Le pissenlit constitue, avec les autres plantes sauvages comestibles qui poussent sur la terre où je vis, en Estrie, l’aliment le plus écologique et économique (c’est gratuit !) que je puisse consommer. Partage sur cette vivace venue d’ailleurs.

De plante à aliment

Le pissenlit s’est vraiment transformé dans mon regard avec les années. Jeune, il était amusant à cueillir pour souffler sur ses drôles de graines surmontées d’un petit parachute. J’aimais aussi cette belle couleur jaune qui venait si bien contraster le vert des pelouses.

C’est plus tard dans ma vie, en lisant sur le pissenlit en tant que plante comestible et en ayant des courettes gazonnées et des jardins, que j’ai commencé à l’apprécier à sa juste valeur. En tant qu’amoureuse de la nature, mon cœur se réjouissait chaque fois que je voyais les oiseaux se régaler de ses graines et les abeilles butiner ses fleurs.

Puis, ce fut à mon tour de m’en nourrir. Je me suis mise à goûter des feuilles de différentes formes et stades de maturité. J’ai alors remarqué ma nette préférence pour les nouvelles pousses au milieu de la rosette de feuilles (elles sont arrondies et pas encore pointues) douces et non amères. Je peux même les manger crues fraîchement cueillies pendant que je jardine!

Il y a aussi les grandes feuilles, également à bouts arrondis et moins dentées, qui sont plus douces.

Lorsque j’ai eu accès à un mélangeur à haute vitesse (Vitamix®), j’ai pu enfin me faire des smoothies verts et apprécier ces verdures du printemps d’une tout autre façon.

Cette plante est ainsi devenue un aliment. Mes yeux et mon corps ont développé des instincts pour trouver les bonnes feuilles à cueillir. Celles que je vais aimer. Et il y a du choix, plus de mille variétés de pissenlit à travers le monde!

Une place réservée au jardin

Afin d’avoir des feuilles saines, je préfère choisir celles qui ont poussé dans mon jardin biologique clôturé. J’évite ainsi que des animaux (ou des humains…) aillent y faire leurs besoins.

Je veille aussi à préserver cette précieuse ressource. Afin d’assurer une réserve suffisante, je prends soin de laisser une partie de mes jardins exclusivement pour le pissenlit et autres plantes sauvages comestibles telles que l’ortie, le galinsoga, etc. Il y repousse d’année en année. Je ne fais que désherber les plantes que je ne consomme pas, cueillir quelques feuilles de pissenlit par plant et laisser chacun de ceux-ci monter en graines afin qu’il se ressème.

Des feuilles jusqu’à l’hiver…

En septembre dernier, j’ai fait une découverte : j’allais au jardin pour me cueillir de la laitue lorsque j’aperçus sur mon chemin de belles grandes feuilles de pissenlit appétissantes.

Surprise! Ces feuilles avaient bon goût. Moi qui mangeais du pissenlit seulement au printemps…

Dans tous les ouvrages, il était mentionné de consommer les feuilles de pissenlit avant la floraison puisqu’elles deviennent amères et coriaces après celle-ci. Par conséquent, j’oubliais cette plante dès que la floraison et l’été arrivaient. Or, j’ai bien réalisé qu’il y a plein de nouvelles pousses tendres et douces jusqu’à tard en automne… Surtout chez nous, puisque je prends soin d’en laisser le plus possible pour mon appel d’aliments verts du printemps et pour les animaux!

Elles se ressèment donc au grand vent pour le grand bonheur de tous. Ou presque…, car il y a bien ces moments où c’est moins drôle lorsque j’ai à déterrer ces longues racines qui se sont installées à d’autres endroits de mon jardin. Il en reste parfois un morceau au fond. Et je sais qu’elles vont repousser…, car le pissenlit est un champion de la survie! De nouvelles recettes et façons de cuisiner les feuilles en perspective, puisque je peux en trouver jusqu’à ce que la neige les recouvre. Youpi!

© juliebriere.com

Auteur

Dernières publications


Vous aimeriez aussi
Hommage aux pissenlits
Soutenons nos champions de la biodiversité!

Laisser un commentaire