Un parent médecin témoigne en faveur de lois sur l’usage du sans fil

Un parent médecin témoigne en faveur de lois sur l’usage du sans fil

 
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En France, le Wi-Fi est interdit dans les crèches et garderies et son usage est limité aux activités pédagogiques dans les premières années du primaire.

En France, le Wi-Fi est interdit dans les crèches et garderies et son usage est limité aux activités pédagogiques dans les premières années du primaire.

Voici une lettre soumise le 4 septembre dernier par un médecin, parent de deux enfants électrohypersensibles, devant le comité mixte d’éducation de l’État du Massachusetts. Son témoignage visait à appuyer deux projets de loi :

• H.2030 Une loi concernant les meilleures pratiques de gestion pour l’usage du sans fil dans les écoles et les établissements publics d’enseignement supérieur

• S.2079 Une loi pour réduire l’exposition aux rayonnements non ionisants dans les écoles

Son nom a été retiré pour protéger la vie privée de sa famille.

AF

« Membres du comité, parrains, coparrains, ministère de la Santé publique du Massachusetts, ministère de l’Enseignement primaire et secondaire du Massachusetts, le bureau du procureur général du Massachusetts et le bureau du gouverneur Baker :

Mesdames et messieurs les législateurs et les fonctionnaires,

Je vous félicite de répondre aux préoccupations de vos électeurs instruits concernant les dangers pour la santé des technologies sans fil dans les salles de cours. Je vous remercie d’avoir étudié soigneusement les projets de loi H. 2030 et S. 2079 pour assurer une utilisation sécuritaire de la technologie dans nos écoles et nos salles de cours.

Malgré les campagnes de l’industrie conçues pour susciter la controverse envers la documentation évaluée par les pairs au moyen de « protocoles de recherche créatifs »1, le poids actuel de la preuve démontre bien les effets nocifs des technologies sans fil. La documentation de qualité évaluée par les pairs amassée depuis les années 1950 est tellement volumineuse que de nier cette preuve équivaut à nier les lois de la gravité.

En tant qu’ancien professeur adjoint de médecine et interniste, j’ai passé la plus grande partie des 20 ans de ma carrière à soigner des patients très malades et hospitalisés, et à enseigner la médecine clinique à des étudiants et des résidents en médecine. J’ai publié des articles dans les revues scientifiques évaluées par les pairs, j’ai moi-même été pair examinateur, et j’ai enseigné à des centaines d’étudiants et de résidents en médecine comment faire une évaluation critique de la documentation médicale. J’ai lu une multitude d’ouvrages portant sur les nombreux impacts des champs électromagnétiques (CEM) sur la santé, et je suis plus que qualifiée pour donner mon opinion sur le sujet.

Toutefois, je rédige ce témoignage en tant que maman de deux enfants électrosensibles dont la santé a été affectée par la technologie sans fil et qui ne peuvent plus aller à l’école. J’espère que notre histoire pourra aider d’autres enfants et leurs familles et leur épargner les souffrances que nous avons connues – physiquement, socialement, émotionnellement et mentalement. De plus, j’espère que ce compte-rendu vous permettra de comprendre les conséquences sur les humains du rayonnement omniprésent du Wi-Fi et des radiofréquences (RRF) dans nos écoles.

Je suis une citoyenne honnête, je respecte la loi et je paie des taxes à la municipalité de XXXXXXXXXX. Et pourtant, mes enfants âgés de 6 et 9 ans, ayant reçu un diagnostic d’intolérance aux ondes électromagnétiques, sont privés d’accès à l’éducation que ce soit dans une école publique ou privée. Au mois d’août 2017, mes deux enfants sont tombés malades dans leur salle de cours respective, après seulement trois jours à l’école, et ils ont été incapables de retourner à leur école. Je suis présentement incapable de trouver une école (sans Wi-Fi ou qui n’est pas située sous une tour de relais cellulaire) qui ne les rend pas malades. Ils devront donc recevoir un enseignement à domicile cette année à moins que le district scolaire ne décide de réévaluer notre demande d’accommodations 504 qui a été refusée le mois dernier.

Ma fille

Au mois de mai 2016, ma fille, qui est en 2e année, a commencé à se plaindre d’étourdissements, de nausées et de vertiges aussitôt que le tableau interactif était utilisé dans sa salle de cours. Lorsqu’elle était exposée longtemps au tableau [NDLR : à ses R RF] – par exemple lorsque le professeur projetait un film sur le tableau – elle se plaignait de confusion, de nausées et d’étourdissements très intenses. Au fil des mois, elle a subi des pertes de mémoire à court terme et son comportement a changé de façon marquée. La première semaine de l’été, elle a participé à un camp d’été situé sous plusieurs tours de relais cellulaire, et après seulement deux heures, elle a subi les symptômes de ce qui serait par la suite identifié comme une toxicité aiguë due à la radiation. Elle exhibait tous les symptômes ressentis à l’école ainsi que des problèmes neuropsychiatriques plus graves dont certains ont duré des mois, y compris de l’hypersomnolence, de l’akathisie, un trouble de tic, une labilité émotionnelle extrême/pleurer sans raison apparente, des crises de colère et des étourdissements chroniques. Au cours de cette période, elle était particulièrement sensible au rayonnement des téléphones cellulaires, du Wi-Fi, des tours de relais cellulaire et autres types de RRF. Notez que lorsque les niveaux de RRF ont été mesurés dans sa salle de cours, la densité de puissance était très élevée – 125 000 µW/m2  – un niveau associé à plusieurs effets néfastes sur la santé y compris des dommages à l’ADN, des changements de comportement, et des difficultés à se concentrer. Dieu merci, elle s’est remise, mais elle demeure sensible aux RRF lorsqu’elle y est exposée. Cette année, après seulement trois jours passés à l’école, elle éprouvait trop d’étourdissements et de nausées pour retourner à cet endroit qu’elle adore.

Mon fils

En décembre 2016, après avoir commencé ses cours dans une nouvelle école, mon fils a manifesté progressivement des changements de comportement semblables à ceux d’enfants autistes. De semaine en semaine, son comportement devint progressivement plus agressif et violent, et certains soirs de semaine, il attaquait sa sœur à coups de poing et de pied sans raison apparente. Il régressa sur le plan du développement et ne voulait plus se laver ni s’habiller ou se déshabiller. Il souffrait de maux de tête fréquents et avait beaucoup de difficultés à se concentrer la plupart du temps lors de son retour de l’école. Après deux mois passés à cette nouvelle école, il se mit à attaquer d’autres membres de la famille dont moi-même et sa grand-mère qui vivait avec nous. Il faisait des crises de rage au cours desquelles il était très difficile de le maitriser physiquement. Au cours de ces crises, il avait souvent des comportements destructeurs. En février, il a donné un coup de pied tellement puissant dans la porte en verre de la douche qu’il l’a cassée, et plus tard elle est tombée sur mon pied, écrasant plusieurs de mes orteils.

Au début de mars, après que ma fille se soit plainte que l’autobus scolaire lui donnait des étourdissements, nous avons tenté une expérience afin de voir si le fait de ne plus voyager par autobus scolaire allait changer quoi que ce soit. Les deux enfants n’étaient pas contents de cette décision, mais à notre grande surprise, 24 heures après avoir cessé de prendre cet autobus, le comportement violent et agressif de mon fil a cessé complètement. Les agressions à la maison ont cessé à part quelques épisodes causés par une exposition sévère au rayonnement électromagnétique à l’extérieur de la maison, et une fois l’année scolaire terminée, le comportement de mon fil redevint tout à fait normal. Le mois dernier, deux jours seulement après la rentrée scolaire, mon fils a recommencé à être agressif envers sa sœur.

Historique

Les deux enfants sont en santé et ont un développement normal. Lorsqu’ils sont exposés aux RRF, ils sont très malades, mais de façons différentes. Nous avons été en mesure d’associer le comportement de mon fils à l’exposition aux RRF grâce aux observations de sa sœur. En 2016, nous avons remarqué que chaque fois que nous allions chez certains détaillants, par exemple Home Depot ou Target, mon fils avait un comportement normal à son arrivée au magasin, mais après quelques minutes, il semblait devenir fou – il criait, donnait des coups de pied, se jetait sur le plancher. La situation est devenue tellement insupportable que j’ai décidé de ne plus aller dans ces magasins avec lui car c’était trop humiliant. Un jour, ma fille m’a dit : « Tu comprends ce qui se passe, n’est-ce pas maman? Quand je me sens étourdie dans un magasin, il devient fou – ce sont les rayonnements! ». Comme nous avons pu le constater par la suite en observant notre fils dans différents environnements, elle avait raison.

Nous savons que le problème est causé par les RRF parce que notre maison est une zone blanche

Il n’y a aucun RRF dans notre maison depuis que notre fille a reçu son diagnostic [d’électrosensibilité] en 2016. Nous avons enlevé notre compteur intelligent, annulé le service d’alarme, échangé notre réseau Wi-Fi pour une connexion Ethernet câblée, et nous avons fait tous les changements requis pour créer un environnement qui permettrait à notre fille de guérir de la toxicité au rayonnement. Nous n’utilisons pas nos téléphones cellulaires à proximité des enfants, et nous mettons les appareils en mode avion la plupart du temps durant la journée. Nous avons acheté deux voitures avec un très faible rayonnement électromagnétique que nous avons mesuré avant l’achat afin que nos enfants ne soient pas exposés aux RRF ou à des champs magnétiques [60 Hertz] élevés dans la voiture. Comme la plupart des Américains possèdent des demeures et des voitures polluées sur le plan électromagnétique et que les enfants portent sur eux des téléphones qui les irradient constamment, il est très difficile pour les parents d’associer les changements de comportement et/ou les problèmes de santé aux RRF. Bref, les parents n’ont pas l’occasion d’observer le comportement de leurs enfants lorsqu’ils ne sont pas exposés aux RRF, même pour quelques jours.

Nous sommes la pointe de l’iceberg  

Si nous n’avions pas découvert que les changements de comportement et les agressions violentes de mon fils étaient causés par les RRF, il se serait sûrement retrouvé dans une institution psychiatrique et bourré de médicaments, probablement pour le reste de sa vie. Plusieurs enfants prennent des médicaments en ce moment pour des maladies psychiatriques, et certains d’entre eux n’ont peut-être pas de problème médical à part les manifestations physiologiques d’une exposition à des rayonnements non ionisants (RRF).

Prochaines étapes

Le Massachusetts se voit offrir une occasion incroyable de se présenter comme chef de file dans la création de solutions qui vont favoriser une utilisation sécuritaire des technologies dans les écoles. Vous avez pu constater la catastrophe engendrée par la crise des opiacés, et je vous suis reconnaissante de la rapidité avec laquelle vous avez démontré votre volonté de régler le problème. Le Wi-Fi dans les écoles représente un danger pour tous nos enfants et pour les membres du personnel scolaire, qu’ils puissent ou non en ressentir les effets. Je vous demande d’agir rapidement et de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger nos enfants et le personnel scolaire dès maintenant, au début de l’année scolaire. Je vous assure qu’il serait plus facile et moins coûteux d’agir dès maintenant, avant le déluge de poursuites judiciaires que vous risquez de recevoir des parents d’enfants malades, des professeurs, et des conducteurs d’autobus scolaires2 rendus malades à l’école ou dans leur milieu de travail. Nous pouvons vous mettre en contact avec des experts qui vous aideront à établir un plan d’action à court terme pour votre école afin de réduire l’exposition non reliée à des urgences dans les écoles, et à mettre sur pied des plans à long terme pour retirer le Wi-Fi des écoles et mettre sur pied une infrastructure câblée. Je vous remercie de l’attention que vous accorderez à cette situation urgente en matière de santé. J’espère que vous verrez à ce que les membres du comité votent en faveur et rapidement pour H.230 An Act relative to best management practices for wireless in schools and public institutions of higher education (loi concernant les meilleures pratiques de gestion pour l’usage du sans fil dans les écoles et les établissements publics d’enseignement supérieur) et pour S.2079 An Act reducing non-ionizing radiation exposure in schools (loi pour réduire l’exposition aux rayonnements non ionisants dans les écoles). N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de renseignements supplémentaires.

Cordialement,

XXXXXXXXXXXX, MD

1 Plusieurs études financées par l’industrie sont de courte durée et/ou font état de faibles niveaux d’exposition aux rayonnements. Les études de courte durée ne devraient pas être utilisées pour démontrer un aboutissement comme le cancer, une maladie qui se développe très lentement chez certains patients.

2 Les conducteurs d’autobus scolaires à travers le monde sont exposés à des niveaux très élevés de RRF, ce qui augmente les risques de leur métier parce que : 1) les passagers portent parfois plusieurs téléphones cellulaires sur eux et les utilisent à l’intérieur d’un espace métallique clos (l’autobus), ce qui amplifie grandement le rayonnement émis. 2) S’ils sont utilisés à l’intérieur d’un véhicule qui se déplace rapidement, les téléphones cellulaires émettent de plus grandes quantités de RRF lorsqu’ils recherchent la prochaine antenne de relais. 3) Certains autobus scolaires sont équipés de réseaux Wi-Fi, à nouveau dans un espace métallique clos, ce qui ne fait que réfléchir et amplifier les RRF. L’autobus scolaire de nos enfants était utilisé uniquement pour des élèves de niveau primaire et ne contenait que trois ou quatre téléphones cellulaires, mais ces appareils émettaient quand même des niveaux de RRF très élevés pour le chauffeur et pour les élèves. Dans un autobus semblable pour des étudiants de niveau secondaire, il y aurait probablement eu de 10 à 20 téléphones cellulaires en fonction à tout moment, entrainant une exposition extrême pour le conducteur. Veuillez envisager des politiques pour les autobus scolaires afin de protéger la santé des chauffeurs et des passagers, en plus des politiques pour les écoles. »

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