L’atrium de la Maison du développement durable, à Montréal.

L’installation d’un mur végétal intérieur requiert plus d’efforts et coûte plus cher qu’un mur de grimpantes à l’extérieur. N’empêche, au Québec, ces murs sur structure préfabriquée survivent mieux dedans que dehors. Ils sont aussi de plus en plus populaires. À preuve, plusieurs entreprises s’en sont déjà dotées. C’est notamment le cas de la Clef des Champs, une herboristerie de Val-David, qui a intégré un mur de plantes médicinales et alimentaires à l’intérieur de son nouveau siège social. Laurence Lebrun, la responsable à la recherche et au développement, également pharmacienne et botaniste, n’en était pas à ses premières armes. Elle avait déjà collaboré, dans le passé, avec Patrick Blanc.

D’autres murs vivants de plus grande envergure existent ailleurs au Canada. Premier du genre au pays, le biofiltre de la Faculté de l’environnement de l’Université de Guelph, en Ontario, est tout simplement majestueux. Ce mur vivant a même été reproduit à Montréal par son concepteur, Alan Darlington, des compagnies Air Quality Solutions et Nedlaw Living Walls, diplômé de la même université. Il est l’expert canadien en matière de filtration végétale des composés organiques volatils dans l’air intérieur. Situé dans un atrium de cinq étages de hauteur, ce mur végétal filtre le retour d’air des bureaux de la nouvelle Maison du développement durable, siège social d’Équiterre et de huit autres organismes. Cet immeuble est situé au 50, rue Sainte-Catherine Ouest, angle Saint-Laurent (visites sur rendez-vous ou virtuelles).

Le 29 novembre 2011, la concentration du dioxyde de carbone (CO2), qui était d’environ 600 parties par million (ppm ou milligramme par litre) dans l’air de l’atrium par rapport à un niveau extérieur typique de 350 ppm, chutait à 533 ppm après avoir traversé le mur végétal, selon l’ordinateur de la salle mécanique de l’immeuble. (Le gaz carbonique ou CO2 que nous expirons n’est pas un polluant inquiétant. Par contre, dans les bâtiments, sa concentration est plus élevé car il est moins dilué par de l’air frais qu’à l’extérieur. Or, plus il excède les 800 ppm, plus d’autres polluants peuvent s’accumuler dangereusement à cause d’un échange d’air insuffisant : chaque hausse de 100 ppm dans sa concentration est liée à une hausse significative des symptômes [maux de tête, irritation des voies respiratoires, etc.] des édifices malsains causés par les COV comme le formaldéhyde et le toluène.)

Notez que dans notre dossier d’hiver 2010 sur l’épuration de l’air intérieur par les plantes, l’ancien expert de la NASA BC Wolverton admettait que la réduction des polluants à la source et la ventilation ont un plus grand impact dépolluant. Les plantes sont les plus utiles à ce chapitre dans les bâtiments parfaitement étanches et sans échange d’air avec l’extérieur, comme les capsules spatiales!  

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