La méditation, antidote au sentiment d’impuissance

Exclusif à nos abonnés : Un lieu pour méditer en paix, par l’architecte Marie Louise Roy

Il est possible d'accomplir quantité de choses tout en étant plus zen, affirme Nadine Bachand d'Équiterre. © Thinkstock

Il est possible d’accomplir quantité de choses tout en étant plus zen, affirme Nadine Bachand d’Équiterre.

Pollution, changements climatiques, déclin de la biodiversité, élargissement du fossé entre les riches et les pauvres, ces problèmes de société ainsi que toutes les autres préoccupations quotidiennes forment trop souvent un cocktail qui peut engendrer un sentiment d’angoisse et d’impuissance. 

Pourtant, vous éprouvez peut-être cette sensation que malgré nos rythmes de vie effrénés et l’ampleur des défis environnementaux et sociaux qui caractérisent notre époque, il y a sûrement moyen d’atteindre une grande paix intérieure. J’ai toujours été convaincue de cela et j’ai commencé à prendre les moyens pour y parvenir il y a cinq ans. Comment ai-je fait pour trouver la sérénité ? La réponse est très simple : j’ai intégré la pratique de la méditation dans ma routine quotidienne.

Au départ, j’ai commencé à méditer pour calmer mon stress, mon angoisse de la performance, et pour me sentir plus connectée à moi-même, car j’étais quelqu’un qui voulait tout accomplir en même temps. Depuis ma tendre enfance, je me suis toujours sentie responsable du sort de la planète et de ses habitants ! Si bien qu’une fois devenue adulte, j’ai été habitée par un sentiment d’urgence qui grugeait mes meilleures énergies. Je faisais constamment trois choses à la fois, et je menais de front dix projets en même temps ! Je passais la plus grande partie de mon temps soit à réfléchir à l’avenir ou à revenir sur le passé. Je réussissais bien sûr à faire plusieurs choses et je « performais », mais je n’étais jamais pleinement présente, étant souvent épuisée, éparpillée, impuissante, en train de vivre « ailleurs » ou dans l’avenir. Il me semblait presque impossible de trouver une réelle paix intérieure : comme la plupart des gens, je me disais que j’essaierais durant la fin de semaine, les vacances, à la retraite… J’avais l’impression de passer à côté de ma vie, ce qui entrainait une angoisse grandissante chez moi.

De l’urgence à la sérénité

La méditation a changé ma vie ! Elle m’a non seulement aidée à réduire rapidement mon stress, mais elle m’a aussi permis de revenir à moi-même, d’être plus présente, plus paisible et centrée, de me sentir plus entière et plus forte, d’affronter de façon plus sereine le stress, les émotions et les décisions qui font partie de ma vie personnelle et de ma vie professionnelle, d’avoir plus d’énergie et d’être moins éparpillée. En somme, dans un monde où tout est axé sur l’action, la méditation m’a permis de revenir davantage dans « l’être ».

Grâce à la pratique de la méditation et de la pleine présence, je suis plus à l’écoute de mes inspirations, j’ai un contact plus direct et plus intime avec ma créativité et mon pouvoir personnel. Cela constitue un carburant très puissant pour continuer d’agir au quotidien en cohérence avec mes valeurs profondes. De plus, les gens que je côtoie ne sont pas insensibles à cette grande paix intérieure que je rayonne, y compris ceux que je tente de sensibiliser aux questions de santé et de protection de l’environnement !

Sain détachement et pleine conscience

Je vous rassure : il est possible d’accomplir quantité de choses tout en étant plus zen. J’en suis la preuve vivante ! Je peux maintenant être pleinement dans l’action, persister à faire de ce monde un endroit meilleur, mais avec ce que j’appelle un « sain détachement » et un état de présence plus grand et plus satisfaisant.

La pratique régulière de la méditation m’a transformée de manière si profonde que j’ai décidé de partager ma passion et de l’enseigner. Je conjugue donc l’enseignement de la méditation pleine conscience avec mon travail d’écologiste et mes nombreux projets personnels et professionnels. Toutefois, je passe maintenant à l’action en restant plus centrée en moi, en restant reliée à mon être, à mon essence, et ma respiration me sert d’outil pour me ramener au moment présent.

Autres bienfaits

La plupart des gens qui s’inscrivent à mes cours de méditation le font pour gérer le stress et être plus calmes, et la méditation leur est grandement bénéfique. Toutefois, je suis constamment émerveillée par tous les autres bienfaits que la méditation leur procure et par la puissance de cet outil pour entrainer des changements positifs, tangibles et concrets – un plus grand détachement face aux perturbations du quotidien, la capacité de lâcher prise et de prendre du recul, davantage de patience et une meilleure écoute envers eux-mêmes et les autres, une vision plus claire de la direction que doit prendre leur vie, la diminution des douleurs, l’amélioration du sommeil… et j’en passe !

Il n’est pas étonnant que les participants à mes groupes de méditation ressentent une plus grande stabilité intérieure, car selon une étude publiée en 2012 par des neuroscientifiques américains[1], la pratique régulière de la méditation pourrait entrainer des changements durables dans la structure du cerveau. En effet, la pratique entraîne une baisse de réaction des amygdales cérébelleuses, cette zone du cerveau impliquée notamment dans la reconnaissance des stimuli sensoriels potentiellement menaçants et leurs réponses comportementales comme la peur, le stress et l’anxiété. Au lieu de réagir impulsivement à une contrariété, les gens qui pratiquent la méditation bénéficient d’un moment de réflexion et d’une certaine distance émotionnelle qui leur permet de moduler leur réponse.

Ouverture et interdépendance

J’ai eu le plaisir de constater également que contrairement à la perception populaire voulant que la méditation soit une démarche égoïste, méditer favorise l’ouverture aux autres et à ce qui nous entoure, comme l’a si bien dit une de mes participantes, car le fait d’être relié à notre être intérieur nous permet de mieux apprécier la beauté qui nous entoure. J’ai pu observer également le développement d’un sentiment d’union, de bienveillance et de coopération au sein de mes groupes, ce qui contribue à créer un espace où tous peuvent s’abandonner en toute confiance.

La méditation renforce également la conscience de notre appartenance à la nature, à la terre, à la grande chaîne du vivant et du non-vivant, à la réalisation que tout est interrelié. Nous comprenons qu’en respectant ce qui nous entoure, c’est en fait nous-mêmes que nous respectons.

Si les gens pouvaient apprendre à être dans la pleine présence dès l’enfance, je crois sincèrement que cela changerait le monde ! La société ne serait plus axée sur l’individualisme, hypnotisée par un sentiment permanent d’insuffisance, de manque, de peur, de rupture face à la nature et aux autres êtres humains. Nous pourrions faire partie d’un monde plus indulgent où les êtres vivants sont pleinement conscients d’être reliés entre eux et à leur environnement.

Ce témoignage vous interpelle ? Je vous invite à goûter aux nombreux bienfaits de la pleine présence. Quelques minutes par jour peuvent changer votre vie… et le monde !

Nadine Bachand détient une maîtrise en sciences de l’environnement et est chargée de projets, Choix collectifs, agriculture et pesticides, chez Équiterre.

Elle est spécialiste en réduction du stress et enseigne la méditation pleine conscience.

www.nadinebachand.com



[1] Desbordes, G., Lobsang T. Negi, Pace, T. W. W., Wallace, B.A., Raison, C. L., and Schwartz, E. L. 2012. Effects of mindful-attention and compassion meditation training on amygdala response to emotional stimuli in an ordinary, non-meditative state. Front. Hum. Neurosci., Novembre 2012. http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fnhum.2012.00292/full


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