Il fut un temps, où pour se loger ou pour s'établir, il était possible de s'entraider.
Il fut un temps où la communauté, dans un élan collectif de solidarité, se rassemblait autour d'une famille ou d'un projet, pour le rendre possible, pour qu'il se manifeste. C’était en fait la seule façon d’y parvenir.
Ces moments de rencontre et d’entraide sous l’apparence de célébrations festives, faisaient office de chaîne de transmission de connaissances et de savoir-faire, contribuant au tissu social tout en assurant l’établissement de nouveaux résidents. Quelle ingéniosité !!
Ces corvées de construction ont cours depuis des siècles et ont été d’une importance capitale lors de l’établissement de la colonie en Nouvelle-France et l’ouverture des villages partout en province. Sans elles, il aurait été impossible d’habiter le territoire.
Mais que s’est-il donc passé?
Quand est-ce que tout cela a bien pu basculer?
Au point où aujourd’hui il est illégal de prêter main-forte à nos propres concitoyens, familles ou amis.
Au point où il faille désobéir pour porter le marteau ou le rabot.
L’accès à la propriété ou à un simple logement est devenu aujourd’hui un enjeu sociétal et même de santé publique, due à la rareté, à la piètre qualité ou à la vétusté des constructions. Et ne parlons pas des coûts actuels pour se loger ou se construire !!
Dans ce contexte, la disparition des corvées est un véritable fléau pour nos sociétés contemporaines. Elle entraine avec elle une grande partie de nos identités et de notre histoire, en plus de nous soustraire à l’accès à la propriété.
Comme « Perrette et le pot au lait », nous pouvons chanter en chœur :
« Adieu entraide et solidarité
Adieu accessibilité et espoir d’habiter
Adieu tissu social, transmission et citoyenneté. »
Maintenant, pourquoi ne pas revendiquer le « Droit de Corvée », comme un droit acquis de nos ancêtres, un droit qui permettrait aujourd’hui de rétablir des pans complets de notre histoire, tout en assurant une forme de continuité citoyenne viable.
Une innovation sociale qui serait puisée à même notre patrimoine immatériel collectif.


