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Malgré toutes les campagnes de sensibilisation, Santé Canada estime que le radon tue environ mille Québécois(es) par année, soit trois fois le nombre des victimes de la route, et ce nombre est appelé à augmenter, expliquait cet été le Dr Aaron Goodarzi, professeur de médecine à l’Université de Calgary et directeur scientifique de l’Étude Nationale Evict Radon, dans le cadre d’une entrevue sur notre chaîne youtube.com/maison21e. Les raisons sont nombreuses et justifient que l’on agisse sans tarder, signale-t-il.
Gaz radioactif souterrain qui s’infiltre dans les bâtiments, le radon est la deuxième cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Une maison québécoise sur six dépasse la ligne directrice canadienne de 200 Bq/m³ au-dessus de laquelle Santé Canada recommande d’abaisser le plus vite possible le niveau du radon.
Le radon fait de plus en plus de victimes pour plusieurs raisons. D’abord, on n’a aucun contrôle sur les expositions antérieures au radon alors que le cancer du poumon prend entre cinq et trente ans à se développer. De plus, les Canadiens y sont plus exposés que jamais parce qu’ils travaillent davantage à la maison. Par ailleurs, les concentrations de radon sont accrues d’après nos façons de construire, de rénover et d’opérer nos habitations, explique ce docteur en biochimie.
Santé Canada recommande de tester le radon aux cinq ans car ce gaz radioactif souterrain qui s'infiltre dans les bâtiments s'assumule davantage dans habitations plus étanches, plus grandes et aux plafonds plus élevés, comme bien des maisons récentes ou étanchéifiées lors de rénovations. C’est pourquoi le nombre de cancers du poumon causés par le radon augmentent sans cesse, selon le Dr Goodarzi. Dans le cadre de notre entrevue, il invitait notamment le public québécois à s’inscrire sur son site à son étude qui permet de mesurer l’exposition au radon en analysant les ongles d’orteils!

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la concentration maximale de radon dans une demeure devrait être de 100 Bq/m3. Selon le Dr Aaron Goodarzi, son étude nationale indique que 40-45 % des résidences canadiennes affichent des concentrations plus élevées. « Le risque de cancer du poumon augmente d’environ 16 % pour chaque hausse de 100 Bq/m3 de la concentration moyenne en radon sur le long terme », selon l’OMS. Ce qui signifie que pour une concentration de 600 Bq/m3 (6 x 16 % = 96 %), le risque est presque double par rapport à une personne qui respire un air sans radon.

