L’apocalypse des insectes ne touche pas seulement les abeilles

© Ulrich Warnke, Des abeilles, des oiseaux et des hommes – La destruction de la nature par l’« électrosmog »

Toute vérité passe par 3 étapes

  1. elle est ridiculisée
  2. elle est violemment opposée
  3. elle est acceptée comme une évidence

– Schopenhauer

Il y a quelques décennies, nous avons commencé à entendre parler de la perte des abeilles. Les apiculteurs ont observé une grave diminution du nombre d’abeilles dans leurs ruches pendant l’été. Récemment, des entomologistes du monde entier ont mis en garde contre une diminution spectaculaire non seulement des abeilles mais aussi d’autres espèces d’insectes (lire Insect Apocalyse paru dans The Guardian et The Insect Apocalypse is Here publié par le magazine du New York Times.

Parmi les causes suspectées, on peut citer l’industrie agroalimentaire réduisant la biodiversité, notamment avec les insecticides tels que les néonicotinoïdes. La pollution atmosphérique et le changement climatique peuvent jouer un rôle, mais personne ne mentionne l’augmentation exponentielle des rayonnements électromagnétiques dans le monde.

Ce « sous-bruit » électromagnétique pénètre dans l’air et ne cesse d’augmenter en raison des demandes des nouveaux utilisateurs de téléphones portables et d’ordinateurs qui insistent sur l’accès rapide aux données, où qu’ils se trouvent. Les télécommunications obligent avec des intensités toujours plus élevées et plus nocives. [NDLR : La chercheure belge Marie-Claire Cammaerts-Tricot a d’ailleurs réalisé plusieurs études sur l’impact de ce rayonnement sur les fourmis.]

Un peu d’histoire

Examinons le contexte historique qui a donné naissance à cette technologie. Au 19e siècle, les scientifiques se sont concentrés sur l’électricité et le magnétisme terrestre. L’équation de James Maxwell (1860) prédisait un nombre infini de fréquences, toutes voyageant à la vitesse de la lumière. Heinrich Hertz (1886) a construit un appareil produisant des ondes radio. Il a également exploré les propriétés des micro-ondes. Après ces découvertes, les scientifiques ont perfectionné la transmission par fil des messages (télégraphie au code Morse) ainsi que la transmission de la voix par fil (téléphone). Une application pratique a vu le jour, la radio, utilisant les fréquences pour diffuser de la musique et des voix dans l’air. Puis, en maîtrisant d’autres parties du spectre des ondes radioélectriques, les émissions de télévision sont devenues possibles.

L’invention du radar avant la Seconde Guerre mondiale a permis de localiser les avions et les sous-marins ennemis. Plus tard, les scientifiques militaires ont découvert que l’utilisation de la bande de fréquences micro-ondes du spectre électromagnétique pour transmettre des informations sans fil était plus fiable. Cela a donné naissance à la télévision par satellite et au téléphone cellulaire et au Wi-Fi.

Ce bref rappel historique nous permet de constater que ces appareils (radio, télévision, appareils portables) émettant et recevant des ondes de son et d’image sont des transducteurs en ce sens qu’ils peuvent transférer des fréquences du monde sensible (par exemple le son) dans le sous-monde de l’électricité et du magnétisme et inversement. Un téléphone filaire (ligne fixe) en est un exemple précoce. La voix est enregistrée, transformée en un signal électrique, envoyée sur les fils et transformée en son à l’autre bout.

Au Royaume-Uni, par exemple, il existe 300 stations FM commerciales émettant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi que des stations de radio communautaires, des réseaux de police et d’hôpitaux. Il y a également 85 chaînes de télévision gratuites et d’innombrables chaînes satellites. L’air nous entourant est saturé de fréquences.

Le dénominateur commun de tous ces dispositifs de transduction est une antenne de réception ou d’émission. Une télévision reçoit, mais un téléphone portable envoie et reçoit en permanence. Au début du siècle dernier, nous pouvions diffuser des informations sur les fréquences radio en utilisant une antenne (longue tige métallique verticale) couvrant plusieurs centaines de kilomètres.

Il nous fallait alors un nouveau type d’antenne pour recevoir les signaux de télévision analogiques. Après cela, nous avions besoin d’antennes paraboliques sur nos maisons pour capter les émissions de micro-ondes satellitaires.

Une antenne est spécifique à une gamme précise de fréquences. La forme de l’antenne et la fréquence émise fonctionnent ensemble. L’avènement des téléphones portables a entraîné une multiplication des antennes dans l’environnement pour une meilleure fidélité de transmission. En fait, avec la 5G, il y a un besoin, du moins dans les villes, d’une antenne (ou boîtier émetteur) de micro-ondes pulsées installée environ tous les 500 mètres. Aujourd’hui, la Terre commence déjà à être entourée des premiers satellites en orbite basse irradiant de 5G toute la Terre.

L’impact sur les insectes

Ce bref aperçu de nos réalisations technologiques nous aide à comprendre l’impact sur le monde des insectes. Les insectes font partie d’un groupe d’animaux aux pieds articulés (arthropodes). Le homard vit dans l’eau mais les insectes ont envahi l’air il y a longtemps. Ils constituent une classe fortement liée au règne végétal. Il en existe plus d’un million d’espèces, représentant 80 % de toutes les espèces animales.

Ils ont un squelette externe en fourrure de chitine. Les poils de la chitine sont appelés setæ, fortement liés à leur système nerveux ventral leur permettant de sentir l’environnement de plusieurs façons (toucher, odeur, goût). Chaque espèce possède son propre type d’antenne. Les antennes ont des formes et des longueurs éblouissantes et certaines sont assez extravagantes — des millions de types d’antennes de formes et de tailles différentes.

Si pour notre technologie, nous avons besoin de formes d’antennes spécifiques pour établir une relation avec des fréquences spécifiques transportant des informations, pourquoi pas le monde des insectes ? Quels types de fréquences pourraient-ils exploiter ? Nous savons déjà qu’une certaine intensité de micro-ondes peut être assez chaude (four à micro-ondes). Entre l’aspect micro-ondes du spectre électromagnétique et la couleur rouge, il y a 17 octaves de fréquences que nous avons appelées infrarouges. Est-ce une frivolité de la nature de créer des centaines de milliers d’antennes ?

L’entomologiste Philip S. Callahan avait une hypothèse concernant cette question. Né en 1923 en Géorgie, aux États-Unis, il a été stationné en Irlande pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que technicien radio pour l’armée américaine. C’est au cours de ces années qu’il a fait des recherches sur les mystérieuses propriétés des anciennes tours d’Irlande qui parsèment le paysage. Dans son livre Paramagnetism : Rediscovering Nature’s Secret Force of Growth, il suggère que ces tours tubulaires rondes construites sur d’anciens sites de culte sont d’énormes antennes qui collectent et distribuent des énergies subtiles (y compris des ondes électromagnétiques) provenant du cosmos et de la Terre. Ce système résonant augmente l’aspect paramagnétique de la fertilité des sols. Paramagnétique signifie la propriété de certaines substances (dans ce cas un sol biologique vivant) de réagir positivement à un champ magnétique appliqué.

Dans les années 1950, a obtenu un doctorat en entomologie et a passé plusieurs années à étudier les antennes complexes des insectes et leurs minuscules poils ou sensilles. Il les considérait comme des guides d’ondes tubulaires en se concentrant sur leurs propriétés diélectriques et thermoélectriques. Avec un équipement bioélectrique aussi sensible, il n’est pas surprenant d’observer la fréquence à laquelle les insectes nettoient cette zone de leur surface corporelle.

Un matériau diélectrique est un isolant électrique arrêtant le flux d’électricité dans un matériau tout en déplaçant légèrement la position des molécules dans le matériau, provoquant une polarisation diélectrique. Récemment, la revue Nature a publié un article intitulé Radio-Frequency ElectromagneticField Exposure of Western Honey Bees montrant les propriétés diélectriques de leur squelette externe. Les auteurs ont travaillé sur des abeilles individuelles. Quand vont-ils faire des expériences sur l’ensemble de la ruche en tant qu’organisme vivant ?

Antennes réceptrices/émettrices

© Ulrich Warnke, Des abeilles, des oiseaux et des hommes – La destruction de la nature par l’« électrosmog »

Grâce à ses recherches, Callahan a développé une théorie de la communication entre les insectes. Et si leurs antennes ne servaient pas seulement à toucher et à sentir leur environnement, mais aussi à diffuser et à recevoir des informations ? En ce qui concerne les caractéristiques des guides d’ondes résonants des insectes (sensilles) sur leurs antennes, Callahan a postulé que ces structures aériennes (spécifiques à chaque espèce) sont des antennes à guide d’ondes diélectriques recouvertes d’un revêtement thermoélectrique, capables de recevoir les fréquences infrarouges et micro-ondes de courte longueur d’onde. Si tel est le cas, il serait compréhensible qu’une augmentation de la densité des micro-ondes dans l’atmosphère nuise à la capacité de communication d’un insecte, voire mette sa vie en danger.

Les attractifs pour insectes, tels que les phéromones, sont décrits selon leurs propriétés fluorescentes. La fluorescence est l’émission de lumière par une substance recevant de la lumière ou d’autres rayonnements électromagnétiques — une forme de luminescence pas toujours visible. Spécifique à chaque espèce, la phéromone agit en tant qu’hormone externe au corps et modifie le comportement des insectes selon qu’elle constitue un système d’alarme ou un attractif sexuel.

Une phéromone, comme tout autre arôme, est un gaz se dilatant dans l’air. D’une structure moléculaire très proche de la chaleur (pleine d’hydrogène), une phéromone résonne dans l’air sous forme de fréquence infrarouge. On peut donc dire que les antennes des insectes effectuent une sorte d’olfaction infrarouge, capable de détecter à la fois l’odeur des phéromones ainsi que leur signature électromagnétique dans le spectre infrarouge. De jour comme de nuit, l’aspect infrarouge du spectre arrive sur Terre provenant de multiples systèmes stellaires. Ces fréquences infrarouges excitent les phéromones en une fluorescence pouvant être détectée par les antennes des insectes.

En plus du rayonnement artificielle, la Terre est constamment exposée au spectre électromagnétique provenant du cosmos sous forme de fréquences radio, de couleurs, de rayons X, de rayons gamma et de rayons cosmiques insaisissables. En maîtrisant les fréquences des ondes non ionisantes (plus courtes que le rouge) pour la radio et pour la télévision, nous avons augmenté notre exposition à ces fréquences des millions de fois, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

La 5e génération de technologie cellulaire

Nous avons maintenant la 5G pour couvrir la Terre entière d’une toile d’araignée de rayonnement, mettant en danger toute la vie des insectes (80 % des espèces animales). Cette profanation est l’un des plus grands écocides et ses conséquences sont considérables. Les insectes sont indispensables à la pollinisation, au recyclage des nutriments et à l’alimentation d’autres espèces, ce qui pourrait provoquer un effondrement des écosystèmes naturels.

Aucune étude scientifique à grande échelle n’a été menée sur les effets de la 5G sur la nature. La 5G n’a jamais été testé pour la sécurité. Il n’y a que des observations.

En Californie, on a vu des abeilles mourir entre deux tours 5G (voir la vidéo Honeybees and 5G wireless technology). L’électrosmog de radiofréquences perturbe leur système de navigation et entraîne l’effondrement des colonies (Sharma et Kumar 2010 et Newsweek, 19 mai 2018). Le PDG du fonds Buglife, Matt Shardlow, déclare : « Un programme de recherche approprié et un ensemble de mesures claires sont attendus depuis longtemps. »

© Ulrich Warnke, Des abeilles, des oiseaux et des hommes – La destruction de la nature par l’« électrosmog »

Le scientifique et apiculteur Ferdinand Ruzicha a écrit dans le rapport Des abeilles, des oiseaux et des hommes – La destruction de la nature par l’« électrosmog » : « En été, les colonies d’abeilles se sont effondrées… et en hiver, les abeilles sont allées butiner malgré la neige et les températures sous zéro degrés Celsius  et sont mortes de froid à côté de la ruche… à partir du moment où plusieurs émetteurs cellulaires ont été installés à proximité de mes ruches. »

Dans un discours prononcé lors d’un rassemblement anti-5G à Stockholm, Claire Edwards, coauteure de l’appel international Stop 5G sur Terre et dans l’espace, déclarait : « au cours des 20 dernières années, nous avons perdu 80 % de nos insectes. Et, si nous obtenons la 5G, nous allons en perdre 100 % ».

Les oiseaux sont également touchés. En 2018, à Rome, 200 étourneaux sont tombés du ciel. En 2019, d’Anglesey à l’Australie, aux Pays-Bas et aux États-Unis, des oiseaux migrateurs sont tombés morts en grand nombre. Ce sont tous des endroits où ils venaient de déployer la 5G. En 2019, à La Haye, 297 étourneaux sont tombés près d’un mât 5G (7,4 GHz) nouvellement érigé. [NDLR : Ces événements ne seraient pas dus à la 5G, selon divers reportages. Toutefois, dans son rapport de 2018 sur les risques sanitaires et environnementaux émergents, l’Union européenne admettait : « Comment l’exposition aux champs électromagnétiques pourrait affecter les humains demeure un domaine controversé, et les études n’ont pas fourni de preuves claires de l’impact sur les mammifères, les oiseaux ou les insectes. L’absence de preuves claires permettant d’éclairer l’élaboration de lignes directrices sur l’exposition aux feuilles de la technologie 5G ouvrir la possibilité de conséquences biologiques involontaires. » Tel que mentionné dans l’étude récente Risk to pollinators from anthropogenic electro-magnetic radiation (EMR): Evidence and knowledge gaps, l’absence de bonne études à grande échelle limite la qualité des connaissances.]

Les éleveurs se plaignent souvent de l’impact des antennes, des lignes à haute tension et des courants vagabonds dans le sol sur la santé et la productivité de leurs animaux. © robindestoits.org

Le système de la 5G, beaucoup plus puissant que celui de la 4G en tant que faisceau de rayonnement pulsé, est maintenant opérationnel dans 24 villes britanniques. La 5G n’est pas seulement une montée en puissance de la 4G ; c’est une fréquence pulsée totalement différente, mise au point en tant qu’arme par l’armée américaine dans les années 60.

Par ailleurs, des agriculteurs français rapportent que les vaches proches des mâts 5G ne donnent plus de lait, voire meurent et que les veaux naissent avec des malformations. Les porcs deviennent cannibales.

Les océans du monde entier sont touchés. Le son se propage quatre fois plus vite dans l’eau que dans l’air. On sait déjà que les dauphins sont désorientés par les sonars militaires. Le Guardian du 3 juillet 2013 a rapporté que lorsque la marine britannique effectue des exercices militaires dans l’Atlantique Nord, elle a tendance à ne pas utiliser de sonar lorsqu’elle remarque une concentration de baleines ou de dauphins parce que cette émission radioélectrique pourrait entraîner leur échouage.

Heureusement, plus de 300 scientifiques d’une quarantaine de pays ont signé appel réclamant un moratoire sur le déploiement de la 5G.

Que pouvons-nous faire pour protéger la nature et l’humanité ? Premièrement, nous pouvons privilégier les téléphones filés et cesser d’utiliser les téléphones intelligents en n’utilisant rien de plus puissant que la 3G, ainsi que des ordinateurs reliés à un réseau câblé. Nous pouvons signer la pétition Appel international pour arrêter la 5G sur Terre et dans l’espace, lancée notamment par Arthur Firstenberg, le principal dénonciateur en Amérique.

Et, tel que le recommande Jeremy Naydler dans 5G The Final Assault,  nous pouvons renforcer notre amour de la lumière nous accueillant chaque matin tout comme celui de la lumière intérieure, source du pouvoir créatif divin.

Références

1 – Nature (260), 8 avril 1976. Importance of antennae for orientation of insects in a non-uniform microwave electromagnetic field.

2 – Biometals, juin 2006, vol. 19. Stingless Bee Antennae : a Magnetic Sensory Organ, par M. J. Lucano, G. Cernicchiaro, E. Wajnberg, D. M. Esquivel

3 – Livres de P. S. Callahan : Ancient Mysteries, Modern Visions: The Magnetic Life of Agriculture

4 – Nonlinear Infrared Coherent Radiation as an Energy Coupling Mechanism in Living Systems (Le rayonnement infrarouge cohérent non linéaire en tant que mécanisme de couplage d’énergie dans les systèmes vivants) est un article de Callahan publié dans le livre : Molecular and Biological Physics of Living Systems, édité par R. K. Miska, Kluner Academic Publishers, 1990.

5 – Syndrome de déclin des colonies d’abeilles – https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27effondrement_des_colonies_d%27abeilles

Pour en savoir davantage

Environmental Health Trust 

EMF Safety Network 

EMF Scientist Appeal

PHIRE Medical

 

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