L’électrosmog perturbe les capacités de navigation des oiseaux migrateurs

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Delpho/ARCO

Les sceptiques qui doutent des effets néfastes de l’électrosmog sont déboutés.

La prestigieuse revue scientifique Nature vient de publier une étude allemande concluant que les champs électromagnétiques (CEM) créés par l’homme désorientent les oiseaux migrateurs. Cette étude, qui a duré sept ans, confirme qu’en milieu urbain, les radiofréquences émises par les antennes et appareils sans fil nuisent à leur système de navigation basé sur la magnétite, un minéral présent dans le corps des oiseaux et qui réagit au champ magnétique terrestre.

« Les niveaux de radiofréquences qui a affecté l’orientation des oiseaux sont de beaucoup inférieurs à tout ce qu’on croyait auparavant biophysiquement plausible, et bien en deçà des niveaux reconnus comme affectant la santé humaine, » écrivait Joseph L. Kirschvink, professeur à l’Institut de technologie de Californie, dans un article qui accompagne l’étude parue dans Nature mercredi.

Cette confirmation pourrait avoir des implications majeures pour notre santé car la magnétite est aussi présente dans le corps humain, souligne l’oncologue parisien Dominique Belpomme qui sera à Montréal du 6 au 8 juin prochain dans le cadre du salon de l’environnement et de l’écohabitat Projet Écosphère. « Nos recherches dans ce domaine sont en cours, ayant pour hypothèse l’existence de magnétosomes en plus grand nombre dans le cerveau et les enveloppes méningées des malades électrosensibles », écrivait-il en 2009 dans le rapport Le syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM).

L’étude de Nature s’ajoute aux milliers d’autres qui ont mis en lumière les effets non thermiques nuisibles de l’exposition à des CEM de très faibles intensités. Un article du magazine allemand Der Speigel (traduction anglaise) cite l’un des auteurs de l’étude qui affirme qu’il faut considérer l’impact sur la santé humaine et questionner les normes d’exposition internationales qui visent seulement à éviter les effets thermiques (échauffement des tissus) des CEM. Le Département américain de l’intérieur qualifiait récemment de désuètes ces limites, établies par un organisme lié à l’industrie, car elles mettent des espèces animales menacées en danger.

Dans une demande de brevet pour un système de réduction de l’électrosmog dans les réseaux locaux sans fil déposée en 2003, la compagnie de cellulaire Swisscom reconnaissait d’ailleurs les effets génétoxiques et les « indications d’un risque accru de cancer » associés à l’exposition aux radiofréquences.

L’étude publiée dans Nature fait rigoler le dermatologue suédois Olle Johansson, qui a jadis établi un lien entre les radiofréquences et le mélanome malin, le fameux cancer de la peau mortel lié aux coups de soleil. Dans un courriel envoyé ce matin, il taquine les sceptiques qui affirme que les symptômes ressentis par les personnes intolérantes aux CEM sont psychosomatiques. Son commentaire ironique : « Sûrement un autre cas d’imagination non thermique sévère, de problème de ménopause, d’illusion et de psychose entretenue par les grands médias… chez les oiseaux! »

Pour en savoir davantage :

Le site du Dr Bellepomme sur la recherche et le traitement des hypersensibilités environnementales (EHS et MCS)

Voir aussi ce reportage du Washington Post.

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