Récupérer l’eau : pluie on en a, pluie on en veut!

Par Philippe Girard et Flavie Hamel 

Étudiants au cours Textes de magazines à l’Université Laval

L’eau de pluie peut remplacer l’eau potable pour l’entretien du jardin et des fleurs, le nettoyage de vos véhicules ainsi que du revêtement et du mobilier extérieurs (ou patio), le remplissage de la piscine ou du spa, sans oublier l’alimentation de la toilette ou de la laveuse. © Econeau.com

Mythe ou réalité? La récolte de l’eau de pluie, à moins que ce soit pour une serre ou dans un écoquartier, ce n’est pas tellement accessible… Dieu merci, il s’agit d’un mythe! Toutefois, ne vous inquiétez pas, nous n’allons pas vous recommander de la récolter avec des chaudières sur votre patio, et de vous en servir pour faire votre cuisine! Des solutions nettement plus adaptées s’offrent à vous. L’installation résidentielle de systèmes de récupération de l’eau de pluie est maintenant réalité, grâce à l’entreprise québécoise Éconeau.

Saviez-vous que 30 % de l’eau que nous utilisons est destinée à l’entretien extérieur de la maison? Que 50 % sert à l’utilisation de la toilette et de la machine à laver? Le maigre 20 % restant, c’est votre hygiène personnelle et votre alimentation. On sait que l’eau potable représente une ressource précieuse que nous gaspillons énormément : pour nettoyer sa voiture, arroser sa pelouse, rincer son asphalte… Parce que l’utilisation responsable ne veut pas nécessairement dire réduire sa consommation, mais la penser autrement, l’eau de pluie se présente comme la solution durable et écologique pour satisfaire ces petits besoins que nous avons, sans mettre en péril nos réservoirs d’eau potable

Mais comment ça marche? Le procédé n’a rien de compliqué et fonctionne à l’année. Dans un premier temps, les systèmes résidentiels de récupération, comme ceux proposés par Éconeau, récoltent l’eau par les gouttières ou le drain du toit. Un premier filtre empêche les résidus (feuilles, insectes, débris) de s’introduire dans le réservoir, où l’eau demeure jusqu’à son utilisation. Un deuxième filtre se chargera de retenir les plus petites particules avant que l’eau ne puisse être utilisée. Des questions?

  • Si je n’utilise pas l’eau, ne risque-t-elle pas d’être stagnante?

Pour éviter cela, lorsque son réservoir est plein, le système est ainsi conçu qu’il évacue d’abord l’eau plus ancienne pour faire place à la nouvelle!

  • Ce système et ce réservoir ne vont-ils pas défigurer ma belle maison?

Aucunement. Le réservoir est installé sous terre, conservant ainsi intact l’esthétisme de votre terrain. D’ailleurs, cette installation souterraine assure que votre eau n’est soumise à aucun écart de température important : gel ou surchauffe.

  • Ce système est-il durable?

Un système comme celui-ci a une durée de vie moyenne de 25 ans.

  • Autre chose que je devrais savoir?

Le réservoir peut aussi être installé hors sol. © Econeau.com

Content que vous me le demandiez : l’installation des systèmes de récupération de la pluie sur votre terrain résidentiel est admissible au crédit d’impôt RénoVert.

Quant aux coûts, ils varient en fonction de plusieurs facteurs, explique la présidente d’Éconeau, Marie-Claude Chevrette : « Nous avons des systèmes complets à partir de 3 495 $ qui sont parfaits pour l’arrosage des plates-bandes et du jardin ainsi que pour le lavage des voitures. Le volume du réservoir et la pompe déterminée par les usages de l’eau de pluie feront varier le prix. Éconeau est spécialisée dans la conception et la vente de systèmes de récupération d’eau de pluie, nous n’avons pas les permis pour réaliser l’installation. Avec le système de base souterrain pour l’arrosage extérieur, on peut compter une demi-journée de travail dans des conditions favorables. Pour une maison neuve, l’excavateur et le plombier mandatés pour la construction le feront à travers le reste des travaux. Pour ceux qui ont une maison déjà construite, cela va dépendre si l’eau sera utilisée à l’intérieur ou pas. Et de la configuration de la maison, du terrain… L’excavation variera en fonction de la grosseur du réservoir, du type de sol (sable, roc, tuf…). »

Alors, vous êtes convaincus? Récoltez-bien, et pensez bleu!

http://econeau.com

 

Témoignage d’un client satisfait

Suivant la tragédie de Lac-Mégantic en 2013, je devais reconstruire mon édifice abritant des bureaux et appartements. Construction neuve équivaut souvent à un investissement monétaire important. Étant depuis toujours sensibilisé à la protection de l’environnement, je cherchais un moyen simple et économique de faire ma part, sans toutefois sacrifier la rentabilité du projet.

Je vis plusieurs mois par année à Cuba où les pénuries d’eau sont choses courantes et dont la plupart des résidences possèdent d’immenses réservoirs installés sur le toit. Cela ma donné l’idée que ce concept pouvait facilement s’importer au Québec. Après tout, le Québec est choyé par ses pluies abondantes. Quelques recherches sur internet m’apprennent que la compagnie Éconeau offre un système de récupération d’eau de pluie efficace et performant. 

Appuyé par le directeur du service de l’Environnement de la ville de Lac-Mégantic, Robert Mercier, qui me mentionnait que dans un espace à bureaux, 80 % de l’eau était dédiée aux….toilettes, j’ai décidé d’aller de l’avant.

Ainsi mon édifice, baptisé Le Loft Lac-Mégantic, pour son confort douillet et sa vue exceptionnelle sur les montagnes et le Lac-Mégantic, a procédé à l’été 2015 à l’installation d’un réservoir extérieur de 6 600 litres alimenté directement par le drain central du toit plat d’une superficie de 3 000 pieds carrés.

Le réservoir du système Éconeau est jumelé à une pompe intelligente qui alimente les toilettes ainsi que l’arrosage extérieur. Lorsque le réservoir est vide, ce qui n’est jamais arrivé, la pompe s’alimente directement de l’eau de la ville. C’est uniquement à ce moment que le compteur d’eau ($$$) de la Ville tourne! 

Au final, après trois ans d’utilisation, je constate que le système fonctionne sans nécessiter grand entretien. Un filtre et un bassin retiennent la majorité des agrégats. Au début de l’année, l’ajout d’un filtre Big Blue est venu compléter l’installation afin de rendre l’eau plus claire. Il complète le processus à merveille. Bien qu’il soit difficile, à défaut d’un cas comparable, d’établir les économies réalisées, il est évident que la consommation d’eau non potable nous a permis de réaliser économies. Imaginez un été sans pluie : mes voisins seront jaloux car avec ma réserve d’eau de pluie, je pourrai contrer une restriction d’arrosage imposée par ma municipalité.

– Daniel E. Larochelle, Le Loft Lac-Mégantic

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