Vivre dans les Laurentides : portrait régional et conseils de pros

Mont-Tremblant est une des villes où les prix ont diminué en raison d'un surplus de résidences. Photo : Intrawest

Mont-Tremblant est une des villes où les prix ont diminué en raison d’un surplus de résidences. Photo : Intrawest

Depuis 1991, la région des Laurentides a connu le plus grand boom démographique au Québec. Sa population s’est accrue d’environ 50 %, si bien qu’avec ses 569 049 habitants ou 7 % de la population du Québec en 2012, c’était la quatrième région parmi les plus populeuses, après Montréal, la Montérégie et la Capitale-Nationale. Elle se hissait même au deuxième rang provincial tant pour le taux d’activité que pour le taux d’emploi. Mais cette croissance n’est pas sans impact sur l’environnement. Voici des conseils pour y vivre – ainsi que dans d’autres régions majoritairement rurales – en plus grande harmonie avec la nature.

En collaboration avec Claudie Dubreuil 

On y est attiré par la grande qualité de vie dont jouissent ses habitants et la proximité de Montréal. Ses nombreux plans d’eau et espaces sauvages, l’abordabilité des maisons, la grande taille des terrains, la tranquillité de nombreux secteurs, la réputation de bon voisinage et la relative proximité des services comptent parmi les raisons qui incitent les acheteurs à s’y établir. 

©IC2 Technologies

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Un marché d’acheteurs

Les prix des terrains ont augmenté de façon importante au cours des dernières décennies. Ceux-ci varient énormément selon leur taille, leur localisation (les bords de l’eau et les sommets sont toujours les plus recherchés), de même que l’accès et la proximité des services. Par contre, le ralentissement économique a récemment calmé la surchauffe et certaines régions se retrouvent avec un surplus immobilier, notamment au chapitre des copropriétés.

« Le marché le plus favorable aux acheteurs et où il y a le plus de choix en ce moment est du côté des Laurentides », déclarait récemment au magazine L’actualité Paul Cardinal, directeur de l’analyse du marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec. Le prix médian des maisons a même diminué en 2013, en particulier dans les secteurs convoités comme Mont-Tremblant (- 7 %), Saint-Sauveur (- 6 %) et Sainte-Adèle (- 2 %). De 2006 à 2011, sa population a augmenté de 7,2 %, soit bien au-dessus de la moyenne québécoise (+ 4,6 %), selon le Portrait régional dressé par le ministère des Finances et de l’Économie à l’automne 2013.

La région des Laurentides attire principalement des Montréalais et des Lavallois de 25 à 34 ans et de 55 à 64 ans. C’est la destination numéro un des boomers qui préparent ou ont pris leur retraite. Depuis 20 ans, le taux d’accroissement de sa population de 65 ans et plus est supérieur à celui des jeunes de 17 ans et moins, si bien qu’en 2006 les ainés représentaient déjà 20,5 % de la population, contre 10,1 % au Québec, selon l’Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides. Cela pourrait en partie expliquer pourquoi l’incidence du cancer y est plus élevée que la moyenne québécoise depuis les années 1980, en particulier dans les municipalités régionales de comté (MRC) d’Argenteuil et de Rivière-du-Nord – Mirabel-Sud, non loin de Montréal. Par contre, le taux de natalité des Laurentides (10,5 % vs 11 % en moyenne au Québec) est à la hausse depuis 2005, le vieillissement de la population est moins prononcé qu’au Québec et le taux de mortalité est plus faible que dans l’ensemble de la province (6,9 % vs 7,5 %).

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Le Centre national des transports avancés est établi à Saint-Jérôme. ©branchezvous.org

Le boom démographique régional explique d’ailleurs pourquoi le secteur de la construction est nettement plus présent dans la région (8,4 % des emplois) qu’au Québec (6,0 % des emplois), selon le Portrait régional de 2013. La région jouit d’une économie diversifiée : la production de biens (matériel de transport, alimentation, foresterie, etc.) représente 24 % des emplois et les services (commerce au détail, santé et services sociaux, hébergement et restauration en tête) se taillent la part du lion. Ses quatre créneaux d’excellence, selon l’étude régionale publiée par le Mouvement Desjardins en octobre 2113 : tourisme de villégiature (où les Laurentides joue un rôle de leader continental ou international), alimentation et produits du bois (association déterminante avec d’autres régions) et transports terrestre avancé (rôle de leader émergent).

Alors que les gens s’établissent avant tout dans les grandes villes du sud où les perspectives d’emploi sont les plus intéressantes (Saint-Jérôme, Blainville, Saint-Eustache, Mirabel et Boisbriand), la région se démarque également par l’importance de sa population rurale (30,6 % vs 19,3 % en moyenne au Québec). D’ailleurs, c’est là où l’on retrouve la majorité des municipalités à plus forte croissance de leur population, comme Prévost, Saint-Hippolyte, Wenthworth-Nord, Lac-des-Seize-Iles, Saint-Adolphe-d’Howard, Morin-Heights, Sainte-Anne-des-Lacs, Sainte-Adèle et Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. En plus des perspectives d’emploi, c’est donc aussi l’appel de la nature qui explique pourquoi la région connait un solde largement positif des échanges migratoires avec les autres régions (de 2007 à 2012, elle a enregistré un gain net moyen de 4 750 personnes par année).

L’envers du boom

Évidemment, toute cette croissance augmente aussi les pressions sur les espaces naturels, les Laurentides étant l’une des régions les plus densément peuplées de la province. La maison isolée et la voiture sont encore au centre du développement résidentiel. Cela entraine notamment des pertes du couvert forestier, d’habitats fauniques et floristiques, une augmentation de la consommation d’eau, des eaux usées à traiter, de l’érosion et autres facteurs de pollution des plans d’eau. Et comme environ 35 % des habitants de la région travaillent à Montréal ou à Laval, il faudra bonifier l’offre de transport en commun. Dans la capitale régionale, la hausse de l’offre des services dans ce secteur, tout comme en milieu hospitalier, est plus lente que la croissance démographique : le train de Saint-Jérôme est l’un des plus populaires, ayant transporté 2,5 millions de passagers en 2012, et son stationnement déborde, rapportait Radio-Canada en 2013. 

Charles Gratton, qui a grandi au bord d’un lac, a préféré s’établir en milieu urbain, soit à Joliette dans Lanaudière. Pour lui, se construire une maison écologique en milieu de villégiature est un non-sens écologique si elle crée une grande dépendance à l’automobile. « On veut profiter de la nature, de la tranquillité, alors on habite loin de tout et on fait suer nos concitoyens qui habitent la ville-centre la plus proche en augmentant la circulation automobile dans leur milieu de vie. On accentue ce pourquoi on a quitté la ville! (…) Il est possible d’habiter nos régions autrement. En vivant dans les cœurs villageois ou les petits centres-villes, ont réduit grandement notre besoin de motorisation, et par le fait même notre impact énergétique et environnemental, tout en vivant près des milieux naturels. Vive les petites villes et gros villages densément construits (avec des bâtiments de qualité et un milieu de vie de qualité)! » hameaux beland

Heureusement, l’accès croissant à l’Internet haute vitesse et la popularité du travail autonome réduit le nombre de véhicules sur les routes. Et des décideurs éclairés accueillent à bras ouverts de nouveaux modèles de développement de la campagne. Comme le maire de Lantier, Richard Forget, qui veut créer un noyau villageois avec commerces de proximité pour desservir notamment les futurs résidants des Hameaux de la Source, projet domiciliaire durable et abordable qui démarre dans cette municipalité rurale, voisine de Sainte-Agathe-des-Monts. On y construira de petites maisons à haute efficacité énergétique, regroupées en hameaux de six unités, avec jardins, serres et stationnements communautaires, auto-partage et piste cyclable.

De nombreux intervenants laurentiens s’activent par ailleurs pour réparer les pots cassés. La région est une pépinière fertile d’entreprises spécialisées en développement durable, comme Horizon Multiressource, entreprise de protection et de mise en valeur des milieux naturels sise à Lachute, et les experts-conseils en conformité environnementale Biofilia, de Labelle. Parlant de pépinière, depuis 18 ans, la Pépinière Rustique, établie à Saint-Adolphe-d’Howard, produit plus de 170 espèces indigènes et naturalisées, ainsi que des mélanges de semences indigènes conçus pour la renaturation de l’environnement. (Notez que les particuliers doivent placer leur commande par téléphone ou par courriel.)

lac fleurs copieLe Conseil régional de l’environnement des Laurentides collabore étroitement avec municipalités, entreprises et citoyens dans des dossiers prioritaires comme la gestion de l’énergie et des matières résiduelles ainsi que la protection des lacs. Son site Internet présente des fiches de conseils sur la protection de l’environnement et la conformité aux règlements municipaux, qui sont de plus en plus sévères en la matière. Récemment hôte du 3e Forum national sur les lacs, la région innove avec son projet phare Bleu Laurentides qui soutient 300 associations de lacs et une soixantaine de municipalités afin de favoriser la concertation, le transfert de connaissances et les changements de comportements. L’organisme de bassin versant Abrinord vient notamment de compléter un projet de municipalités phares, avec Lantier et Sainte-Anne-des-Lacs. « Le but était d’établir des diagnostics de lacs habités en vue de poser des gestes concrets de protection, de restauration et de mise en valeur des milieux naturels », rapportait le journal Accès Laurentides, le 25 juin dernier. Car prévenir et guérir les problèmes de pollution dépend effectivement davantage de solutions comportementales que techniques.

Faire ses devoirs 

C’est dans cette optique que nous avons demandé à quelques professionnels de vous conseiller dans la réalisation de votre rêve de construction verte. L’entrepreneure générale Claudie Dubreuil, qui dirige l’entreprise de construction résidentielle Collections Dubreuil, de Mirabel, fut notre principale répondante. (Pour alléger le texte qu’elle nous a fourni et que nous avons bonifié, nous vous faisons grâce des guillemets.) Commençons par les éléments incontournables.

Les erreurs sont souvent commises en faisant les choses à la hâte, ce qui incite à tourner les coins ronds. L’important est de faire ses devoirs en prenant le temps de bien s’informer et de dénicher des conseils judicieux. Par exemple, le site du CRE Laurentides offre justement plusieurs excellents documents téléchargeables gratuitement, notamment sur les installations septiques, l’aménagement écologique des rives et la navigation motorisée responsable.

Les permis

Première étape, une demande de permis doit toujours être déposée à la Ville avant le début des travaux de construction. Mme Dubreuil rappelle que les frais et les délais varient selon les municipalités et que plusieurs permis sont souvent requis. C’est le cas par exemple des constructions éloignées des aqueducs et égouts et qui auront donc besoin d’un puits et d’une installation septique. Les maisons avec garçonnière (bachelor) ou logement intergénérationnel requièrent normalement deux permis, un pour le bâtiment principal et un pour l’ajout bachelor. Les condos ou plex pourraient également être gérés différemment auprès de la municipalité.

Achat d’un terrain

Plusieurs éléments sont à considérer lors de l’achat d’un terrain dans les Laurentides (ou une autre région rurale). Pour limiter les couts de construction, privilégiez un terrain relativement plat avec un accès facile à la rue. Ainsi les frais d’excavation seront moindres que si votre terrain était en pente, ce qui complexifierait le déplacement de la machinerie et pourrait requérir la pose de murets et d’autres mesures pour contrer l’érosion.

Vous devrez également penser au déboisement. Au nord de Saint-Jérôme et à partir de la Porte-du-Nord, à Bellefeuille, plus on monte en altitude et plus les terrains sont boisés. La plupart des municipalités exigeront un plan détaillé des coupes d’arbres nécessaires pour permettre de construire. Cette information sera jointe à votre demande de permis. Vous pourriez avoir à couper plusieurs arbres afin d’aménager un chemin d’accès et un stationnement, d’implanter votre demeure, de permettre des vues sur un plan d’eau ou une vallée, voire du dégagement pour que la machinerie (pelles, pépines, grues et autres) puisse circuler et travailler sur votre chantier. Saviez-vous que la plupart des municipalités exigent un permis pour couper un arbre? Et ce, même si votre arbre est mort ou s’est fait heurter par la foudre. Informez-vous sur les restrictions et normes en vigueur avant de procéder à une coupe afin d’éviter les amendes.

Avant même de commencer les travaux, un test de sol s’avèrera nécessaire si votre terrain n’est pas desservi par des égouts. Il vous permettra de déterminer le type d’installation septique (fosse septique et élément épurateur avancé ou classique, beaucoup plus abordable) qu’on peut y aménager. Ce test peut également révéler des  informations pertinentes pour l’excavation. Afin de vous éviter de mauvaises surprises, il est sage d’inclure à votre promesse d’achat d’une maison ou d’un terrain une condition qui fait dépendre l’achat de votre entière satisfaction concernant non seulement une inspection du bâtiment mais également le test de sol. Sachez par contre que ce test n’est pas infaillible, car ce ne sont que des carottes de sol qui sont prélevées à quelques endroits sur le terrain.

©crelaurentides.org

©crelaurentides.org

Protection des plans d’eau et des milieux humides Ces dernières années, plusieurs lacs ont été aux prises avec des éclosions d’algues bleu-vert (cyanobactéries) potentiellement toxiques pour les organismes aquatiques et les humains. Cela a incité les MRC à adopter de nouveaux règlements beaucoup plus sévères afin de protéger les bandes riveraines qui filtrent le lessivage des phosphates qui alimentent ces algues. Ces règlements régissent les différentes activités humaines en milieu riverain qui peuvent avoir une incidence sur les apports en phosphore et autres nutriments dans les lacs, les cours d’eau et les milieux humides. Si vous comptez acheter une maison en milieu rural, la récente mise à jour du règlement provincial sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (Q 2, r.22) pourrait vous toucher. « Le projet de règlement vise à réduire le fardeau de la preuve de contamination que les municipalités doivent établir pour être en mesure d’exiger la mise aux normes des installations septiques construites avant le 12 août 1981 qui contaminent l’environnement, particulièrement lorsqu’elles sont situées dans des zones sensibles, relatait le magazine Bâtivert du printemps 2014. Il vise également à resserrer l’encadrement des projets afin de s’assurer que les ouvrages nouvellement construits soient performants et conformes au permis délivré par les municipalités. »

Voici des exemples de bonnes pratiques à adopter pour protéger les plans d’eau et les milieux humides.

Utiliser des produits ménagers liquides et sans phosphates
Les détergents liquides sont préférables aux détergents en poudre. Ces derniers contiennent des produits de remplissage qui risquent d’endommager votre installation septique. En utilisant des produits sans phosphates, vous contribuerez à réduire la prolifération des cyanobactéries dans les plans d’eau. 

Éviter les fertilisants et les pesticides Le principal élément responsable du développement des fleurs d’eau (bloom) d’algues bleu-vert est le phosphore. Celui-ci peut provenir de différentes sources, dont l’urine, les sédiments lessivés par la pluie ainsi que les engrais (incluant le compost).

Les pesticides sont par ailleurs des poisons qui peuvent être dangereux pour la santé humaine et animale. « Les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets nocifs des pesticides en raison de leur physiologie », explique le Code de gestion des pesticides du gouvernement du Québec. La région des Laurentides compte 38 municipalités qui règlementent l’usage des pesticides, soit le plus grand nombre au Québec. 

Vidanger sa fosse septique régulièrement
Pour contrôler le phosphore, une installation septique doit être bien conçue et bien entretenue. La fosse septique, où s’accumulent les matières fécales, doit être vidangée aux deux ans dans le cas d’une résidence principale et aux quatre ans pour un chalet.

Stabiliser ou végétaliser les rives du lac ou du cours d’eau
Implantez un bouclier végétal dans la bande riveraine. Cessez de tondre le gazon dans les cinq mètres de la rive, semez et plantez des espèces indigènes (une pelouse de trèfle et de thy, c’est tellement plus beau!) et variées et laissez la nature suivre son cours. Les plantes filtreront et absorberont une partie des nutriments pour éviter qu’ils parviennent jusqu’au plan d’eau. Pour plus de détails, voir notamment la Trousse des lacs et l’Atlas des lacs des Laurentides sur le site du CRE Laurentides et le site de l’Agence de bassin versant de la rivière du Nord.

Les capteurs photovoltaïques convertissent la lumière en électricité. ©Marquis Lemieux

Les capteurs photovoltaïques convertissent la lumière en électricité. ©Marquis Lemieux

Autres priorités

En milieu rural, où les pannes d’électricité sont plus fréquentes et plus longues, et en particulier dans une région froide comme les Laurentides, pensez plus que jamais efficacité et sécurité énergétique. Surpassez les normes minimales d’isolation exigées par le Code du bâtiment, ce qui augmentera votre confort et réduira votre consommation de bois de chauffage. Et dotez votre maison de batteries et de capteurs photovoltaïques : ils vous permettront également de rester chez vous, même d’accueillir vos proches, durant les pannes, sans polluer ni casser les oreilles de vos voisins avec une génératrice.

Le bachelier en architecture, chroniqueur et consultant en maisons écologiques Yves Perrier souligne que la construction à la campagne comprend plusieurs facteurs qui transforment l’approche architecturale, comme l’accessibilité en voiture, la présence d’un sol rocheux dénivelé, un boisé environnant et l’ensoleillement. « Pour la campagne, j’accorderais beaucoup d’importance à l’accès à l’eau potable, au traitement des eaux grises, au déneigement des routes et à la conservation de l’énergie jointe à une certaine masse thermique. »

Julie Hudon, de l’entreprise de construction Écohabitations Boréales, de Sainte-Adèle, souligne l’importance de prendre le temps de visiter plusieurs domaines et terrains avant de choisir son site. « Il est préférable de magasiner quand il n’y a pas de neige car on voit mieux la topographie du terrain. Un terrain en pente entraine de plus grands couts pour la construction qu’un terrain plat puisque les besoins d’excavation y sont plus grands. Mais ce n’est pas parce qu’un terrain a une forte pente qu’on ne peut y construire une maison : nous nous sommes fait une spécialité des constructions à flanc de montagne. L’orientation et la vue, sur les montagnes ou sur le lac, sont à considérer. Une orientation plein sud est à privilégier, mais ce n’est pas toujours évident. Un terrain avec aqueduc et égout coûte plus cher car il permet d’économiser environ 20 000 $, car on n’a pas besoin d’installer un puits et une fosse septique. Il faut donc s’attendre à payer un peu plus pour ce type de terrain. » Par contre, les terrains desservis par les infrastructures municipales sont taxés davantage.

Julie Hudon recommande de prévoir un minimum de six à huit semaines pour les diverses étapes préparatoires (achat du terrain, conception du plan, implantation de la maison par l’arpenteur, étude de sol et demande de permis) ou au moins de deux à quatre semaines si le plan est déjà réalisé. « Il est essentiel d’inviter le concepteur du plan sur le site… Plusieurs terrains de bords de lac ont de très vieilles constructions, souvent des chalets « trois saisons » bâtis sur des blocs de béton. Si le projet est de rénover ce type d’habitation, il faut prévoir refaire une fondation avant d’investir des sommes importantes sur une fondation en blocs. On doit bien se renseigner auprès de la municipalité sur les implications et droits à la suite d’une reconstruction. » Par ailleurs, Mme Hudon recommande fortement de doter votre résidence d’un abri moustiquaire et d’un foyer, qui pour elle sont « des incontournables » dans les Laurentides.

Pour sa part, Claudie Dubreuil nous a fourni une liste partielle des délais auxquels il faut typiquement s’attendre avant qu’un permis soit délivré. Ces informations ont été obtenues par téléphone et sont approximatives. Les délais pourraient être plus ou moins longs selon la période de l’année.

Blainville :               3 semaines
Boisbriand :            2 semaines, sauf zones
Grande-Côte et Faubourg Deux-Montagnes : 2 mois pour obtenir l’aval du comité d’urbanisme
Mirabel :                  2 semaines Mont-Tremblant :  environ 30 jours, mais jusqu’à trois mois pour les zones qui requièrent l’approbation du conseil municipal (près des lacs, centre-ville et village)
Morin-Heights :     7 à 14 jours ou davantage en été
Sainte-Adèle :         2 à 4 semaines
Saint-Adolphe- d’Howard :               1 semaine
Sainte-Anne- des-Lacs :                 2 à 4 semaines
Saint-Eustache :     1 mois
Saint-Faustin :        10 jours ouvrables en général, mais de 6 à 8 semaines pour les secteurs protégés, comme le noyau villageois, la 117 et les sommets de montagne
Saint-Hippolyte :     1 semaine mais davantage en été
Saint-Jérôme :         2 semaines
Saint-Sauveur :        1 à 4 semaines
Sainte-Thérèse :      2 mois au minimum pour obtenir l’approbation de la Commission d’urbanisme

Taxes municipales

Dans les Laurentides, le niveau de l’impôt foncier varie énormément d’une municipalité à l’autre, en fonction notamment des services offerts et de la valeur du parc immobilier, ajoute Mme Dubreuil. Voici une liste des taux de base des taxes municipales résidentielles qu’elle a obtenus sur le Web ou par téléphone. « Notez que certaines taxes de services peuvent s’ajouter à ces montants, comme celles relatives aux matières résiduelles, à l’approvisionnement en eau potable, au compteur d’eau et à une piscine desservie par un aqueduc municipal. Les taux sont indiqués par 100 $ du montant d’évaluation et par ordre de décroissance. »

Saint-Jérôme          0,93 $
Deux-Montagnes   0,866 $
Boisbriand               0,80 $
Blainville                  0,66 $   ou 0,69 $ taxe résiduelle et spéciale
Mont-Tremblant    0,62 $
Morin-Heights        0,690 $
Sainte-Agathe- des-Monts                0,569 $
Sainte-Thérèse        0,658 $
Mirabel                     0,52 $
Saint-Faustin          0,493 $
Saint-Sauveur         0,49 $
Saint-Hippolyte      0,765 $
Saint-Eustache       0,72 $
Sainte-Adèle           0,677 $

Les pros

Enfin, Mme Dubreuil décrit ici les professionnels qui pourront vous épauler dans votre projet.

Arpenteur
Les arpenteurs sont des professionnels qui réalisent les travaux d’arpentage requis pour délimiter ou décrire un lot précis et illustrer la position des limites. Les documents qu’ils préparent le plus fréquemment sont le plan d’implantation, qui vous sera utile pour déposer une demande de permis auprès de la municipalité, ainsi que le certificat de localisation du bâtiment. Nous vous conseillons de retenir les services d’un arpenteur faisant établi dans le secteur où vous voulez bâtir. Celui-ci sera plus au courant des normes municipales concernant les milieux humides, les ruisseaux ou les cours d’eau, les servitudes et autres détails techniques liés aux terrains situés dans les Laurentides (ou dans une autre région, d’ailleurs).

Architecte
L’architecte est le créateur à la fois du côté artistique et du côté technique d’un bâtiment. Celui-ci vous aidera à planifier un espace fonctionnel et adapté à vos besoins. Différentes firmes d’architecture offrent leurs services et le prix des plans varie énormément. Il validera également les normes municipales quant aux largeurs de bâtiments, aux revêtements extérieurs autorisés et à tout autre élément architectural ou technique de construction exigé par la municipalité dans laquelle votre projet sera construit.

Constructeur
Au Québec, tous les constructeurs doivent bâtir en respectant les exigences du Code de construction du Québec, un règlement qui relève de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). Ce document est mis à jour périodiquement, ce qui fut le cas en 2012, notamment en matière d’efficacité énergétique des bâtiments. Plusieurs techniques et matériaux différents permettent de répondre aux exigences du Code.

Prendre le temps de comparer ceux utilisés par les différents entrepreneurs ainsi que la qualité de leurs ouvrages est primordial. La plupart des constructeurs vous offrent une liste de prix détaillant les spécifications des matériaux utilisés pour leurs constructions. Sachez que vous pourriez économiser plus de 25 % sur vos couts de chauffage selon la méthode de construction choisie, par exemple s’il s’agit d’une maison homologuée par le programme Novoclimat 2.0 du Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques. En plus d’avoir des exigences d’efficacité énergétique, ce programme est axé sur la qualité de l’air intérieur et la gestion durable de l’eau et des autres ressources. La qualité de construction sera encore supérieure si vous optez pour la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Celle-ci exige que la maison soit homologuée Novoclimat et assure la prise en compte de plusieurs autres critères d’écologie et de durabilité.

Informez-vous également sur les éléments inclus et exclus par les divers constructeurs. Est-ce que la finition proposée est celle qui était en démonstration dans la maison modèle que vous avez visitée? Les poignées de portes d’armoires sont-elles comprises? Les luminaires sont-ils inclus ou un budget chez un fournisseur vous est-il offert? Avant de signer votre contrat, exigez une liste des extras possibles.

Courtier immobilier
Le courtier est le professionnel tout désigné pour vous guider lors de la vente ou l’achat d’une propriété. Premièrement, il vous aidera à en établir le juste prix, car il a accès à toutes les transactions de maisons comparables réalisées dans votre secteur au cours des dernières années. Il pourra comparer votre propriété ou celle que vous convoitez avec d’autres de taille semblable, en y ajoutant ou déduisant la valeur des éléments qu’elle possède ou non. De plus, le courtier s’occupera de remplir tous les documents légaux nécessaires afin que vous puissiez dormir en paix. En remplissant les documents de vente vous-même, vous risqueriez d’oublier certains éléments clés devant absolument s’y retrouver, ce qui pourrait vous causer de gros pépins par la suite. (Si vous vous passez d’un courtier, le magazine Protégez-Vous conseille de faire appel à un notaire au moment de signer votre promesse d’achat, pour éviter tout pépin juridique.)

Lors des visites de votre maison par un acheteur potentiel, un courtier expérimenté saura également mettre votre propriété en valeur avec plus d’impartialité que vous. Durant la négociation, il lui sera aussi plus facile de négocier un prix juste avec les acheteurs ou leur courtier directement en fournissant son expertise et au besoin une liste des comparables.

Courtier en immeuble dans les Laurentides depuis trois décennies, Éric Léger rappelle que plusieurs points sont à considérer quand on veut acheter une propriété, dont certains concernent particulièrement une maison située en région de villégiature. On y recherche la paix et la qualité de vie, mais ces caractéristiques dépendent grandement de l’environnement où la maison est construite, souligne M. Léger.

« Les acheteurs n’achètent pas juste une propriété mais un secteur, des voisins, etc. La qualité de vie des résidents est en partie tributaire de leur environnement. La demande pour des propriétés au bord de l’eau sont toujours présentes et à cet effet, il est important de vérifier quelles activités sont souhaitées ou autorisées sur le plan d’eau que l’on convoite. Est-ce qu’il existe des conditions de domaine ou restrictions qui ont pour but de protéger et limiter les genres d’activités ou usages permis ? Sommes-nous à proximité de zones défavorables du point de vue de la pollution, du bruit anormalement élevé, d’odeurs, d’un projet de construction, etc.? Sommes-nous à proximité de zones favorables, comme le parc linéaire, des sentiers de randonnées, des parcs, des pistes de ski, du corridor aérobique, des lacs, rivières, point de vues, belvédère, etc.? »

Selon Éric Léger, une erreur coûteuse consisterait à ne pas bien identifier ses besoins et de se laisser séduire par une propriété qui nous séduit. Autres erreurs à éviter : ne pas prendre le temps de faire ses devoirs, par exemple de vérifier les règles imposées par les autorités compétentes, de s’informer auprès des voisins et d’embaucher un inspecteur pré-achat compétent. Il recommande d’ailleurs de retenir les services d’un courtier qui connait bien la région. Par exemple, certaines villes interdisent l’installation d’une éolienne ou de panneaux solaires dans certains quartiers, et il voit de plus en plus de génératrices sur les propriétés dites haut de gamme. 

Se gardant bien de ne prêcher que pour sa paroisse, Éric Léger met en garde contre la tendance particulièrement québécoise à vouloir vendre sa propriété sans aide d’un courtier. « La nature d’une transaction immobilière devient de plus en plus complexe. L’inexpérience d’un novice en la matière peut entrainer des conséquences fâcheuses et coûteuses. Dans le reste du Canada et aux États-Unis, peu de gens sont enclin à essayer de vendre leur propriété sans l’intermédiaire d’un courtier et sans savoir s’ils ont véritablement obtenus le meilleur prix. »

Malgré son rythme accéléré de croissance démographie, Éric Léger rappelle que la région des Laurentides est toujours aussi populaire car il s’agit du terrain de jeu de la grande région de Montréal, avec ses lacs, ses montagnes, ses rivières, ses forêts, ses activités de plein-air  et autres divertissements. « Nous sommes dans une société de loisirs avec plusieurs travailleurs autonomes qui peuvent choisir leur endroit pour travailler et vivre presque sous le même toit. Les Laurentides offrent une concentration de jolis petits villages typiques qui ont certainement grandi, avec les avantages et désavantages que cela peut représenter, mais les gens semblent bien s’y adapter ! »

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1 Response

  1. Je demeure dans les Laurentides depuis 2001, D’abord Tremblant et maintenant Lantier. C’est un endroit magique encore méconnue, avec des paysage a couper le souffle, et la nature a son meilleur…..Les Laurentides oui, et venez profiter des bas prix des habitations!

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