Colloque Défis Bâtiment Santé 2017 : surprises et déception

Colloque Défis Bâtiment Santé 2017 : surprises et déception

 

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Dre Suzanne Déoux, organisatrice du colloque et présidente de l'Association Bâtiment Santé.

Dre Suzanne Déoux, organisatrice du colloque et présidente de l’Association Bâtiment Santé.

L’herbe est toujours plus verte chez les voisins, mais pas toujours chez les cousins…

Un récent colloque européen m’a permis de constater que les Européens ont à bien des égards — mais pas tous — une longueur d’avance sur nous en matière de contrôle de la qualité de l’air intérieur. J’ai eu le plaisir d’assister au 6e colloque Défis Bâtiment Santé, tenu le 15 juin dernier à Paris, avec mes amis les architectes Maryse Leduc, André Bourassa et (sa femme) Micheline Gaudreau. Première surprise : nous y avons même croisé l’ingénieure québécoise Diane Bastien, résidante du Danemark et experte du bâtiment solaire et consultante en biologie du bâtiment (bau-biologie). 

Matériaux radioactifs et radon

La révélation du colloque, selon Micheline Gaudreau : « La radioactivité du granit [et autres matériaux] dont nous avait déjà parlé au début des années 1990 Serge Levasseur [qui a initié plusieurs Québécois à la bau-biologie] et la précaution que nous devrions prendre à la mesurer avant d’en faire des dessus de comptoir dans nos maisons. »

En effet, un projet règlementaire français transposant la directive 2013/59/Euratom prévoit exiger une mesure de la radioactivité dans certains matériaux naturels et résidus industriels et imposer des restrictions d’usage si elle dépasse certaines valeurs. L’objectif est de ne pas dépasser le niveau de référence de 1 millisievert par an (mSv/an) pour l’exposition provenant des matériaux dans un bâtiment.

« Bien que tous les matériaux émettent des rayonnements gamma, seul un très faible pourcentage, peut-être autour de 5 %, en émettent à un niveau préoccupant », nous a précisé par courriel Nicolas Michel, expert en radioprotection au ministère français de la Transition écologique et solidaire. Cet expert est néanmoins formel : « Il va être nécessaire de mesurer la radioactivité des matériaux le plus en amont possible, avant leur utilisation pour la construction de bâtiments, soit directement dans les carrières pour les matériaux naturels ciblés (les granites) ou dans les industries pour les résidus comme les cendres volantes, scories ou laitiers [incorporés notamment au ciment]… Les distributeurs et fournisseurs devront fournir cette information aux utilisateurs et la considérer avant d’importer des matériaux. » L’Europe prend cette question au sérieux, car toute augmentation de l’exposition au rayonnement ionisant dans les bâtiments augmente le risque de cancer. En effet, la directive 2013/59/Euratom demande que la population soit obligatoirement informée sur le risque radon et s’attaque à la question des matériaux naturels et aux résidus industriels utilisés dans la construction de bâtiments. Ces matériaux peuvent exposer les occupants à la fois au radon et aux rayonnements gamma.

La santé au menu des bâtiments performants

Le colloque annuel Défis Bâtiment Santé est organisé par l’association Bâtiment Santé Plus, fondée et dirigée par la Dre Suzanne Déoux, qui dirige aussi MEDIECO Conseil & Formation, également éditeur d’ouvrages de référence comme Le guide de l’habitat sain et Bâtir pour la santé des enfants. Souvent vue comme une contrainte, le bâtiment santé s’avère plutôt une possibilité d’innovation pour prévenir au lieu de guérir, dans l’intérêt du bien commun, selon elle.

« Cela passe par l’optimisation des qualités acoustiques des bâtiments, l’amélioration de la perception de la lumière, qu’elle soit naturelle ou non, la protection contre les champs électromagnétiques et toujours la préservation d’une bonne qualité de l’air intérieur. » Experte en la matière depuis plus de 25 ans, la Dre Déoux a fondé en 2008 le premier programme de maîtrise français « Risques en santé dans l’environnement bâti », à l’Université d’Angers. Celui-ci est offert tant aux architectes qu’aux urbanistes et aux ingénieurs, ainsi qu’aux titulaires d’une maîtrise ou aux gens qui possèdent une expérience valide. Normalement, le bâtiment santé n’est traité que durant une trentaine d’heures, par exemple dans la formation des ingénieurs à l’École nationale des travaux publics, près de Lyon.

L’essentiel aspect sanitaire des lieux de vie est heureusement pris en compte par un nombre croissant d’experts en immeubles haute performance, a souligné la Dre Déoux. Au premier rang, l’Agence française de la maîtrise de l’énergie (ADEME) qui soutient le colloque ainsi que des études sur la question depuis des années. De notre côté de l’Atlantique, la popularité croissante des certifications WELL et Living Building témoigne de cette croissance incontournable.

Suzanne Déoux est également à l’origine des populaires ateliers AirBat pour petits et grands bâtiments, une initiative de l’ADEME. L’objectif d’accompagner les professionnels en phase conception et mesure de qualité de l’air après coup s’est avéré une catastrophe à la réception des immeubles, les choses ont dérapé sur les chantiers, dit-elle. « Les pratiques ont complètement modifié les résultats. Nous avons donc offert un accompagnement direct sur les chantiers, en profitant des réunions de chantier avec casse-croûte. » Fiches cartonnées très pratiques pour les artisans et corps de métier et vidéo sur la déshumidification des chantiers lancé cet été ont permis d’initier les praticiens aux rudiments de la qualité de l’air. En particulier, on leur déconseille de nettoyer les matériaux avec des solvants, on insiste sur l’importance de l’étanchéité à l’air de l’enveloppe du bâtiment et de bien stocker, sécher et ventiler les matériaux pour prévenir la croissance des moisissures.

Cette année, une nouvelle règlementation française concernant la pollution acoustique en rénovation est entrée en vigueur. Si ses exigences de résultat sont encore très peu contrôlées et qu’il n’y a pas encore assez de formations en la matière, la recherche sur les matériaux absorbants évolue et des outils formidables sont à la portée de tous, selon Laurent Droin, directeur général du Centre d’information et de documentation sur le bruit (CidB – bruit.fr). Par exemple : la caméra acoustique qui convertit les sons en images et le documentaire wikiquiet.fr sur l’aménagement sonore urbain. Le CidB organise d’ailleurs les assises nationales sur l’environnement sonore qui auront lieu à Paris du 27 au 29 novembre. En constante augmentation depuis 30 ans, la pollution sonore entraîne des coûts sociaux annuels de 57 milliards d’Euros en France, soit presque autant que la pollution atmosphérique, a-t-il précisé.

Impacts bénéfiques et nocifs de l’architecture

« Comme vous allez bouffer des matériaux toute la journée, je vais vous parler de psychologie », nous a lancé l’architecte Denis Dessus, vice-président du conseil national de l’Ordre des architectes de France — que connaît bien André Bourassa, président sortant de l’Ordre des architectes du Québec.

Les puissants de ce monde ont toujours utilisé l’architecture pour impressionner et influencer le comportement des usagers des bâtiments de façon volontaire, selon Denis Dessus. « Dans les cathédrales, les fidèles sont dociles, écrasés par le pouvoir divin de la lumière qui tombe du ciel. Quand on googelise, on trouve beaucoup d’études, faites pour des entrepreneurs par des psychologues et des médecins du travail, pour dire quelles conceptions d’espaces amènent à bosser plus et à être plus productifs. Depuis 50 ans, cette théorisation a amené un certain nombre d’horreurs dans le but d’exploiter le mieux possible l’employé. Les bureaux de la nouvelle économie, plus cools, plus vastes et plus lumineux sans parler des espaces pour le baby foot, n’ont rien changé au fait que l’on exploite encore le plus possible les employés. On est plus proches de l’état d’esclavage que de la qualité du travail. »

La bonne nouvelle, c’est que l’architecture peut aussi prévenir et guérir, ajoute Denis Dessus. Cet architecte drôle est très en demande comme concepteur de bâtiments favorables à la santé, notamment en Chine. Prenez les ambiances de cocooning qu’il façonne avec son architecture hospitalière holistique. Entre deux coupes de champagne lors de l’inauguration d’une aile psychiatrique, une soignante lui a confié « avoir vu une amélioration spectaculaire de l’état des patients » autistes et schizophrènes. Dans les écoles, des professionnels inspirés ont aménagé des classes et aires de jeu plus agréables, tel ce jeu en hauteur aménagé autour d’un arbre, au Japon. Selon un suivi de 750 écoliers réalisé pendant un an par des chercheurs de l’Université Salford, au Royaume-Uni, l’impact du design de l’environnement (qualité de l’air, acoustique feutrée, lumière naturelle, couleurs apaisantes, espace généreux, odeurs agréables, vues sur la nature, textures douces, etc.) influe sur la performance des élèves à hauteur de 25 %!

La France innove

Devançant un règlement français sur la qualité de l’air dans les écoles et les maternelles qui entrera en vigueur en janvier 2018, une municipalité a fait appel à Velux pour ventiler les classes quand les enfants s’absentent. L’ouverture programmée et automatisée de lanterneaux durant 10 minutes quand le taux de CO2 dépasse 660 parties par million d’air permet d’assainir l’air et chaque baisse d’un degré Celsius de la température de l’air est récupérée 15 minutes plus tard.

En 2015, la France fut le premier pays à interdire le Wi-Fi dans les crèches et les garderies, et à exiger qu’on l’éteigne hors des activités pédagogiques, pour réduire l’exposition des enfants aux micro-ondes et autres radiofréquences, soupçonnées cancérogènes depuis 2011.

Peintures et santé respiratoire

Parmi les séances de « posters » (photoprésentation) du colloque, celle de Sophie Achard, maître de conférence en toxicologie environnementale au Laboratoire de santé publique et environnement de la Faculté de pharmacie à l’Université de Paris, a particulièrement retenu notre attention. Cette chercheuse participe à une étude qui, depuis 2003, suit 3 840 enfants de leur naissance jusqu’à l’adolescence. Après avoir reconstruit en laboratoire des cellules prélevées de l’arbre respiratoire (nasales, bronchiques ou alvéolaires), elle les expose, toujours en laboratoire, à des polluants pour mimer l’exposition humaine afin d’apporter une plausibilité biologique aux observations biologiques.

Malgré la présence persistante de polluants non divulgués car considérés comme des secrets industriels, l’élimination du toluène, du xylène et du benzène des peintures en 2007 en Europe a eu un impact bénéfique sur la santé respiratoire des enfants, selon elle. « Des prélèvements d’air à la maison ont permis d’établir une corrélation en fonction de l’exposition et des problèmes de santé », dit-elle en ajoutant que les enfants nés en hiver dans une chambre fermée peu aérée sont plus affectés par le formaldéhyde durant leur première année de vie. « Par exemple, les enfants nés en décembre qui n’ont pas de première sortie à l’extérieur avant trois ou quatre mois font plus d’asthme et de problèmes de sifflement. S’ils sont nés au printemps, ils en font beaucoup moins. Il y a une synergie importante entre l’exposition au formaldéhyde [un sensibilisant aux produits chimiques présent dans certaines peintures et le bois aggloméré à l’urée formol] et les spores de moisissures. »

La lumière et la santé

Un consultant en éclairage, Richard Zarytkiewicz, a pour sa part fait le point de l’impact des diodes électroluminescentes (DEL) sur la santé. « La lumière, comme l’air et l’eau, a-t-il dit, doit être contrôlée et dispensée avec une qualité contrôlée. L’éclairage représente 12 % de l’électricité consommée en France et les DEL permettent de réaliser une économie de plus de 50 %. Par contre, il ne faut pas que l’avantage du point de vue consommation énergétique nous empêche d’en connaître les caractéristiques qui influent sur les effets photobiologiques désirés et indésirés, notamment sur la synchronisation de l’horloge biologique. Par exemple, les ultraviolets invisibles causent des cataractes, la lumière bleu-violet (fréquences 460 à 480 nanomètres) cause la dégénérescence maculaire, le bleu-turquoise (415-455 nm) a un effet sur le cycle sommeil/éveil et la mémoire alors que le reste de la lumière visible est bénéfique.

« Dans la zone 415-455 nm, cette portion du spectre ne pose problème que lors d’une exposition directe de l’œil à la source d’éclairage. À long terme, elle a un impact sur la dégénérescence maculaire en commandant à certaines cellules de l’œil de s’autodétruire, en fonction du temps d’exposition et de l’intensité de la lumière dans les bleus. » Dans la zone critique 460-480 nm, cette lumière offre des bienfaits dans la journée en stimulant la production de cortisol (éveil), mais a un effet non désiré en soirée. Il faut cesser toute vision de cette lumière vers 21 h, car elle réduit la sécrétion de mélatonine (sommeil et lutte aux tumeurs) produite par la glande pinéale de 23 h à 4 h 30. L’expert recommande de réduire l’intensité des écrans d’ordinateur, de regarder un point à 8 mètres de distance aux 20 minutes et de cesser toute exposition à la lumière bleue après 21 heures. Téléchargeable gratuitement en ligne, le logiciel f.lux (justgetflux.com) jaunit automatiquement le fond de l’écran en soirée. « Je l’active souvent le jour parce que la lumière assèche mes yeux », nous a confié l’architecte Micheline Gaudreau.

Trophées Bâtiment Santé Innovations 2017

Les technologies innovantes d’amélioration de la qualité de l’air furent parmi les innovations à l’honneur dans le cadre de la remise des Trophées Bâtiment Santé Innovations 2017. Le lauréat CIAT a remporté la palme dans cette catégorie avec l’Epure Dynamics, un système qui mesure en continu les concentrations de particules fines d’une zone de locaux. Ce système est muni d’un filtre haute efficacité dont la surface filtrante onze fois plus grande que celle d’un filtre classique permet de le remplacer qu’aux trois ans.

Le coup de coeur dans cette catégorie a été remis à Ardediar pour sa gamme de meubles dépolluants L’Atelier Climatique. Un père cherchait à créer une « bulle d’air sain » autour de son nourrisson en détresse respiratoire. Ces petits meubles en matériaux recyclés et évidemment non polluants épurent l’air uniquement dans la sphère respiratoire des occupants. Il s’agit de tables de chevet, d’un objet décoratif ou d’une assise mobile dotés d’une Boîte à Air composée de filtres à particules, son charbon actif et son ventilateur silencieux et écoénergétique. En seulement 30 minutes, l’appareil élimine 90 % de la fumée de cigarette à moins d’un mètre de la sortie d’air.

Dans la catégorie Démarches santé innovantes, Sarthe Habitat fut honoré pour son projet Action Unis Vers 2 qui mesure notamment la qualité de l’air de ses logements neufs et existants. Cette entreprise de la Sarthe, département de la région Pays de la Loire, gère près de 14 000 logements, 22 commerces et 44 foyers (pour les personnes âgées, les personnes porteuses d’un handicap ou les jeunes travailleurs). Par ce projet exemplaire, il s’est engagé à améliorer la qualité de l’air dans l’ensemble de son parc immobilier, en sensibilisant ses fournisseurs et en intégrant des mesures correctrices à ses contrats de maintenance.

Coup de coeur dans cette catégorie, l’association OÏKOS a conçu le jeu de société Dépollul’Air, à la fois outil pédagogique et ludique permettant de sensibiliser le grand public sur cet enjeu majeur de société. Fruit d’une éco-conception poussée (plateau de polyester recyclé sans COV, etc.), ce jeu teste les connaissances des participants qui, par des questions, des mimes et des dessins, arrivent à identifier des polluants intérieurs et extérieurs et à trouver des solutions.

In’Air Solutions a remporté la palme des mesures innovantes avec son analyseur In’Air µF1 qui affiche les concentrations de formaldéhyde dans l’air en temps réel et en continu. Cet appareil de haute précision doit encore être amélioré afin de le rendre largement accessible à un coût raisonnable.

Octopus Lab s’est mérité un coup de coeur pour son logiciel INCA-Indoor qui simule la qualité de l’air intérieur dans un bâtiment existant ou à construire afin de pouvoir hiérarchiser les sources de pollution ainsi que les solutions alternatives. Il tient compte des sources internes tels les matériaux et le mobilier, de l’apport des polluants extérieurs, de l’extraction des polluants par la ventilation, de la réactivité chimique de 800 espèces de microbes ainsi que de la formation, de l’évolution et de la disparition des particules fines.

Enfin, Gouyer Leroux a remporté le prix des Produits innovants pour sa colle prête à l’emploi Fix’Bric. Composée de polymère hybride de polyuréthanne sans isocyanates réactives, elle est livrée dans des poches souples qui s’insèrent dans un pistolet, permettant de réduire les volumes de déchets sur les chantiers.

Les grands défis

Un grand défi du 21e siècle sera d’assainir les bâtiments existants (dont 99 % des maisons) et les futurs bâtiments à énergie positive, a souligné José Caire, directeur Villes et territoires durables, à l’ADEME, qui cible 500 000 logements par année dans son Plan rénovation. Plus que les facteurs économique et l’efficacité énergétique, la recherche de salubrité est un moteur d’innovation et de déclenchement de travaux écoresponsables, selon lui, car de plus en plus de gens sont aux prises avec des pertes de mobilité, problèmes de moisissures ou d’acoustique et autres soucis de qualité de vie. Un grand objectif de l’ADEME est donc d’améliorer les connaissances et compétences des acteurs du bâtiment en matière de salubrité, par exemple pour « arriver un jour au contrôle de réception des systèmes de ventilation ».

La France s’apprête à règlementer les concentrations de radon dans le Code de l’environnement, contrairement au Canada où on laisse encore les propriétaires de bâtiments libres de le mesurer ou non. Pourtant, ce gaz radioactif issu de la décomposition de l’uranium dans le sol est la deuxième cause de cancer du poumon. Par contre, le Canada estime qu’il est responsable de davantage de de décès (17 % par cancer du poumon contre 5 à 12 % en France) et sa concentration acceptable de radon est plus sévère : 200 Becquereles par mètre cube au lieu de 300 Bq/m³. Par ailleurs, la France parle encore de régions à risque, tout comme le Québec, alors que Santé Canada souligne que des concentrations élevées sont retrouvées dans toutes les régions et qu’elles varient d’un bâtiment à l’autre en fonction de ses caractéristiques et des conditions du sol. On n’a donc pas fini d’en apprendre sur ce polluant reconnu cancérogène en 1987.

Enfin, la Ville de Paris s’est récemment fixé comme objectif d’abaisser de 30 % l’exposition de ses résidants à la pollution électromagnétique des radiofréquences de micro-ondes émises par les appareils sans fil. Sa cible de  5 volts par mètre — 70 milliwatts par mètre carré (mW/m2) — n’est qu’une moyenne couramment dépassée. Le matin du 12 août dernier, à la station de métro Opéra de Paris, bien que les mesures sur mon lecteur Cornet Electrosmog Meter indiquaient souvent 1 à 10  mW/m2, les pointes atteignaient 289 mW/m2! Rien pour rafraîchir les passagers qui suaient à grosses gouttes par ce matin chaud et humide.

« La santé n’est pas une contrainte mais une avancée pour tous », a déclaré en ouverture du colloque Hervé Charrue, directeur-général adjoint responsable de la recherche et du développement au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Le bâtiment devra évoluer au même titre que la qualité de notre alimentation, a-t-il ajouté en citant la teneur en résidus de pesticides dans les pommes qui a chuté radicalement (de 400 à 4 mg/kg). Le temps est venu d’anticiper et de prévenir les problèmes plutôt que de réagir aux fiascos sanitaires comme l’amiante-ciment, selon lui.

Soulignant que l’électrohypersensibilité « n’est pas forcément avérée », il a concédé que l’évolution de la science fait évoluer les politiques concernant les polluants émergeants. « Si on découvrait un jour des effets biologiques [hors de tout doute raisonnable], il faudrait en tenir compte dans la révision de nos postures dans le bâtiment-santé. » Or on sait très bien que les pays nordiques (Suède, Norvège, Finlande et Danemark) ont reconnu en 2000 l’électrohypersensibilité comme une maladie professionnelle qui se soigne « dans les environnements non électriques ».

Compteurs intelligents

Ma seule déception fut certes le fait que Dre Déoux et ses collègues aient choisi d’inviter un représentant du gouvernement pour nier des effets sanitaires du compteur intelligent français Linky, sans donner la parole à quiconque pour présenter l’envers de la médaille. « Nous ne sommes pas pour ou contre le Linky », a débuté Olivier Merckel, Chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques, nouvelles technologies et grands aménagements de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Selon lui, ces compteurs sont installés afin d’aider les citoyens à mieux connaître et maîtriser leur consommation d’énergie, chose qui jusqu’ici ne s’est jamais avéré selon Timothy B. Schoechle, secrétaire des comités de normalisation internationaux (ISO) sur la domotique et les métadonnées (gettingsmarteraboutthesmartgrid.org). Selon M. Merckell, la probabilité que les champs électromagnétiques (CEM) émis par les compteurs intelligents engendrent des problèmes de santé à court ou à long terme est « très faible ». Pourtant, il a débuté en reconnaissant qu’il n’existe « pratiquement aucune littérature scientifique spécifique aux effets sanitaires des compteurs communicants ». Du même souffle, il a affirmé qu’aucune donnée ne suggère l’existence d’effets sur la santé » causés par les courants transitoires à haute fréquence, tel que l’affirme un rapport de l’ANSES publié en septembre dernier.

Contrairement aux compteurs d’Hydro-Québec qui communiquent par radiofréquences/micro-ondes pulsées nocives propagées dans l’air mais qui ne génèrent pas plus de hautes fréquences transitoires (HFT) que d’autres appareils électroniques, le Linky communique en pulsant constamment des ondes sur le câblage domestique.

Heureusement, Dre Déoux lui a lu ma question concernant les nombreux symptômes dont se plaignent les Français depuis l’installation de ces compteurs chez eux. Selon plusieurs experts indépendants, ces symptômes sont associés aux HFT qui représentent, selon le physicien Paul Héroux, professeur de toxicologie à la Faculté de médecine de l’Université McGill, à Montréal, la forme de pollution électromagnétique la plus nocive qui soit. Pourquoi M. Merckell n’en a-t-il pas parlé? Sa réponse : il attendait un rapport du CSTB. En fait, ce rapport existe déjà, il est daté de janvier 2017 et est disponible sur le site de l’organisme français Next-Up qui milite contre l’électrosmog. Dans son analyse et synthèse de ce rapport, Next-up affirme qu’elle « considère que ce Rapport, même s’il comporte d’importantes lacunes*, est de loin celui qui se rapproche le plus de la vérité constatée dans les zones de déploiements du Linky contrairement aux précédents instrumentalisés et peu sérieux publiés par d’autres organismes dont celui de l’ANFR [Agence nationale des fréquences].

Voici l’essentiel de cette analyse :

1 – Le système du compteur connecté numérique Linky

Le compteur numérique connecté Linky d’ENEDIS possède une interface CPL (Courant Porteur en Ligne) destinée à émettre des informations et recevoir des ordres ou des mises à jours transportés par des signaux rayonnants (trames) en kHz superposés à la fréquence 50 Hz sinusoïdale du courant électrique appelée fondamentale via les concentrateurs (YouTube)…

Il permet des communications successives et permanentes dites ping-pong par pulses de trames en kHz sur tout le réseau. L’architecture CPL du système Linky comporte en zone urbaine un concentrateur pour chaque grappe de Linky et en zone rurale un concentrateur tous les 300 m environ pour compenser l’affaiblissement du signal en kHz (pertes par les rayonnements car les câbles ne sont pas blindés).

2 – Linky ou pas Linky, une nouvelle pollution électromagnétique pulsée se retrouve dans tous les appartements

 Dans son rapport le CSTB confirme les mesures de Next-up organisation et amène la preuve que l’innocuité du Linky véhiculée par ENEDIS et l’ANSES est un mensonge, le système de comptage Linky apporte une nouvelle pollution électromagnétique artificielle par conduction (mode conduit) en champs proches dans tous les appartements via le réseau des câbles électriques qui ne sont pas blindés.

Dit autrement, les perturbations polluantes dites conduites rayonnées se propagent par tous les câbles du réseau électrique Basse Tension dans tous les appartements et à moindre doses rayonnantes même dans ceux qui ne sont pas équipés de compteurs connectés Linky.
C’est aussi une nouvelle pollution rayonnée électromagnétique qui impacte tout le vivant, climatologie incluse ceci sur tout le territoire national via le maillage des câbles de distribution basse tension qui ne sont pas blindés.

Même si cette pollution électromagnétique artificielle constatée de 10 à 250, voire 1500 fois supérieure au bruit de fond dans certaines configurations d’architectures de déploiement en zones rurales ce qui n’est absolument pas négligeable, est aussi comme le note le CSTB des milliers de fois au-dessous de normes irréalistes ICNIRP en densité de puissance, il n’en demeure pas moins que cette nouvelle pollution est pérenne 24h sur 24 avec un caractère pulsé ce qui aggrave fortement l’impact sur la santé. C’est au final la notion de dose, rapport puissance d’irradiation/temps, qui provoque inéluctablement l’affaiblissement du métabolisme des personnes, ceci sans qu’elles ne le perçoivent immédiatement et lorsqu’elles s’en rendent compte leur métabolisme est atteint souvent de façon irréversible, c’est un processus connu qui aboutit aux pathologies du Syndrome des Micro-Ondes (PDF)

3 – Le CPL ne s’arrête pas au compteur (Linky ou non).

Ce Rapport est aussi un colossal camouflé pour la SA ENEDIS (ex Électricité de France ou EDF) et à son laboratoire dont les extériorisations n’ont cessé depuis des mois d’inonder les médias, les parlementaires et les élus locaux de fausses informations majeures rassurantes et pas des moindres dont : les fréquences radiatives CPL s’arrêtent aux compteurs Linky et les trames de données ne sont envoyées qu’une fois par jour la nuit,

Ce que n’avait pas prévu ENEDIS, car totalement inusitée, c’est la forte mobilisation en R&D d’organisations environnementales, voire de simples ingénieurs souvent retraités d’EDF qui ont permis de faire évoluer les connaissances sur l’architecture du système de comptage connecté Linky qui nécessite la mise en œuvre de nouveaux types d’appareils de mesures.

4 – L’architecture inédite du système Linky est maintenant bien décryptée

Si la collecte des index des données de consommation (index stockés) a lieu effectivement la nuit entre minuit et 6 heures du matin, par contre le concentrateur interroge aussi successivement de façon permanente tous les compteurs Linky de la grappe (de quelques dizaines en milieu rural à plusieurs centaines en milieu urbain), afin de surveiller l’état général du réseau Basse Tension et détecter rapidement d’éventuelles pannes.

5 – La Commission de Régulation de l’Energie avait lancé l’alerte en 2011 !

La CRE acronyme de Commission de Régulation de l’Energie a publié en Juin 2011 un “Dossier de l’évaluation de l’expérimentation Linky”, basé sur une évaluation réalisée sur 300 000 compteurs Linky. La CRE avait conscience que la transmission de la collecte des données par le CPL du Linky étant en mode conduit rayonné il se propagerait dans tous les appartements via tous les câbles du réseau électrique car ceux-ci font office d’antennes.

6 – Une pratique courante dans tous les projets d’EDF : la fuite en avant et la dissimulation

Ce qui est surprenant c’est qu’EDF a pourchassé pendant des décennies toutes les personnes qui ayant créé un réseau CPL privé devaient obligatoirement installer un filtre en tête de leurs branchements afin d’éviter que ceux-ci ne polluent le réseau électrique Basse Tension. »

Pour en savoir davantage
defisbatimentsante.fr/colloque-2017/diaporamas

http://www.oqai.fr/

http://www.next-up.org/France/Linky.php

https://videos2.next-up.org/Linky_Temoignage_Therese.html

L’Europe cible certains matériaux naturels et résidus industriels potentiellement radioactifs

 

 

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