La peinture Keim aux silicates peut durer plus de 100 ans.                www.eco-house.ca

Le bois est de plus en plus populaire comme matériau de revêtement, mais comment s’assurer de le protéger adéquatement? Avec de la peinture, de la teinture ou de l’huile, et laquelle choisir? Chaque produit offre des avantages et des inconvénients, selon l’apparence recherchée, le type de bois utilisé et l’endroit où il est placé.

Si le but est de cacher des imperfections, on choisira la peinture — elle contient 50 % de matières solides comparativement aux teintures qui n’en contiennent que 30 % et qui renferment davantage de solvants émetteurs de composés organiques volatils (COV). Par contre, elle s’écaille à la longue. La peinture reste en surface où elle forme un film (produit filmogène). Par contre, une teinture opaque résistera 15 ans sur une surface verticale tandis qu’une teinture translucide tiendra de 7 à 9 ans. La teinture translucide permet de mieux voir le grain du bois : on l’utilisera donc pour les beaux bois comme le cèdre. Cependant, elle protège moins bien le bois des rayons UV. Les huiles naturelles sont moins pratiques pour l’extérieur car elles requièrent plus d’entretien, selon la publication américaine Environmental Building News (EBN).

Dans le cadre d’un projet écologique, l’indicateur le plus important est la concentration de COV dans le produit. Et pour cause : selon Environnement Canada, en 2009, les peintures et les solvants représentaient 19 % des émissions atmosphériques de COV au Canada, soit 331 kilotonnes.

Les COV ont habituellement un impact sur la santé des utilisateurs. Pourquoi s’en préoccuper s’il s’agit de finition extérieure ? Lorsqu’ils s’évaporent en séchant, ils contribuent à la formation de l’ozone troposphérique, une composante du smog qui peut nuire à la fonction pulmonaire et cardiaque. De plus, certains sont des gaz à effet de serre qui intensifient les changements climatiques.

En 2009, le Canada a limité la concentration de COV permise (de 100 à 800 grammes par litre) pour 53 catégories de revêtements architecturaux. Un règlement timide puisque les fabricants font déjà beaucoup mieux. La Californie et le programme LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) limitent à 50 g/L les émissions de COV des finis extérieurs, sauf pour les apprêts dont les émissions peuvent atteindre un maximum de 100 g/L. Les peintures les moins polluantes à ce chapitre émettent un maximum de COV de 5 g/L, ce qui leur permet d’être classées « zéro COV ».

La peinture « à l’huile »

Elle est plutôt faite à base de résine alkyde. C’est le produit le plus performant comme couche d’apprêt en matière d’adhérence, de pénétration, de stabilisation du bois, etc. Pour la finition, la plupart des professionnels appliquent sur cet apprêt deux couches de finition latex 100 % acrylique, rapportait EBN dans son numéro de juin 2012. À l’inverse, l’application d’un produit alkyde sur une peinture au latex n’est pas recommandée car cette dernière travaille davantage — elle prend de l’expansion avec la chaleur et se contracte au froid. Le latex sera plus performant comme couche de finition car il suit le mouvement du bois et diffuse la vapeur d’eau. Toutefois, c’est précisément pour cette raison qu’une peinture au latex endommagerait une couche de finition à l’alkyde.

Les produits alkydes classiques ont toujours été plus polluants car ils émettent davantage de COV toxiques comme le xylène. Heureusement, certains nouveaux produits, comme la peinture Protec de Vista, n’émettent que 6 g/L !

Autrefois, les peintures alkydes contenaient également des métaux lourds neurotoxiques — comme le plomb — qui avaient une fonction de catalyseurs et qui étaient considérés comme des déchets dangereux. Ainsi, lorsque l’on gratte la peinture et le calfeutre sur le revêtement d’une vieille maison, il faut éviter de respirer les poussières de plomb, d’amiante et de BPC (biphényles polychlorés) contenus dans les produits fabriqués avant 1978, et de contaminer l’air intérieur. Aux États-Unis, les entrepreneurs doivent recevoir une formation avant de retirer une peinture au plomb. De plus, les lois américaines exigent qu’ils avisent au préalable les propriétaires des immeubles habités par des enfants et qu’ils captent les poussières avec des filtres à très haute efficacité, de type HEPA (High Efficiency Particulate Arrestor).

Le plus facile est de recouvrir la vieille peinture d’une nouvelle couche de peinture, ce qui coûte trois fois moins cher, selon EBN. Il est toutefois fortement recommandé de faire d’abord un simple test d’adhésion de la peinture pour s’assurer que le substrat n’est pas trop humide ou en train de pourrir. Sinon, il vous en coûtera une petite fortune pour refaire le travail.

Finis à l’eau

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de nouveaux finis intérieurs et extérieurs d’alkydes à base d’eau qui se nettoient à l’eau. C’est le cas de l’apprêt X-pert Waterborne Alkyd Primer, de Dulux, et de la teinture Cetol Waterborne SRD WB, de Sikkens, deux compagnies appartenant (tout comme Sico) au groupe Akzo Nobel. Les alkydes à base d’eau peuvent également servir de couche de finition, étant plus durables que les peintures au latex tout en étant moins polluants que les alkydes classiques.

Teinture alkyde à base d’eau Cetol SRD WB, de Sikkens.

Toutefois, bien que le contenant et ses résidus séchés ne soient pas considérés comme des déchets dangereux, ils peuvent tout de même émettre des vapeurs nocives, par exemple de formaldéhyde, et le nettoyage des pinceaux à l’eau risque de contaminer l’environnement avec des polluants comme les ingrédients secrets permis par la loi dû à leur faible quantité. « Tous les produits de peinture synthétiques polluent également car ils contiennent de minuscules particules synthétiques non biodégradables et non compostables qui franchissent les barrières des stations d’épuration pour atterrir tôt ou tard dans les cours d’eau », précise Carole Hili, présidente de l’entreprise montréalaise Distribution Tockay, qui propose des finis naturels européens.

Lorsque vous achetez de la peinture, toujours selon le EBN, évitez les teintes foncées et les autres produits qui, en plus d’en général contenir plus de COV, renferment du néodécanoate de cobalt, un catalyseur toxique pour les organismes aquatiques que l’on soupçonne d’être cancérogène.

Préférez les peintures au latex qui contiennent des solvants de propylène ou dipropylène glycol, moins toxiques que les éthers de glycol en voie d’être éliminés. Les ingrédients dangereux des produits de consommation sont inscrits dans les fiches signalétiques (MSDS pour Material Safety Data Sheet) disponibles ou que l’on peut demander via les sites Web des fabricants.

Malheureusement, la pluie qui frappe les parements lessive aussi dans l’environnement à faible dose les biocides, des pesticides utilisés comme agent de conservation dans les peintures au latex. On ignore encore l’impact de cette situation, mais le problème inquiète suffisamment l’Union européenne pour qu’elle demande aux fabricants de réduire leur usage des biocides. Il existe un fini très prometteur à ce chapitre, reconnu par EBN comme un des meilleurs produits de 2012 : EonCoat. Exempt de biocides et de solvants, ce revêtement céramique contient de l’acide phosphorique et de l’hydroxyde de magnésium (lait de magnésie). Il ne requiert aucune couche d’apprêt et se vaporise sur tous les types de revêtements — il résiste à la corrosion 50 fois mieux que son plus proche rival.

Pour les surfaces minérales, EBN recommande depuis 2003 la peinture aux silicates du fabricant allemand Keim. Distribuée au Canada par Eco-House du Nouveau-Brunswick, cette peinture, créée en 1878, est dispendieuse à l’achat mais elle durerait plus de 100 ans sans entretien.

Les produits recyclés sont une autre alternative. On retrouve sous la bannière Boomerang des produits alkydes extérieurs, des peintures (quatre teintes) et des teintures (six teintes). « Mais qu’en est-il des synergies chimiques des différents ingrédients contenus dans ces dernières ? Nous ne les connaissons pas ! », souligne Carole Hili. « Un beau petit cocktail chimique puisque les normes de toxicité sont établies selon la recette de chaque produit et non pas en fonction d’un mélange des différents produits. »

Finis naturels

Distribution Tockay offre depuis peu une peinture allemande à la chaux, de marque Auro, qui peut être utilisée à l’extérieur, mais ce produit ne peut être coloré. Auro fabrique des

La peinture à la chaux de marque Auro est fabriquée en Allemagne. www.tockay.com

peintures 100 % naturelles très réputées depuis des décennies. Tockay propose également une peinture à base de chaux allemande de marque Kreidezeit offerte en différentes teintes claires. « Ce sont deux très bonnes marques aux ingrédients biodégradables mais il existe quelques différences dans leurs compositions et dans l’application, explique Carole Hili.

Kreidezeit n’utilise pas de pigment blanc de titane mais de la poudre de marbre. Cette différence fait que la marque Auro est plus facile à appliquer au rouleau tandis que Kreidezeit requière un coup de rouleau de professionnel ou être appliquée de manière traditionnelle pour la chaux, soit à la grosse brosse. » Utilisé par presque tous les fabricants, le blanc de titane est soupçonné cancérogène chez les travailleurs qui respire le respire à sec dans sa forme de poudreuse, à l’instar de la poussière de bois qui elle est reconnue cancérogène. Prix et rendements respectifs pour ces peintures à la chaux en format de 10 litres : 95 $ chez Kreidezeit pour couvrir 660 pi² et 165 $ chez Auro pour couvrir 1 100 pi².

Carole Hili ajoute : « Malheureusement, plusieurs produits de revêtement dits naturels contiennent des dérivés du pétrole même si l’emballage indique qu’il n’y en a pas. Ces dérivés sont parfois camouflés sous des noms sympathiques mais ils restent définitivement issus de la pétrochimie. Le pétrole est effectivement de source naturelle, mais les intérêts de l’industrie et le « greenwashing » sont au rendez-vous. Il est très difficile pour le consommateur d’y voir clair. Il est important de se renseigner afin de pouvoir mieux s’y retrouver. »

La quincaillerie Juneau et frères de Québec se spécialise dans les produits de finition écologiques depuis quelques années, et propose une gamme intéressante de produits comme les teintures ontariennes Sansin Enviro Stain.

« Ces produits sont non toxiques, ils ne contiennent pas de fongicides, et laissent respirer le bois », explique la gérante, Jacynthe Héroux, qui offre quelques conseils. « Ces produits sont plus dispendieux, explique-t-elle, mais ils sont aussi plus durables. La plupart d’entre eux couvrent de 250 à 300 pi2 au gallon. Un gallon se vend de 50 $ à 110 $ ». La quincaillerie Juneau offre également les produits California Paints qui portent la certification Green Wise accordée par le Coatings Research Group, un regroupement international de fabricants de revêtements extérieurs.

Pour le bois torréfié, qui résiste à la pourriture, Mme Héroux ne recommande que l’huile naturelle Livos, également de fabrication allemande. Parmi les autres produits de finition extérieure naturels, on retrouve l’huile Paréo de Prato-Verde, la gamme de produits Blueline à base d’eau du fabricant italien Carver, ainsi que l’huile québécoise Extraleum, un

Très durable, le fini Extraleum des Artisans du meuble québécois est à base d’huile de lin. www.distributionlabeille.com

produit de la marque Les artisans du meuble québécois fabriqués et vendus par Distribution L’abeille.

Le vinyle et l’aluminium

Le vinyle est le revêtement extérieur le moins écologique : selon greenconstruction.ca, son processus de fabrication pollue l’environnement et menace la santé des travailleurs, sa durée de vie n’est que de vingt ans et il n’est pas recyclable, ce qui explique pourquoi ce produit est souvent boycotté. Son seul avantage environnemental est le peu d’entretien qu’il requiert. Un peu d’eau et un léger coup de brosse font souvent l’affaire pour le nettoyer. Par contre, il faut parfois songer à repeindre le tout, surtout si certains éléments doivent être remplacés ou si le soleil a eu raison du lustre et de la couleur.

L’entreprise Spray-Net de Boucherville, spécialisée dans la peinture en aérosol pour les surfaces extérieures, utilise des produits à base d’eau qui émettent peu de COV et qui ont des propriétés anti-rayons UV afin d’éviter que le revêtement n’absorbe de la chaleur, ce qui cause le gondolement. L’application de la peinture au pistolet pulvérisateur donne un fini lisse et uniforme.

Pour l’aluminium, l’entreprise emploie un latex 100 % acrylique avec microsphères de céramique, ce qui le rend plus lavable. « Les anciens revêtements d’aluminium sont trois fois plus épais que ceux qui se vendent d’aujourd’hui, note Carmelo Marsala, président de Spray-Net. Ce serait dommage de les jeter. » Selon lui, il en coûte trois fois moins de repeindre un revêtement que de le remplacer.

Crépi d’argile ou de chaux ?

Les braves qui construisent une maison en ballots de paille doivent aussi se préoccuper de la finition. L’argile constitue l’enduit mural le plus ancien et le plus écologique : souvent recueillie sur place, elle n’exige aucune transformation, aucun ensachage, ni transport, elle est incombustible, non polluante et elle adoucit même la peau des applicateurs! Les vertus des enduits de terre crue ont effectivement de quoi séduire, explique Sylvain Moréteau dans son récent livre Enduits de terre crue (éd. Terre Vivante), qui propose 20 recettes : « impact environnemental très faible, capacité de régulation de la température et de l’humidité, absorbe des odeurs et des bruits, respect du bâti ancien, durabilité, etc. » L’ajout de chaux accélèrera le temps de séchage et limitera le retrait de l’argile tout en durcissant l’enduit, un atout pour l’extérieur, ajoute Sylvain Moréteau.

Pour sa part, la compagnie American Clay propose par ailleurs des mélanges d’argile, de minéraux et de pigments prêts à l’emploi pour l’extérieur autant que l’intérieur des murs.

Fini à l’argile prémélangé, d’American Clay. www.ecobuildingstore.ca

Ces produits sont vendus par un nouveau détaillant montréalais, Eco Building Store.

La chaux est une poudre blanche obtenue depuis l’Âge de Bronze (environ 4 000 ans avant Jésus-Christ) en calcinant le calcaire (carbonate de calcium ou CaCO3) à haute température (900 °C). Ce traitement thermique sépare la chaux (oxyde de calcium ou CaO) et le CO2 du carbonate de calcium,

La chaux est dite vive à la sortie du four : corrosive, elle assèche et désinfecte les sols, notamment. On l’appelle chaux éteinte — ou hydratée ou aérienne Ca(OH)2 — quand on la verse dans l’eau. La pâte hydratée ainsi obtenue durcit en réagissant avec le CO2 de l’air, processus appelé carbonatation : la chaux hydratée aérienne redevient calcaire en séchant. Comme le ciment portland, on y ajoute sable, gravier, pierre concassée ou autres granulats pour réaliser des mortiers plus ou moins « gras » selon la proportion de carbonate de calcium. Les granulats plus fins servent à faire des enduits et badigeons muraux maigres qui sèchent plus rapidement, explique Wikipedia.

La calcination du calcaire dégage moins de dioxyde de carbone (CO2) contribuant au réchauffement climatique que la production du ciment portland : fruit de la calcination de silicates de calcium jusqu’à 1 500 °C, ce dernier est responsable d’environ 5 % des émissions anthropogéniques de CO2. Or, une fois hydratée la chaux complète le cycle et annule ses émissions de CO2, explique Carole Hili de Distribution Tockay : « La chaux redevient naturellement du carbonate de calcium en captant la quantité exacte de CO2 relâché pendant sa fabrication. L’énergie est la seule matière première du cycle : tout le reste est recyclé. »

Cette dernière met les choses en perspective : « Qu’en est-il de l’énergie intrinsèque des peintures de synthèse issues de la pétrochimie ? Les déchets créés par ces matériaux à l’extraction, à la transformation et en fin de vie sont de très loin beaucoup plus polluants ! »

Le fabricant de maisons de chanvre coffré Gabriel Gauthier, président de l’entreprise Artcan de Shefford dans les Cantons-de-l’Est, a réparé à quelques reprises des revêtements d’argile en ajoutant une couche de chaux. Pour ses maisons en chanvre, il utilise aussi le crépi de chaux. « Je recommande quand même fortement à ceux qui construisent des maisons en ballots de paille d’employer l’argile », dit-il.

Argile ou chaux, il faut que l’architecture de la maison soit adaptée au matériau, ajoute-t-il. « Il s’agit après tout de techniques européennes, même méditerranéennes, mal adaptées

Maison de paille finie à la chaux, conçue par le designer montréalais Michel Bergeron, cofondateur de l’organisme Archibio.

à nos climats. Il faut donc repenser les toits afin qu’ils n’éclaboussent pas la surface des murs; il faut aussi prévoir des débords de toit d’au moins 2 pieds et une base de mur en maçonnerie. » Rien de pire que de la neige qui dégèle sur un crépi de chaux ! Les zones plus sensibles se trouvent à la jonction des toits et des murs, et sous les fenêtres. Les architectes suisses utilisent ces techniques, mais les éléments sont pensés en fonction des rigueurs du climat.

Spécialisé dans la maison en ballots de paille, le designer montréalais Michel Bergeron est plus catégorique : pour lui, l’argile ne peut pas être utilisée à elle seule comme matériau de finition extérieure car elle est n’est pas adaptée à nos climats. Le cofondateur de l’organisme Archibio s’en sert plutôt comme couche de remplissage ou de fond. En matière d’entretien, la finition à la chaux peut mériter un badigeon tous les 4 à 5 ans pour rafraîchir les couleurs, mais tout dépend du niveau d’exposition des parois et de la qualité du matériau utilisé.

La brique

Le revêtement de briques est reconnu pour sa durabilité. Par contre, les cycles de gel et de dégel (parfois plus d’une fois par jour !) peuvent favoriser l’effritement des joints. Souvent, les murs les plus exposés au vent montrent des signes d’usure surtout dans le haut et certaines briques peuvent tomber sans crier gare ! Il faut donc inspecter régulièrement les joints des murs de brique pour éviter ces situations fâcheuses.

S’il s’agit d’une maison plus ancienne, il peut être tentant de rajeunir un parement de briques noirci par la pollution atmosphérique. (Certains types de brique ont été conçus au début du 20e siècle pour « vieillir » plus rapidement : il s’agissait d’un style plutôt « rustique », qui n’est plus vraiment au goût du jour.)

Le nettoyage des briques au jet de sable est de moins en moins populaire. En effet, cette technique soulève des nuées de poussière et peut provoquer chez les travailleurs la silicose, une maladie qui présente des symptômes semblables à ceux de l’amiantose, mais encore plus virulents ! De plus, un tel traitement enlève la patine de la brique et accélère sa détérioration.

Des entreprises comme Aquajet restauration, de Montréal, utilisent plutôt des produits chimiques biodégradables (l’hydroxyde de potassium et l’acide hydrofluorique) appliqués à la main et ensuite rincés à l’eau. « Nous n’utilisons pas d’eau potable », souligne Jean-Sébastien Richer, président d’Aquajet Restauration. « Pour certaines pierres, nous n’utilisons que de l’eau. »

L’entreprise enlève également la peinture qui recouvre certains murs de brique et la recueille afin d’en disposer adéquatement par la suite. Selon M. Richer, il est préférable de ne pas peindre la brique. « La brique est un matériau noble, dit-il. Nous travaillons le plus souvent sur des maisons qui ont plus de 75 ans et nous constatons dans ces cas des dommages importants. La brique évacue naturellement l’excès d’humidité : la peinture empêche ce phénomène naturel et l’humidité peut alors s’accumuler. Un excès d’humidité entraînera de l’efflorescence, c’est-à-dire le dépôt de sels minéraux présents naturellement dans l’argile, et éventuellement l’apparition de moisissure et de champignons. »

La même mise en garde s’applique aux produits de scellement pour la brique qui la rendent hydrofuge mais qui sont mal adaptés aux variations de température importantes que nous connaissons au printemps et à l’automne. « On voit souvent des murs neufs complètement recouverts d’efflorescence parce que ces produits ont été spécifiés par les concepteurs », déplore M. Richer.

L’avis d’Écohabitation

Un revêtement extérieur en bois peut nécessiter une quantité impressionnante d’entretien et de produits de finition au cours de sa vie utile ai l’on veut éviter qu’il fendille et pourrisse. Emmanuel Cosgrove, le président d’Écohabitation, un organisme-conseil en écoconstruction, décrit les produits de finition comme des « pansements chimiques ». « Ils prolongent la vie de quelque chose qui est destiné à pourrir », dit-il de façon philosophique. Selon lui, la solution se trouve plutôt lors de la conception. Il préconise l’utilisation de matériaux naturellement résistants, comme le cèdre ou la pierre, et de moyens mécaniques (débords de toits, galeries) pour protéger les structures de l’impact des éléments. Emmanuel Cosgrove cite en exemple certaines maisons du chemin du Roy dont les planches de bois ont plus de 200 ans…

Pour en savoir davantage

aquajetrestauration.com – 514 927-6644
distributionlabeille.com (huile Extraleum) – 450 467-3936
ecobuildingstore.ca (American Clay) – 1 877 524-8583
ecohabitation.com – 514 985-0004
juneau.ca – 418 524-2502
livos.ca – 418 365-3123
prato-verde.ca – 1 888 637-2483
spray-net.ca – 1 877 457-7729
tockay.com – 514 691-4065

• Les consommateurs qui désirent utiliser des produits verts peuvent consulter le site ecologo.org du programme canadien d’homologation du même nom. Le site présente plus de 120 catégories de produits et services qui affichent une performance environnementale surpassant souvent de loin les normes minimales réglementaires.
• Le site BuildingGreen.com (des éditeurs d’EBN) présente aussi des milliers de produits écologiques certifiés dans son répertoire GreenSpec, couramment utilisé par les concepteurs et constructeurs de bâtiments certifiés LEED.
• Vous trouverez sur le site mpi.net, du Master Painters Institute, des renseignements qui vous aideront à choisir le produit écologique qui satisfait le mieux vos besoins.
• Recettes de peintures naturelles, non toxiques et durables : terresetcouleurs.com
• Consultez aussi les sites ecohabitation.com, guideperrier.com et ronaeco.ca

 

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