Cet appareil mesure à la fois les champs électriques et les champs magnétiques 60 hertz. © slt.co

Selon la toxicologue Magda Havas, il faut mesurer quatre types de champs électromagnétiques (CEM) pour savoir quelles mesures correctives sont requises pour réduire son exposition aux CEM. Voici sa description ainsi qu’une cinquième concernant les champs telluriques (naturels et artificiels) présents dans le sol.

• Les champs électriques 60 hertz sont mesurés avec un voltmètre et s’expriment justement en volts par mètre (V/m). Ils sont générés par le voltage présent sur un câble ou un appareil sous tension (branché dans une prise activée) et ce qu’il y ait présence ou non de courant (ampérage à l’origine des champs magnétiques). On peut facilement blinder les champs électriques avec du métal mis à la terre, telles les gaines d’aluminium entourant les câbles blindés utilisés dans les immeubles commerciaux. L’on peut aussi éliminer les champs électriques en coupant carrément, à partir du panneau électrique, la tension dans un circuit (un câble) desservant une ou des chambres. L’on peut soit éteindre manuellement le disjoncteur qui alimente ce circuit ou y greffer un interrupteur qui coupe automatiquement la tension dans le circuit lorsque le dernier appareil qui y est branché est éteint. C’est ce qui se produit quand j’éteins lampe de chevet en me couchant. L’entreprise ontarienne Safe Living Technologies (SLT) a déjà importé un tel interrupteur allemand mais a cessé de le faire après avoir appris qu’elle devait le faire homologuer en Amérique du nord, chose qui n’aurait pas été rentable pour elle, faut de demande. SLT propose toutefois des interrupteurs de circuits activés en pressant un bouton ou un contrôle à distance. Enfin, l’on peut aussi couper la tension dans plusieurs appareils branchés dans une barre d’alimentation en l’éteignant. L’Institut allemand de Baubiologie (biologie du bâtiment) recommande de viser moins de 5 V/m dans les chambres et pour toute autre exposition chronique (4 heures par jour ou davantage). Lire ses Valeurs indicatives en baubiologie SBM-2015 pour les zones de repos sur le site de son institut français baubiologie.fr.

Le Câble Vert chauffe sans émettre de CEM significatifs. © flextherm.com

• Les champs magnétiques 60 hertz mesurés par un gaussmètre en milligauss (mG) ou microtesla (μT). Ils sont créés par la consommation de courant (l’ampérage) circulant sur les lignes d’Hydro-Québec et quand un appareil est allumé. Plus on utilise des appareils écoénergétiques, moins on génère de champs magnétiques. En 2002, le Centre international de recherches sur le cancer (CIRC), affilié à l’Organisation mondiale de la santé, a classé les champs magnétiques parmi les substances « peut-être cancérogènes » (2B) pour l’humain. Viser moins de 1 mG (0,1 μT) pour les expositions chroniques. Les méfaits métaboliques débutent à 0,25 mG et le risque de leucémie infantile double à partir de 3 mG, selon une douzaine d’études de grande qualité.
Sachez que les fils électriques posés en parallèle ou torsadés (comme le Câble vert de Flextherm pour les planchers radiants) font en sorte que les champs électriques et magnétiques qu’ils émettent s’annulent mutuellement. L’intensité des champs électriques et magnétiques 60 Hz diminue au carré de la distance (ils sont 100 fois plus faibles à 10 po qu’à 11 po) et tombe typiquement sous 1mG autour de trois pieds des câbles et appareils (mais il faut toujours la mesurer pour confirmer). Il faut cependant s’éloigner d’au moins deux mètres des sources plus intenses, comme l’entrée électrique. Le courant qui retourne au réseau électrique s’échappe parfois sur la plomberie métallique sur laquelle est effectuée la mise à la terre (MALT) de l’entrée électrique, générant un champ magnétique auquel vous pouvez être exposé si votre lit ou fauteuil de travail est à proximité. Ce problème est réglé en transférant la MALT sur des tiges métalliques enfouies dans le sol et en posant un diélectrique (section de plastique) sur l’entrée d’eau, pour stopper ces courants parasites qui arrivent de l’extérieur via l’aqueduc.

Lecteur Safe and Sound de Safe Living Technologies. © slt.co

• Les radiofréquences (incluant les micro-ondes), émises par les antennes et les appareils de télécommunication sans fil, ont aussi été classés « peut-être cancérogènes » pour l’humain, en 2011. sont mesurées avec un détecteur de radiofréquences. Elles se mesurent en kilohertz, en mégahertz et en gigahertz, et leur densité s’exprime généralement en V/m ou en microwatts par mètre carré (μW/m2). Ce rayonnement comprend la bande de fréquence des micro-ondes émises par les téléphones sans fil, les moniteurs pour bébé, les routeurs Wi-Fi et les compteurs intelligents. Visez moins de 1 V/m ou de 0,1 μ/m2. En 2018, ces ondes ont été démontrées cancérogènes chez les rats dans deux études qui ont incité les experts du CIRC à recommander la réévaluation de leur cancérogénécité pour l’humain.
Ces trois types de rayonnements peuvent être mesurés par des lecteurs abordables de marque Cornet, TriField ou RV qui émettent des lumières allant du vert au rouge et indiquant le niveau de dangerosité et des sons caractéristiques des diverses sources. Le fabricant ontarien Safe Living Technologies manufacture aussi au pays des lecteurs grand public et professionnels dernier cri de marque Safe and Sound et est le distributeur nord-américain des appareils de mesure professionnels Gigahertz Solutions, fabriqués en Allemagne.

• Les hautes fréquences transitoires (HFT) ou « électricité sale » est une forme d’interférence électrique générée sur le câblage domestique et dans l’air par les appareils électroniques dotés d’une alimentation à commutation (switched-mode power supply). Celle-ci hachure le courant en l’interrompant et en l’allumant sans cesse, ce qui génère les HFT qui parasitent l’onde 60 hertz sur le câblage et se propagent aussi dans l’air. Il est important d’acheter des appareils électroniques de qualité, car les produits bas de gamme, par exemple certains moteurs à vitesse variable de pompe de piscine ou onduleurs de systèmes photovoltaïques qui ne produisent pas une onde sinusoïdale pure, sont d’énormes sources de HFT, tout comme les rhéostats (gradateurs).

Lecture de HFT avant et après filtration. © André Fauteux

On les mesure en branchant un lecteur Microsurge Meter de Stetzer Electric ou Broadband EMI Meter de Greenwave dans chaque prise de la maison et on les réduit en branchant un capaciteur (ou « filtre ») de marque Graham-Stetzer si le lecteur affiche plus de 30 unités GS, le niveau idéal étant sous 25 unités GS. Pour sa part, le gouvernement du Khazakhstan exige de ne pas dépasser 50 unités GS sur le câblage des immeubles, selon Stetzer Electric.

Il faut faire inspecter le système électrique par un électricien avant de poser ces filtres, car les brancher dans un circuit non conforme au Code électrique génère un important champ magnétique tout le long dudit circuit. Il faut également s’éloigner à au moins 12 po (30 cm) des filtres, car ils émettent un faible champ magnétique.

Certaines personnes hypersensibles réagissent mal à ces dispositifs qui n’atténuent que dans la bande 1 à 1 000 kilohertz (kHz), la plus toxique parmi les hautes fréquences transitoires selon l’inventeur Dave Stetzer, expert américain en qualité de l’onde. Bien des hypersensibles préfèrent les filtres posés au panneau électrique (line filter) ou le lecteur et les filtres de marque Greenwave qui s’appliquent aux HFT de 2 kHz à 10 mégahertz (MHz). Les produits Stetzer et Greenwave sont disponibles sur le site de l’entreprise québécoise 3E.

Magda Havas a signé plusieurs articles et produit des vidéos sur les bienfaits du filtrage des HFT, notamment pour les personnes atteintes de sclérose en plaques. Après avoir filtré le système électrique de leur maison, un jeune homme a cessé de marcher avec une canne (bienfait qu’il m’a confirmé deux fois à sept ans d’intervalle) et une femme a retrouvé le contrôle de ses bras qui tremblaient sans cesse. Voir sa vidéo sur l’électricité sale.

• Idéalement, on devrait aussi détecter et mesurer les CEM terrestres (telluriques) naturels et artificiels en faisant appel à un géobiologue (voir https://maisonsaine.ca/?s=geobiologie).

Pour plus de détails, lire Champs électromagnétiques : douze façons de se protéger.

 

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