La maison Pawlak est présenté en couverture de notre numéro du printemps 2025.

La maisons saine, écologique, écoénergétique et résiliente aux aléas climatiques est-elle devenue hors de prix? Si on prend le temps de la concevoir intelligemment, que l’on est prêt à l’habiter longtemps, ou l’habiter en multilogements, le surcoût des diverses certifications (Rénoclimat, net zéro et même Passive House) est accessible à un large éventail de portefeuilles et rentable à plusieurs égards. 

Artur Pawlak ne savait pas qu’une panne d’électricité avait touché les quelques 8 000 maisons de sa municipalité de Saint-Lazare, à l’ouest de l’île de Montréal, en avril dernier. Un épisode de verglas venait de laisser plus d’un million de foyers québécois dans le noir, dont certains pendant une semaine. « Je l’ai su en sortant dehors, quand j’ai entendu le concert de génératrices », nous a raconté en entrevue ce gestionnaire d’une compagnie de logiciel.

C’est ce qu’il aime le plus de sa maison construite en 2021-2022. Cette maison, conçue selon les strictes exigences de la norme allemande Passivhaus, est de surcroît coiffée d’un système solaire photovoltaïque (PV) de 15 kilowatts de puissance, lequel convertit la lumière en électricité : silence, confort et autosuffisance énergétique en cas de panne.

Tout débute avec la pose d’une enveloppe extérieure hyperétanche, ce qui ajoute environ 2,5 fois plus de valeur isolante que la norme, ceci en incluant la fenestration. Pour être certifiée passive, une maison ne doit pas dépasser 0,6 changement d’air à l’heure (CAH) à une pression de 50 pascals, simulée par test d’infiltrométrie. Comparativement, le programme Novoclimat exige de ne pas dépasser 1,5 CAH et le Code de construction du Québec (CCQ) ne fixe aucune limite. Le tableau ci-contre compare les niveaux typiques de performance thermique des éléments constituant les diverses maisons offertes aujourd’hui.

Selon les saisons, une maison passive perd ou gagne jusqu’à 90 % moins de chaleur qu’une maison respectant le strict minimum des exigences du CCQ adopté en 2012. « C’est très, très confortable, dit M. Pawlak. La température intérieure tombe très rarement en bas de 18 C en hiver, même durant une panne. Notre maison est devenue le point de rencontre de tout le monde dans notre famille. »

La maison passive soulève évidemment bien des questions. Combien coûte-t-elle? N’est-elle accessible qu’aux riches? Représente-t-elle une solution viable d’adaptation aux changements climatiques et autres crises de notre temps, etc.? Les raisons pour l’adopter à grande échelle sont nombreuses, selon Artur Pawlak qui d’entrée de jeu souligne les bienfaits pour la santé de ses occupants grâce à  la durabilité de son enveloppe, laquelle résiste à la condensation et à l’infiltration d’eau, bref, aux moisissures. « On a tendance à ne pas trop y penser, mais l’air à l’intérieur de la maison est toujours bon, il n’y a jamais de condensation dans les vitres, dit-il. Il n'y a pas de raison fondamentale pour que ça soit plus cher à long terme. Et plus on l’adoptera, plus les prix diminueront. »

Comme nous le verrons dans ce dossier, bien qu’encore marginale (voir les immeubles canadiens certifiés sur passivehousecanada.com/projects), l’habitation passive encourage les acheteurs, et incite les constructeurs à bâtir de meilleures maisons qui sauront prémunir leurs occupants contre les étés torrides qui deviennent la norme.

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