Beaucoup de feux ont été déclenchés suite à l’installation d’un compteur nouvelle génération sur un vieux socle, comme sur cette maison de la Colombie-Britannique. Hydro-Québec prétend qu’aucun de ses nouveaux compteurs n’a déclenché d’incendie.

La mère d’un enfant handicapé vient de lancer un appel à l’aide pour obtenir le droit de conserver son compteur électrique mécanique (à roulette). Selon Hydro-Québec, 37 000 de ses clients ont encore ce compteur alors que la Société d’état veut les remplacer par un compteur numérique nouvelle génération communicant par radiofréquences ou par un compteur numérique non communicant dont l’installation coûte 85 $ et la relève manuelle 2,50 $ par mois. « Devant mon refus de permettre le remplacement de mon compteur mécanique, j’ai vécu une interruption de courant imposée par la société d’État du 24 octobre 2018 au 15 novembre 2018, sans aucune aide de la CAQ [Coalition avenir Québec] qui venait d’être élue au pouvoir, déplore cette Montréalaise dans une lettre ouverte (ci-bas) envoyée notamment au Premier ministre François Legault. La température avait alors atteint -16 °C les 13 et 14 novembre 2018, et les températures ressenties la nuit furent de -20 et -22 °C. L’intérieur de ma maison était à 3,6 °C et à 85 % d’humidité relative! Pourtant, mes factures d’Hydro sont toujours payées sans aucun retard. »

Comme plusieurs, madame Calouche redoute la pollution électromagnétique émise par les compteurs électroniques en plastique ainsi que le fait qu’ils présentent un plus grand risque d’incendie que les compteurs mécaniques. En général, les compteurs non communicants sont bien tolérés par les personnes électrohypersensibles car ils n’émettent pas beaucoup d’interférence électromagnétique (électricité sale), mais ce n’est pas le cas de tous, comme en témoigne un résidante des Laurentides dans cette capsule vidéo que j’ai tournée récemment.

À la suite d’un incendie survenu dans les embases des compteurs électriques nouvelle génération d’un immeuble résidentiel de la région montréalaise, le 7 novembre 2013 la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ) a “invité” « les propriétaires d’immeubles à faire inspecter l’installation électrique de leur résidence par un maître électricien aux cinq ans, en particulier les composantes exposées aux intempéries et aux écarts de température ainsi que les câblages en aluminium ». « Les anciennes installations des compteurs mécaniques (composés principalement de métal qui ne brûle pas) ne devaient être inspectées que tous les 25 ans, soulignait l’ingénieur Thomas Tobber dans une lettre adressée à François Legault le 3 juin dernier. Le coût d’un compteur tout neuf est d’environ 70 $, mais le coût de son inspection peut dépasser 1 000 $ à chaque fois, tous les 5 ans, pour la durée de vie de ces compteurs dangereux. »

Compteur électrique fondu par le feu.

M. Tobber nous a transmis un document qui fait référence à une vidéo sur Youtube d’un tel incendie. « Comme vous pouvez le constater, le compteur d’électricité en plastique met rapidement le feu à la maison – c’est presque comme si quelqu’un avait versé du carburant diesel au-dessus du compteur, dit-il. L’incendie de la maison résulte de l’installation d’un compteur en plastique inflammable dans un boîtier de compteur conçu, il y a plus de 75 ans, pour les compteurs en métal non combustibles. Comme le montre la vidéo, les anciens boîtiers sont complètement incapables de contenir le feu à haute énergie d’un compteur en plastique. (Regardez aussi [ces photographies] : fires.) Parce qu’ils peuvent brûler et émettre des gaz toxiques et explosifs, les compteurs en plastique de « nouvelle génération » d’Hydro-Québec sont beaucoup plus dangereux que les compteurs mécaniques standards. Le 26 mars 2018, j’ai écrit la lettre ci-jointe [au président d’Hydro-Québec] Éric Martel et au conseil d’administration d’Hydro-Québec, mais la société d’État n’a abordé aucune de mes préoccupations en matière de sécurité dans sa lettre-réponse. Au lieu de cela, ils ont inclus un avis d’interruption de service et se sont ensuite présentés chez moi pour couper les câbles d’alimentation électrique de ma maison… On allègue qu’au Québec il y aurait déjà eu plusieurs centaines d’incendies impliquant des compteurs d’électricité en plastique, mais Hydro-Québec refuse de les rappeler. En même temps, aucun d’entre nous ne souhaite se réveiller dans une maison qui brûle comme le montre la vidéo citée plus haut… Au Québec, plus de 35 % des incendies de maisons et d’appartements sont d’origine électrique. Des incendies de maison évitables et inutiles pourraient provoquer des protestations de la part de la population, si quelqu’un est tué, et des poursuites judiciaires coûteuses ou des recours collectifs contre le gouvernement, s’il y a des blessures ou des dommages. »

Selon le porte-parole d’Hydro-Québec Louis-Olivier Batty, aucun de ses compteurs numériques n’aurait causé d’incendie. « Le plastique des compteurs va fondre à la chaleur, mais ne s’enflamme pas. Les compteurs de nouvelle génération d’Hydro-Québec ont passé les essais d’inflammabilité de l’industrie telle que la norme UL94 d’inflammabilité des plastiques publiée par Underwriters Laboratories des États-Unis. Le compteur lui-même n’est pas la cause d’un point chaud, le changement du compteur (peu importe le type de compteur) peut précipiter la création d’un point chaud s’il y a une défectuosité déjà existante dans l’embase du client. Une défectuosité de l’embase est pratiquement toujours la cause première de la présence d’un point chaud. Un point chaud est créé dans un circuit électrique lorsqu’un mauvais contact est présent. Ce genre de situation peut se former entre les mâchoires de l’embase du client et les pattes du compteur lorsque le contact est “lousse”. Important : les compteurs électromécaniques ont aussi une base en plastique, c’est-à-dire la partie qui est en contact avec les embases de compteur des clients. Donc, utiliser le plastique dans la fabrication des compteurs électriques, que ce soit pour les compteurs électromécaniques ou pour les compteurs de nouvelle génération, n’est pas nouveau et est utiliser par l’industrie depuis plusieurs décennies. »

Dans un présentation faite par un représentant du bureau du Commissaire des incendies de l’Ontario, celui-ci soupçonnait trois causes possibles ayant provoqué des feux sous les compteurs : 
« 1. Les connections de l’embase du vieux compteur n’étaient peut-être pas en condition pour assurer l’installation sans faille d’un nouveau compteur « Ceci aurait dû être détecté par le technicien durant le remplacement »;
2. Les nouveaux compteurs auraient peut-être des défauts causant des défaillances électriques ou un désalignement avec la vieille embase (les compteurs sont sensés être conçus et testés en fonction de normes de sureté spécifiques, quels organismes le vérifient?);
3. Une installation négligente durant le remplacement. Des lignes directrices pourraient-elles aider? » 

 

Voici la lettre de Mme Calouche.

Lettre ouverte aux médias et aux : 

Premier Ministre du Canada 
Premier Ministre du Québec
Ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux – Québec, Dr Lionel Carmant 
Ministre de la Santé – Québec, Danielle McCann 
Collège des médecins du Québec
Santé publique – Québec
Commission canadienne des droits de la personne 
Commission des droits de la personne – Québec 
Le Protecteur du citoyen – Québec 
Bonjour,

Je suis la maman et la proche aidante d’un jeune homme de 30 ans ayant un handicap neurologique. 
À l’âge de deux ans et demi, après une exposition aux pesticides sur le gazon du jardin de sa gardienne (qui m’a révélé ce fait seulement lorsqu’il a eu 10 ans), mon fils a développé des tics faciaux et des spasmes au visage toutes les quelques minutes. À l’hôpital, le diagnostic a révélé une activité épileptique au cerveau.
Les médecins traitants, dont le Dr Lionel Carmant en 1991, à l’Hôpital de Montréal pour enfants ont exigé et ordonné la prise d’un médicament contre les crises épileptiques. Mon fils n’avait jamais eu de crise auparavant. J’ai refusé. Le médicament, si pris jusqu’à l’âge de 18 ans, pouvait détruire ses reins.
En 1997, je suis devenue activiste contre les pesticides, car mon fils saignait abondamment de son nez la nuit et l’oreiller était souillé de sang sur la moitié de sa surface après l’épandage de pesticides chez nos voisins. Et il souffrait de tremblements au corps et de spasmes répétitifs. Lire Parents want pesticide ban (CBC).
En ce temps-là, les gens n’étaient pas convaincus que les pesticides sur le gazon et les aliments étaient cancérigènes et causaient des troubles neurologiques.
Aujourd’hui, nous savons les dangers des pesticides et consommons de plus en plus des aliments biologiques.
Alors que François Legault était ministre de l’Éducation entre 1998 et 2002, mes enfants ont été exposés dans leur école primaire aux émanations chimiques de la peinture à l’huile appliquée sur les casiers scolaires et à la colle durant l’installation de nouveaux carreaux de céramique dans les classes. Cela s’est produit pendant les heures de classe et tous les enfants présents à l’école ce jour-là ont souffert de crampes d’estomac, de vertiges et de maux de tête. Quand j’ai pris mes enfants à l’école pour le dîner, j’ai détecté une forte odeur de colle. Ce même jour, après avoir appelé le 911, les pompiers ont mis un terme aux travaux de rénovation de l’école primaire Holy Cross. Mes enfants ont été scolarisés à la maison pour deux mois pendant que j’attendais que la commission scolaire confirme par écrit que les rénovations ne seraient plus effectuées les jours d’école.
Mes lettres recommandées, également signées par la dermatologue June Irwin, ont été envoyées à François Legault, ministre de l’Éducation, et Pauline Marois, ministre de la Santé, mais elles sont restées sans réponse.
Depuis 2012, je renonce à l’installation d’un compteur intelligent sur ma maison. Pourquoi? Pour éviter l’électricité sale qui va irradier en permanence tout le filage électrique de la maison. Même la nuit.
J’ai demandé l’application du principe de précaution et un accommodement par Hydro-Québec, ce qui m’a été refusé. Devant mon refus de permettre le remplacement de mon compteur mécanique, j’ai vécu une interruption de courant imposée par la société d’État du 24 octobre 2018 au 15 novembre 2018, sans aucune aide de la CAQ, qui venait d’être élue au pouvoir. La température avait alors atteint -16 °C les 13 et 14 novembre 2018, et les températures ressenties la nuit furent de -20 et -22 °C. L’intérieur de ma maison était à 3,6 °C et à 85 % d’humidité relative! Pourtant, mes factures d’Hydro sont toujours payées sans aucun retard. 

Hier, nous avons rencontré le neurologue de mon fils pour avoir une mise à jour de sa condition. L’EEG (électroencéphalogramme) de cette année n’a révélé aucune trace d’activité épileptique. J’avais raison de refuser le médicament contre les crises épileptiques à l’âge de deux ans et demi et j’avais raison de lutter contre les pesticides de 1997 jusqu’en 2004, soit l’année où la loi interdisant les pesticides au Québec fut adoptée. Et j’ai eu raison de retirer mes enfants de l’école à la suite des émanations chimiques toxiques.
J’aurai raison dans les années à venir quant au danger des effets cumulatifs de cette nouvelle forme de pollution des fréquences électromagnétiques (EMF) pour les résidents, en particulier les enfants, les femmes enceintes et les personnes électrosensibles, mais aussi pour la faune et la flore. Les scientifiques le prouvent déjà.
Marie-Reine Calouche, B.Sc.
Ville Saint-Laurent

 

 

 

Auteur

Dernières publications


Vous aimeriez aussi
L’arc-en-ciel invisible – Une histoire de l’électricité et de la Vie
Plus d’incendies électriques mais moins d’inspections au Québec
Aidez à démystifier le traitement médical des effets nocifs de l’électrosmog
Le plus grand bien du plus grand nombre : une doctrine autorisant des pertes acceptables

Laisser un commentaire