Prendre ou non l’avion, une question pas si flyée!

En 2014, le photographe Michael Kelley a capté environ 75 gros transporteurs décollant en sept heures, à l’aéroport international de Los Angeles. © mpkelley.com

Aborder les problèmes reliés aux voyages en avion est une opération risquée. En effet, beaucoup de gens prennent l’avion et remettre en cause l’utilisation de ce moyen de transport peut poser un dilemme pour plusieurs. Alors, prendre ou ne pas prendre l’avion, telle est la question. Toutefois, considérant les impacts environnementaux engendrés par ce moyen de transport, conscientiser les gens qui en font grand usage s’avère salutaire.

Beaucoup et de plus en plus 

À chaque seconde, un avion décolle quelque part sur la planète, soit 85 000 vols par jour. Même si on a augmenté l’efficacité des avions en réduisant leur consommation de carburant de 35 % depuis 1990, c’est une des sources de pollution qui connaît la plus forte croissance. L’augmentation du trafic est de 5 %/an dans le monde à la faveur, entre autre, du coût des billets de plus en plus bas. Si rien n’est fait, le trafic aérien pourrait plus que tripler d’ici 30 ans, provoquant une situation insoutenable pour le climat de la planète (Le Figaro 17/06/2015).

Nous vivons cette situation ici-même à Québec où l’aéroport vient d’être agrandi et il est déjà prévu de procéder sous peu à de nouveaux travaux permettant d’accueillir le double de passagers (Le Devoir 22/03/2013). Actuellement 1,6 millions de voyageurs par année à Québec. C’est comme si la population entière de la région prenait l’avion deux fois par année.

Très polluant

L’avion est un mode de transport très polluant. Selon la Fondation Nicolas Hulot (2008), « l’aviation est, de tous les modes de transport, le plus grand émetteur de gaz à effet de serre. Par passager et par kilomètre parcouru, ce mode de transport est trois fois plus nocif pour le climat que la voiture. Le nombre de polluants émis par les avions sont nombreux : NOx, CO, HC, COV, SO2, SUIES et vapeur d’eau ». Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évaluation du climat (GIEC), « la contribution de l’aviation aux émissions globales des gaz à effets de serre est estimée à 3 %, mais cet impact est de deux à quatre fois plus important en comptant l’ensemble des paramètres ».

En plus d’être polluant, voyager en avion présente des exigences et des irritants tels la nécessité de combattre le stress associé à la dangerosité, aux horaires, à la limitation et perte de bagages, aux fouilles à la douane, au mal de l’air, à l’immobilité pendant de longues périodes, au décalage horaire et à l’obligation de se procurer un passeport et parfois un visa, à se faire vacciner, à prendre une assurance médicale et finalement aux problèmes associés aux langues et monnaies étrangères ainsi qu’au coût des billets.

Alternatives 

L’avion est utilisé pour des raisons de loisirs et de divertissement, par affaires, pour répondre à des besoins de santé, pour des visites familiales, d’aide humanitaire, pour des fins de formation, etc. Il existe un certain nombre d’alternatives comme prendre ses vacances plus localement, voyager moins loin, faire des voyages plus longs et moins fréquents, « visiter » sans se déplacer en écoutant reportages, conférences et films. Les voyages d’affaires et les contacts avec la parenté peuvent parfois être remplacés par des communications à l’aide des nouvelles technologies.

Tourisme écologique 

Depuis quelques années, on assiste au développement du « tourisme écologique » regroupant certaines initiatives comme le déboursé d’une compensation carbone à même le prix du billet, le séjour dans des familles plutôt que dans de grands hôtels, les changements moins fréquents de draps et serviettes, etc. Ces actions sont à encourager, car elles visent à réduire l’empreinte écologique de l’industrie touristique.

Décider en pleine conscience et responsabilité 

Les voyages à l’étranger représentent un désir légitime de culture, de détente, d’épanouissement, etc. Toutefois, cette activité doit être parfois remise en cause si on considère la pollution qu’elle crée et les statistiques qui en prévoient une véritable explosion. Avoir les moyens financiers de voyager ne devrait pas être un critère déterminant. Chacun doit décider en pleine conscience et responsabilité de prendre ou non l’avion.

Source : Amis de la Terre de Québec

À lire :

Quelle est la position de Greenpeace sur les chemtrails ?

 

Auteur

Dernières publications


Vous aimeriez aussi
La Transition verte, la vérité qui dérange sur le tribut demandé à la Terre
L’entretien écologique de votre boisé : éviter la « propreté »!
Comment faire des rénovations écologiques?
Des mégaprogrammes réclamés pour sauver la forêt boréale

Laisser un commentaire