Nicole et sa famille en santé.

Naturopathe et acupunctrice australienne complétant un doctorat universitaire en médecine complémentaire, Nicole Bijlsma admet que ses formations l’avaient mal préparée pour traiter ses nombreux patients atteints de maladies environnementales comme l’eczéma, l’asthme et les allergies, ou de conditions affectant plusieurs organes, comme les hypersensibilités et la fatigue chronique. « Changer la diète des patients ou leur donner un sac plein de suppléments n’allait jamais influer sur la cause de leurs complaintes », écrit-elle dans la troisième édition de son livre à succès Healthy Home, Healthy Family.

Puis elle vécut deux évènements marquants qui l’incitèrent à réorienter sa carrière. D’abord, elle visita la maison de deux frères souffrant de rhumes et grippes à répétition. Une odeur de moisi et d’humidité lui permit de découvrir que les garçons dormaient dans une chambre infestée de moisissures. La famille déménagea dans une maison saine et leurs problèmes de santé chroniques disparurent.

Ensuite, Nicole et son mari Mark déménagèrent eux-mêmes à leur insu dans une maison toxique. Son mari et elle souffraient d’insomnie et un an plus tard, Nicole vécut une fausse couche… la première de dix survenues en sept ans. Comme son médecin ne lui offrait aucune solution, elle consulta un médecin américain qui lui diagnostiqua une maladie autoimmune. « Mon système immunitaire éliminait tout fœtus de la même façon qu’il combattait des cellules cancéreuses. » C’est alors qu’ils découvrirent que leur lit était situé dans un puissant champ magnétique émis par le panneau électrique situé de l’autre côté du mur de leur tête de lit. De plus, ils vivaient à l’intersection d’une route très achalandée et les niveaux de polluants atmosphériques dans leur chambre triplaient aux heures de pointe du trafic. Enfin, un géobiologue découvrit sous son lit une zone de stress géopathique, causée par une faille et de l’eau souterraines.

Depuis 1999, Nicole est devenue une experte en maisons saines, le couple est déménagé dans une maison saine et Mark a fondé une manufacture de produits de soins corporels et de nettoyage non toxiques. De plus, Nicole a donné naissance à trois beaux enfants en santé après avoir assaini son environnement. Elle a aussi fondé le Collège australien d’études environnementales qui dispense des formations en bau-biologie (biologie du bâtiment) et en feng shui, et même dirigé l’Association des bau-biologises australiens.

Nicole dit avoir rapidement découvert que la toxicité de nombreux polluants domestiques est très documentée dans la littérature scientifique, mais que les lobbies industriels ont une influence énorme sur les normes d’exposition laxistes que la plupart des pays adoptent en matière de pollution chimique et électromagnétique. « Il y avait plusieurs gouvernements et organismes non gouvernementaux dans le monde qui s’occupaient de ces problèmes; malheureusement, l’Australie n’était pas parmi ceux-ci. »

Son livre vise trois objectifs, explique cette missionnaire passionnée : informer les citoyens pour qu’ils apprennent à vivre dans un monde technologique sans s’empoisonner; outiller les professionnels de la santé pour diagnostiquer et traiter leurs patients atteints de sensibilités environnementales; et promouvoir la bau-biologie en Australie, afin qu’en 2025 cette discipline fasse partie de la pratique médicale classique.

Ce très beau livre, à couverture rigide et illustré en couleur, mérite d’être traduit en français. Le premier chapitre explique pourquoi il est urgent d’agir et de démasquer les quatre excuses bidon des entreprises qui nous empoisonnent, comme un voisin qui vous parlerait de son chien : mon chien ne mord pas (elles nient que leurs produits sont dangereux); mon chien mord, mais il ne vous a pas mordu (elles investissent des millions de dollars dans des études biaisées, des campagnes de relations publiques et des comités de scientifiques soi-disant indépendants qui maîtrisent l’art de manipuler la vérité en leur faveur); mon chien vous a mordu, mais il ne vous a pas fait mal (elles reconnaissent que nous sommes exposés à leurs produits, mais prétendent que c’est sans conséquence parce que les normes d’exposition sont respectées); mon chien vous a mordu et vous a fait du tort, mais ce n’est pas de notre faute, plutôt de la vôtre (quand elles ont épuisé leurs excuses, elles blâment les consommateurs qui n’ont pas écouté les mises en garde, comme celles sur les paquets de cigarettes ou cachées dans les téléphones cellulaires et les tablettes). « Comment peut-on transférer le blâme sur les consommateurs alors qu’ils n’ont pas les connaissances pour prendre des décisions éclairées ou les ressources financières pour régler le problème? »

La bonne nouvelle, dit-elle, c’est que les hypersensibles à la pollution ont généralement de faibles taux de cancer car ils s’en éloignent davantage.

Healthy Home Healthy Family, de Nicole Bijlsma, Australian College of Environmental Studies, 3e édition, 2018, 388 pages.

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