Grâce aux technologies actuelles, il est possible de concevoir des fenêtres performantes et durables quel que soit le matériau utilisé. La clé réside dans l’optimisation du design du produit.

Le cadre et le châssis (partie amovible de la fenêtre) sont généralement fabriqués de bois, d’aluminium, de bois recouvert d’aluminium, de polychlorure de vinyle (mieux connu sous son acronyme anglais PVC), et parfois même d’acrylonitrile butadiène styrène (ABS) ou de fibre de verre. Chacun de ces matériaux possède des avantages et des inconvénients qui lui sont propres. Le consommateur doit donc choisir ses fenêtres en fonction de ses goûts et de ses attentes sur le plan de la performance ainsi que selon son budget et le contexte de la construction. De plus, l’avenir est aux produits hybrides, de plus en plus présents sur le marché, où la combinaison de divers matériaux permet de profiter des avantages spécifiques à chacun.

En fait, l’impact des divers types de fenêtres sur la santé et sur l’environnement est remarquablement similaire. L’US Green Building Council (USGBC) affirmait en 2004 que « les résultats totaux sur le cycle de vie ne sont pas dominés par le matériau de cadrage, mais plutôt par le vitrage et la consommation d’énergie durant l’utilisation des fenêtres. » Ce qu’il n’empêche pas qu’il soit utile de connaître les forces et limites des divers matériaux de fenestration.

Le bois

Par exemple, le bois est naturel, renouvelable et isolant. Il est apprécié notamment pour sa beauté, ses vertus isolantes et ses propriétés antistatiques lorsqu’il est huilé (l’électricité statique attire les poussières et les bactéries). Plusieurs auteurs d’ouvrages sur le sujet, dont le site britannique greenspec qui a comparé les divers matériaux de fenestration, considèrent que le bois est le plus écologique, surtout s’il provient d’une forêt certifiée FSC (Forest Stewardship Council) qui est gérée de façon durable. La section des fenêtres ENERGY STAR< du site de Ressources naturelles Canada indique que le manufacturier Lepage Millwork fabrique les fenêtres en bois possédant le rendement énergétique le plus élevé au Québec, avec une cote remarquable de +46.

De plus, le bois est le matériau de fenestration le moins dommageable pour la santé des travailleurs, selon le rapport final sur le PVC publié en 2007 par l’USGBC et qui comparait notamment les fenêtres de bois, d’aluminium et de PVC. Cependant, aucune donnée sur les risques encourus par les ouvriers d’usine exposés à la poussière de bois n’était alors disponible.

Le bois n’est pas parfait. Il est plus ou moins sensible à la pourriture et au fendillement selon son exposition à l’humidité et au soleil, sans parler des termites qui en raffolent. C’est pourquoi les fenêtres de bois sont généralement traitées aux pesticides (fongicides et insecticides). Le fabricant Jeld-Wen (qui a acquis Donat Flamand) a innové en optant pour le traitement Auralast considéré comme écologique car il ne contient aucun produit pétrochimique ni métaux lourds.

Par contre, les fenêtres de bois exigent l’application périodique de quelques couches d’huile ou de vernis protecteur sur le bois. Pour pallier aux exigences d’entretien inhérentes aux fenêtres en bois, l’extérieur de telles fenêtres peut être revêtu d’un matériau imputrescible (aluminium, PVC ou fibre de verre).

Le PVC

Ces limitations du bois expliquent également la popularité du PVC, un matériau abordable, isolant et très résistant aux éléments ainsi qu’aux impacts. C’est le matériau de menuiserie utilisé dans 80 des 100 fenêtres homologuées ENERGY STAR affichant le Rendement énergétique (RE) le plus élevé au pays, et même dans celles occupant les 15 premiers rangs de ce palmarès. Comme le PVC se contracte au froid, les manufacturiers sérieux optimisent leur design en conséquence pour s’assurer de fabriquer des fenêtres qui seront assez stables pour garantir une bonne étanchéité à l’air en hiver. 

Toutefois, le PVC est un matériau controversé.a convaincu des centaines de municipalités, les gouvernements du Danemark et de la Suède, le comité organisateur des Olympiques de Sydney 2000 ainsi que des multinationales telles Nike et IKEA de favoriser des matériaux alternatifs au PVC.

Le USGBC confirme d’ailleurs que les fenêtres de PVC émettent plus de matières cancérogènes (de sa résine) que le bois et l’aluminium durant le processus de fabrication et lors d’un incendie. De plus, les fenêtres en PVC ne sont pas encore recyclées sur notre continent. Par contre, selon l’étude du USGBC les fenêtres de PVC ont un impact environnemental global (smog, acidification, eutrophisation, écotoxicité, amincissement de la couche d’ozone et changements climatiques) plus faible que celles en aluminium ou même en bois (du moins non certifié FSC).

En matière de pollution intérieure, les fenêtres en vinyle s’en tirent mieux que les produits de vinyle souple comme les tuiles de plancher et les rideaux de douche. Tout de même assez rigide, le PVC utilisé en fenestration est fait de vinyle non plastifié (unplastified PVC ou uPVC), qui n’émet pas de phtalates liés à l’asthme et à certains problèmes hormonaux comme c’est le cas des vinyles souples.

S’il est vrai que la fenêtre de PVC peut émettre divers composés organiques volatils (COV) dans l’air intérieur lorsqu’elle est chauffée par le soleil, leur quantité est faible comparativement aux COV émis par les produits de vinyles souples, soulignent les médecins Pierre et Suzanne Déoux dans leur livre Le guide de l’habitat sain La contribution des fenêtres de vinyle à la pollution intérieure « est habituellement non significative », selon l’expert américain en hypersensibilité chimiqueJohn Bower

Autres matériaux de cadrage

Pour sa part, la fenêtre d’aluminium est très appréciée pour sa beauté, sa grande rigidité, sa durée de vie utile de plus de 50 ans et le fait qu’elle soit recyclée depuis 15 ans. Toutefois, l’étude du USGBC l’a classé au dernier rang sur le plan environnemental après le PVC et le bois : la fabrication de l’aluminium est polluante et énergivore, et sa conductivité favorise le passage de la chaleur ainsi que la formation du givre.

Par contre, cette étude américaine a été publiée avant que le fabricant québécois GIT commercialise la première fenêtre en aluminium satisfaisant les exigences ENERGY STAR au Canada et dotée d’un excellent RE de +40 : la fenêtre comporte un bris thermique en PVC dans son cœur qui représente le quart de l’épaisseur de la fenêtre.

Enfin, la fibre de verre est un matériau très rigide et très isolant. Ils est très prisé pour la fabrication de fenêtres durables et à haute efficacité énergétique. Toutefois, elles sont plus dispendieuses et comme leur utilisation en fenestration est plus récente, elles sont moins répandus et moins connus. Les principaux fabricants sont et tandis que Marvin et Entreprises Marchand font des fenêtres hybrides .

Bref, quel que soit le matériau choisi, souvenez-vous que l’évaluation des niveaux de performance (ENERGY STAR et CSA A440) des divers produits disponibles est la façon la plus objective de les choisir en fonction de vos besoins énergétiques.

André Fauteux

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1 Response

  1. Alexis

    Merci beaucoup pour cet article. Je cherchais infos claires et crédibles sur le degré de nocuité des fenêtres en PVC.

    Continuez d’être une ressource fiable M. Fauteux!

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