Chanter pour la santé du corps et de l’esprit

Jocelyne Z’Graggen, professeure de chant à l’école Le Cœur à Chanter et coauteure de Partez à la conquête de votre voix.

Pour bien des personnes, chanter est d’abord un faire-valoir – on l’a ou on ne l’a pas – et tout se passe dans les cordes vocales… Si nous avons un bel organe, alors nous chantons bien. Sinon, mieux vaut se taire pour ne pas casser les oreilles des voisins.

En réalité, les cordes vocales ne sont que deux replis situés dans le larynx vibrant au contact de l’air. C’est tout. Et ce serait juste ces deux petits bouts de chairs qui donneraient à la voix toute sa splendeur ou sa déchéance ? Bien sûr, de bonnes cordes vocales en santé, mobiles et agiles, contribuent à la beauté de la voix. Cependant, pour prendre de l’ampleur et se bonifier, la voix doit vibrer librement dans tout le corps. Et c’est là que ça devient intéressant.

Notre corps vit et se transforme au gré des aléas de l’existence. Bien qu’il soit le temple de l’esprit, il est aussi son refuge, sa forteresse et parfois sa prison. C’est dans ses limites que nous vivons, nous déplaçons, ressentons, aimons, digérons, et bien sûr, chantons. Notre ossature en est la charpente, les espaces creux les différentes pièces et nos organes les habitants. Lorsqu’il y règne l’harmonie, l’énergie circule bien et la maison rayonne de joie de vivre.

Mais lorsque les locataires sont emmurés dans le silence de pièces froides et sans vie, quand bien même certaines pièces sont encore animées, l’équilibre est rompu. La voix ne peut plus vibrer librement. Les parties oubliées ne chantent plus la même musique que le reste du corps, amenant l’être à chanter faux. Et si, par malheur, c’est tout le corps qui est gelé, alors il devient impossible d’avoir une belle voix.

Mais rassurez-vous. Chanter est heureusement un excellent moyen de faire fondre cette glace et de se remettre en santé. Simplement en chantant quelques sons, il est possible de redonner vie à ce qui est endormi.

Bien qu’au début certains auront l’impression de souffler dans un vieux baril plutôt que de chanter, après quelques temps, en acceptant de cracher quelques crapauds et serpents, en laissant la voix portée par le souffle aérer chacune des pièces de votre maison, vous découvrirez cette voix unique qui est la vôtre.

Et puisque les notes de musique sont des phénomènes vibratoires au même titre que les émotions, glisser au creux de quelques notes de musique ce qui rend triste ou joyeux est une excellente façon de faire circuler l’énergie et de la recycler. Et, pour couronner le tout, les vibrations provoquent chez le chanteur des poussées d’endorphines, l’hormone du bonheur.

Alors, qu’attendez-vous pour faire le ménage tout en vous faisant plaisir ? Transformez votre balais en micro et égayez votre maison !

Vous découvrirez peut-être que votre voix mérite sa place au soleil et qu’elle est finalement aussi belle que bien d’autres.

Pour terminer, je vous offre un extrait du livre que j’ai co-écrit avec François Tessier, Partez à la conquête de votre voix, Éditions Jouvence, 2018, p.223

 

« Ode à la vie

Bien souvent blessée par la vie, je me raidis ; je me bâtis des murailles insurmontables à grand coup de croyances afin de ne plus jamais être meurtrie de la même façon. Parfois, et même trop souvent, j’adopte des valeurs qui ne sont pas forcément les miennes, mais qui, au moins, me guident dans les méandres de la vie. »…

« Mais voilà que je désire être plus heureuse, plus libre. Je réalise que ma forteresse s’est changée en prison et qu’elle enferme celle qu’elle était censée protéger. J’étouffe. Car, en fait, le pire ennemi ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. » … 

« Mon corps, ma forteresse, toi, qui veux si fort me protéger, peux-tu avec le temps assouplir tes murailles pour que j’existe, pour que je vibre à nouveau, pour que tout mon être résonne enfin de mille feux et s’illumine du chant sacré de l’existence, mouvance entre les mouvances sans cesse renouvelées ?

Alors je chante, je prie, je danse et j’accueille chaque écueil, chaque rivage bleu ou amer, pour que renaissent de leurs cendres les éclats de ma jeunesse. Je suis, j’existe et je respire à nouveau, pleinement et librement.

Oui, mais cette fois avec des frontières bâties sagement au cours de mes expériences, non plus en excès de rigidité, mais dans le simple respect de mes limites. Je découvre alors la joie d’entrer en communion avec l’autre, avec la Vie, glissant avec grâce sur les ailes de la musique. »

 

 

 

 

 

 

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