Mal-aimée si utile, la chauve-souris est menacée

photo par Envirotel 3000

De fameux chasse-moustiques !

Les chauves-souris sont des insectivores infatigables. Un seul de ces petits mammifères volants peut consommer de 500 à 1 000 insectes à l’heure, ce qui fait de la chauve-souris une championne du contrôle des moustiques ! Elles ne sont malheureusement pas les bienvenues dans les maisons et les greniers car elles laissent des excréments qui peuvent attirer des insectes indésirables, sans compter les odeurs et le bruit. Si vous devez bien malgré vous cohabiter avec quelques-unes d’entre elles, il suffit de prendre les mesures nécessaires pour que les chauves-souris ne puissent plus pénétrer dans la maison. Comme pour les souris, il s’agit d’observer par où elles entrent et de boucher les entrées ou de mettre des moustiquaires. Cela n’aide malheureusement pas à la survie de ces mal-aimées.

Des espèces en voie de disparition

Sur les huit espèces de chauves-souris qui habitent le Québec, trois ont été désignées comme étant « en voie de disparition » le 3 février 2012 par un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada). Il s’agit de la Pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus), de la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), et de la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis). Leurs populations sont décimées par le syndrome du museau blanc (SMB) : cette maladie a été détectée aux États-Unis et dans plusieurs provinces canadiennes, dont le Québec. Les chauves-souris cavernicoles affectées souffrent d’une infection fongique qui semble éliminer ou réduire leurs réserves de graisse, ce qui affecte leur capacité de subsister durant l’hibernation et elles finissent par mourir de déshydratation ou de faim. La situation est très grave pour certaines espèces, comme la Pipistrelle de l’Est. En effet, une population habitant un gîte d’hibernation au Québec a subi un déclin de 94 % sur deux ans.

Différentes solutions sont envisagées pour minimiser ou éliminer les risques de propagation de la maladie par les humains dont la restriction des visites de grottes ou autres sites que les chauves-souris fréquentent dans les régions où la présence du syndrome a été confirmée. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune invite les citoyens à signaler toute observation de chauves-souris présentant des signes pouvant être attribuables au SMB ainsi que toute chauves-souris en vol ou morte en plein hiver en composant le 1 866 248-6936. De plus, il ne faut jamais manipuler les chauves-souris, qu’elles soient mortes ou vivantes, car elles peuvent transmettre la rage.

Protégez leurs habitats naturels

La survie des chauves-souris est aussi menacée par la perte d’habitats naturels et d’abris : vieilles granges, cavités naturelles, grottes, carrières désaffectées, etc. De plus, certaines personnes s’amusent à les faire fuir de leur abri en les effrayant avec des pétards ou des fusils de chasse. Comme les chauves-souris ont un sens de l’ouïe très développé—elles se dirigent grâce à l’écho des ultra-sons qu’elles émettent en vol—ce genre de comportement irresponsable peut être mortel pour elles. Le bruit les fait paniquer, elles s’envolent mais ne peuvent plus s’orienter. En hiver, elles vont sortir de l’état léthargique d’hibernation et mourront de froid.

Fabriquez des dortoirs à chauves-souris

Une autre façon de protéger les chauves-souris et de les encourager à venir s’installer près de chez vous est de leur fabriquer un nichoir. Cependant, il faut savoir que les chauves-souris femelles qui ont des petits cherchent des endroits plus chauds et risquent moins de nicher dans un dortoir que les mâles solitaires ou les femelles sans petits. Les vieilles granges ou les greniers sont des endroits plus accueillants pour une nichée. Voici néanmoins quelques conseils pour y arriver : le nichoir doit être posé sur un poteau à environ 4 ou 5 mètres du sol, ou il peut être installé sur un bâtiment. Il doit être très bien protégé du vent et l’entrée doit faire face au sud-est. Le nichoir doit être exposé au soleil au moins 4 heures par jour.

Pour fabriquer le nichoir, utilisez du bois de construction non traité et très rugueux pour permettre aux chauves-souris de s’y accrocher. Imperméabilisez le nichoir avec un revêtement de caoutchouc ou du papier goudronné en plaçant le côté noir sur le dessus. Le bois doit être peint en noir pour absorber les rayons du soleil durant la journée. Il est préférable d’installer plusieurs nichoirs car les chauves-souris aiment se déplacer d’un nichoir à l’autre. Vous trouverez sur le site web du Biodôme de Montréal des informations sur la construction d’un dortoir à chauves-souris.

www2.ville.montreal.qc.ca/biodome www.cosewic.gc.ca/fra/sct7/Bat_Emergency_Assessment_Press_Release_f.cfm www.mrnf.gouv.qc.ca/faune/sante-maladies/syndrome-chauve-souris.jsp www.mrnf.gouv.qc.ca/faune/habitats-fauniques/etudes-recherches/chauves-souris.jsp

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