’imaginer une quelconque base biologique à cette corrélation.
Les ressorts métalliques sont des antennes amplifiant les CEM
Considérons toutefois que même un téléviseur ne peut capter les transmissions qu’à condition que les faibles ondes électromagnétiques soient captées et amplifiées par une antenne conçue à cet effet. Les antennes sont simplement des objets métalliques de longueur appropriée, dimensionnés pour correspondre à la longueur d'onde d'une fréquence spécifique de rayonnement électromagnétique. Tout comme les saxophones sont fabriqués en différentes tailles pour résonner avec des longueurs d'onde sonores particulières et les amplifier, les ondes électromagnétiques sont amplifiées de manière sélective par des objets métalliques dont la longueur est égale, la moitié ou le quart de la longueur d'onde d'une onde électromagnétique d'une fréquence spécifique. Les ondes électromagnétiques résonnent sur une antenne d’une demi-longueur d’onde pour créer une onde stationnaire avec un pic au milieu de l’antenne et un nœud à chaque extrémité, tout comme lorsqu’une corde tendue entre deux points est pincée au centre. Aux États-Unis, les sommiers et les ressorts sont en métal, et la longueur d’un lit correspond exactement à la moitié de la longueur d’onde des transmissions FM et TV diffusées depuis la fin des années 1940. Au Japon, la plupart des lits ne sont pas en métal, et le système de diffusion télévisuelle n’utilise pas la bande de fréquences de 87 à 108 mégahertz utilisée dans les pays occidentaux.
Si cette étude est correcte, la solution est simple : remplacer le métal de nos lits par un matelas non métallique ou orienter son lit, à la manière d’une antenne, à l’opposé de la direction de la tour de transmission FM/TV locale. Appelez cela du feng shui high-tech si vous voulez, mais si cette nouvelle étude n’a pas identifié la cause du cancer du côté gauche, elle sera, pour certains, la cause de l’insomnie.
À PROPOS DE L’AUTEUR
Douglas Fields, Ph. D., est l'ancien chef de la section Développement et plasticité du système nerveux à l’Institut national de la santé infantile et du développement humain et professeur adjoint à l’université du Maryland, à College Park. M. Fields, qui a mené des recherches postdoctorales à l’université de Stanford, à l’université de Yale et aux NIH, est rédacteur en chef de la revue Neuron Glia Biology et membre du comité de rédaction de plusieurs autres revues dans le domaine des neurosciences. Il est l'auteur du nouveau livre The Other Brain (Simon and Schuster), consacré aux cellules du cerveau (les cellules gliales) qui ne communiquent pas par voie électrique. [Selon cet article qu'il a cosigné en 2005, elles communiquent « par des ondes calciques intracellulaires et par la diffusion intercellulaire de messagers chimiques ». Or il est bien connu que les CEM inondent les cellules de calcium.
Le rayonnement des téléphones cellulaires cause le cancer en attaquant les cellules gliales constituant la myéline qui isole les nerfs, selon une étude majeure (30 millions de dollars investis sur dix ans) sur les rongeurs effectuée par les chercheurs du programme national de toxicologie des États-Unis. Selon des revues de la littérature effectuées par le biochimiste américain Martin Pall, l'ouverture des canaux calciques par les CEM serait responsable des symptômes d'électrohypersensibilité, notamment psychiatriques, ainsi que l'Alzheimer précoce.]
Cet article a été publié en 2010 sur l'ancien réseau de blogs de Scientific American et reflète les opinions de l'auteur, qui ne sont pas nécessairement celles de Scientific American

