Imaginez que vous ouvrez un robinet et que l'eau ne s'écoule qu'à 25 % du débit attendu. Impensable! Pourtant, c'est ce qui produit souvent en ventilation, et le consommateur n'en a pas conscience : « l'air est invisible et une grille faiblement alimentée passe généralement inaperçue », souligne notre chroniqueur Mario Canuel. Dans son troisième de quatre articles sur la ventilation parus dans le magazine Inter-mécanique du bâtiment de la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec, M. Canuel présente les erreurs les plus fréquentes observées aux installations de ventilation résidentielles.

Voici selon cet expert en science du bâtiment les six erreurs les plus fréquentes qui affectent le confort des occupants, la qualité de l'air intérieur et la consommation d'énergie des échangeurs d'air. Il s'agit souvent de petits problèmes insidieux mais aux conséquences cumulatives pouvant être sérieuses :

1. Des conduits changeant trop souvent de direction et avec trop de raccords et d'obstacles réduisant la pression et donc l'écoulement de l'air. Sans oublier l'écrasement des conduits flexibles et leur trop grande longueur du côté froid (entrée et sortie) de l'appareil. Plusieurs installations de ventilation sont approximatives : beaucoup d'entrepreneurs maintiennent leurs mauvaises habitudes car ils ne maîtrisent pas les règles de l'art.

2. L'utilisation inconsidérée et la mauvaise installation des conduits flexibles, trop faciles à écraser et à percer. Il faut privilégier les conduits rigides, limiter la longueur des tuyaux flexibles et bien les supporter et les protéger.

3. La localisation et l'installation déficientes des grilles créent souvent de l'inconfort et un mauvais mélange de l'air. Placée trop près d'une porte, la grille ventilera le couloir plutôt que votre chambre! « C'est la dimension de l'ouverture de la grille qui détermine la vitesse et la portée du jet d'air... et ce sont les lames (ajustables ou fixes) qui déterminent l'orientation et le profil de diffusion », explique Mario Canuel. Quand le débit est trop faible, l'air frais tombe au plancher et l'air chaud monte au plafond sans se mélanger à l'air de la pièce. Éloigner les amenées d'air frais des thermostats et placer les retours d'air vicié dans les pièces humides et polluées.

4. L'absence d'un dispositif de compensation en présence d'un appareil à combustion risque de contaminer l'air intérieur. Poêle à bois et puissants évacuateurs d'air (hotte de cuisine, sortie de sécheuse, aspirateur central) ne font pas bon ménage. Quand la maison est dépressurisée, le monoxyde de carbone dangereux d'un feu qui couve risque d'être refoulé dans l'air intérieur. Il faut donc compenser l'air évacué par un dispositif équilibrant les pressions automatiquement ou non. En général, dans les maisons Novoclimat, on augmentera légèrement l'amenée d'air pour créer une légère pressurisation (mais pas trop importante car il faut éviter de pousser beaucoup d'humidité dans les murs).

5. Le régulateur principal de l'appareil doit être facile à régler et permettre aux usagers de régler l'échange d'air selon les conditions climatiques, saisons, moments de la journée et le degré d'humidité désiré (programmation, échange d'air intermittant, recirculation, etc.).

6. L'évacuation de l'eau de condensation de l'appareil doit se faire dans un avaloir de sol et non dans un sceau ou en perçant la dalle de béton. Cette dernière méthode est interdite par le Code de construction car elle favorise les problèmes d'humidité et l'infiltration de radon cancérogène.

Pour lire les articles complets de Mario Canuel dans IMB :
http://www.cmmtq.org/fr/Membre/Revue-IMB/Archives/