Ginette Dupuy

« La stéatite, c’est la meilleure pierre radiante sur le marché. Beaucoup de fabricants en ajoutent sur le dessus et les côtés de leurs poêles à bois pour que ce soit radiant », explique notre collaboratrice de longue date, Ginette Dupuy. Cette consultante certifiée en baubiologie chauffe depuis 2014 sa demeure par un foyer de masse préfabriqué qui fut installé par son fabricant québécois Les Pierres Stéatites.

Cette bachelière en architecture s’est fait construire en Estrie une maison unique dont les murs intérieurs sont finis avec des milliers de blocs de terre crue comprimée (sans humus, mais avec un peu d’eau et seulement 5 % de ciment). Elle a longuement étudié les propriétés de ce matériau, notamment au CRATerre, Centre international de la construction en terre basé à l’École d’architecture de Grenoble, grâce à une bourse offerte par l’Université de Montréal dans le cadre de son baccalauréat en architecture. Par la suite, elle a obtenu une subvention de recherche de la Société canadienne d’hypothèques et de logement qui a publié son rapport de 122 pages Construction en blocs de terre comprimée. Auteure en 2008 du livre Habitat sain et écologique, elle écrit présentement un nouvel ouvrage racontant son expérience de pionnière de la construction en terre crue.

La stéatite est la meilleure pierre pour stocker et diffuser la chaleur d'un feu, selon le livre livre Poêles à accumulation – Le meilleur du chauffage au bois. Selon ses auteurs, Vital Bies et Marie Milesi. 
Photo : David Boily, La Presse

Son foyer 100 % stéatite (boîte à feu, canaux de récupération de chaleur latéraux et revêtement) est installé presque au centre de sa maison de 1 500 pieds carrés, laquelle est aussi dotée de radiateurs en fonte recyclés et électrifiés au Québec par Ecorad. Abondamment fenestrée au sud, la résidence de Ginette « est très, très confortable », dit-elle. Ceci en raison de ses murs hyperisolés R-39, comprenant 8 po de cellulose et deux rangs de carton-fibre et, en particulier, grâce à l’énergie radiante du feu et du soleil qui est stockée puis émise par la stéatite et par ses murs en terre crue. « Le soleil entre très tôt au fond de la maison, dit-elle. Avec mes murs de terre comprimée, une masse thermique trois fois supérieure au béton, c’est comme si j’avais deux foyers pour le prix d’un! Quand il fait soleil, je n’ai pas besoin de chauffer, même à moins trente Celsius! Au Québec, les journées les plus froides sont aussi les plus ensoleillées. »

Chaque hiver, elle brûle quatre à cinq cordes de bois tombé dans sa forêt qu’elle a d’abord bien fait sécher. « Par grand froid, je fais deux feux par jour. Hier soir, j’en ai fait un au souper et je n’ai pas eu besoin de remettre du bois la nuit [alors que le mercure chutait sous -20 °C]. Ce matin, c’était encore très chaud. Quand je rentre chez moi et que je ressens cette chaleur enveloppante, c’est vraiment extraordinaire! »

Le matin du 3 janvier, elle a fait un feu avant de quitter pour Montréal. Bien que refroidie au retour le lendemain soir, la maison était encore confortable. « Quand le feu brûle, il fait typiquement 24 °C près du foyer et 21-22 °C ailleurs dans la maison. Avec une masse thermique qui irradie ses rayons infrarouges, 20 °C est suffisant pour être confortable. »

Le foyer de masse a aussi l’avantage d’être très peu polluant, rappelle Ginette. « Le feu est tellement intense et propre [sans risque de créosote si le bois ne dépasse pas 18 % d'humidité au coeur de la bûche] que j’ai attendu cinq ans avant de faire ramoner la cheminée. Le ramoneur m’a assuré que tout était beau, que je n’avais pas besoin de faire ramoner aux cinq ans. Je le ferai faire cette année », c’est-à-dire la onzième après l’installation du foyer. Habituellement, un appareil de chauffage au bois doit être ramoné une à deux fois par année, selon son utilisation.