Comment se remettre de l’électrohypersensibilité – 2e partie

La toxicologue ontarienne Magda Havas, professeur émérite de sciences environnementales et experte des effets biologiques de l’électrosmog.

En 2007, environ 3 % de la population avait déjà reçu un diagnostic d’hypersensibilité environnementale (chimique et/ou électromagnétique), selon la Commission canadienne des droits de la personne. Celle-ci affirme que les employeurs et les fournisseurs de services « sont tenus de prendre des mesures d’adaptation à l’égard des personnes ayant des hypersensibilités environnementales ».

En général, les gens atteints d’électrohypersensibilité (EHS) consultent plusieurs médecins pendant des mois ou même des années avant de recevoir ce diagnostic et surtout, un traitement efficace pour soulager leurs symptômes pouvant toucher plusieurs organes et systèmes (nerveux, cardiovasculaire, reproducteur, digestif, oculaire, auditif, cutané, etc.). En 2005, l’Organisation mondiale de la santé affirmait que l’hypersensibilité électromagnétique est réelle tout en ajoutant qu’il ne s’agit pas d’un diagnostic médical et que rien ne démontre que ses symptômes sont causés par l’exposition aux CEM. Par contre, l’EHS est considérée depuis 2000 comme un handicap donnant droit à des accommodements dans plusieurs pays, dont les pays nordiques européens comme la Suède, qui reconnaissent que les « symptômes disparaissent dans les environnements non électriques ». De plus, en 2016, l’Académie européenne de médecine environnementale publiait les Lignes directrices EUROPAEM pour la prévention, le diagnostic et le traitement des problèmes de santé et maladies liés aux champs électromagnétiques. Au Canada, les personnes atteintes doivent toutefois se battre longtemps pour faire valoir leur droit à un environnement sain (plus de détails sur electrosensibilitequebec.com et aseq-ehaq.ca). Par contre, en 2019, l’OMS a ajouté l’exposition au rayonnement non ionisant (infrarouge, laser et radiofréquences) à sa classification internationale des maladies, dans le chapitre XX sur les accidents de « Causes externes de morbidité ou de mortalité ». Les médecins peuvent donc référer à cette classification en posant ce diagnostic. 

Une conférence médicale historique

La bonne nouvelle, c’est qu’aidés par divers professionnels de la santé et du bâtiment sain, de plus en plus de gens réussissent à augmenter leur résistance aux CEM après avoir réduit drastiquement leur exposition aux ondes, amélioré leur hygiène de vie et suivi divers traitements.

Sommité en matière d’effets biologiques des CEM, la toxicologue ontarienne Magda Havas a rebaptisé l’EHS « syndrome de vieillissement accéléré » parce que l’exposition chronique au rayonnement électromagnétique augmente la production de radicaux libres, responsables du stress oxydatif à l’origine du vieillissement prématuré que l’on constate chez bien des gens aujourd’hui.

Égalemement experte de l’atténuation des CEM, Magda Havas fut l’une des conférencières vedettes de l’EMF Conference, tenue en Californie en septembre dernier1 et première conférence médicale américaine portant sur le diagnostic et le traitement des problèmes de santé liés aux ondes. J’y ai eu le plaisir de la retrouver ainsi que plusieurs médecins et autres spécialistes de l’EHS.

Parmi ceux-ci, une collaboratrice virtuelle de longue date, Cecilia (Cece) Doucette qui dirige l’organisme Wireless Education qui offre des cours en ligne sur l’utilisation sécuritaire des technologies numériques à l’école et au bureau. Ironiquement, c’est après avoir dirigé une collecte de fonds pour financer l’achat de portables et de bornes Wi-Fi dans l’école de sa fille que Cece a découvert la nocivité des micro-ondes pulsées par les technologies sans fil. Aujourd’hui, elle offre des formations sur les technologies sécuritaires du point de vue de l’électrosmog et elle est même à l’origine de plusieurs projets de loi en la matière dans son État du Massachusetts.

« Nous avons choisi de câbler notre accès Internet à la maison et réussi à éliminer le Wi-Fi à l’école de ma fille. Ses maux de tête et saignements de nez ont considérablement diminué une fois que nous avons créé un environnement technologique sûr », m’a-t-elle raconté. La solution était simple : quelques câbles Ethernet et un adaptateur iPhone. « Ma fille était ravie que la connexion par câble soit tellement plus rapide que la connexion sans fil, et avec son iPhone câblé, elle ne ronge plus son forfait mensuel de données quand elle se connecte à ses amis. »

Inquiétante des maladies neurologiques

« Une société qui ne protège pas ses enfants n’a pas d’avenir et nous faisons un mauvais boulot à ce chapitre », dit Magda Havas. Comme plusieurs chercheurs, cette toxicologue ontarienne est très préoccupée par le fait que le cancer du cerveau soit la principale forme de cancer chez les adolescents et que son incidence soit à la hausse chez les jeunes adultes, selon une étude américaine — la plus vaste en son genre — parue dans Neuro-Oncology en 2016. « Les augmentations étonnantes signalées dans cette étude, en particulier chez les jeunes, reflètent ce que je vois dans ma clinique », a déclaré à l’organisme canadien Prevent Cancer Now le Dr Jacob Easaw, du Tom Baker Cancer Centre, à Calgary. « Le Canada est en train d’établir un registre des tumeurs cérébrales comparable, de sorte que ces analyses ne seront pas disponibles ici avant 15 ou 20 ans, a-t-il ajouté. Je suis de plus en plus convaincu que les téléphones portables sont une cause majeure et une action urgente est nécessaire. »

En 2018, deux études majeures, faites sur des rats et portant sur les CEM émis par les antennes et téléphones cellulaires, ont démontré que leurs micro-ondes pulsées et modulées sont cancérogènes. C’est ce qui a incité les experts du Centre international de recherche sur le cancer à recommander, dans un article paru en mars 2019 dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, le réexamen de la classification « peut-être cancérogène » des radiofréquences, qui date de 2011.

Même à très faible dose, l’électricité naturelle et artificielle peut avoir des effets profonds sur les communications inter et intracellulaires qui se font par le biais de l’énergie lumineuse des biophotons. En effet, l’on sait que les micro-ondes pulsées et modulées peuvent déclencher un influx massif dans les cellules qui entraînent une cascade d’effets néfastes, comme l’ont confirmé dix revues de la littérature scientifique, selon le professeur émérite de biochimie américain Martin Pall pour qui le Wi-Fi serait une menace importante à la santé humaine, en particulier pour les enfants.

D’ailleurs, de plus en plus de chercheurs sont préoccupés par l’augmentation des maladies neurologiques au moment où des millions d’antennes et d’appareils de télécommunication sont apparus dans notre vie quotidienne. Le chercheur britannique Colin Pritchard a comparé l’évolution de ces maladies dans 21 pays entre 1989 et 2010. Il a découvert qu’aujourd’hui les gens développent couramment la démence dès la fin de la quarantaine, soit dix ans plus tôt qu’autrefois. Aux États-Unis, le problème est même aigü : le taux de décès par maladies neurologiques avait presque triplé en 20 ans chez les hommes de 75 ans et il a quintuplé chez les femmes. Colin Pritchard est formel : « Les facteurs environnementaux doivent y jouer un rôle important, pas juste le vieillissement. »

Dans la 3e partie, découvrez le protocole RIDE proposé par Magda Havas pour contrôler l’électrohypersensibilité.

  1. Mon billet d’avion fut commandité par Safe Living Technologies, fabricant et distributeur de lecteurs d’ondes et de produits d’atténuation.

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