Comment se protéger des compteurs intelligents

Serge Lanouette vit avec 13 compteurs intelligents situés à environ un mètre sous son plancher de cuisine.

Serge Lanouette vit avec 13 compteurs intelligents situés à environ un mètre sous son plancher de cuisine.

Pour Serge Lanouette, l’avis de Santé Canada, selon lequel les émissions de radiofréquences (RF) émises par les compteurs électriques « nouvelle génération » ne poseraient « pas de risque pour la santé publique » car elles seraient minimes, n’est pas très réaliste. « Je ne le trouve pas très drôle, vivant depuis environ deux mois avec 13 compteurs intelligents situés à un mètre en dessous de mon plancher de cuisine, nous confiait le résidant de Repentigny début mars. J’ai la tête qui me chauffe continuellement, ce qui me force à sortir souvent de la maison. Ma perruche est tombée malade; elle ne mange plus et, hier, elle avait la tête dans ses plumes et a saigné. Je suis allé la porter chez ma mère et, hier soir, elle était déjà mieux. C’est quand-même incroyable. »

Peinture au graphite

Après notre échange, M. Lanouette a quitté son appartement pendant trois jours et trois nuits. « Je n’avais plus du tout mal à la tête et, ce matin, aussitôt que j’ai mis les pieds dans la cuisine, je l’ai ressenti. Ma voisine, qui a également 12 compteurs en dessous de sa cuisine, a aussi des maux de tête depuis deux mois environ, tout comme son fils, qui souffre aussi d’insomnie et a même vomi. La semaine prochaine, je vais appliquer de la peinture au graphite qui vient d’Allemagne et qui est supposée bloquer ces ondes à 99 %. Je vais voir le résultat et faire mesurer les émissions, sinon je serai obligé de déménager. Est-ce que c’est Hydro-Québec qui va payer mon déménagement? »

Finalement, il n’a pas eu besoin de déménager. Fin avril, ce représentant nous racontait que son propriétaire avait accepté d’acheter cette peinture et de payer les travaux. On a peinturé les plafonds sous sa cuisine et sa salle de bains (où il ressentait aussi les ondes) ainsi que le mur situé derrière les compteurs. Serge Lanouette se disait estomaqué des résultats. « Je ne ressens plus rien, ç’a été très efficace, c’est un miracle! Mes deux voisins immédiats, qui souffraient de maux de tête et de nausées, vont mieux aussi. »

Les travaux ont été réalisés avec la peinture YSHIELD HSF54, vendue notamment par la compagnie 3E, de Sainte-Sophie. Ce produit latex acrylique contient très peu de composés organiques volatils qui polluent l’air (0,2 gramme par litre [g/l], alors que la norme européenne est de 30 g/l) et de la poudre de graphite, un minéral électroconducteur. Celui-ci permet d’atténuer la puissance des micro-ondes et autres RF de 37 décibels (dB) pour une couche de peinture et de 44 dB pour deux couches. 

Santé Canada a fait mesurer à l’intérieur et à l’extérieur d’une maison les rafales de radiofréquences/micro-ondes pulsées par les compteurs nouvelle génération (elles durent des millisecondes et sont typiquement émises aux 30 secondes, donc des milliers de fois par jour). Le Ministère conclut que l’exposition du public se situe « bien en deçà des limites d’exposition humaine précisées dans le Code de sécurité 6 (CS6) de Santé Canada ». Or le CS6 et son équivalent américain (FCC) sont les limites d’exposition aux RF les plus laxistes au monde. Elles ne tiennent compte que des méfaits du réchauffement des tissus par les micro-ondes et non des effets athermiques des faibles expositions à long terme. En 1993, trois agences fédérales américaines, l’Environmental Protection Agency, la Food and Drug Administration et le National Institute for Occupational Safety and Health, déploraient cette situation en disant que les limites d’exposition thermiques étaient dépassées et inadéquates. Les effets biologiques athermiques des RF sont connus depuis la fin du 19e siècle et furent, par exemple, rapportés par la NASA en 1981. Ce rapport « donne même une ébauche d’explications du processus d’initiation de cancers suite à l’exposition prolongée aux radiofréquences en évoquant une asphyxie des cellules suite à une fuite des électrons hors des cellules due à l’irradiation aux fréquences électromagnétiques », nous écrivait en avril l’ingénieur suisse Sosthène Berger (aero-design.ch et gigasmog.ch). 

Récemment, un comité d’experts de la Société royale du Canada, mandaté par Santé Canada, a conclu qu’il n’est pas nécessaire d’abaisser les limites d’exposition recommandées par le CS6. Or deux éminents chercheurs mandatés par la Société royale pour évaluer ce rapport ont sérieusement mis sa valeur en doute. Le docteur en chimie physique Martin Blank est expert en effets cellulaires des CEM à l’Université Columbia (New York) depuis 30 ans et le médecin Anthony Miller est professeur émérite d’épidémiologie et expert causes environnementales du cancer à l’Université de Toronto. Tous deux ont dénoncé le fait que le comité d’experts comprenait plusieurs chercheurs financés par l’industrie du cellulaire, avec peu d’expertise en épidémiologie, et qu’ils ont choisi d’ignorer d’importantes études sur la dangerosité des RF.

La journaliste scientifique du magazine L’actualité, Valérie Borde, a minimisé la portée de leurs critiques dans une chronique où elle affirmait que le Dr Miller « n’est pas un expert dans les effets des ondes électromagnétiques sur la santé ». Or bien que cela ne soit pas son principal champ d’intérêt, il est reconnu comme un pionnier en la matière par nul autre que le Dr Patrick Levallois, professeur de médecine sociale et préventive à l’Université Laval et l’un des experts du gouvernement québécois en matière d’électrosmog. Dans une lettre adressée à l’American Journal of Epidemiology en 1997, le Dr Levallois écrivait (en anglais) au sujet d’une étude du Dr Miller portant sur les employés d’Ontario Hydro : « Miller et al. ont aussi découvert que les champs électriques comportent des plus grands risques que les champs magnétiques. Ceci est une découverte très importante, et elle corrobore les récentes données d’une étude sur la leucémie infantile au Royaume-Uni. »

Ce qu’il importe de savoir, c’est que les RF, tout comme les champs magnétiques domestiques (60 Hertz), ont été classés comme « peut-être cancérogènes » par le Centre international de recherches sur le cancer. (Les champs électriques sont ignorés par les autorités de santé publique, car très peu d’études ont été réalisées sur cette question.) Il est donc sage d’appliquer le principe de précaution et de chercher à réduire son exposition aux CEM, qui augmentent de façon exponentielle à l’ère du sans fil, tout comme les maladies chroniques d’ailleurs. Et ceci d’autant plus que l’Organisation mondiale de la santé prédit que le nombre de cas de cancers est appelé à augmenter de 75 % dans le monde d’ici 2030! Et que les Québécois sont parmi les champions mondiaux de l’exposition à l’électrosmog (en raison du chauffage électrique) et des cancers qui y sont liés (leucémie, cancers du cerveau, du sein et infantiles). La Régie de l’énergie a d’ailleurs reçu plus de 400 témoignages, dont le quart mentionne des symptômes invalidants apparus après l’installation des compteurs nouvelle génération.

Ces compteurs comprennent deux antennes à ultra hautes fréquences (UHF de 900 MHz et 2,4 GHz) sous forme de micropuces visibles par le globe de verre. Seule la première est activée initialement. La seconde, qui utilisera la fréquence des cellulaires et du Wi-Fi, servira plus tard à communiquer avec les nouveaux électroménagers, également dotés d’une puce similaire. À terme, certains compteurs pourraient émettre toutes les secondes, tel que démontré aux États-Unis. Le problème, c’est que Santé Canada ne tient compte que des émissions moyennes et non des pics de densité et de l’électricité sale, tous deux responsables de provoquer les symptômes d’intolérance électromagnétique, selon les experts. Certains soupçonnent aussi que ce sont les courants harmoniques qui sont les plus nocifs plutôt que les fréquences fondamentales. Les harmoniques sont les composantes sinusoïdales d’un courant électrique non linéaire et se présentent comme des multiples des fréquences fondamentales (900 MHz – 2,4 GHz). Divers experts, dont Carl Blackman, cofondateur de la Bioelectromagnetics Society et qui a longtemps travaillé à l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), ont découvert que certaines fenêtres de fréquences et d’intensité électromagnétiques, même plus faibles, sont plus nocives que d’autres. Le neurochirurgien suédois Leif Salford a lui aussi démontré que chez les rats, les dommages cérébraux causés par un téléphone cellulaire peuvent être aggravés en réduisant l’exposition plutôt qu’en l’augmentant.

compteur Landis+Gyr

Le compteur nouvelle génération d’Hydro-Québec émet des micro-ondes pulsées.

Éviter le sans fil

Selon le directeur de 3E, Stéphane Bélainsky, « la meilleure façon de se protéger de l’exposition aux radiofréquences émises par les dispositifs de relevés de consommation, tels les compteurs d’électricité, de gaz et d’eau, est d’investir dans un système de transmission des données de type filaire. Il n’y a aucune raison technique de ne pas le faire. Les poteaux sont déjà partout. Et je suis convaincu que le coût net à long terme est très économique sur le plan monétaire, mais également en termes de réduction de l’exposition grand public globale, qui est toujours grandissante. » L’Académie européenne de médecine environnementale et l‘Académie américaine de médecine environnementale (AAEM) conseillent également de refuser l’installation de compteurs à radiofréquences qui transmettent les données de consommation par voie de micro-ondes pulsées périodiquement 24 heures par jour. En 2011, les champs électromagnétiques de RF ont été classés « peut-être cancérogènes » par le Centre international de recherche sur le cancer, associé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par contre, selon l’OMS, il n’est pas prouvé que les symptômes d’électrohypersensibilité (EHS) sont déclenchés par l’exposition à des CEM de faible intensité.

Qu’à cela ne tienne, à travers le monde, des milliers de personnes ont déclaré souffrir de symptômes d’EHS (ou intolérance électromagnétique) depuis l’installation de tels compteurs. L’année dernière, le médecin de famille australien Federica Lamech rapportait que 92 de ses patients se sont plaints de nombreux symptômes (maux de tête, fatigue, étourdissements, palpitations cardiaques, acouphènes, etc.) depuis l’installation de compteurs nouvelle génération. Les symptômes d’EHS se manifestent particulièrement chez les gens qui passent plusieurs heures par jour à environ 10 pi (3 m) d’un ou de plusieurs compteurs à RF, selon le neurochirurgien australien Vini G. Khurana. Et ce, même si les compteurs initialement n’émettent leurs salves de 900 mégahertz (MHz) qu’aux 30 secondes, en général. D’ici quelques années, les compagnies d’électricité activeront la deuxième antenne (de 2,4 gigahertz [Ghz]) du compteur pour communiquer avec les nouveaux électroménagers qui sont dotés d’une antenne similaire. « Il y aura alors des centaines de milliers de pulsations quotidiennes de 2,4 GHz dans chaque cuisine », prévient le consultant californien Jeromy Johnson.

Compteur non communicant Centron C1S.

Compteur non communicant Centron C1S.

Compteur non communicant

L’on peut commander un compteur non communicant (sans antenne émettrice de RF) auprès du service à la clientèle d’Hydro-Québec. Plusieurs personnes disent que leurs symptômes d’intolérance électromagnétique ont disparu après l’installation du compteur non communicant (lire notre numéro du printemps 2014). D’autres, tout en ayant pris du mieux, ne tolèrent plus les ondes émises par les autres appareils sans fil. L’installation coûte 85 $ et Hydro-Québec vient de réduire les frais de relève à 2,50 $ par mois.

Les députés de l’Assemblée nationale avaient demandé à l’unanimité une solution de rechange à ces frais jugés abusifs puisqu’ils pénalisent les gens qui veulent se débarrasser d’un polluant qui leur est imposé. En 2012, 6 500 citoyens de l’arrondissement montréalais de Villeray ont empêché le sous-traitant d’Hydro-Québec, Capgemini, de pénétrer dans leur logement ou maison pour changer leur vieux compteur électromécanique par un compteur nouvelle génération. Et l’année dernière, les 95 membres de la coopérative d’habitation écologique Le Côteau vert, dans le quartier Rosemont – La Petite-Patrie, ont choisi l’option de retrait. Une solidarité rare, car en général les locataires ou propriétaires de logements mitoyens qui disent souffrir des ondes ne réussissent pas à convaincre leurs voisins de débourser les frais associés à l’option de retrait. Certaines personnes vivant près d’un seul compteur paient un électricien pour l’éloigner le plus loin possible de leur maison, une dépense qui peut atteindre quelques milliers de dollars et qui n’est pas à la portée de tous.

Quand on n’a pas le choix de vivre en présence de ces compteurs, à défaut de déménager, la principale solution est de se protéger des micro-ondes émises, dit Stéphane Bélainsky. « Les contre-mesures sont souvent constituées de différents matériaux de type métallique comme les papiers et moustiquaires d’aluminium, les pare-vapeur d’aluminium, les tissus filés de cuivre argenté ou la peinture YSHIELD. Ces matériaux réfléchiront les émissions d’énergie produites par des dispositifs sans fil pour grandement atténuer les signaux de l’autre côté. Différentes mesures peuvent donc êtres efficaces pour réduire l’exposition à l’intérieur, mais également bientôt dans la cour arrière de presque tous les résidants du Québec qui ont autorisé le déploiement d’une autre technologie de type micro-ondes sans fil. La liste est maintenant longue, et s’allonge.» Dans tous les cas, peinture comprise, le matériau doit être mis à la terre selon les règles de l’art pour drainer l’électricité ainsi captée.

Ce consultant précise que le niveau d’exposition aux RF variera grandement d’un endroit à l’autre en fonction de divers facteurs : nombre de compteurs et autres appareils sans fil (incluant un routeur de lecture à distance installé dans un poteau d’Hydro-Québec), leur distance, la durée de l’exposition, le relief des lieux, le taux d’humidité, la présence de matériaux réfléchissants comme le métal ou absorbants comme le béton qui composent l’habitation et nous séparent des émetteurs, le relief des lieux, etc. Les personnes ayant un ou des compteurs directement à l’intérieur de leur demeure ou même celui d’un voisin orienté particulièrement à proximité, se voient imposer un changement parfois drastique de leur exposition quotidienne sous forme de champs électriques haute fréquence pulsés en crêtes (pour de très courtes périodes de temps à la fois) et sur une base permanente. Exposition extrême en comparaison à ce que la nature nous livre depuis des millions d’années et non par rapport aux normes d’exposition laxistes en vigueur, bien sûr. »

Blinder le globe

Le rayonnement d’un compteur nouvelle génération est émis dans toutes les directions autour de son globe de verre. Il traverse la plupart des matériaux sauf son socle métallique qui est mis à la terre. Si votre compteur est installé sur un poteau à l’extérieur, il est possible de bloquer les ondes dirigées vers la maison avec une moustiquaire retenue par un cadre de bois et fixée au poteau, entre le compteur et la maison. Quand le compteur est installé contre la maison ou dans la maison, l’expérience de plusieurs personnes (jegardemoncompteur.com/problemesante.html) a démontré qu’une mesure efficace pour diminuer ou éliminer les symptômes d’EHS est de recouvrir complètement le globe de quatre couches de papier aluminium fixé de façon étanche avec un ruban gommé. Cela permettrait de bloquer la plupart des émissions de RF sans toutefois empêcher la transmission de données, ce qui est interdit par la loi. Toutefois, l’opération peut être hasardeuse : à 3 po (7,6 cm) d’un compteur, même les limites d’exposition fédérales laxistes peuvent être dépassées, selon l’experte en électrosmog californienne Cindy Sage, auteure et coauteure de plusieurs publications sur le sujet, dont le fameux rapport BioInitiative qui résume des milliers d’études récentes à ce sujet. D’ailleurs, selon le manuel technique du compteur intelligent Centron, du fabricant Itron, pour respecter les limites fédérales d’exposition aux RF, le public ne doit jamais se tenir à moins de 8 po (20 cm) du compteur (les RF sont particulièrement nocives pour les yeux).

Pour sa part, le chirurgien thoracique et cardiovasculaire texan William J. Rea, pionnier en médecine de l’environnement, recommande de poser un Smart Meter Guard sur le globe de verre du compteur. Son site comprend une vidéo éloquente qui montre comment ce capuchon en acier inoxydable maillé bloque plus de 98 % des ondes émises par le compteur, mais pas la transmission de données, selon le fabricant.

Quant à lui, l’hygiéniste industriel Peter Sierck, d’Encinitas, en Californie, recommande d’appliquer un matériau blindant à l’intérieur du mur situé directement derrière le compteur. Ce consultant en biologie du bâtiment (baubiologie) utilise la feuille de cuivre allemande Cuprotect, dont l’efficacité a été confirmée par l’ingénieur Peter Pauli, expert en blindage de l’Université des forces armées allemandes, à Munich.

Une autre baubiologiste, Diana Schultz, qui vit à Orlando, en Floride, souligne que le blindage fait par les bricoleurs est souvent inadéquat ou mal installé. « Chaque maison et chaque site sont différents. C’est toujours mieux d’effectuer une étude approfondie des espaces de vie, en mesurant avec des instruments fiables, et de caractériser la situation, incluant les réflexions et toutes les sources directionnelles. L’on devrait faire venir un expert expérimenté sur place afin d’évaluer la maison et le compteur intelligent ainsi que les sources provenant du quartier et les sources intérieures, le cas échéant. Il faut mesurer les niveaux de champs électriques et de champs magnétiques domestiques (60 Hertz) ainsi que les radiofréquences micro-ondes des appareils sans fil, surtout si quelqu’un dans la maison ressent des effets sur sa santé. Éliminez les sources d’abord. Réduisez ensuite l’exposition en vous éloignant des sources; la distance est votre amie. Le blindage est le dernier recours. Si une personne peut s’occuper de sa zone de sommeil, au moins elle se protège durant le tiers de sa vie alors que son corps est en mode régénératif, de guérison et de repos. On obtient les plus grands bénéfices pour son argent en se concentrant sur les chambres. Il existe différents types de baldaquins de lit blindants, mis à la terre ou non, suspendus du plafond ou accrochés sur des barres ou des châssis portables. Si vos lecteurs ont des questions, je serai heureuse de leur parler. » Selon le site français next-up.org, les baldaquins blindants permettent à plusieurs personnes électrohypersensibles de retrouver le sommeil.

Filtrer l’interférence

Toutefois, de nombreux spécialistes en électrosmog affirment que blinder les RF des compteurs est insuffisant. Car, comme tous les appareils électroniques (les vôtres et ceux de vos voisins), ils génèrent aussi de l’interférence nocive, sous forme de hautes fréquences transitoires (HFT) — ou « électricité sale » — qui circulent sur le câblage domestique et dans l’air. « Certaines personnes sont soulagées de leurs symptômes par l’installation de filtres Graham-Stetzer, qui se branchent dans les murs et court-circuitent l’électricité sale », relate l’épidémiologiste américain Samuel Milham, qui, en 1982, fut le premier chercheur à découvrir que les travailleurs de l’électricité meurent plus souvent que la moyenne de leucémie et de cancer du cerveau.

Ces filtres (vendus notamment sur em3e.com) sont en fait des condensateurs. Ils éliminent les fréquences situées entre 4 et 100 kilohertz, qui sont particulièrement nocives, selon des chercheurs russes consultés par les deux ingénieurs en électricité qui les ont inventés, Martin Graham, professeur émérite à l’Université de la Californie (Berkeley), et Dave Stetzer, président de la compagnie Stetzer Electric, de Blair, au Wisconsin. Le professeur Graham a aussi conçu un lecteur, le Stetzerizer Microsurge Meter (115 $), qui mesure les HFT sur le câblage en unités Graham-Stetzer (GS). Il est recommandé d’installer un filtre sur chaque prise dont la lecture excède 50 unités GS. Habituellement, il faut au moins une douzaine de filtres pour traiter une maison dotée de plusieurs appareils électroniques, dont les ampoules et tubes fluorescents et les rhéostats (gradateurs de lumière) qui génèrent beaucoup de HFT.

Le Dr Samuel Milham a découvert que les mesures de HFT étaient les plus élevées dans les classes d’une école californienne où les enseignants étaient atteints de taux anormalement élevés de cancers de la peau, de l’utérus et de la glande thyroïde. Pour sa part, la chercheure ontarienne Magda Havas, professeure d’études environnementales à l’Université Trent, a découvert que la pose de ces filtres avait des effets bénéfiques sur la variabilité de la fréquence cardiaque, le comportement des écoliers ainsi que les symptômes d’intolérance électromagnétique des enseignants, des diabétiques et des personnes atteintes de sclérose en plaques. Il est très important de faire inspecter le câblage d’une maison avant de poser ces filtres, précise Magda Havas. « Vous devez absolument corriger les erreurs de câblage d’abord, car si vous branchez un filtre dans un circuit défectueux, il peut générer des champs magnétiques élevés à travers ce circuit qui distribue l’électricité dans une ou plusieurs pièces. »

 

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