aqmat.org/venmar-ferme-a-drummondville-une-decision-lourde-de-consequences-pour-le-residentiel/ 

La fermeture prochaine de l'usine Venmar de Drummondville marquera la fin de près de 50 ans d'innovation québécoise en matière de ventilation résidentielle.

« Selon les informations d’abord diffusées par la presse locale et confirmée par Le Journal [de Montréal], l’entreprise devrait poursuivre ses activités jusqu’en juillet afin de compléter certaines commandes, avant de procéder à sa fermeture complète, en novembre », rapportait hier le journaliste économique de Quebecor, Martin Jolicoeur.

Venmar comptait presque 350 employés à son apogée, selon le média numérique Vingt55 qui a annoncé cette fermeture le 7 avril. La fabrication serait déplacée au Mexique et aux États-Unis. Aucun commentaire n'a été émis par le vice-président et directeur général du groupe du Wisconsin Broan-NuTone, Dominic Blanchette, responsable de la fermeture de l'usine. Celle-ci comprend un Centre d'excellence en recherche et développement fondé en 2016 pour développer les échangeurs d'air, hottes de cuisine et aspirateurs centraux du groupe, incluant la marque pionnière d'échangeurs d'air, vänEE. « L’incertitude économique, une baisse du carnet de commandes, l’imposition de nouveaux tarifs douaniers ainsi que la hausse des coûts liés aux transports... sont autant de raisons évoquées par l’entreprise américaine pour justifier sa décision », rapporte le Journal.

L’usine Venmar de Drummondville serait l'une des plus rentables du groupe, selon les sources de Vingt55. « L’entreprise était reconnue pour le grand respect qu’elle témoignait envers ses employés, où plusieurs membres d’une même famille ont œuvré au fil des années. Selon les informations confirmées au Vingt55, un plan de fermeture aurait été présenté au personnel, des démarches seraient en cours afin de relocaliser certains employés au sein d’autres entités ou partenaires, bien que plusieurs incertitudes demeurent quant à l’avenir de la main-d’œuvre. »

Les ventilateurs récupérateurs de chaleur (VRC) ou d'énergie (VRE) de marque Venmar étaient des incontournables dans les habitations modernes québécoises, rappelle ce matin le site de l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT). « Pour les détaillants et les entrepreneurs, les produits demeureront disponibles. Le marché résidentiel est structuré, concurrentiel et capable de s’ajuster rapidement », précise le président de l'AQMAT, Richard Darveau, qui déplore cependant la perte de capacité manufacturière « au profit d’acteurs dont les centres décisionnels sont majoritairement situés à l’extérieur de la province ». C'est ce qui désole aussi Micheline Gaudreau, architecte retraitée et cofondatrice du célèbre cabinet Bourassa et Gaudreau, de Victoriaville : « Il est malheureux qu’on perde cet excellent fabricant québécois passé aux mains d’Américains depuis des années [1995]. On aura à revoir nos approvisionnements si on veut continuer à acheter québécois ou minimalement canadien. »

 

Moins de fabrication et d'innovation locale

Avec la faillite survenue en 2025 du fabricant québécois Minotair (heureusement, Bourcier Ventilation offre encore le soutien et les pièces), il ne resterait aujourd'hui que trois marques de VRC et VRE fabriqués au Canada dont la haute efficacité est certifiée par le Heating and Ventilating Institute, une exigence du programme d'homologation de maisons neuves Novoclimat, du gouvernement du Québec.

Cet article est réservé à nos abonnés !
Vous voulez lire la suite ?
Connectez-vous Abonnez-vous
  •