Trop de chloroforme dans l’eau de 66 aqueducs québécois

Un pichet filtrant au charbon activé. © www.ewg.org

Un pichet filtrant au charbon activé. © www.ewg.org

Quiconque boit de l’eau du robinet — et en particulier les bébés et les femmes qui veulent enfanter — devrait la filtrer au charbon activé pour réduire son exposition au chloroforme et aux autres dangereux sous-produits de la désinfection au chlore, recommande l’Environmental Working Group (EWG), chef de file américain en recherche et défense des droits en santé environnementale, dans le rapport Water Treatment Contaminants: Toxic Trash in Drinking Water, publié en février 2013.

Ce conseil s’applique à tous, mais en particulier aux résidants de Kamouraska et d’une soixantaine d’autres municipalités québécoises dont l’eau potable ne respecte pas la norme provinciale sur les concentrations des trihalométhanes (THM) totaux, selon un tableau que nous avons obtenu du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP).

« Certains contaminants volatils comme les THM peuvent diminuer en concentration si vous laissez l’eau à l’air libre pendant 24 heures avant de la boire, précise la biologiste Renée Sharp de l’EWG, où elle dirige le programme de recherche sur les produits toxiques. Mais plusieurs autres, comme les pesticides, les métaux lourds, les médicaments et autres polluants des eaux de surface non filtrés par les municipalités et qui peuvent aussi contaminer les puits, ne sont pas affectés par cette pratique. Pour réduire leur concentration, il faut tester l’eau pour déterminer le type de filtration requise. Certains contaminants peuvent être très difficiles à retirer. » Un pichet filtrant ou un filtre au charbon installé sur un robinet ne coûte qu’environ 100 $ par année, ce qui en fait une solution au moins 10 fois plus abordable que l’eau en bouteille consommée par une famille de quatre personnes.

Boire des déchets dangereux

Les sous-produits de la désinfection (SPD) comprennent les THM dont le chloroforme, les composés organiques volatils (COV) et les acides haloacétiques (AHA). Dans son rapport, Mme Sharp qualifie les SPD de véritables déchets dangereux. Or l’eau potable peut en contenir plus de 600, dont seulement neuf sont réglementés. La plupart ont été peu étudiés et certains sont 1 000 fois plus toxiques que le chlore.

Les THM sont les SPD les plus étudiés. Ils constituent la pointe de l’iceberg. Ils sont créés par la combinaison de matières organiques (feuilles d’arbres, engrais, pesticides, fumier, etc.) et du chlore utilisé pour tuer les bactéries et les virus présents dans l’eau. Plusieurs scientifiques et l’Environmental Protection Agency (EPA) américaine soupçonnent qu’aux États-Unis, les THM causent des milliers de cas annuels de cancers de la vessie chez les adultes et de retards de développement chez les nouveau-nés.

La norme sur les THM est fixée à 80 microgrammes par litre (μg/L) d’eau courante (ou 80 parties par milliard ou ppb) depuis 2001 au Québec et depuis 1998 aux États-Unis. Le respect de cette norme ne signifie pas pour autant que l’eau potable est sans danger car cette limite légale « est le résultat d’un compromis politique » plutôt qu’un niveau jugé sécuritaire, souligne le rapport de l’EWG. En 2005, l’EPA voulait réduire cette norme à 40 ppb afin de prévenir 1 300 nouveaux cas annuels du cancer de la vessie. Le projet fut abandonné. Or, en 2010, une étude du National Cancer Institute américain révélait qu’une personne sur quatre pourrait avoir une prédisposition génétique augmentant son risque de cancer de la vessie sous l’effet des THM.

Pionnière comme toujours, la Californie recommande de réduire la concentration annuelle moyenne de THM à 0,8 ppb, un niveau 100 fois inférieur à la limite américaine et québécoise.

Santé Canada rappelle que la chloration de l’eau apporte plus de bénéfices que de torts en tuant les microbes à l’origine de gastroentérites et d’autres maladies hydriques potentiellement mortelles. « Les risques que représentent pour la santé les sous-produits de désinfection (SPD), y compris les AHA, sont beaucoup moins importants que ceux qu’entraîne la consommation d’eau non désinfectée adéquatement », affirme le Ministère. « Mais ce n’est pas une raison pour éviter de tout faire en notre pouvoir pour réduire notre exposition aux sous-produits de désinfection, nous a expliqué Renée Sharp par courriel. Ceci comprend l’adoption de normes d’eau potable plus sévères et, pour les consommateurs, de filtrer l’eau du robinet. »

Les THM sont particulièrement présents dans l’eau potable puisée en surface, mais on les trouve aussi dans certaines eaux souterraines contaminées, comme à Kamouraska et dans d’autres régions agricoles. Leurs concentrations sont plus élevées après les fortes pluies, qui surviennent principalement en été et sont de plus en plus fréquentes en raison des changements climatiques.

Risques pour la santé

Parmi les nombreux dangers présentés par les THM, les chercheurs ciblent particulièrement le risque accru pour les femmes enceintes de donner naissance à un enfant de faible poids. Selon une étude réalisée à l’Université de la Caroline du Nord, ce risque doublerait lorsque les mères sont exposées à plus de 80 ppb de THM durant le troisième trimestre de leur grossesse, période critique du développement d’un enfant. « Des preuves croissantes suggèrent que les enfants aux retards de croissance à la naissance pourraient être plus sujets au développement de maladies importantes à l’âge adulte, comme le diabète de type 2, l’hypertension, le syndrome métabolique et la maladie coronarienne », selon une étude québécoise sur les effets des SPD dirigée par le Dr Patrick Levallois, professeur de médecine sociale et préventive à l’Université Laval. Cette étude fut publiée dans la revue scientifique Epidemiology en mars 2012. Les SPD sont aussi liés à des risques accrus de cancer colorectal, de fausse couche et de malformation congénitale, notamment.

Selon l’EWG, les dernières études militent en faveur de l’abaissement de la norme sur les THM bien en deçà des 80 ppb. Par exemple, des chercheurs de quatre universités taïwanaises ont découvert que boire pendant des années de l’eau contenant une moyenne de 21 ppb de THM double le risque de mourir du cancer de la vessie. D’autres chercheurs ont remarqué que cette concentration est associée à un risque accru de donner naissance à un enfant mort-né.

Un remède encore plus toxique

Autre problème : certaines municipalités désinfectent plutôt leur eau potable aux chloramines, une combinaison de gaz de chlore et d’ammoniac qui produit moins de THM et d’AHA que la simple chloration. Par contre, les chloramines produisent des nitrosamines cancérogènes ainsi que des acides ioniques, soupçonnés d’être les SPD les plus toxiques. De plus, les chloramines ne préviennent pas la corrosion des tuyaux de plomb comme le fait le chlore. Résultat : à Washington, le nombre de bébés ayant trop de plomb dans leur sang a quadruplé en 2009 après l’ajout de chloramines dans l’eau de la capitale américaine. Les chloramines sont aussi reconnues toxiques pour les personnes en dialyse et extrêmement toxiques pour les poissons.

Selon une étude citée par l’EWG, les bains et les douches sont parfois les principales routes d’exposition aux THM, car ceux-ci sont volatils et facilement respirés ou absorbés par la peau. Mais dans le cadre de l’étude québécoise, seule l’exposition orale aux THM et aux AHA augmentait le risque de faible poids corporel à la naissance.

L’EWG ajoute que l’on peut également filtrer l’eau à l’entrée d’une maison. Peu importe le type de filtre ou de système utilisé, il faut s’assurer qu’il soit certifié — par exemple, par NSF International ou par la Californie — comme étant efficace contre les THM ou les autres polluants que l’on veut filtrer.

Guide interactif de l’EWG pour l’achat du bon filtre à eau :
www.ewg.org/report/ewgs-water-filter-buying-guide

Les 66 réseaux délinquants

Kamouraska détient le triste premier rang des 66 systèmes municipaux de distribution d’eau potable qui, en 2012, ne se conformaient toujours pas à la norme québécoise sur les concentrations de trihalométhanes totaux, selon ce tableau que nous avons obtenu du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP).

La norme québécoise sur les THM, fixée à 80 microgrammes par litre (μg/L) d’eau courante (ou 80 parties par milliard ou ppb), est 100 fois supérieure à la recommandation de l’État de la Californie (0,8 μg/L).

En vertu de la nouvelle stratégie québécoise de protection et de conservation des sources d’eau potable, les municipalités sont responsables d’analyser la vulnérabilité de leur source d’alimentation et de rendre cette analyse publique. Toutefois, la coalition Eau Secours doute qu’elles puissent remplir ce mandat. « Plusieurs n’arrivent pas à assurer les inspections sur leur territoire et n’ont pas de ressources humaines adéquatement formées pour le faire », affirmait l’organisme dans un mémoire déposé en 2012 dans le cadre de consultations sur cette stratégie.

Eau Secours recommande donc notamment que les instances municipales et le MDDEFP soient dotés des moyens techniques et financiers nécessaires pour mieux étudier et protéger la qualité de l’eau potable, « qu’aucune loi ne puisse avoir préséance sur la loi de l’eau et que tous les ministères harmonisent leurs pratiques face à la préservation de l’eau ».

La bonne nouvelle, c’est que seulement 6 % des 1 009 réseaux québécois sont encore hors norme et que 75 % des 58 réseaux qui l’étaient en 2007 ne le sont plus aujourd’hui. C’est grâce aux millions de dollars investis par la province pour réduire la matière organique et conséquemment les quantités de chlore dans l’eau du robinet : réduction à la source, notamment des polluants agricoles et des eaux usées contaminant les prises d’eau municipales, et filtration des matières organiques avant la désinfection.

« Les projets visant à corriger une problématique des THM sont tous considérés dans le cadre des programmes d’infrastructures comme prioritaires. L’aide financière des programmes d’infrastructures est disponible pour répondre à ces besoins », explique Émilie Lord, relationniste au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire.

Deux changements apportés au Règlement sur la qualité de l’eau potable, en mars 2012, ont contribué à augmenter le nombre de réseaux hors norme. On ne calcule plus les concentrations moyennes mesurées sur quatre trimestres consécutifs, une méthode ayant pour effet de masquer les pics estivaux qui, selon l’EWG, menacent le plus la santé des femmes enceintes et des bébés. Désormais, le responsable d’un système de distribution peut effectuer le calcul même s’il ne dispose que des résultats pour trois trimestres, mais il « doit sélectionner la valeur maximale obtenue à chacun des trimestres, puis réaliser la moyenne de ces résultats », explique Geneviève Lebel, relationniste au MDDEFP.

Principaux réseaux hors norme

Voici un aperçu des pics de THM les plus élevés mesurés au Québec en 2012 (cliquer ici pour la liste complète des réseaux hors norme) :

• La Côte-Nord faisait figure de parent pauvre avec un record de 13 réseaux dépassant la norme de 80 μg/L. Franquelin était en tête, à 399 μg/L, suivie notamment par quatre réseaux de Baie-Comeau dépassant les 168 μg/L;

• Le Centre-du-Québec affichait huit réseaux délinquants, dont celui de Sainte-Brigitte-des-Saults au premier rang, à 173 μg/L;

• L’Outaouais en comptait sept, dont Portage-du-Fort, à 265 μg/L;

• Il y en avait six dans les Laurentides (dont le réseau Lac Grignon de Sainte-Agathe-des-Monts : 107 μg/L) et dans le Bas-Saint-Laurent (Kamouraska : 423 μg/L, un sommet québécois);

• On en comptait cinq dans Chaudière-Appalaches (Thetford Mines : 265 μg/L), en Montérégie (Sainte-Hélène-de-Bagot : 113 μg/L) et au Saguenay–Lac-Saint-Jean (Saint-Nazaire-de-Chicoutimi : 195 μg/L);

• L’Estrie (Waterville : 122 μg/L) et la Mauricie (Shawinigan : 116 μg/L) en comptait trois;

• On en retrouvait deux dans Lanaudière (Saint-Viateur, à Saint-Cuthbert : 114 μg/L) et en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (Rivière-au-Renard : 98 μg/L);

• L’Abitibi-Témiscamingue (Belleterre : 195 μg/L) et le Nord-du-Québec (Chibougamau : 89 μg/L) n’en avaient qu’un seul.

Précisons que les risques pour la santé augmentent avec le nombre d’années durant lesquelles on s’expose aux THM et aux autres sous-produits de la chloration.

Kamouraska attend sa subvention

La municipalité de Kamouraska tente de régler son problème depuis près de six ans, selon sa directrice générale, Mychelle Lévesque. L’ancien puits desservant 209 résidences était contaminé par l’infiltration d’eaux de surface. Selon Mme Lévesque, le gouvernement « tarde » à lui accorder une aide financière de 3,3 millions de dollars pour creuser un nouveau puits qui sera relié à une nouvelle usine de chloration. Une première option, celle d’être desservi par Saint-Pascal-de-Kamouraska, s’est avérée trop onéreuse.

Au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, on se défend de se traîner les pieds. « Un complément d’information a été demandé à la Municipalité en juin 2013 afin de statuer si le système de traitement existant pouvait faire face à une hausse temporaire de turbidité, ce qui permettra de confirmer la nécessité d’un ou de deux puits dans la définition du projet, explique la relationniste Émilie Lord. Lorsque la définition du projet sera complétée (incluant une estimation à jour du projet) et que le MDDEFP aura donné son accord à la solution retenue, une recommandation pour fins d’aide financière pourra être faite. »

Entre-temps, la directrice générale de Kamouraska dit que tous ses citoyens ont reçu une copie du dépliant Les trihalométhanes dans l’eau potable : Des précautions simples pour en réduire les effets, publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Dans ce document, le MSSS affirme que pour réduire son exposition aux THM : « Il n’est pas nécessaire de cesser de consommer l’eau du robinet. Cependant, par mesure de prudence, il est quand même souhaitable que ceux qui consomment beaucoup d’eau, de même que les femmes enceintes, utilisent les moyens suivants pour réduire leur exposition. Ces mesures devraient surtout être appliquées durant l’été alors que les concentrations de THM sont plus élevées.

• Utiliser un appareil de traitement de l’eau par charbon activé tel qu’un pichet filtrant. L’appareil doit être certifié ANSI/NSF. Ce type d’appareil demande un entretien régulier car il peut être contaminé par les bactéries de l’eau.

• Bien ventiler la salle de bain au moment de la prise d’un bain ou d’une douche en ouvrant une fenêtre ou en mettant le ventilateur en fonction. Il faut noter qu’il y a moins de risques d’exposition aux THM en prenant un bain de courte durée plutôt qu’une douche. L’utilisation de l’eau plus froide réduit l’absorption des THM par la peau.

• Garder l’eau au réfrigérateur dans un pichet sans couvercle pour une période de 24 heures. Cette méthode permet aux THM de s’évaporer en partie dans l’air.

• La consommation d’eau embouteillée peut constituer une alternative à l’eau du robinet. »

« Je pense que la plupart des citoyens de Kamouraska achètent de l’eau en bouteille parce que notre eau goûte le chlore », dit d’ailleurs Mme Lévesque. Pourquoi ne pas le laisser s’évaporer pendant 24 heures? « Je n’ai pas le temps de faire ça! »

Pas de nouvelle norme québécoise en vue

La porte-parole du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec (MDDEFP), Geneviève Lebel, a bien voulu répondre à nos questions au sujet des trihalométhanes dans l’eau potable.

• Le MDDEFP songe-t-il à abaisser sa norme sur les THM?
La norme de 80 μg/L fixée en 2001 dans la réglementation québécoise reste à ce jour plus sévère que la recommandation canadienne révisée en 2006 et fixée à 100 μg/L. Le MDDEFP et le MSSS restent attentifs à l’avancement des connaissances dans le domaine, mais aucun projet n’est prévu pour le moment en vue d’abaisser cette norme.

 À quelle fréquence les municipalités doivent-elles divulguer leurs concentrations de THM et ces données sont-elles publiques?
Depuis le 31 mars 2013, les responsables des réseaux de distribution d’eau potable à clientèle résidentielle ont l’obligation de publier annuellement un bilan de la qualité de l’eau potable fournie. Ce bilan, qui doit présenter une compilation des analyses réalisées pour l’ensemble des paramètres faisant l’objet de normes, doit être rendu disponible aux usagers sur demande. Dans le cas des réseaux municipaux, l’existence de ce bilan doit être indiquée sur le site internet de la ville et dans le bulletin municipal lorsque les municipalités sont dotées de tels outils. Le Ministère fournit sur son site internet un modèle pour la réalisation d’un tel bilan : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/potable/brochure/modele-bilan-annuel.doc

 Quels efforts sont faits pour réduire les concentrations de sous-produits de la désinfection dans l’eau potable?
Dans le cadre du Règlement sur la qualité de l’eau potable, les responsables de systèmes de distribution désinfectés au chlore, à l’ozone ou au bioxyde de chlore ont l’obligation de réaliser des analyses périodiques de la qualité de l’eau potable pour vérifier le respect des normes associées à des sous-produits de la désinfection. Une caractérisation adéquate permet d’évaluer les concentrations rencontrées et de mettre en place des mesures pour les diminuer lorsque nécessaire. En ce qui concerne les trihalométhanes totaux, le nombre d’analyses à réaliser pour les systèmes de distribution desservant des populations de plus de 5 000 personnes a d’ailleurs été augmenté plus tôt cette année afin de permettre une meilleure caractérisation des concentrations rencontrées. La fréquence d’analyse des bromates, un sous-produit de la désinfection associé à l’ozone, est aussi passée d’une fréquence annuelle à une fréquence trimestrielle, tandis que de nouvelles exigences ont été imposées aux systèmes désinfectés au bioxyde de chlore afin de mesurer les chlorites et les chlorates. Lorsqu’un dépassement de norme est constaté, les responsables des systèmes doivent identifier des solutions à mettre en place afin de résoudre le problème et en aviser le MDDEFP et la Direction de la santé publique.

• Les importants efforts apportés depuis 2001 à la mise en place de procédés de filtration dans l’ensemble des stations de production d’eau potable approvisionnées en eau de surface contribuent à une réduction des concentrations de sous-produits. En effet, les procédés de filtration permettent de réduire de façon très importante la quantité de matière organique qui est à l’origine de la formation des sous-produits lors de la désinfection.

• Le MDDEFP recommande-t-il aux citoyens qui se préoccupent de cette question de filtrer leur eau au charbon activé ou de l’aérer?
Le MDDEFP ne dispose pas de document publié à ce sujet. Cependant, le ministère de la Santé et des Services sociaux, de même que Santé Canada, en offrent. Dans son document intitulé Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada : document technique : les trihalométhanes (http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/trihalomethanes/index-fra.php), Santé Canada indique :

« Les dispositifs de traitement au point d’utilisation et au point d’entrée, ainsi que certains filtres à charbon actif, peuvent éliminer efficacement le chlore et ses sous-produits. Il importe de surveiller le matériel et de l’entretenir conformément aux recommandations des fabricants, et en particulier de remplacer périodiquement le milieu filtrant. La performance des filtres destinés à l’élimination des SPCD [sous-produits chlorés de désinfection] dépend d’un certain nombre de facteurs, dont le type de filtre, le type de milieu, le groupe de SPCD, le débit, la qualité de l’eau et l’âge du filtre. L’utilisation de filtres dans les zones à turbidité élevée peut entraîner très rapidement un encrassement du filtre, si l’eau n’est pas prétraitée.

« Pour qu’un dispositif de traitement de l’eau potable soit certifié conforme à la norme 53 de NSF/ANSI qui porte sur les dispositifs de traitement de l’eau potable et les effets sur la santé, il doit réduire la concentration de THM dans l’eau, fondée sur la présence de chloroforme comme produit chimique substitut, ou ramener la concentration de provocation des influents de 0,300 mg/L à moins de 0,015 mg/L, ce qui représente une réduction chimique de plus de 95 % (NSF International, 1999). »


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2 Responses

  1. Melanie Beaudoin

    Je trouve dommage que vous encouragiez à nouveau l’utilisation de filtre pour l’eau potable à la maison. La simple utilisation d’un pichet d’eau mis au réfrigérateur permet d’éliminer une grande partie du chlore et ses dérivés puisque ce sont des éléments très volatiles!!! De l’eau froide à coût modique 🙂
    De plus, certains filtres au charbon laissent un faux sentiment de sécurité à ceux qui laissent leur pichet avec filtre sur la table pendant les repas alors que des bactéries peuvent s’y développer…

  2. agfauteux

    Oui, le pichet peut suffire parfois, mais comme le dit l’experte de l’EWG:
    « Certains contaminants volatils comme les THM peuvent diminuer en concentration si vous laissez l’eau à l’air libre pendant 24 heures avant de la boire, précise la biologiste Renée Sharp de l’EWG, où elle dirige le programme de recherche sur les produits toxiques. Mais plusieurs autres, comme les pesticides, les métaux lourds, les médicaments et autres polluants des eaux de surface non filtrés par les municipalités et qui peuvent aussi contaminer les puits, ne sont pas affectés par cette pratique. Pour réduire leur concentration, il faut tester l’eau pour déterminer le type de filtration requise. Certains contaminants peuvent être très difficiles à retirer. » Un pichet filtrant ou un filtre au charbon installé sur un robinet ne coûte qu’environ 100 $ par année, ce qui en fait une solution au moins 10 fois plus abordable que l’eau en bouteille consommée par une famille de quatre personnes.

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