Logo_IDEF_cote_FO_LNLes cancers, ainsi que les intolérances et les allergies alimentaires, sont en constante augmentation dans les pays occidentaux. Les Chinoises décrivent, par exemple, le cancer du sein comme le cancer des riches, car ce sont les seules femmes qui ont accès à la nourriture occidentalisée. La compréhension du lien entre nutrition et santé globale est de plus en plus clair, même si de nombreuses personnes résistent encore à modifier leurs habitudes alimentaires.C’est ainsi que, dans ses livres et son émission de télévision, le docteur en nutrition Richard Béliveau attire notre attention sur la qualité de la nourriture que nous consommons pour que notre corps soit en santé. Peu de temps avant son décès, le psychiatre David Servan-Schreiber expliquait dans son livre Anti-cancer comment les aliments pouvaient avoir un impact tant sur nos pensées que sur notre corps. Il existe également d’autres livres rédigés par des chercheurs et des cliniciens qui nous interpellent et nous invitent à réviser notre manière de manger.

Quelle régulation?

Force est de constater que le lobby le plus puissant, en termes de nombre de lobbyistes et de moyens économiques, en Amérique du Nord concerne l’industrie agroalimentaire. D’une manière anecdotique, leur travail a permis de faire reconnaître la pizza comme un fruit à part entière par le Sénat étasunien et ce, pour échapper aux différents projets visant à réduire la malbouffe dans les écoles et autres centres sportifs.

Dans le même temps, différents documentaires ont souligné les dangers, tant pour les agriculteurs que les consommateurs, des pratiques industrielles qui prévalent depuis une cinquantaine d’années. La mécanisation, l’usage de pesticides, les OGM, etc., donnent accès à des produits agroalimentaires qui améliorent la rentabilité des fermes et répondent mieux aux attentes des consommateurs en termes d’apparence et de goût, mais qui ne posent pas moins de sérieuses questions quand on constate l’augmentation exponentielle des allergies et des intolérances alimentaires.

Durant la réalisation de mon postdoctorat, nous avions reçu une subvention pour regarder de quelle manière le milieu de la recherche agroalimentaire, tant universitaire qu’industriel, se régulait de manière à rencontrer les valeurs éthiques et leur part de responsabilité sociale en regard du fruit de leur travail en génie-génétique. Nous avons rencontré plusieurs chercheurs et régulateurs pour constater à quel point le Canada ne proposait aucune norme quant à la création d’organismes vivants génétiquement modifiés (OGM). Même les entreprises qui réclamaient des directives pour se conformer aux normes canadiennes restaient sans réponse de la part des agences canadiennes. C’est aux industries à s’auto-réguler et se donner elles-mêmes des directives. Cela semble fonctionner quand ce sont des start-up, mais plus les financiers prennent le contrôlent de l’entreprise en émergence, plus les directives internes deviennent floues.

En fait, l’industrie agroalimentaire relève d’une compétence canadienne. C’est ainsi qu’il est interdit au Québec, par exemple, d’imposer un étiquetage des produits OGM comme en Europe et ce, malgré une déclaration unanime de l’Assemblée nationale (tout parti confondu) qui faisait suite à une réflexion menée par le Conseil supérieur de la science et de la technologie (abrogé depuis par le premier ministre Jean Charest) et par la Commission de l’éthique, de la science et de la technologie. Par ailleurs, tant les entreprises en émergence (start-up) qu’établies, relève du ministère du transport du Canada et pas de Santé Canada. Autrement dit, les normes édictées par Transport Canada ne peuvent en aucun cas guider le travail des généticiens et des décideurs ou actionnaires.

Tant les Libéraux que les Conservateurs laissent l’industrie s’auto-réguler, alors que le premier ministre canadien Jean-Chrétien a fermé les laboratoires nationaux qui auraient pu faire des recherches indépendantes. Quant au gouvernent Harper, leur volonté de réduire le nombre d’agence de contrôle n’est plus à démontrer. Aussi, quand on découvre les stratégies commerciales et politiques d’entreprises comme Monsanto (qui – en plus – vient d’acheter la compagnie de mercenaires Blackwater), on peut réellement craindre que ces pratiques n’affectent notre santé et celle de nos enfants, ainsi que la production agricole dans son ensemble. Nous n’avons certes aucun pouvoir pour contrer une telle puissance commerciale, mais nous pouvons développer des ressources localement pour avoir accès à des fruits et des légumes de qualité.

Solutions locales pour désordre global

Réalisatrice de films très touchants comme « Trois hommes et un couffin » et « La belle verte », Coline Serreau a réalisé « Solutions locales pour désordre global » en 2010 pour proposer des solutions concrètes afin de retrouver une alimentation saine. Elle explique notament que «les films d’alertes et catastrophistes [diffusés précédemment] ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes, qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives.»

À travers son film-documentaire, elle nous permet de découvrir comment certaines pratiques, mêmes ancestrales comme le retournement de la terre, peuvent avoir des impacts négatifs sur la qualité des fruits et légumes que nous faisons pousser dans nos champs et nos potagers. Des hommes et des femmes, de part le monde, explorent ainsi des solutions qui favorisent l’accès à des aliments de meilleure qualité. La création d’un potager, dans son jardin, permet notamment de produire à moindre frais des fruits et des légumes de qualité. Il existe, par ailleurs, de plus en plus de solutions pour les personnes vivant dans les villes.

Parmis les projets décrits, elle met en lumière l’Association Kokopelli, une fondation française basée en Inde, qui tente de redonner l’accès à des semences non modifiées par les techniques de sélection naturelle (hybridation) ou, plus embêtantes, par les modifications génétiques (OGM). Si l’Europe a décidé d’imposer aux producteurs agro-alimentaires d’afficher la proportion de produits génétiquement modifiés, les USA et le Canada refusent ostantatoirement de telles pratiques pour informer les consommateurs.

Or, il y a au moins deux comptoirs de Kokopelli au Québec – bien que celui de Coaticook serait fermé depuis peu -, alors que les Potagers d’Antan essaient de produire des fruits et légumes au départ de semences naturelles. Il existe également une large représentation de ce projet humanitaire en Alberta.

Enfin, il y a de plus en plus de fermes qui se veulent biologiques à travers le Québec et qui vendent chez des détaillants locaux ou à travers un réseau de distribution directe des fruits et légumes d’excellente qualité.

Le jardinier paresseux

Le Québec se caractérise notamment par une double réalité: un hiver rude et long, alors qu’il y a un été chaud et court. Deux belles saisons qui permettent autant les sports d’hiver que les plaisirs de l’été avec ses lacs et ses montagnes. Toutefois, cela crée plusieurs difficultés quand on essaie de réaliser un potager, puisqu’il peut y avoir des gelées nocturne mi-juin et mi-septembre. De plus, à l’exception de certaines plaines (vallée du St-Laurent, plateau autour de Tremblant, Lac St-Jean, etc.), le relief du Québec n’est pas toujours propice à la réalisation d’un potager.

Pourtant, il existe des solutions, notamment celles mises de l’avant par Larry Hodgson qu’il décrit dans les différents tomes du Jardinier Paresseux. Ces solutions permettent de développer un projet qui s’adapte à vos besoins et à votre disponibilité.

Nous expérimentons ces techniques depuis 2010. Bien sûr, la météo joue un grand rôle, mais nous sommes de plus en plus efficaces!

Et il existe certainement d’autres projets structurant que je me ferai une joie d’ajouter à ce texte.

Docteur en neurosciences et psychothérapeute, Joël Monzée est directeur-fondateur de l’Institut du développement de l’enfant et de la famille.

 

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