
Nous vivons au sein de notre environnement et sommes façonnés par celui-ci : l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, la nourriture que nous mangeons, ce que nous appliquons sur notre peau, la chaleur et le froid, la lumière et l’obscurité, ainsi que les rayonnements invisibles. Nous avons tous des vulnérabilités, et tout comme les canaris avertissaient les mineurs de la mauvaise qualité de l’air, nous sommes tous protégés lorsque nous tenons compte des personnes qui réagissent à certaines expositions ; celles qui souffrent de sensibilités environnementales aux produits chimiques (sensibilité chimique multiple ou MCS) et aux rayonnements électromagnétiques (hypersensibilité électromagnétique ou EHS, ou syndrome EMR).
L'organisme Prevent Cancer Now (PCN) a collaboré avec des défenseurs de la reconnaissance des sensibilités environnementales pour « illuminer le Canada en jaune » en mai 2026. Détails à ce sujet fournies par l'artiste Marie Leblanc.
Hausse des cancers infantiles en Amérique du Nord
Les causes sous-jacentes des sensibilités environnementales contribuent également à des taux de cancer plus élevés.
Les environnements d’aujourd’hui sont différents de ceux de nos ancêtres. La Terre Mère est accablée par des polluants de plus en plus nombreux, notamment les gaz à effet de serre, les toxines et les déchets, y compris les pesticides, les plastiques, les résidus des industries extractives, les résidus miniers et les eaux de ruissellement, ainsi que les rayonnements liés aux télécommunications et aux radars.
Parmi les tendances sanitaires préoccupantes, on note notamment l'augmentation des cancers infantiles en Amérique du Nord. L'exposition passée des parents à certains produits chimiques (par exemple, les pesticides, les produits synthétiques et certains parfums) et aux rayonnements radiofréquences (par exemple, les technologies « sans fil ») a des répercussions sur les enfants et les parents de la génération suivante.
La famille compte. L’exposition des grands-parents et des parents affecte le développement et la santé de la progéniture, avec des répercussions sur plusieurs générations. Les polluants perturbateurs endocriniens d’aujourd’hui ont des répercussions à long terme sur la santé des jeunes, prédisposant davantage de filles et de garçons à développer des cancers plus tôt dans leur vie. Une expérience récente a montré qu’une seule exposition importante augmentait les risques de cancer intestinal précoce, qui s’est transmis sur 20 générations chez des animaux de laboratoire, sans qu’on puisse en voir la fin.
Il existe des mesures contre les sensibilités environnementales. La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a publié en 2007 deux rapports dirigés par la présidente de Prevent Cancer Now, Meg Sears, « Le point de vue médical sur l’hypersensibilité environnementale » (lire la version anglaise ici) et Le point de vue juridique sur l’hypersensibilité environnementale. Ces rapports ont été remplacés récemment sur le site de la CCDP par la publication L’hypersensibilité environnementale et les politiques sur un milieu sans parfum, constituant ses lignes directrices fondées sur la Loi canadienne sur les droits de la personne. La CCDP confirme que les personnes qui souffrent de sensibilités environnementales sont plus susceptibles de développer un cancer. Plus récemment, des professionnels de la santé et des scientifiques canadiens se sont penchés sur les détails scientifiques, en lançant un appel à « rattraper le retard scientifique ».
Le maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe, s'est joint à d'autres acteurs à travers le pays pour sensibiliser le public en proclamant mai 2026 «Mois de la sensibilisation aux hypersensibilités environnementales et aux hypersensibilités chimiques multiples».

