Cellulose en vrac recouverte de laine de roche résistante à l’eau. © André Fauteux

Une fois scellés les principaux éléments pouvant occasionner des fuites d’air au grenier, le temps est venu de procéder à l’isolation ou à son amélioration. Les isolants les plus couramment utilisés dans les greniers accessibles sont la laine minérale (de verre ou de roche) en natte ou la cellulose en vrac.

Pour l’isolant en natte, le guide Emprisonnons la chaleur, de Ressources naturelles Canada, conseille de le placer d’abord entre les solives et ensuite, de mettre une seconde épaisseur perpendiculaire aux solives. Deux autres conseils : mettre assez d’isolant pour combler entièrement l’espace entre les solives et ne laisser aucun espace entre les deux couches d’isolant.

La cellulose en vrac peut être versée à la main ou soufflée sur le pare-vapeur en quantité suffisante pour recouvrir entièrement les solives. Des déflecteurs en carton ou en polystyrène doivent être posés sur les côtés afin d’empêcher que l’isolant n’obstrue les soffites de ventilation dans les débords de toit. Comme la cellulose en vrac s’affaisse avec le temps, pour obtenir une résistance thermique de R-40 à R-50, il faut en souffler de 11,9 à 14,9 pouces pour obtenir une épaisseur de 10,8 à 13,5 pouces une fois l’isolant tassé. Au-dessus de la sablière aux extrémités du grenier, assurez-vous de poser une quantité d’isolant au moins équivalente à la résistance thermique des murs.

[caption id="attachment_94187" align="alignright" width="200"] Joël Legault inspectant le grenier Fauteux-de Palma dans le cadre d’une évaluation Rénoclimat. © André Fauteux[/caption]

Selon Joël Legault, expert en bâtiment et coprésident de la firme d’inspection et d’expertise en bâtiment Legault-Dubois, de La Prairie, hausser de R-10 à R-40 la valeur isolante d’un grenier accessible d’une maison des années 1970 coûtera jusqu’à 1 000 $, selon la complexité des travaux, et fera typiquement économiser environ 300 $ par année en chauffage, économie qui augmentera au rythme du prix de l’énergie. Le programme Rénoclimat du gouvernement du Québec permet de bénéficier d’aides financières si vous effectuez des travaux visant à réduire la facture de chauffage.

Toits plats et plafonds cathédrale
Ces types de toits sont généralement plus difficiles à isoler en raison du peu d’espace disponible dans les combles. « Souvent, on ne peut même pas ajouter de l’isolant, faute d’espace, affirme Gabriel Ouellette, directeur du service de l’évaluation énergétique au groupe EXPERTBÂTIMENT, de Joliette. Et s’il y a déjà de l’isolant, il peut ne pas être avantageux d’en ajouter en raison des coûts élevés associés à cette opération. Cependant, si la toiture doit être refaite, cela peut valoir le coup d’isoler le plafond, surtout s’il n’est pas isolé du tout. » Cette opération se réalise soit en rehaussant le toit ou en construisant un nouveau toit sur l’ancien.

Selon le site Écohabitation, qui consacre un dossier aux plafonds cathédrale, on peut alors remplir ce nouvel espace de cellulose et refermer le tout hermétiquement. La valeur isolante peut alors augmenter substantiellement, jusqu’à R-60, soit bien au-delà du R-41 exigé par le Code de construction du Québec.

[caption id="attachment_94178" align="alignright" width="300"] L’isolation et l’étanchéité autour des cheminées doit être faite selon les règles de l’art. © Emprisonnons la chaleur/Ressources naturelles Canada[/caption]

Cette opération peut aussi se réaliser pour les toits plats. Le guide Emprisonnons la chaleur mentionne toutefois qu’il en coûtera plusieurs milliers de dollars pour installer un nouvel isolant, un nouveau revêtement, des bardeaux sur le toit (ou une nouvelle membrane pour un toit plat) et de nouvelles gouttières. Ce travail, complexe, devra être fait par un entrepreneur qualifié.

Il est aussi possible de conserver la structure existante des toits plats et de l’isoler en pulvérisant de la fibre cellulosique ou de la fibre de verre injectée à haute densité. Bien qu’il n’y ait plus aucune place pour la ventilation, à la suite de cette opération, le site d’Écohabitation mentionne que certaines toitures isolées de cette façon n’entraînent aucune conséquence négative. Hydro-Québec a ainsi fait isoler plusieurs toits plats de plex dans le cadre du projet pilote Isolaction réalisé par Isolation Mongrain, à la fin des années 1990. Avant d’utiliser cette méthode, il faut aussi s’assurer que les fuites d’air ont été colmatées en dessous du plafond.

[caption id="attachment_94181" align="alignright" width="280"] Assurez-vous d’avoir une trappe de grenier bien isolée et très étanche. L’isolation et l’étanchéité autour des cheminées doit être faite selon les règles de l’art. © Insulfloor.com[/caption]

Ventiler les combles
La ventilation des combles devient secondaire et peut être minimale si le plafond est très étanche à l’air, puisqu’il y aura peu d’air chaud et humide à ventiler, selon Joël Legault. En général, il est toutefois recommandé que tous les types de toits soient ventilés. Rappelons que la ventilation au-dessus de l’isolant aide à prévenir la formation de barrages de glace sur le toit l’hiver et les problèmes de surchauffe qui peuvent endommager les bardeaux d’asphalte en été. On parle toutefois de ventilation passive, aucun ventilateur mécanique n’étant requis pour cette tâche. Sur le site Internet de Legault-Dubois, on mentionne qu’une ventilation adéquate doit permettre l’écoulement de l’air, du rebord du toit jusqu’au faîte. Pour y parvenir, les soffites doivent être perforés et ils ne doivent pas être obstrués par de l’isolant ou des rebuts. De plus, la surface totale libre d’aérateurs ne doit pas être inférieure à 1/300 de la surface de plafond isolé. « Plus un toit comporte de pentes, plus cela demande de la ventilation, affirme Gabriel Ouellette. Le calcul de la superficie du toit et sa ou ses pentes détermine le nombre d’aérateurs de toit à installer. »

[caption id="attachment_94175" align="alignright" width="270"] Une façon plus facile d’assurer l’étanchéité du grenier : sceller complètement le plafond et y accéder par l’extérieur. L’isolation et l’étanchéité autour des cheminées doit être faite selon les règles de l’art. © landmarkpassivhaus.com[/caption]

Pour sa part, l’expert américain Joe Lstiburek recommandait, dans le magazine Fine Homebuilding d’août/septembre 2011, de laisser au moins deux pouces d’espace entre le contreplaqué du toit et le dessus de l’isolant, aux extrémités du grenier. Il recommande aussi de pressuriser le grenier en fournissant plus de 50 % de la ventilation par les soffites. Une bonne proportion serait de ventiler à 60 % par les soffites et à 40 % par le sommet du toit, pour éviter de créer une dépressurisation qui aspirerait l’air de l’intérieur de la maison. Et les espaces de ventilation devraient être situés le plus possible à l’extérieur des soffites, pour ne pas aspirer l’air chaud qui sort des murs.

Combien d’isolant?

[caption id="attachment_94183" align="alignright" width="300"] Si votre grenier est isolé à la vermiculite de marque Zonolite, elle contient de l’amiante cancérogène. Consultez un expert en la matière.[/caption]

Selon le journaliste américain Martin Holladay, auteur du livre Musings of an Energy Nerd (Taunton Press 2017), en climat froid Joe Lstiburek recommande des résistances thermiques totales d’au moins R-10 sous une dalle non chauffée (avant tout pour combattre la condensation et les moisissures en été), de R-20 pour les murs de fondation, de R-40 dans les murs et de R-60 dans la toiture. Selon Holladay, plutôt que d’appliquer les exigences supérieures du programme allemand des maisons passives qu’il juge exagérées (comme les murs aux alentours de R-60), il est plus rentable d’installer des panneaux solaires photovoltaïques.

Si vous appliquez toutes ces précautions avec soin, votre grenier devrait être bien frais et ne fera pas fondre la neige sur le toit. N’oubliez pas, les glaçons qui pendent d’une toiture en hiver n’ont rien de romantique!

Pour en savoir davantage

buildingscience.com (Joe Lstiburek)
caaquebec.com/fr/a-la-maison/ (entreprises recommandées)
expertbatiment.ca
legault-dubois.ca
ecohabitation.com/guides
greenbuildingadvisor.com (blogue de Martin Holladay)
reseaudevinci.com
rncan.gc.ca/elc (guide Emprisonnons la chaleur)

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