Flextherm : les pieds au chaud depuis 25 ans

Flextherm : les pieds au chaud depuis 25 ans

 

Flextherm trame

« Sans pièce mobile ni tuyau, le Câble vert comporte donc peu de risque de bris à travers le temps. Son installation est plus facile et il est généralement moins coûteux que l’hydronique », affirme David Pontbriand de Constructions KnightsBridge. © Flextherm

Pionnier nord-américain du système de chauffage radiant électrique depuis 1991, le fabricant longueuillois Flextherm fête ses 25 ans cette année.

Son inventeur Philippe Charron, président de l’entreprise, raconte que faire breveter son système n’était pas suffisant. Il fallait aussi obtenir l’autorisation de poser des câbles chauffants sur du contreplaqué au lieu d’une chape de béton. « Nous avons dû demander une dérogation aux normes électriques CSA et faire faire des tests pour prouver la sécurité de ces installations. »

Grâce à lui, ce type de chauffage est devenu très populaire sur le continent. C’est qu’ils offrent le confort des planchers à eau chaude tout en étant plus simples et souvent plus abordables à installer car ils ne requierent ni chaudière, ni tuyauterie, ni liquide, ni pompes, ni valves motorisées pour obtenir des températures variables d’une pièce à l’autre. Plusieurs personnes ont d’abord découvert les câbles chauffants en apprenant qu’ils pouvaient en poser dans une pièce à la fois, par exemple en changeant le plancher de céramique de la salle de bains ou de l’entrée. En chauffant les corps et les objets avant l’air, les ondes infrarouges des systèmes radiants, comme celles du soleil, créent un confort irrésistible. Pour Philippe Charron, le chauffage radiant est rien de moins qu’un « générateur de bonheur ».

Zonage programmé

Flextherm gabarit install

Divers systèmes d’installation sont offerts pour les endroits plus ou moins exigus.

Mais pour le summum du confort, il y a plus, ajoute-t-il. « La tendance, c’est de mettre des câbles partout et de les contrôler par zone avec des thermostats programmables. Si on n’en met pas partout, on diminue l’efficacité du radiant : on crée de la convection au lieu d’avoir une température stable de haut en bas. » En effet, les systèmes de chauffage de l’air, comme les plinthes ou les fournaises, créent de l’inconfort car les températures de l’air sont stratifiées : il fait plus chaud au plafond et plus froid au sol car l’air chaud monte naturellement tandis qu’il redescend en se refroidissant au contact des vitrages et des murs extérieurs. Ce mouvement crée des courants d’air appelés boucles de convection.

Or, pour assurer le confort, ce n’est pas sorcier, le système doit être bien conçu et bien installé. Et la clé, dit Philippe Charron, c’est d’être bien conseillé. « Ce qui nous distingue, c’est l’ensemble de l’offre. Nous avons mis au monde un plancher chauffant fabriqué à 100 % au Québec et l’accompagnement du client a toujours été notre point de mire. Nous donnons des formations chez nous et chez nos clients et avons développé un réseau de plus de 2 000 points de ventes soutenus entre autres par des entrepreneurs, électriciens et carreleurs. La force de notre entreprise, c’est que nous nous consacrons à la satisfaction du client et nous accompagnons très bien notre réseau de distribution. »

Erreurs à éviter

Flexsnap_montage_top_studio_orange copie copieEt que faut-il surveiller, justement? « Souvent, les gens vont calculer rapidement la surface à chauffer, mais il faut vraiment être précis dans les mesures car les câbles ne se coupent pas, explique Philippe Charron. De plus, l’espacement entre les rangées de câbles varie selon les surfaces et les types de câbles. En général, ce sera 6 po d’espacement sous les dalles de béton et 3 po sous la céramique, mais 2 po pour une petite pièce avec beaucoup d’angles puisqu’il faut assurer une meilleure couverture quand il y a des recoins, pour éviter d’avoir des zones froides. Flextherm est le seul manufacturier de câblage de 2 watts (W), ce qui permet de répondre à un besoin énergétique moins important. La longueur du câble est importante pour assurer un meilleur confort et bien couvrir la surface à chauffer pour éviter les zones froides. Nous avons observé que dans la majorité des installations, la puissance est trop élevée. »

La puissance requise est en fonction de l’utilisation, de la grandeur des surfaces, de leurs pertes de chaleur et du degré d’isolation, précise-t-il. « Si on opte pour une puissance de 2 W par pied linéaire, à 3 po d’espacement on obtient 8 W/pi² de chauffage et à 2 po, c’est 12 W/pi². Depuis huit ans, il y a une forte tendance de 12 W/pi² qui donne souvent une charge élevée non nécessaire, sauf dans une pièce très vitrée comme un solarium, une salle de bains ou une entrée. S’il s’agit d’une grande pièce qui perd peu de chaleur, 8 W/pi² suffira. Dans des cas particuliers de fortes perditions thermiques au périmètre du bâtiment, un thermostat pourra contrôler un câble chauffant distinct sur le périmètre et un second thermostat pour le câble au centre de la pièce. S’il fait -25 °C dehors, le plancher au bord des murs extérieurs sera plus froid. Ce sera donc mieux d’avoir des zones séparées. »

La juste mesure

Et quelle température devrait-on généralement viser au plancher pour concilier confort et économie d’énergie? « On ne devrait pas dépasser 24 C si on passe beaucoup de temps sur le plancher, par exemple dans une cuisine. Si on n’est pas exposé longtemps, on peut aller plus haut en température. En Europe depuis environ 20 ans, la norme est de ne pas dépasser 28°C. Les Français ont été des précurseurs au début. Leurs bâtiments et planchers n’étaient pas isolés et ils ont utilisé des intensités assez élevées pour se rendre compte qu’on créait des inconforts majeurs à plus de 30 C. Ce n’est pas naturel pour l’homme [car ça se rapproche de la température normale du corps, qui tourne autour de 37 °C] : ça créait de la fatigue, le phénomène des jambes lourdes et des étourdissements. »

Or s’il est vrai que l’on peut être tout aussi confortable quand l’air est frais mais que les surfaces sont chaudes, une étude de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a démontré que peu de gens cherchent à économiser avec leur plancher radiant. Ce que confirme monsieur Charron. « Les gens ne réalisent pas que la zone de confort des températures de surfaces est plus large que celle de l’air, selon les individus et les conditions d’une personne à l’autre. Pour l’air, il se situe entre 20 à 24 °C, alors qu’en chauffage radiant, on chauffe généralement entre 20 et 22 °C, mais on peut monter jusqu’à 28°C parce qu’on ne chauffe pas l’air mais les éléments de la pièce. Beaucoup de gens m’ont dit chauffer leur plancher à 26-28°C et me demandent pourquoi je recommande de baisser le thermostat à 24 °C. Or en l’essayant, ils se sont aperçu qu’ils étaient aussi bien même s’ils n’avaient pas le sentiment d’avoir chaud, car l’air est toujours plus frais — dans ce cas-ci autour de 18-19 °C — que le plancher. Les gens ont tendance à mettre le plancher plus chaud car ça crée un confort plus enveloppant, comme une couverture chauffée, mais ce n’est pas nécessaire. Chez moi, je tiens mes thermostats à 22 °C maximum pour la dalle de béton de mon chalet et en ville à 24 C par grands froids, dans une maison de 40 ans réisolée. Selon Hydro-Québec, réduire la température de consigne de 1 °C degré en hiver représente une économie moyenne de plus de 40 $. »

Le Câble Vert

En 2001, Philippe Charron déménage son entreprise dans une plus grande usine avec un équipement modernisé en vue de lancer son produit vedette, le Câble Vert, jumelé à une gamme de produits toujours grandissante. « Ce fut le premier câble chauffant nord-américain à être doté d’une paire de conducteurs torsadés, comme c’était la tendance en Europe pour réduire le champ magnétique émis par la circulation de courant dans un simple conducteur. Avec deux fils torsadés, les champs émis par chacun s’annulent. Cette gamme de produits est si populaire que la superficie de l’usine fut doublée en 2015, pour atteindre 50 000 pi². »

En 2003, la Direction de la santé publique de Québec avait recommandé à dix écoles de la région de mettre une minuterie sur les thermostats de systèmes de chauffage afin de préchauffer les dalles de béton la nuit. Ceci visait à « éviter la mise en marche du système lorsque les enfants se trouvent dans les locaux », relatent les médecins français Pierre et Suzanne Déoux dans leur livre Le Guide de l’habitat sain (medieco.info, 2002). Ces systèmes utilisaient l’ancienne technologie axée sur un seul câble et un transformateur de tension. « Dans les locaux pourvus de tels équipements, les moyennes de champs magnétiques se situent entre 31 et 39 microTesla [µT] à une hauteur de 50 cm… L’exposition [chronique] à des champs magnétiques 50 Hz supérieurs à 0,4 a été associée au doublement du risque de leucémie chez l’enfant. En raison de cette corrélation, les champs magnétiques 50 Hz ont été classés cancérogènes possibles (groupe 2B) par le CIRC » (Centre international de recherches sur le cancer) Sans transformateur, le champ magnétique varie entre 0,05 et 3,4 µT à une hauteur de 50 cm (20 po), selon ces auteurs. Or dans ma propre entrée chauffée avec un Câble Vert, le champ magnétique mesure autour de 0,1-0,2 µT avec des pointes de 0,6 à 0,7 µT au sol, mais il disparait dans le bruit de fond (0,05-0,06) à 50 cm de hauteur. « Le Câble Vert est parmi les meilleurs systèmes à cet égard», confirme le spécialiste en hygiène électromagnétique Stéphane Bélainsky, de la compagnie 3E.

Philippe Charron en est très fier, de même que de son nouveau thermostat lié à l’Internet qui ne communique par radiofréquences (RF) que très ponctuellement. « Contrairement à la tendance actuelle, il n’utilise pas de Wi-Fi à pulsations continues. Il fonctionne sur une plateforme de communication RF à très faibles émissions qui permet de programmer le système à distance avec un téléphone intelligent. Quand le thermostat envoie la donnée, il n’y a qu’une seule pulsation.

Le thermostat n’est donc pas continuellement en communication et ne pollue pas l’environnement. » D’ailleurs Philippe Charron confie qu’il n’y a pas de Wi-Fi dans son environnement résidentiel, tout est câblé. « Nous sommes bombardés d’ondes dès que l’on sort de la maison. Quand c’est possible de faire autrement pour protéger ta santé, tu le fais. »

flextherm.com

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