Faire son nid #1 : Coaching 101 pour autoconstructeur vert

La présence de lignes à haute tension et de tours de téléphonie cellulaire peut réduire la valeur des maisons à proximité.

La présence de lignes à haute tension et de tours de téléphonie cellulaire réduit la valeur des maisons à proximité.

L’avènement de l’émission Ma maison Rona a permis de redéfinir l’autoconstruction. En effet, les téléspectateurs pouvaient enfin voir comment les participants construisaient l’intérieur de la maison de leur rêve afin de permettre à leur famille d’évoluer dans un environnement sain et confortable.

Nous rêvons tous d’une maison douillette, et pour quiconque s’adonne à l’autoconstruction, l’expression « faire son nid » sous-entend beaucoup de boulot. Il faut donc s’assurer de bien planifier les travaux avant de les exécuter. J’espère que cet article saura susciter une réflexion approfondie chez tout autoconstructeur en devenir qui veut se lancer dans cette belle aventure. Voici donc une liste de questions auxquelles il importe de répondre afin de bien circonscrire un projet de construction et identifier les qualités d’un bon terrain.

Proximité des services

Chaque personne a des besoins différents avec des degrés d’importance différents. Prenez une feuille de papier et accordez un pourcentage d’importance à chacun des besoins suivants :

  • Proximité du lieu de travail pour les conjoints.
  • Proximité de la famille (parents et conjoint pour garde partagée).
  • Proximité des écoles et des parcs pour les enfants.
  • Proximité des commerces. • Proximité des espaces verts et des plans d’eau;
  • Proximité des infrastructures et équipements sportifs pour les parents et les enfants (pistes cyclables, pistes de ski de fond ou de ski alpin, piscine, patinoire, etc.);
  • Proximités des services de santé et des services sociaux;
  • Proximité des services de loisirs (théâtre, cinéma, salles de concerts, etc.).

Si vous avez d’autres besoins, ajoutez-les à votre liste. Cet exercice peut également vous aider à choisir une habitation déjà construite si un déménagement est prévu.

Qualité de vie 

Le terrain que vous convoitez est-il situé dans une ville qui offre un environnement de vie sain ? Quelle est la qualité de l’air et de l’eau, quel type d’aqueduc est utilisé ? Les habitants doivent-ils parfois acheter de l’eau embouteillée dans cette ville si l’eau potable n’est pas disponible ? Si vous choisissez un terrain nécessitant le forage d’un puits artésien, connaissez-vous la qualité du sol et du sous-sol, ainsi que l’état et la profondeur de la nappe phréatique? Pour éviter les surprises, n’hésitez pas à poser des questions aux voisins déjà établis dans le secteur.

Le quartier choisi est-il très bruyant ? Risquez-vous d’être importuné par le bruit des véhicules, des trains, des avions ou des hélicoptères, des commerces, des bars et des salles de spectacles, etc.?

emplois santeLors de vos recherches pour trouver le terrain idéal, n’oubliez surtout pas les sources de champs électromagnétiques : lignes à haute tension, tours d’antennes relais de téléphonie cellulaire, antennes radio et télé, antennes radar… Autant que possible, prenez vos distances des sources les plus importantes, mieux vaut prévenir que guérir. (Pour connaître les distances recommandables, lire le dossier Pollution extérieure et santé infantile – Où habiter?

 

La direction des vents dominants (généralement d’ouest en est) devient aussi un élément important de votre analyse, surtout s’il existe des sources de bruit ou d’odeurs (commerciales, industrielles, agricoles ou publiques) à proximité.

Le type de terrain choisi — en pente ou plat — influencera la gestion des eaux de ruissellement ainsi que le traitement des eaux usées et son coût si vous achetez un terrain non desservi par une municipalité.

La volonté écologique des élus et des citoyens de la municipalité où vous vous établissez pourrait affecter votre qualité de vie. En effet, le traitement des eaux ainsi que la gestion et récupération des déchets vous en diront beaucoup sur les valeurs des politiciens. Pourrez–vous tirer la chasse d’eau des toilettes de votre nouvelle demeure en toute confiance et si votre maison n’êtes pas desservie par des égouts, son système de traitement des eaux usées pollue-t-il un lac ou une rivière?

Après le déraillement et la tragique explosion d’un train de carburant à Mégantic, il peut être utile de poser certaines questions concernant la gestion écologique du territoire : proximité des voies ferrées, types de matières transportées, proximité des sites d’enfouissement des déchets solides, des industries polluantes, etc. Il faut comprendre que les villes ne peuvent pas tout contrôler et que les grandes entreprises manufacturières se doivent de respecter les règlements environnementaux dont l’application n’est pas toujours surveillée par les provinces et le gouvernement fédéral. Vérifiez si vos élus municipaux veillent au grain ou s’ils se croisent les bras en faisant confiance aux autres paliers de gouvernements ?

Taxes municipales

La conscience fiscale d’une municipalité est souvent un indice de qualité de vie. Des taxes trop élevées soulèvent des questions. Lorsque des projets incongrus poussent comme des champignons en plein champ ou que des édifices en hauteur s’installent dans des zones à deux étages, il y a lieu de les entrevoir comme des sonnettes d’alarmes visuelles en lien avec des opportunités territoriales qui coûtent parfois cher aux citoyens. Les audiences de la Commission Charbonneau ont démontré avec éloquence que les élus municipaux ne travaillent pas toujours pour le bien de leurs citoyens. Morale de l’histoire, il faut s’occuper de ses affaires.

La production à grande échelle n’apporte pas toujours des économies, bien au contraire : en fait, plus une ville est grosse, plus elle offre de services et plus elle coûte cher en taxes, selon les analyses des taux de taxation des municipalités québécoises réalisées par mon ancien confrère chargé de cours à l’École Polytechnique de Montréal, le comptable Yves Lacroix. Cet ancien directeur général de la ville de Mirabel (1975-2005) affirmait que la taille fiscale optimale d’une ville (en fonction du fardeau fiscal) se situait autour de 10 000 habitants et moins. Ses analyses révélaient également que la plupart des villes de 50 000 habitants et plus avaient des dépenses se situant au-dessus de la moyenne provinciale.

En 2014, le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal a évalué les coûts des services municipaux en utilisant les rapports financiers et indicateurs de gestion des 1 110 municipalités du Québec. Ce Palmarès des municipalités du Québec, basé sur les données financières de 2012 permet aux futurs propriétaires de faire leur petite enquête comparative pour mieux « magasiner » leur municipalité.

Proximité des matières premières 

Plus vous choisissez un terrain isolé dans la nature, plus les coûts de transport des matériaux de construction seront importants. Ce facteur doit être pris en considération lorsque vient le temps de choisir un emplacement. Il est toujours préférable de bâtir en privilégiant la main d’œuvre et les matériaux locaux.

Assurez-vous également que votre demeure peut facilement être reliée au réseau d’Hydro-Québec, car en milieu rural, le prix de l’électricité est parfois exorbitant et les délais d’installation sont souvent plus longs que prévu. Certains auto-constructeurs ont dû assurer l’autonomie de leur demeure sur le plan électrique car ils auraient dépensé une fortune pour être « branchés » au réseau d’Hydro-Québec.

Enfin, il existe plusieurs études sur les indices de qualité de vie des villes. Bien que noble dans son approche, leur pondération omet d’inclure les nouveaux indicateurs de qualité de vie reliés au degré de pollution, à l’adaptation aux changements climatiques ou à l’éthique municipale, critères qu’il n’est plus possible d’ignorer de nos jours. Il n’en demeure pas moins qu’il est intéressant de savoir que des villes comme Repentigny, Sainte-Julie et Rimouski se sont retrouvées plus d’une fois au premier rang du palmarès de l’Indice relatif de bonheur (IRB), établi par la firme de sondage Côté communication conseil.

Marie Louise Roy, Coach ICF, architecte et urbaniste, M.Sc.A. environnement. www.coachingcreatif.com 

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