Cellulaire : la Californie prône la prudence

Cellulaire : la Californie prône la prudence

 

À Berkeley, en Californie, les détaillants de cellulaires doivent aviser leurs clients que s’ils portent sur leur corps un appareil allumé et connecté à un réseau sans fil, ils risquent de dépasser les lignes directrices fédérales pour l’exposition aux radiations de radiofréquences. Ces limites ne visent qu’à éviter que les tissus humains ne soient chauffés (cuits!) par des micro-ondes et non les autres effets biologiques comme les dommages à l’ADN pouvant mener au cancer. © Thinkstock

Le ministère californien de la santé publique vient de publier des lignes directrices pour les individus et familles souhaitant réduire leur exposition aux ondes émises par les cellulaires. L’avis du California Department of Public Health (CDPH) affirme : « Bien que la science continue d’évoluer, certaines expériences de laboratoire et études sur la santé humaine ont suggéré la possibilité qu’une utilisation élevée à long terme des téléphones cellulaires puisse être liée à certains types d’effets de cancérogénèse et autres effets sur la santé, notamment :

• le cancer du cerveau et les tumeurs du nerf acoustique (nécessaires à l’audition et au maintien de l’équilibre) et des glandes salivaires
• des spermatozoïdes moins nombreux et inactifs ou moins mobiles;
• des maux de tête et des effets sur l’apprentissage et la mémoire, l’ouïe, le comportement et le sommeil. »

Le CDPH se préoccupe particulièrement du fait que les enfants possèdent leur premier cellulaire à l’âge de 10 ans, en moyenne. « Le cerveau des enfants se développe au cours de l’adolescence et pourrait être plus affecté par l’usage du téléphone cellulaire, rappelle la directrice du département, Dr Karen Smith. Les parents devraient songer à réduire le temps où leurs enfants utilisent des cellulaires et les encourager à les éteindre la nuit. » Les radiations pénètrent plus profondément dans le cerveau des jeunes que chez les adultes. Les rares études sur le sujet indiquent qu’elles pourraient causer des pertes d’audition, des acouphènes (bourdonnement des oreilles), des maux de tête et une perte de bien-être en général, ajoute l’avis.

Les micro-ondes pénètrent plus profondément dans le cerveau d’un enfant, plus mince que celui d’un adulte. © Om P. Gandhi et al, 1996

Le CDPH recommande les mesures pratiques suivantes pour réduire l’exposition des enfants et des adultes à ces radiations :

  • Utiliser un casque d’écoute (celui à tube d’air est plus sécuritaire) ou le haut parleur et tenir le téléphone loin du corps, jamais dans une poche, un soutien gorge ou à la ceinture (pour prévenir l’échauffement des tissus corporels);
  • Envoyer des textos au lieu de parler au téléphone;
  • Réduire l’usage du cellulaire lorsque le signal de réception est faible, par exemple dans les transports (car l’appareil émet davantage d’ondes, ce qui augmente l’exposition humaine);
  • Minimiser l’écoute de la musique et de vidéos ainsi que le téléchargement des fichiers lourds (et alors tenir l’appareil loin du corps);
  • Utiliser le mode Avion car il éteint les communications cellulaires, Wi-Fi et Bluetooth;
  • Éteindre le cellulaire ou le mettre en mode Avion la nuit, sinon le tenir loin du lit (les ondes affaiblissent certaines personnes jusqu’à 20-30 pieds, selon Dr Dietrich Klinghardt);
  • Retirer le casque d’écoute quand vous ne faites pas d’appel;
  • Éviter les produits qui bloquent les ondes car ils augmentent aussi les émissions et donc l’exposition.

    Des normes d’exposition plus sévères réclamées
    Malgré cette décision historique d’alerter le public sur les dommages potentiels causés par les radiations de radiofréquences, les experts indépendants réclament depuis des décennies des normes d’exposition et des mesures de protection beaucoup plus strictes de la part des organismes gouvernementaux internationaux. Les normes actuelles sont considérées comme désuètes depuis 1991 par trois organismes fédéraux américains parce qu’elles ne visent qu’à éviter l’échauffement des tissus à court terme et non des effets à long terme comme le cancer. « La science est beaucoup plus solide maintenant, mais vous ne le croiriez pas en lisant ce document », affirme Joel Moskowitz PhD, directeur du Centre de santé familiale et communautaire de l’École de santé publique de l’Université de Californie à Berkeley, qui est impliqué depuis de nombreuses années dans ce dossier. En 2013, il a appris que le CDPH avait rédigé des lignes directrices sur la sécurité des téléphones cellulaires depuis 2009 mais sans les publier. Après une série de demandes d’accès à l’information infructueuses, il a intenté un procès et en mars 2017 un juge de la Cour supérieure du comté de Sacramento a ordonné au CDPH de les publier.

    Le site web de Physicians for Safe Technology offre des recommandations supplémentaires pour réduire davantage l’exposition aux ondes du cellulaire. Il souligne l’importance de savoir qu’un téléphone sans fil émet à peu près le même rayonnement qu’un téléphone cellulaire. Parmi ses recommandations :

  • utiliser un téléphone fixe pour les longs appels;
  • ne pas laisser les bébés utiliser un cellulaire, une tablette ou un ordinateur portable;
  • ne permettre l’usage du cellulaire par un enfant qu’en cas d’urgence;
  • mettre son cellulaire en mode avion la nuit (sa fonction de réveil-matin fonctionnera toujours);
  • placer les routeurs le plus loin possible des chambres, les brancher dans une barre d’alimentation protégée contre les surtensions et les éteindre la nuit;
  • utiliser une connexion internet câblée dans votre maison (pour en savoir davantage, cet article du site EMFAnalysis.com, de l’ingénieur électrosensible Jeromy Johnson, est recommandé);
  • garder les tablettes et ordinateurs portables sur une table (la norme du Federal Communications Commission recommande de les tenir à 7 po du corps pour éviter l’échauffement des tissus);
  • faire remplacer votre compteur intelligent par un compteur non communiquant (Hydro-Québec offre une option de retrait pour 85 $ plus 5 $ de frais mensuel de relève).
    Enfin, sachez que le neurochirurgien suédois Leif Salford et ses collègues ont découvert qu’une seule exposition de deux heures au signal d’un téléphone cellulaire détruit définitivement jusqu’à 2 % des cellules cérébrales d’un rat. Et qu’après avoir réduit le niveau d’exposition de dix mille fois, ils ont constaté que les dommages causés à la barrière hématoencéphalique étaient encore plus graves. Cela signifie que tenir le téléphone loin de votre tête ne vous protège pas et que si vous utilisez un écouteur Bluetooth, il « fait plus de dégâts que si vous tenez le téléphone à la tête », explique l’auteur Arthur Firstenberg dans son livre The Invisible Rainbow (AGB Press, 2017, 559 pages) : « La barrière hématoencéphalique maintient les bactéries, les virus et les produits chimiques toxiques hors du cerveau et maintient le cerveau à une pression constante. Trop de pression intracrânienne peut conduire à un accident vasculaire cérébral (AVC). Or, l’incidence de l’AVC augmente chez les adultes de moins de 50 ans et, de façon troublante, chez les très jeunes adultes. »
    Pour plus d’informations scientifiques sur les risques de cancer du cerveau associés à l’utilisation du téléphone portable, voir MDSafeTech – Brain Tumors and Cell Phones.

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