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Une chercheuse suisse accuse l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’avoir voulu détourner une revue systématique qu’elle lui a commandée il y a six ans. Publiée dans la revue Environment International en mai 2025, son étude a confirmé la « certitude élevée » de preuves permettant de conclure que, chez des rats longuement exposés aux champs électromagnétiques (CEM) de radiofréquences des téléphones et antennes cellulaires, ces rayonnements avaient augmenté l’incidence du gliome (le plus mortel des cancers du cerveau) et du schwannome malin de la gaine protectrice des nerfs.
« Ils ont essayé de nous dire comment faire notre travail », a dénoncé la toxicologue Meike Mevissen dans une interview accordée en janvier au média suisse Infosperber. « La recherche est très politique, a expliqué cette directrice de la faculté de pharmacologie et de toxicologie vétérinaires à l'Université de Berne. Nous sommes constamment confrontés à l’idée qu’il ne peut y avoir aucun risque pour la santé. »
L’OMS et les pays qui financent la recherche sur les ondes et la santé sont souvent accusés d’écarter les études qui démontrent les effets biologiques néfastes des CEM, ceci afin de plaire aux industries qu’elles menacent.
Dans les années 1990, alors chercheuse à l'Université de Hanovre, en Allemagne, Mevissen a mené une série d'études sur des animaux qui ont démontré que les CEM des lignes électriques jouent un rôle dans le développement du cancer du sein. Cette découverte avait subi une campagne de dénigrement de la part du dirigeant des études américaines sur les CEM émis par les lignes électriques. L’Institut National des Sciences de la Santé Environnementales (NIEHS) avait plus tard présenté des excuses officielles à Mevissen et à son directeur de laboratoire.
Un responsable de l’OMS que Mevissen n’a pas voulu nommer a insisté pour qu’elle réalise une méta-analyse, soit une technique quantitative intégrant les données d’études similaires afin d'aboutir à une conclusion générale. Son équipe fut la seule à écarter cette technique qu’elle jugea inappropriée en raison de l'hétérogénéité des méthodes des 52 études analysées dans son article de mai 2025.
« Il voulait sélectionner à notre place les études, même celles qui étaient admissibles à l’évaluation, a déclaré Mevissen. Nous avons dû constamment nous justifier, même si nous avions réuni les plus grands experts mondiaux sur ce sujet. »
Sa revue systématique fait partie des douze études commandées par Emilie van Deventer, cheffe de l'unité « Rayonnements et santé » de l'OMS à Genève. Ces études serviront à mettre à jour la position officielle de l'OMS sur l'état des connaissances sur les CEM du courant domestique et des radiofréquences (RF) des télécommunications sans-fil. Tous deux furent classés dans la catégorie 2B ou « peut-être cancérogènes pour l’humain » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS.
Une autre récente revue systématique commandée par l'OMS a d’ailleurs éclipsé le risque de tumeur cérébrale, risque observé dans les études cas-témoins menées principalement par les groupes international Interphone et Hardell en Suède ayant conduit au classement 2B des RF.
Financement industriel secret du projet CEM de l’OMS
Van Deventer mène le projet en secret, tout comme son prédécesseur Michael Repacholi, un ancien fonctionnaire de Santé Canada et consultant pour les compagnies d’électricité. Avant de fonder l’unité de recherche sur les ondes de l’OMS avec un financement industriel secret révélé par Microwave News en 2006, Repacholi avait créé l’ICNIRP, l’organisme privé opaque lié aux industries électriques et des télécommunications, lequel a publié les limites d’exposition aux CEM adoptées par la plupart des pays. Or, ces limites ne tiennent pas compte des dangers des expositions à long terme aux ondes. Des milliers d’études ont documenté ces dangers depuis l’invention du télégraphe et autres technologies de télécommunication. C’est ce qui incite de nombreux scientifiques et gouvernements à vouloir réduire l’exposition des enfants et autres personnes hypersensibles aux CEM (détails sur ehtrust.org).
Dans une lettre publiée ce 1er février dans Environment International, deux éminents chercheurs ont soutenu la décision de l’équipe de Mevissen de ne pas réaliser une méta-analyse des études faites sur des animaux.
« Le regroupement quantitatif d’études très hétérogènes sur les CEM de RF et le cancer chez les animaux est peu susceptible de fournir une mesure synthétique significative du risque cancérogène », écrivait Igor Belyaev, directeur du département de radiobiologie du Centre de recherche biomédicale de Bratislava, en Slovaquie, et Suleyman Dasdag, chef du département de biophysique à la faculté de médecine de l’Université Medeniyet d’Istanbul, en Turquie. Tous deux sont membres de la Commission internationale sur les effets biologiques des CEM (icbe-emf.org). Celle-ci regroupe depuis 2022 les auteurs de centaines d’études contredisant les affirmations de l’ICNIRP et de l’OMS sur l’innocuité des CEM.
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Effects of radiofrequency electromagnetic field exposure on cancer in laboratory animal studies, a systematic review
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412025002338?via%3Dihub
The WHO-commissioned systematic reviews on health effects of radiofrequency radiation provide no assurance of safety
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12490090/


