L’électricité statique augmente la nocivité des polluants

Isaac Jamieson, Ph.D.

Des chercheurs britanniques ont découvert que la pollution électromagnétique détériore la qualité de l’air intérieur, au point d’augmenter les risques d’infection, d’asthme et d’autres maladies. Par exemple, un taux d’humidité relative sous 30 ou même 20 % accroît les champs électriques statiques (ou potentiels électrostatiques) et réduit la présence de petits ions d’oxygène bénéfiques que nous respirons, expliquaient les chercheurs de l’Impérial College de Londres dans une étude parue en 2007 dans la revue Atmospheric Environment et dont les travaux se poursuivent.

Les petits ions sont essentiels à notre bonne santé, car ils tuent les microbes et favorisent notre absorption d’oxygène et le bon fonctionnement de notre système immunitaire. Ces si vitales molécules d’oxygène chargées sont minuscules : de 0,36 à 0,85 nanomètres (nm) dans le cas des ions qui ont une charge électrique négative et de 0,85 à 1,6 nm dans le cas des ions chargés positivement.

Les auteurs expliquent que le ministère de la Santé de la Russie recommande une concentration optimale par centimètre cube d’air d’au moins 400 dans le cas des ions négatifs et d’au moins 600 dans le cas des ions positifs, sans jamais dépasser 50 000/cm3 dans les deux cas.

L’architecte Isaac Jamieson, docteur en science de l’environnement à l’Imperial College, s’est dit particulièrement inquiet du fait que dans les hôpitaux, des gens malades soient entourés, sinon enrobés d’équipements électriques et de draps synthétiques provoquant des décharges électrostatiques nocives.

Depuis les années 1950, diverses études ont démontré que les risques d’infection par des contaminants aéroportés, dont les microbes et les polluants chimiques, sont augmentés dans des conditions intérieures ressemblant à une cage de Faraday, cette enceinte qui bloque des nuisances et conditions électromagnétiques bénéfiques provenant de l’extérieur. Ces conditions nuisibles sont : un air trop sec, la présence de matériaux et de tissus synthétiques dont la friction favorise la création d’électricité statique, et l’utilisation d’appareils et de câbles électriques générant des champs électriques de 60 Hz élevés. (La norme suédoise adoptée internationalement pour les écrans cathodiques limite à 10 volts par mètre l’intensité des champs électriques mesurés à 50 cm d’un écran.)

Ces conditions de cage de Faraday ont notamment pour effet de nuire à la santé et à la productivité des travailleurs en déformant les « régimes verticaux » de champs électriques bénéfiques présents dans la nature. De plus, ils chargent les virus, bactéries, allergènes et autres polluants toxiques comme les métaux lourds. Cette charge électrique fait en sorte que ces pathogènes se collent à la peau du visage et des mains et surtout aux parois du système respiratoire, où ils causent des infections et autres dommages (les plus fines particules traversent les alvéoles pulmonaires et aboutissent dans le sang). Les particules de 0,02 microns à charge simple peuvent se déposer cinq fois plus facilement dans les poumons que les particules non chargées, selon une étude dirigée par B.S. Cohen et publiée en 1998 dans Health Physics et citée par les chercheurs britanniques.

Dans une déclaration rapportée par le quotidien londonien The Independent, le 29 juillet 2007, Isaac Jamieson (qui portait alors le prénom Keith) affirmait que « plusieurs gestes simples peuvent être posés, à la maison et au travail, pour réduire la charge toxique sur nos corps et le risque de maladie et d’infection. » Par exemple : contrôler l’humidité relative, limiter l’usage de tissus et autres matériaux synthétiques, mettre les ordinateurs et autres appareils et même les humains à la terre, débrancher les équipements électriques non utilisés (puisque c’est la mise sous tension qui génère les champs électriques) et utiliser des appareils exposant constamment les gens à des régimes verticaux de champs électriques ainsi qu’à des concentrations bénéfiques de petits ions d’air dont la bipolarité est équilibrée. Le professeur Jamieson soulignait aussi l’urgence de poursuivre la recherche dans ce domaine « relativement peu exploré » : « Je soumettrai une étude en cours sur l’ionisation et la qualité de l’air intérieur à l’examen de mes pairs plus tard cette année. »

Qu’en pense le Dr Karl Weiss, professeur de médecine à l’Université de Montréal et co-président de la table montréalaise en prévention des infections? « Je ne suis pas au courant de travaux en particulier, mais je ne pense pas que ce genre de technologie changera quoi que soit en terme de risque infectieux, dit-il. Par contre, je n’aimerais vraiment pas habiter une maison avec des appareils qui produisent des champs électromagnétiques ou des rayons ionisants. »

Par ailleurs, Isaac Jamieson dit qu’il faut se méfier des générateurs d’ions négatifs. « L’exposition à long terme à l’ionisation unipolaire a raccourci l’espérance de vie chez les animaux. Les niveaux d’ionisation à proximité de l’appareil sont trop élevés et il y a risque accru d’absorption de particules chargées en bordure du nuage d’ions. Il est préférable d’opter pour un ioniseur bipolaire satisfaisant aux exigences sanitaires et épidémiologiques russes SanPin. Voir www.ionization.info/kat/tovar17.htm

Études d’Isaac (Keith) Jamieson :

The Effects of Electric Fields on Charged Molecules and Particles in Individual Microenvironments

Building Health: The Need for Electromagnetic Hygiene.

Son site : linkedin.compubisaac-jamieson2a487380

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