Santé Canada rejette les accusations de mensonge du militaire Jerry Flynn

Santé Canada rejette les accusations de mensonge du militaire Jerry Flynn

 

Le capitaine Jerry Flynn, ancien expert en armes électroniques pour l'armée canadienne.

Le capitaine Jerry Flynn, ancien expert en armes électroniques pour l’armée canadienne.

(Suite de Électrosmog : la ministre de la Santé trompée par ses fonctionnaires?)

Santé Canada se défend d’avoir menti à sa ministre, Jane Philpott, pour justifier son rejet, en octobre dernier, des recommandations faites par le comité permanent de la Santé en matières d’exposition aux radiofréquences (RF). Le Code de sécurité 6 fédéral « a toujours fixé et maintenu une limite d’exposition humaine qui est de beaucoup inférieure au seuil à partir duquel des effets néfastes sur la santé peuvent survenir », affirme un porte-parole de Santé Canada, André Gagnon. Pourtant, les justifications fournies à la ministre contredisaient les témoignages des experts indépendants cités par le Comité permanent.

C’est un capitaine retraité des Forces armées canadiennes, Jerry Flynn, qui avait accusé les fonctionnaires, dans une lettre adressée à la ministre, d’avoir menti à Mme Philpott. Pendant 22 ans, le capitaine Flynn fut expert en guerre électronique et en renseignement sur les transmissions, au sein de l’armée canadienne. Selon lui, « depuis les années 1930, plus de 6 000 études ont été accumulées, produisant une conclusion irréfutable selon laquelle l’exposition aux micro-ondes et aux champs électromagnétiques [domestiques] est considérablement préjudiciable à toute vie et à la santé humaine. (…) La vérité a été délibérément supprimée par les pays occidentaux en faveur des intérêts militaires et des bénéfices sans précédent dont jouissent les entreprises et les gouvernements de ces pays ! (…) Un tel mépris pour la santé, le bien-être et la sécurité du public exige une enquête criminelle internationale exhaustive au plus haut niveau possible, car cela constitue véritablement un crime odieux contre l’humanité! » Santé Canada nie catégoriquement ces accusations.

Réponse de Santé Canada

Nous publions ici la réponse complète d’André Gagnon, agent des relations avec les médias chez Santé Canada, puis la réplique de M. Flynn à chaque point soulevé par M. Gagnon :

« Le mandat de Santé Canada sur la question de l’exposition humaine à l’énergie électromagnétique des radiofréquences (RF) provenant des appareils sans fil consiste à effectuer des travaux de recherche sur les effets possibles sur la santé, à toujours analyser les ouvrages scientifiques portant sur de tels effets et à mettre au point des lignes directrices en matière d’exposition, communément appelées Code de sécurité 6. Ce dernier énonce les limites d’exposition humaine au rayonnement des champs électromagnétiques (CEM) dans les industries et les lieux de travail sous réglementation fédérale.

Les dispositifs de communication sans fil (cellulaires, tours de téléphonie cellulaire, compteurs intelligents, wifi, etc.) sont réglementés par Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDEC) en vertu de la Loi sur la radiocommunication. Pour veiller à ce que l’exposition de la population demeure dans les limites acceptables, ISDEC a mis au point des normes réglementaires exigeant la conformité avec les limites d’exposition aux radiofréquences (RF) recommandées dans le Code de sécurité 6. Il est à noter que Santé Canada administre la Loi sur les dispositifs émettant des radiations, qui régit la vente, la location et l’importation des dispositifs émettant des radiations au Canada.

En 2015, Santé Canada a mis à jour le Code de sécurité 6 afin de tenir compte des récentes données scientifiques présentées dans les études réalisées dans le monde. Lorsqu’ils établissent des limites acceptables, les scientifiques gouvernementaux doivent tenir compte de toutes les études scientifiques examinées par des pairs et appliquer une approche fondée sur la force probante des données afin d’évaluer les risques potentiels pour la santé associés à l’exposition à l’énergie des RF. Pour ce faire, ils observent la quantité d’études menées sur un paramètre particulier (effet néfaste ou inexistant), mais d’abord et avant tout, la qualité de ces études. Les études présentant des failles (échantillons témoins insuffisants) auront donc relativement peu de poids, alors que celles réalisées dans les règles (témoins tous inclus, statistiques appropriées) en auront davantage. Bien que certaines études aient révélé des effets biologiques à des niveaux inférieurs aux limites de sécurité canadiennes et internationales, l’éventail des preuves scientifiques ne permet pas d’établir un lien entre les RF et les CEM et des effets sur la santé.

Les limites recommandées d’exposition aux RF offrent une protection à tous les groupes d’âge, y compris les nourrissons et les enfants, sur une base continue. Selon un examen approfondi de toutes les données scientifiques disponibles, Santé Canada est d’avis que la santé de tous les Canadiens est protégée contre l’énergie RF lorsque les limites d’exposition humaines énoncées dans le Code de sécurité 6 sont respectées. Les scientifiques ministériels ont pris en compte toutes les études examinées par des pairs, notamment celles portant sur les effets thermiques et non thermiques sur la santé et les effets biologiques. Le Code a toujours fixé et maintenu une limite d’exposition humaine qui est de beaucoup inférieure au seuil à partir duquel des effets néfastes sur la santé peuvent survenir.

Étant donné que les téléphones cellulaires sont utilisés fréquemment et très près du corps, Santé Canada a fourni d’autres directives aux utilisateurs de téléphones cellulaires intéressés afin qu’ils puissent prendre des mesures pratiques pour réduire leur exposition à l’énergie RF. Ils peuvent notamment limiter la durée des appels au téléphone cellulaire, utiliser des appareils « mains libres » et remplacer les conversations au cellulaire par des textos. Bien que rien n’indique que les enfants et les adolescents soient plus à risque, Santé Canada encourage les parents à limiter l’utilisation des téléphones cellulaires par leurs enfants puisqu’ils sont souvent plus vulnérables aux divers facteurs environnementaux. À noter que ces conseils ne s’appliquent qu’à l’utilisation de téléphones cellulaires, et non à l’exposition à l’énergie RF émise par les appareils Wi-Fi, car l’intensité et la distribution de l’énergie RF émise par ces derniers et absorbée par l’organisme sont très différentes. »

Réplique du capitaine Jerry Flynn

« La réponse des gens de Santé Canada (SC) serait ridicule si elle n’était pas si pleine de mensonges et de contradictions.
Par exemple :
1) En 1966, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les pays Five Eyes (Cinq Yeux) dans le monde de la collecte de renseignements électromagnétiques, ont tout simplement suivi l’armée et l’industrie américaines. Leurs intérêts sont déterminés et protégés par les normes de protection électromagnétique TC 95 du sous-comité SC-4 des organismes IEEE/ICES) qui, à cette époque, ont choisi d’adopter les lignes directrices thermiques [qui disent que des micro-ondes sont sécuritaires si elle ne chauffent pas les tissus humains] de la Marine américaine, déterminées en 1953 par l’ancien scientifique nazi le Dr Herman P. Schwann.
2) Oui, SC a apporté des modifications mineures au Code de sécurité 6 (CS6) en 2015, mais on croit généralement que la pression croissante (de tous les coins du globe, et pas seulement à l’intérieur du Canada) était telle qu’ils se sentaient obligés de faire quelques changements!
3) La personne aujourd’hui en grande partie responsable du SC6 est le Dr James McNamee et c’est lui qui a déclaré en 2013 dans une Cour supérieure du Québec que le SC6 ne s’applique qu’aux effets du rayonnement thermique. Il faut noter que le Dr McNamee se trouve membre de l’ICES (International Committee on Electromagnetic Safety) depuis 2001!
4) Ancien scientifique de SC, le Dr Art Thansandote (qui a pris sa retraite récemment de SC), continue dans son rôle de coprésident du même comité SC-4, poste qu’il occupe depuis au moins 10 ans!
5) Vous noterez dans la réponse de SC que l’organisme mentionne seulement les radiofréquences (RF), pas les extrêmement basses fréquences (EBF ou ELF en anglais)! Elles sont mieux connues comme les fréquences domestiques de lignes à haute tension, l’électricité 60 Hertz qui allume et réchauffe la plupart des communautés et industries de l’Amérique du Nord.
6) Ils font fi de toute critique à savoir le fait que l’industrie a, depuis au moins 1966, pris le contrôle sur les gouvernements. Par exemple, le plus grand contributeur au budget de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) aujourd’hui est la fondation Bill et Melinda Gates. Au Canada, les liens avec l’industrie sont odieux et palpables (voir Repacholi, Krewski, McNamee et Thansandote, pour n’en citer que quelques-uns)!
7) Il est absolument inexcusable et, à mon avis, criminel, qu’Industrie Canada autorise les entreprises de services publics d’électricité et l’industrie des services sans fil et des télécommunications à utiliser les fréquences comprises dans la bande de 1 à 5 GHz, étant donné que les forces armées du monde connaissent depuis des décennies que ce sont les plus létales et nuisibles pour les humains et toutes les formes de vie!
8) SC, l’OMS, l’ICNIRP et le ICES sont extrêmement attentifs à utiliser exactement les mêmes mots pour décrire la « sécurité » des produits, c’est-à-dire « fondés sur le poids de la preuve » – par opposition à « la qualité de la preuve ». Il faut se rendre compte que, depuis le milieu des années 1990, la recherche dans le secteur public est pratiquement tarie, en raison des compressions budgétaires. En conséquence, l’armée et l’industrie ont généré la grande majorité de la soi-disant « recherche » – d’où le terme « poids de la preuve ».
9) SC, l’OMS, ICNIRP et ICES font délibérément fi des propres études de l’armée américaine (des milliers d’entre elles) qui prouvent que le rayonnement NON-THERMIQUE est nocif pour les humains et tous les êtres vivants. Aussi qu’il cause le cancer, etc.! En outre, le rayonnement « pulsé » est plus nocif pour les cellules humaines, etc., que l’onde continue (le type de rayonnement émis par les fours à micro-ondes).
10) SC et ces autres organismes mentionnés ci-dessus font aussi délibérément fi des nombreuses études effectuées par les pays du bloc soviétique sur une période de plus de 35 ans.
11) SC et ces autres organismes font également cavalièrement fi des protestations de la majorité des experts internationaux en effets des champs électromagnétiques (CEM) (223 scientifiques de 41 pays) qui ont lancé un appel à tous les niveaux de gouvernements pour « protéger l’humanité et la faune contre les CEM et la technologie sans fil »!
12) Il faut aussi noter que la période de latence pour la plupart des maladies graves est généralement d’au moins 10 ans ou plus. Pourtant, les « études » militaires et industrielles, par leur conception, durent rarement plus d’un an ou deux. Même la plus grande étude de l’industrie des télécommunications américaines, réalisée par le Dr George Carlo (1993-1999, pour le coût de 26,5 $ ÉU), a été brusquement terminée par son PDG (qui a commandé l’étude) quand il a pris conscience des résultats initiaux! Il a congédié le Dr Carlo et ses quelque 200 scientifiques et enterré le rapport! La maison du docteur Carlo fut même brûlée! Ce même PDG, Tom Wheeler, est maintenant président de la FCC (Federal Communications Commission) américaine;
13) En raison de 1) (ci-dessus), SC et ses cohortes corrompues, lors de l’examen des études, ne considèrent que celles fondées strictement sur les effets THERMIQUES, c’est-à-dire le réchauffement de la peau.
14) Pour des intérêts purement commerciaux et militaires, SC et ses alliés corrompus refusent tous d’admettre qu’il existe une chose comme des effets non thermiques. Pour eux : « Si ça ne chauffe pas la peau, ça ne peut pas être nuisible. »
15) Aucun produit de communication sans fil n’a été soumis à des tests indépendants avant sa mise en marché pour prouver qu’il est sécuritaire d’être utilisé par et autour de personnes de tous âges, de toutes tailles et de tous états de santé sur une base continue (24 heures sur 24) à perpétuité.
16) Aucun des organismes ci-haut mentionnés ne reconnaît que les effets des radiations (CEM) de toutes les sources sont cumulatifs et augmentent sans cesse (comme la fumée quand plus de fumeurs pénètrent dans une pièce).
17) Aucun chef de la direction d’aucune entreprise de services publics d’électricité ou de télécommunications sans fil n’a jamais déclaré publiquement, par écrit, que ses produits sont sécuritaires!
18) Lloyd’s of London, Swiss Re et autres grandes compagnies d’assurance refusent de fournir une assurance responsabilité contre les prétendus effets sur la santé attribués à tout produit de communication sans fil!
19) Bien que je puisse continuer, mon commentaire de clôture doit être que l’OMS, qui est contrôlée par l’industrie, a pourtant classé les CEM (ELF et RF) comme « cancérogènes possibles ». Dans ces conditions, pourquoi SC ou TOUT gouvernement occidental n’a-t-il pas exigé une suspension immédiate des nouveaux compteurs intelligents? Pourquoi n’ont-ils pas alors arrêté tout nouveau déploiement de ce qui est depuis devenu un océan croissant de dispositifs/produits sans fil – même des moniteurs de bébé? Absolument honteux, honteux!
Qu’est-il arrivé au Principe de précaution dont les scientifiques du monde entier réclament l’application depuis des décennies? Ce doit être le moment le plus sombre de l’humanité! Rappelez-moi encore une fois quelle est la mission principale de SC : n’est-ce pas de protéger la santé et la sécurité des Canadiens? »

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