Un futur sans-fil 5G

 

Nous donnera-t-il une nation intelligente ou contribuera-t-il à la rendre malade ?

Par Dre Cindy Russel, vice-présidente, Santé communautaire, Association médicale du comté de Santa Clara, Californie (et auteure de la résolution 107-14 de l’Association médicale californienne, sur la réévaluation des normes de santé publique concernant les communications sans fil, adoptée en 2014)

Paru dans THE BULLETIN, Janvier/Février 2017

« Cela augmenterait considérablement la politique actuelle d’irradiation obligatoire du public sans étude adéquate préalable des conséquences potentielles sur la santé ainsi que sans assurance d’innocuité. Cela irradierait tout le monde, incluant les plus vulnérables aux dangers des radiations de radiofréquences — les femmes enceintes, les enfants à naître, les jeunes enfants, les adolescents, les hommes d’âge reproductif, les gens âgés, les invalides et les gens chroniquement malades. »
Ronald Powell, docteur en physique et ancien conseiller scientifique du président américain. Lett
re à la US Federal Communication Commission (FCC) relative à l’expansion de la 5G, la technologie cellulaire de cinquième génération. (7)

 

Un monde tout neuf, tout communicant

L’utilisation des technologies mobiles sans fil continue d’augmenter de par le monde. Un nouveau sytème de télécommunication plus rapide a récemment été approuvé par la FCC avec de nouvelles antennes déjà entrain d’être installées et essayées à Palo alto [Apple] et à Mountain view [Google]. Alors que ces installations pourraient nous donner l’automatisation partout et le divertissement immersif instantané, beaucoup de questions demeurent en suspens concernant la santé du public et la sécurité des appareils sans fils. L’adoption de cette nouvelle technologie 5G nuira-t-elle directement ou indirectement les consommateurs et les entreprises qu’elle espère attirer ?

La 5G est la terre promise pour la technologie sans fil. Celle-ci nous connecterait dans nos maisons, nos lieux de travail et nos rues urbaines à plus de mille milliard d’objets autour du monde (96).

L’Internet des Objets (IdO / Internet of Things [IoT]) est conçu pour vous donner des automobiles se conduisant sans votre intervention, des appareils électroménagers commandant eux-mêmes leur lessive, des centres automatiques de facturation, tout ceci en passant par des téléchargements rapides de films et de la réalité virtuelle venant de partout lorsque vous êtes en déplacement.

Les entreprises sont déjà entrain de demander aux villes et comtés de créer des villes intelligentes avec de la connectivité numérique partout en installant un énorme réseau cellulaire sans fil en installant des petites antennes presque invisibles sur les réverbères, les poteaux d’utilité publique, les maisons et les entreprises au travers des quartiers et des villes dans le but d’intégrer l’IdO avec la technologie informatique. Les tenants de la 5G affirment que cela améliorera les services, l’économie et la qualité de vie. Ce réseau de communication formera une couverture électromagnétique étendue dans chaque ville et comté, passant à travers l’espace aérien et fournissant une connectivité de bout en bout aux endroits d’échange d’information entre les gens et les objets.

Le président sortant de la FCC [et ancien lobbyistes pour l’industrie du câble et du sans fil], Tom Wheeler, l’a déclaré une « priorité nationale » et ouvrit donc la voie pour l’approbation de l’ajout de ce nouveau réseau envahissant diffusant des ondes courtes millimétriques à hautes fréquences pour une utilisation commerciale d’abord prévue en zones urbaines.

 

© scientists4wiredtech.com

Développement d’un monde « intelligent ? »

Les ingénieurs et les physiciens sont en train de trouver les derniers détails relatifs aux fréquences porteuses ainsi qu’à l’architecture du réseau. Les usines fabriquent déjà des produits courants comprenant des caractéristiques d’intégration sans fil. Ceux-ci se connecteront aux antennes densément groupées. Les entreprises de marketing promeuvent les appareils « intelligents » pour les gens « intelligents » dans des villes « intelligentes ». Même l’industrie de soins de santé anticipe l’utilisation de certains de ces appareils sur les patients avec des diagnostics cardiaques ou pour opérer à distance dans d’autres parties du monde. Ouvrir l’accès au spectre de la 5G faciliterait une explosion de nouveau produits. Les opportunités économiques sont évidentes et les affaires seront en peine expansion dans l’industrie de la technologie.

© scientists4wiredtech.com

Cependant, les inquiétudes continuent de s’accumuler concernant la sécurité de base de notre utilisation actuelle des technologies sans fil, tout ceci sans parler de l’addition de nouvelles couches de fréquences de type micro-ondes [hyperfréquences] qui n’ont été contrôlées pour leur sécurité à court et à long terme. D’importantes questions n’ont pas été résolues alors que les politiques industrielles et gouvernementales ont déjà changées.

  • Pourquoi la FCC facilite-t-elle l’autorisation de la haute fréquence 5G alors qu’elle n’a pas terminé son enquête relative aux conséquences sanitaires ni mis à jour ses limites de sécurité concernant la radiation de radiofréquences de faible intensité?
  • Le « déploiement » élargi de cet envahissant système distribué d’antennes à petites cellules dans nos villes et sur nos maisons est-il sûr pour les humains et l’environnement ?
  • Va-t-il ajouter au fardeau des maladies chroniques coûtant plus d’un milliard de dollars US annuellement à notre nation ? (105)
  • Sommes-nous déjà trop connectés numériquement, sous-traitant notre matière grise et devenant une nation accro dysfonctionelle à cause de cela ? (136,137,138)
  • Quelles conséquences cette installation va-t-elle avoir sur notre vie privée, notre sécurité numérique et la sécurité de nos dossiers médicaux ?
  • Comment, en tant que médecins généralistes, pourront nous reconnaître les effets néfastes sanitaires émergents de cette nouvelle technologie millimétrique ainsi que de la technologie à porter sur soi, sans parler de celle des appareils actuels ?

« Depuis un siècle, l’environnement naturel a grandement changé avec l’introduction d’un immense et grandissant spectre de champs électromagnétiques artificiels. » Ross Adey (135)

Lecture recommandée : lettres à la FCC relatives à la 5G

Les lettres adressées à la FCC en 2016, répondant au lancement de la 5G incluant l’ajout de nouvelles fréquences, furent hétérogènes. L’industrie a généralement applaudi la FCC pour ses efforts et a discuté de la demande croissante pour cette technologie en même temps qu’un « besoin » pour des règles flexibles d’installation. Quelques-unes de ces lettres exprimaient des inquiétudes d’interférence avec des systèmes satellitaires. Certaines disaient qu’il devrait y avoir encore plus d’utilisation du spectre [électromagnétique] à des fréquences plus élevées encore expérimentales, pour « aider les gens non desservis. » D’autres encore ont exposé des arguments en faveur d’usages réglementés et non réglementés. L’industrie n’a rien écrit à propos des dangers potentiels pour la santé publique et environnementale de l’utilisation de ces nouvelles fréquences.

Un drapeau rouge hissé pour arrêter momentanément la 5G

Toutefois, les citoyens et les experts hissèrent le drapeau rouge envers la FCC, recommandant d’arrêter les plans d’infrastructure et plus de recherche pour des raisons de santé et d’environnement. Ils ont interrogé les normes actuelles de la FCC qui sont dépassés parce qu’elles ne protègent pas la santé humaine. Ils ont demandé comment cette technologie allait affecter les personnes les plus vulnérables (enfants, femmes enceintes, personnes âgées). Pendant que les scientifiques donnaient d’amples preuves que le principe de précaution devrait prévaloir, j’ai trouvé que les lettres les plus fascinantes provenaient des gens décrivant leurs craintes en tant que personnes devenues électrosensibles dans un environnement électromagnétique dangereusement élevé pour eux.

 

Chercher refuge : aucun échappatoire pour les electrohypersensibles

Linda K. a expliqué son électrosensibilité par l’augmentation de l’exposition aux transmetteurs sans-fil. En 1999, une tour de téléphonie cellulaire fut érigée à son insu à 300 m de sa maison. Son sommeil commença à baisser en qualité mais il fallu plusieurs années avant qu’elle appris sa présence et associa le moment de son installation avec ses problèmes de sommeil. Lorsque des compteurs « intelligents » furent installés dans son voisinage, bien que non sur sa maison, elle devint intolérante à son ordinateur portable en mode Wi-Fi et à son cellulaire. L’entreprise Comcast installa alors une borne Wi-Fi à 122 m de sa maison. Ses symptômes augmentèrent au point où si elle passait plus de 20 minutes dans sa cour, elle développait une fatigue croissante, des palpitations cardiaques, des sifflements aigus dans les oreilles, des vertiges, des nausées et une difficulté à se concentrer. Ce sont tous des effets des dispositifs sans fil que rapportent les gens sensibles aux CEM. Ses symptômes cessèrent lorsque la carte Wi-Fi fut enlevée. Environ deux ans plus tard, elle remarquait une sensation intense et douloureuse lorsqu’elle marchait le long d’une maison proche de chez elle et identifia un accès Wi-Fi gratuit sur un câble joignant le poteau électrique et ladite maison. Elle arrêta de marcher près de cette maison.

Elle écrivit à propos de ses inquiétudes que les nouvelles fréquences pourraient aggraver ses symptômes ainsi que la confiner à sa maison. (54)

Dans une autre lettre, Veronica Z. mentionnait : « Ceci est une notification de survie. Ce à quoi beaucoup d’entre nous sont obligés de faire face est tenter de survivre dans un environnement qui nous est biologiquement hostile. Nous avons perdus tous nos droits, notre argent, nos maisons ainsi que notre capacité à gagner un revenu à cause de cette exposition omniprésente. Nous sommes torturés chaque seconde de chaque jour et avons été réduits à seulement survivre pendant nos moments de vie. D’autres n’ont pas pu [survivre] et ont choisi de ne pas demeurer vivre sur cette planète de torture… Il n’y a aucun échappatoire pour les gens frappés de sensibilités sévères à cette radiation mortelle. » (55)

 

Demandez à la NASA : l’électrosensibilité est-elle réelle ou imaginaire ?

Ces gens disent-ils la vérité ? Est-ce seulement psychologique ?

Vous pourriez douter. Toutefois, de plus en plus de gens de tous âges, de toutes professions et de tous les milieux sociaux relatent des symptômes similaires en présence d’appareils sans-fils [allumés]. Des enfants ont rapporté ces symptômes lorsque leur école adopta le Wi-Fi.

Le docteur Scott Eberle, un médecin respecté du foyer de personnes âgées de Petaluma, en Californie, a décrit avec éloquence le développement de son électrosensibilité dans le numéro de novembre 2016 du bulletin de la Santa Clara County Medical Association (SCCMA). Il déploie de grands efforts pour continuer son métier, interagit avec ses collègues et entretient une existence saine. (67)

Nous sommes exposés à des niveaux croissants de champs électromagnétiques sous la forme de micro-ondes dans nos vies quotidiennes. De plus en plus de preuves scientifiques relient les effets biologiques avec les rapports de plus en plus nombreux d’incidents de santé incluant l’électro-sensibilité.

En 1971, les scientifiques russes Sadchikova et Gordon, de l’Institut de l’hygiène de la main-d’œuvre et des maladies du travail ont décrit une série détaillée de symptômes qu’ils ont nommés « maladie des micro-ondes » et ont présenté leurs observations lors d’une réunion de l’OMS. (109)

La maladie des micro-ondes était également décrite en 1981, dans un rapport de la NASA intitulé : « Interactions du champ électromagnétique : effets observés et théories. Les symptômes enregistrés étaient : maux de tête, fatigue oculaire, fatigue, vertige, irritabilité, insociabilité, réactions hypocondriaques, sentiments de peur, tension nerveuse, dépression, troubles de la mémoire, sensation de traction du cuir chevelu et du front, perte de cheveux, douleur musculaires et dans la zone cardiaque, difficultés de respiration et augmentation de la transpiration aux extrémités. (63)

 

La science de l’électrosensibilité

Le professeur Belpomme, en 2015, a terminé l’étude la plus complète de l’électrosensibilité, comprenant 1216 personnes : 71,6 % avec l’électrosensibilité, 7,2 % avec la chimicosensibilité et 21,2 % avec les deux sensibilités. Ils trouvèrent une augmentation de plusieurs marqueurs biologiques fiables — chacun apparaissant entre 23 % et 40 % des cas — ce qui a amené la conclusion que ces sensibilités peuvent être objectivement caractérisées et diagnostiquées parce qu’elles « apparaissent impliquer une hyperhistaminie reliée à une inflammation, un stress oxydatif, une réponse auto-immune, une hypoperfusion capsulothalamique associées à une fuite pathologique de la barrière hémato-encéphalique ainsi qu’un déficit de la disponibilité métabolique de la mélatonine. » (68)

 

La science du dommage biologique relié aux CEM

La littérature scientifique abonde de preuves de dommage cellulaire athermique provenant de radiation sans-fil non ionisante depuis plusieurs décennies. Il existe possiblement plusieurs mécanismes, directs et indirects.

Le dommage oxydatif en est un qui a été bien étudié. Les dommages oxydatifs et leurs conséquences ont été démontrés sur des membranes cellulaires en tant que causant un changement dans les canaux calciques sensibles au voltage. Les études portant sur le sperme ont systématiquement trouvé des anormalités génotoxiques, morphologiques et de motilité en présence de radiation de téléphone cellulaire. Des dommages à l’ADN, des répercussions sur la barrière hémato-encéphalique, de la réduction de mélatonine et des troubles de la mémoire ont aussi été trouvés.

Le Rapport Bioinitiative (139) a relaté ces conséquences et un corps grandissant d’études examinées par les paris se construit tous les jours sur cette base. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer a classé la radiofréquences en tant que cancérogène 2B « possiblement cancérogène pour les humains, » dans la même catégorie que le plomb, le DDT et d’autres pesticides.

 

La science la plus récente relative aux cellulaires et au cancer

La preuve plus récente et la plus indiscutable provient du National Toxicology Program (NTP) américain, chapeauté par l’Institut national de la santé. La recherche s’appelle « NTP Toxicology and Carcinogenicity Cell Phone Radiation Study », elle aduré 10 ans et coûté 25 millions de dollars. Celle-ci a révélé de façon concluante que les radiations micro-ondes des téléphones cellulaires ont des conséquences nocives. (124, 125)

Les fréquences utilisées dans cette recherche furent similaires celles émises par les appareils sans-fil que nous utilisons communément. Les études du NTP furent solides, menées en collaboration, bien contrôlées et disposant du double nombre de rats requis pour révéler un effet significatif, s’il y en avait un.

Les résultats préliminaires [et finaux, de 2018] de l’étude ont montré que les radiofréquences causaient une hausse statistiquement significative dans deux types de tumeurs cérébrales, les gliomes et les schwannomes. Ces types de tumeur sont les mêmes que ceux dont la hausse est relevée dans les études épidémiologiques humaines portant sur l’usage à long terme des téléphones cellulaires. L’oncologue et épidémiologiste Lennart Hardell ainsi que d’autres ont démontré une augmentation accrue constante d’incidence du neurinome de l’acoustique (schwannome vestibulaire) ipsilatéral (même côté) et du gliome par tranche de 100 heures d’usage du téléphone cellulaire. (112-118)

Une autre découverte révélatrice fut que les rats du groupe contrôle ont eu des taux de cancer bien moindres qu’attendus. Les chercheurs croient que cela est du au fait que ceux-ci vivaient dans une cage de Faraday et donc étaient soustraits aux champs électromagnétiques [artificiels] ambiants qui auraient pu contribuer au cancer.

Le concepteur de l’étude, Ron Melnik, PhD, toxicologue senior et ancien directeur des programmes spéciaux du NTP au NIEHS [National Institute of Environmental Health Sciences], a déclaré que « Le NTP cherchait à vérifier l’hypothèse selon laquelle la radiation émise par les téléphones cellulaires ne pouvait pas causer de conséquences sur la santé. Cette hypothèse a maintenant été réfutée. L’expérience a été menée et, après   des révisions étendues, le consensus est qu’il y avait un effet cancérogène. » (124, 125, 126, 127)

 

Les effets des ondes millimétriques de la 5G

L’expression « ondes millimétriques / millimeter waves (MMW) » renvoie à des radiations électromagnétiques d’extrêmes hautes fréquences, de 30 à 300 gigahertz (GHz). Les MMW utilisées par les appareils haute vitesse de la prochaine génération ont une pénétration superficielle et affectent donc la surface de la peau, la surface de l’œil, celle des bactéries, des plantes et des petites formes de vie. Toutefois, l’effet superficiel peut être assez important pour un organisme, puisque la stimulation des récepteurs de la peau peut affecter les informations nerveuses, causant ainsi une réponse du corps entier, avec des effets physiologiques sur le rythme cardiaque et le système immunitaire.

Dans un article de révision datant de 1998, Pakhomov (123) a réuni les effets biologiques des ondes millimétriques. Il a revu des douzaines d’études et cite des recherches démontrant de profonds effets sur tous les systèmes biologiques, incluant les cellules, les bactéries, la levure, les animaux et les humains. Certains effets étaient clairement thermiques, étant donné que les ondes millimétriques sont rapidement absorbées par l’eau, abondante dans les organismes vivants. Lorsque l’énergie des micro-ondes est absorbée, cette énergie peut causer une élévation de température dans les tissus. Cependant, beaucoup de ces études relatives aux ondes millimétriques ont montré des effets sans chauffer les tissus ainsi qu’à de faibles puissances. Les résultats des recherches furent variés, certains montrant des effets régénératifs et d’autres des effets nocifs, selon la fréquence, la puissance et le temps d’exposition.

 

Arythmies

Chernyakov a provoqué des changements de rythme cardiaque dans des grenouilles anesthésiées en irradiant de micro-ondes des surfaces de peau éloignées du cœur. L’enlèvement complet des nerfs cardiaques permettait quand même à cette réaction de se produire. Cela suggère un mécanisme réflexe de l’action des ondes millimétriques impliquant certains récepteurs périphériques. (28)

 

Variation du rythme cardiaque

Potekhina trouva que certaines fréquences de la bande des 53-78 GHz (onde continue) changeaient la variation naturelle du rythme cardiaque chez les rats anesthésiés. Il montra que quelques fréquences ne produisaient aucun effet (61 ou 75 GHz), alors que d’autres (55 et 73 GHz) causaient une arythmie prononcée. Il n’y avait aucun changement de température de la peau ou du corps entier (69).

 

Le professeur Igor Belyaev, sommité des effets biologiques des champs électromagnétiques. CV : https://www.icems.eu/docs/bio_belyaev.pdf

Effets tératogènes

Une étude des effets tératogènes des ondes millimétriques fut effectuée sur des mouches drosophiles par Belyaev. Les embryons furent exposés à trois différentes fréquences dans les GHz, pendant 4 à 4,5 heures à une puissance de 0,1 mW/cm2. Il a trouvé que l’irradiation à 46,35 GHz, mais pas à 46,42 ou à 46,50 GHz, causait des effets marqués incluant un accroissement des anormalités morphologiques et un moindre taux de survie. Il supposa que les ondes millimétriques perturbaient les interactions entre les protéines et l’ADN à cette fréquence particulière. (65)

 

Conséquences sur les bactéries et résistance antibiotique

Bulgakova, dans plus de mille études portant sur quatorze différents antibiotiques, a montré comment l’exposition de S. aureus à des ondes millimétriques a des conséquences sur sa sensibilité aux antibiotiques porteurs de divers mécanismes d’action. Les ondes millimétriques augmentaient ou diminuaient la sensibilité aux antibiotiques selon la concentration en antibiotique. (134)

Pakhomov avertit, « Quel que soit le mécanisme primaire, la possibilité de conséquences biologiques significatives provenant d’exposition à court terme à des ondes millimétriques, à des puissances inférieures ou égales aux niveaux officiels de sécurité mérite de la considération et plus d’études. La possibilité d’induire des effets négatifs sur la santé par une irradiation locale aux ondes millimétriques de faible puissance revêt une importance significative pour fixer les niveaux de santé et de sécurité et elle requiert une attention spécifique. » Il appelle à une réplication des études, spécialement celles relatives aux conséquences à long terme de l’exposition aux ondes millimétriques.

Ses conclusions :

1) Des individus ou des groupes d’une population, habituellement considérés uniformes, peuvent réagir différemment aux ondes millimétriques, même de manières opposées.

2) Il semble exister des facteurs inconnus et hors contrôles déterminant la sensibilité aux ondes millimétriques d’un spécimen ou d’une population. L’irradiation peut augmenter la résistance à un antibiotique dans une expérience et la diminuer dans la prochaine.

3) Une sensibilité accrue et même une hypersensibilité d’individus aux ondes millimétriques peut être réelle. Selon les caractéristiques de l’exposition, spécialement les longueurs d’onde, de 30 à 80 % des individus sains percevaient l’irradiation aux ondes millimétriques. (123)

 

Cataractes

En 1994, Prost étudia l’effet de l’irradiation des ondes millimétriques sur les yeux. Il nota que diverses longueurs d’onde peuvent induire le développement de cataractes. (13) Sa recherche montra que l’exposition à de faibles puissances d’ondes millimétriques, 10 mW/cm2, opacifiait le cristallin chez les rats exposés, ce qui est un indicateur prédisposant aux cataractes. (74)

 

Système immunitaire

Kolomytseva, en 2002, a recherché la relation dynamique existant entre le nombre de leukocytes et l’activité fonctionnelle des neutrophiles sanguins périphériques, pendant l’exposition du corps complet de souris saines à des radiations électromagnétiques d’extrême haute fréquence et de faible puissance, 42 GHz à 0,12 mw/cm2, 20 minutes par jour. L’étude a montré que l’activité phagocytique des neutrophiles sanguins périphériques était supprimée d’environ 50 % en deux à trois heures après une seule exposition à cette extrême haute fréquence électromagnétique. (131)

 

Effets sur la chromatine

Gapeve, en 2003, a mis en lumière pour la première fois qu’une irradiation électromagnétique in vivo à une onde millimétrique d’extrême haute fréquence et de faible puissance causait des conséquences à l’organisation spatiale de la chromatine dans les cellules des organes lymphoïdes. La chromatine est un mélange d’ADN et de protéines formant les chromosomes dans les noyaux des cellules eucaryotes [dont les chromosomes sont envelopées dans un noyau]. Il a exposé les souris à une fréquence de 42 GHz, de puissance 0,15 mW/cm2 pendant une seule période de 20 minutes. (132)

 

Expression génétique

Hazaubit en 2013 a examiné l’expression des gènes dans les keratinocytes [cellules de la peau, des ongles, des poils et des cheveux] en les exposant à 60 GHz, à la limite supérieure de puissance de nos indications actuelles et en a conclu que « Dans la conception de notre expérience, le nombre élevé de gènes modifiés (665) révèle que la limite actuelle de l’ICNIRP [Commission internationale sur la radioprotection non-ionisante] est probablement trop permissive pour empêcher les réponses biologiques. (73) »

 

Des manques dans les données pour lancer les équipements des ondes millimétriques de la 5G

La production commerciale précède souvent les études sur la protection du consommateur et sur les effets sur la santé. Depuis trop longtemps, trop de toxines ont échappé aux protocoles de sécurité avant d’être commercialisées. Exemples : le plomb, l’amiante, le tabac et nos nanoparticules modernes non-réglementées, pour n’en citer que quelques-unes. Celles-ci affectent notre santé à court et à long terme de façons inconnues de nous. Si nous devenons malades, nous ne questionnons ni n’identifions les expositions chimiques pouvant avoir contribué au cancer, à l’arthrite, aux maladies respiratoires ou à l’Alzheimer. Nous avons trop de toxines pour les trier.

La recherche montre que la radiation des micro-ondes ajoute encore une dose d’exposition toxique à nos vies quotidiennes. Nous ne pouvons pas les entendre, les humer ou les tâter. Cependant, elles ont des conséquences sur notre biologie et donc notre bien-être avec des effets subtils. Si nous sommes électrosensibles, nous sommes plus portés à éviter l’exposition. Même les arbres sont susceptibles au dommage électromagnétique et ils ne peuvent pas s’en éloigner. (128) Qu’en est-il des oiseaux, des abeilles et de nous ?

 

Les lunettes Google, la réalité virtuelle et les objets sans-fils portatifs

Si nous sommes inquiets de coller un téléphone cellulaire à nos oreilles pour de longues périodes de temps après avoir lu les résultats de l’étude du NTP, alors pourquoi ne sommes-nous pas inquiets à propos d’autres objets portatifs ? Bien que leur utilisation soit très en vogue, les lunettes Google et le casque de réalité virtuelle peuvent avoir de dangereuses conséquences pour nos yeux, notre cerveau et notre système immunitaire avec une utilisation à long terme, spécialement pour les enfants. Quelles sont les fréquences dans ces objets ? 3G, 4G, 5G ou un mélange de fréquences changeantes nous plongeant dans une connectivité immersive et de la distraction à un prix potentiellement élevé.

 

Recherche et politique de la 5G

L’examen de sécurité pour la 5G est le même que celui destiné aux autres objets sans-fil. Il est fondé sur la chaleur. C’est une norme obsolète ne considérant pas la science actuelle montrant le dommage cellulaire et corporel provenant des effets non-thermiques. Il y a un grand fossé dans les données de sécurité concernant les effets biologiques de la 5G qui ont été démontrés dans des études plus anciennes, incluant des études militaires.

 

Nouvelles recommandations pour protéger la santé du public

1) Ne pas procéder au lancement des technologies de la 5G pendant que les études précommercialisation relatives aux conséquences sur la santé sont en cours.

2) Réévaluer les normes de sécurité fondées sur le long terme aussi bien que celles à court terme portant sur les conséquences biologiques.

3) Abroger une partie de la section 704 de la Loi [américaine] sur les télécommunications de 1996 ayant préséance sur les règles des États et des gouvernements locaux relatives à l’emplacement, à la construction et à la modification d’installations sans-fil privées sur la base des effets environnementaux pour qu’enfin la santé et les problèmes environnementaux deviennent des sujets dont on puisse s’occuper.

4) Abroger des parties de la Loi relative au spectre, votée en 2012, intégrée à la Loi portant sur la création d’emplois et de soulagement fiscal de la classe moyenne, interdisant aux élus municipaux et aux gouvernements locaux de réguler l’équipement de communication cellulaire, ne prévoyant aucun avis public ni d’occasion d’expression du public et dont les dispositions peuvent résulter en des conséquences environnementales.

5) Créer une agence scientifique multidisciplinaire indépendante chargée de développer des règles de sécurité appropriées, des tests ainsi que des études précommercialisation, dans une environnement transparent permettant la participation citoyenne.

6) Afficher des informations pertinentes concernant les radiations électromagnétiques sur les appareils, incluant des avertissements de précaution appropriés.

 

Références : La liste complète des références citées est disponible dans l’article d’origine :

https://ecfsapi.fcc.gov/file/10308361407065/5%20G%20Wireless%20Future-SCCMA%20Bulletin_FEb%202017_pdf.pdf

 

 

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