Nuisances des éoliennes : une Québécoise témoigne

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Voici le témoignage d’une dame qui a souffert des éoliennes industrielles pendant plus d’une décennie. Ses symptômes sont apparus dès la mise en fonction d’une soixantaine d’éoliennes, dont cinq implantées à moins d’un kilomètre de sa maison. Elle nous a demandé de préserver son anonymat afin de conserver sa quiétude retrouvée. Elle ignore ce que les promoteurs des éoliennes ont finalement fait pour corriger la situation, mais elle et son mari se portent beaucoup mieux qu’autrefois. AF

« La première stratégie des promoteurs, c’est de solliciter d’abord les élus en leur promettant des redevances. À l’époque, certains de nos élus avaient même loué leurs terrains aux promoteurs. Les claims se signaient sans aucune information. Les gens étaient pris de court. Malgré les séances du BAPE et une très forte contestation du milieu, les éoliennes sont apparues de façon brutale. Il y en avait partout. Nous étions envahis et cernés de toutes parts.

Un jour, en automne, sans en être avisés, le parc éolien a démarré lors de très grands vents. Les tours tournaient à une vitesse folle et le bruit était assourdissant. On a paniqué et on a pensé déménager. La nuit, quand il ventait, on sentait des vibrations comme un tremblement de terre, mais aussi au niveau de la poitrine. Mon conjoint pour sa part a été beaucoup affecté par le bruit. Il avait des acouphènes aigus et faisait de l’insomnie la nuit. Impossible de dormir, la position couchée nous rendant beaucoup plus vulnérables. C’était tellement violent, parfois les effets se faisaient sentir avec des douleurs dans les genoux et dans les jambes.

J’ai envoyé des messages courriels à un promoteur et il est venu poser un appareil de mesure de son; selon ses dires tout était conforme. Concernant les vibrations, il a dit ne rien détecter d’anormal. Il affirmait que c’était impossible qu’il y ait des vibrations! Moi, ça vibre comme de l’électricité, c’est fluide comme de l’eau qui coule d’un robinet. C’est un picotement comme un four micro-ondes qui vibre dans votre poitrine et vos membres. Tout le monde disait que je fabulais. Un jour je suis tombée sur le livre Wind Turbine Syndrome, de Nina Peirpoint – lire son témoignage devant le comité sur l’énergie de la législature new-yorkaise – dans lequel j’ai appris qu’un petit pourcentage de la population était hypersensible aux éoliennes et que c’était mon cas! Une femme y témoignait aussi qu’elle se sentait comme si elle vivait dans un micro-ondes. Enfin je n’étais plus la seule!

Finalement, on a consulté  un technicien qui était sourcier. Il a détecté trois nappes d’eau sous notre maison. Il a dit : “Vous êtes entourés d’électricité et vivez sur de l’eau qui est conductible.” Le mystère s’éclaircissait.

Après de multiples plaintes infructueuses, j’ai écrit à la compagnie pendant trois ans, en précisant à quelle heure les vibrations démarraient et les nuits où je n’avais aucun symptôme. Ils ont analysé tout ça et ont désigné un technicien à notre service. Il a installé des mesures d’atténuation secrètes sans aucune autre précision sur le sujet. Finalement, après des essais-erreurs, mon problème est réglé à 95 %. Depuis le bruit a notamment diminué. Parfois, s’il vente très fort, on entend le bruit du vent, pas l’éolienne, mais les pales dans le vent, la circulation de l’air autour des pales. C’est pire quand elles frappent dans le vent. Nous, on est derrière les éoliennes, on reçoit le bruit au sud parce que le vent arrive du nord. Face aux éoliennes, on l’entend moins. Notre maison est située dans un creux où le son se concentre. On a toutes les conditions pour être dérangés. Les éoliennes produisent constamment un bruit de fond, comme une autoroute. Parfois, lorsqu’il n’y a pas de vent et qu’on « entend » le silence, on réalise encore plus ce que nous avons perdu. Malgré les mesures d’atténuation, le problème d’acouphènes demeure toutefois lors de certaines conditions météorologiques. Mais c’est de moins en moins fréquent.

Ma recommandation : ne jamais installer d’éolienne à moins de deux ou trois kilomètres d’une maison (c’est aussi une pollution visuelle). Et exiger la réparation des routes après le chantier. Ils ont livré 75 vans de gravelle par éolienne pour installer les bases de béton, mais ils n’ont jamais réparé les routes rurales.

Ce fut un combat perdu, extrêmement dur, j’en ai fait une dépression. Le plus dur, c’est que personne ne te croit. Mais l’hypersensibilité aux ondes existe, il y a une minorité de gens qui les ressent.

Maintenant les promoteurs marchent sur des œufs. Ils sont obligés de nous croire. Aujourd’hui, on veut garder nos distances par rapport à notre combat. On a été là-dedans mur à mur pendant dix ans, on menait une bataille de front sur la planète en général, on est allés sur le plan politique. On mise plutôt sur notre qualité de vie. On lutte pour la quiétude, pas contre les éoliennes.

La bonne nouvelle, pour les électrosensibles, c’est qu’il est possible de diminuer les inconvénients. Pour conclure, les symptômes des vibrations n’affectent qu’un très petit pourcentage de personnes. Et si tel est le cas, il est rassurant de savoir qu’il  existe des moyens technologiques pour les contrer… Et surtout, si les éoliennes vous font souffrir, il ne faut surtout pas lâcher, quitte à “harceler” les promoteurs, pour se faire entendre. »

Pour en savoir davantage

Quand les éoliennes rendent malade

Nuisances des éoliennes : poursuite contre le ministre ontarien de l’environnement

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