Un héritage contaminé ?  L’impact de nos choix environnementaux

mo_9782760411371Sommes-nous en train de léguer un héritage contaminé aux générations futures ?

Motivée par les problèmes de santé de son jeune fils, Olga Prin a déjà tenté de voir plus clair dans le dossier des polluants et des pesticides. En 2002, elle signait le livre Victimes d’un héritage contaminé, un guide pour mieux connaître les liens entre la santé et le mode de vie. Ce sont les enfants et les adolescents, a-t-elle appris, qui, bien plus que les adultes, sont affectés par le poids chimique de notre vie en Occident. Près de vingt ans plus tard, qu’en est-il de son combat ? C’est ce qu’elle nous confie dans son nouvel ouvrage, Un héritage contaminé? L’impact de nos choix environnementaux, qui vient de paraître chez Stanké.

Olga Prin plaide aujourd’hui pour un engagement individuel renouvelé en faveur de l’environnement. Elle rend compte de ses lectures et de ses entrevues avec de nombreux scientifiques réputés, s’interroge sur les impacts de la dégradation des milieux naturels, sur la contamination, sur nos habitudes de vie et nos choix quotidiens et fouille la question de la présence de produits artificiels de toutes sortes dans nos aliments, dans nos fleuves et dans nos corps. Très bien documenté, ce livre dresse un portrait de l’état des lieux tout en invitant au changement. Il fait comprendre qu’on ne transformera peut-être pas le monde, mais qu’on peut certainement en faire davantage pour lui.

Voici en exclusivité un texte inspiré d’extraits choisis par l’auteure.

Démunis face à la maladie et à la dégradation de l’environnement? Rien n’est moins sûr. Ce n’est pas tant l’apathie qui nous habite qu’un sentiment d’impuissance face à la complexité des enjeux en cause… On entend partout que les gens sont devenus plus conscients, que le recyclage entre dans les mœurs… mais qu’en est-il vraiment?

Ma réalité bien personnelle du temps où j’ai dû mettre ma vie en veilleuse pendant une certaine étape de ma vie, le temps que mon fils souffrant d’allergies multiples et graves aille mieux, m’a souvent rendue un peu triste, un peu hésitante à nager à contre-courant et à m’écarter du lot tout le temps. Concrètement, cela s’est traduit par des habitudes et une alimentation les plus naturelles possibles, sans produits chimiques dans toute la mesure possible, en dépit des limites de mes moyens relativement limités pendant des années. Dans mon premier livre, écrit il y a plus d’une décennie, j’avais surtout envie de partager le fruit de mes lectures, des conférences auxquelles j’avais assisté et des mes réflexions avec d’autres parents qui, comme moi, se trouvaient aux prises avec des enfants aux allergies inexplicables. Une foule d’articles d’actualité m’avaient finalement convaincue que les polluants ont beaucoup à voir avec ces nouvelles maladies infantiles qui nous laissent perplexe.

Après avoir écrit mon livre, je suis retournée à une vie beaucoup plus « normale ». Mon fils resplendissait de santé, j’ai eu des jumeaux par la suite qui m’ont tenue bien occupée et je me suis forcée à oublier tout ce qui n’allait pas sur la planète. C’était hors de ma portée et je sentais que j’avais fait mon bout de chemin. Encore aujourd’hui, je ne prétends pas que l’on puisse changer le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui mais que l’on peut certainement faire mieux, beaucoup mieux. Je remarque cependant que l’environnement n’a jamais su passer dans les priorités des grands courants, ni même de mon entourage, et cela m’a souvent intriguée car je suis bien consciente de la dégradation importante de notre planète depuis quelques décennies à peine. Je me suis tellement demandée pourquoi que je me suis mise à écrire… Ce qui devait être un article – sur ce que l’élimination des pesticides sur les pelouses au Québec et ailleurs pouvait avoir eu de bénéfique une décennie plus tard – est devenu un livre tout à fait exhaustif de mes derniers 20 ans à essayer de comprendre plein de choses, du phénomène des allergies et maladies chroniques en hausse constante et des parallèles observés dans la faune et, en bout de ligne, les répercussions de notre mode de vie – cette fois chiffrées.

Devant l’immensité et la complexité des enjeux environnementaux auxquels nous avons à faire face après des années d’inertie, j’aime bien citer Hubert Reeves, célèbre astronome, écrivain et vulgarisateur scientifique que je qualifie volontiers d’Einstein de notre temps. Dans le documentaire Hubert Reeves : conteur d’étoiles, il nous explique que « L’écologie, ce n’est pas un grand problème, c’est un million de petits problèmes qui font un grand problème. Ces millions de petits problèmes, il faut les régler un par un. » De notre conception à notre mort, il nous est désormais impossible d’échapper aux substances chimiques et à leurs répercussions complexes, exponentielles et variables dans le temps. Quelles sont toutes ces substances? À quoi servent-elles? Qui les rejette dans notre environnement et pourquoi? Pour ma part, je ne pouvais concevoir, il y a plus d’une décennie, qu’il semblait être devenu tout à fait normal d’asperger les terrains de jeux, les aires publiques et les pelouses résidentielles avec des produits chimiques. C’est vraiment la recherche et la sensibilisation qui ont amené les collectivités à commencer à s’interroger sur de telles pratiques.

Le célèbre vulgarisateur scientifique David Suzuki, lors d’une conférence donnée au cégep de mon fils en octobre 2012, mentionnait qu’à 76 ans, il aurait préféré rester chez lui, avec sa famille, plutôt que de faire cette allocution. Non pas qu’il n’aimait pas se trouver en compagnie d’étudiants, mais plutôt parce qu’il se sentait fatigué! Mais il se sentait tout aussi mû par l’amour et pressé en tant que sage (elder), de transmettre des leçons tirées du passé pour venir en aide aux jeunes qui auront à se débrouiller avec cette planète fragilisée qu’on leur laisse en héritage. Nous n’avons pas d’autre choix que d’essayer, affirmait-il, cela doit nous toucher assez pour que nous ayons envie d’essayer de faire de notre mieux.

J’ai moi-même mis longtemps à trouver un juste milieu entre mon impuissance individuelle, mon envie de faire quelque chose et mon horreur de la contestation.  Je crois avoir trouvé : pour moi, il suffit de passer le mot dans le plus grand respect possible d’autrui. Mon expérience personnelle m’a appris qu’il est généralement beaucoup plus fastidieux de tenter de convaincre les politiciens (ce qui n’est cependant pas impossible) que de faire naître des tendances chez les consommateurs. Après tout, il est faux de croire que les grandes sociétés sont les seules responsables du problème, puisqu’en fin de compte, c’est bien nous qui achetons leur produits. Il me semble évident que si nous cessons d’utiliser des poisons, ceux-ci seront aussitôt remplacés par des produits naturels viables sans danger pour l’eau, la santé et l’environnement. J’espère que ce deuxième ouvrage, qui couvait en moi depuis un bon moment et que j’ai écrit avec tout l’amour que je porte à mes fils et aux enfants en général, saura vous en convaincre aussi.

Table des matières : Chapitre 1 – Mon réveil brutal face aux réalités environnementales Chapitre 2 – Nos enfants, canaris des temps modernes Chapitre 3 – Malchance, génétique ou environnement? Chapitre 4 – Nos milieux naturels envahis par nos produits artificiels Chapitre 5 – Dis-moi ce que tu manges… Chapitre 6 – Nos habitudes au banc des accusés Chapitre 7 – Choix de société : comment réagir?

Vidéo : commentaires de gens qui ont lu ce livre.

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