La saine gestion de l’eau d’arrosage extérieur

Serge Fortier est consultant, conférencier et auteur ainsi qu’inventeur du dispositif d’arrosage écologique Logissol-O.

Quel été 2018 nous avons eu! Jusqu’à huit périodes de canicule, des endroits au Québec où il n’a pas tombé de pluie pendant plus de deux mois, parfois plus. Là où il en tombait, c’était si peu qu’à peine cela humectait la surface du sol qui, par cette chaleur extrême, avait tôt fait de s’évaporer.

© sergefortier.com

Les récoltes dans les champs en ont souffert. Nos jardins et nos fleurs autour de la maison aussi. Bien sûr, on peut arroser notre jardin et nos fleurs! Mais le paradoxe, c’est que lorsque vous avez besoin d’arroser, à ce moment les règlements des municipalités en matière de restrictions d’arrosage s’appliquent. Si vous prenez l’eau d’un puits de surface, d’une pointe ou d’une source, vous risquez d’en manquer pour la maison. Alors, que faire?

Vivre des contraintes n’a jamais plu à personne! Je suis le premier à ne pas aimer me soumettre à des contraintes. Mais vous pouvez arroser vos plantations efficacement sans transgresser un règlement ou bien vous retrouver sans eau potable dans le puits.

Cela vous fait sans doute penser au baril récupérateur d’eau de pluie? Un début de solution, oui, mais loin d’être la panacée. Voici pourquoi :

Un baril récupérateur d’eau de pluie typique contient environ de 180 à 200 litres d’eau. Comme rarement une personne ayant peu d’espace en ville peut, ou même souhaite, s’en installer de 5 à 10 pour avoir une bonne réserve d’eau le temps que dure la sécheresse et, comme 200 litres d’eau ne permettent même pas d’arroser plus d’une fois un jardin d’à peine 30 m2, comment faire alors pour supporter les sécheresses, qu’on nous annonce de plus en plus intenses avec le réchauffement climatique, sans avoir souvent recours à l’eau potable?

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Le problème vient du fait qu’il y a énormément de gaspillage parce que la majorité des pratiques d’arrosage appliquent l’eau en surface. Résultat : 1) beaucoup d’évaporation, 2) ce n’est pas là que se trouvent les racines, 3) sans compter qu’on attire les limaces ainsi que les moisissures et on s’ajoute des tâches de désherbage, car on maintient les semences humides. Arroser en surface ne fait qu’humecter le paillis ou à peine de 1 à 2 cm de terre, alors que le problème de manque d’eau se situe à 10 à 15 cm sous la terre, parfois plus. Il faudrait arroser pendant une journée entière pour arriver à imbiber la terre à cette profondeur, ce qui nécessiterait beaucoup trop d’eau, et de plus, refroidirait tellement le sol que le rendement de vos plantes s’en ressentirait. L’arrosage par la surface ne convient que pour les pelouses, mais pas pour le jardin et les aménagements. Comme les pelouses traditionnelles ont toujours exigé beaucoup d’arrosage, les systèmes d’irrigation ont été conçus pour elles. Malheureusement, l’arrosage superficiel est devenu la règle pour tous les types de plantes, et de là vient le gaspillage d’eau potable et les autres problèmes précédemment mentionnés.

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Comme une mèche de lampe à l’huile

Alors comment faire? Pour faire autrement, il faut penser autrement!

Vous connaissez le fonctionnement d’une lampe à l’huile? Celle-ci représente bien la façon de s’approvisionner en eau des végétaux. Ce principe apporte l’autosuffisance en eau des végétaux dans la nature.

Le principe de fonctionnement d’une lampe à l’huile repose sur le fait que la mèche, faite d’un tissu poreux, trempe dans l’huile contenue dans la base de la lampe. La mèche permet à l’huile de monter jusqu’à sa tête par capillarité, alimentant ainsi la flamme. La capillarité, c’est le principe par lequel un liquide peut s’imbiber à l’intérieur d’un matériau poreux et remonter le long de celui-ci.

Or l’eau est un liquide et le sol justement est poreux! Ainsi, l’eau souterraine peut s’imbiber dans le sol et remonter vers la surface. Le sous-sol contribue donc majoritairement à l’irrigation des végétaux dans la nature. Constante, cette remontée d’eau parvient aux racines des végétaux pour leur assurer un apport quotidien, surtout dans les périodes où aucune pluie ne tombe. C’est le même principe que lorsque vous arrosez vos plantes d’intérieur en mettant l’eau dans la soucoupe. Vous voyez l’eau s’imbiber dans la terre.

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Malgré les nombreuses canicules de l’été 2018, avez-vous constaté que les arbres dans la nature ont fané? Bien sûr que non! Pourtant, un arbre ayant un tronc d’un diamètre de 60 cm peut nécessiter jusqu’à 150 à 200 litres d’eau par jour. Où trouverait-il toute cette eau lorsqu’il ne pleut pas pendant des semaines si ce n’est qu’elle lui arrive par en dessous. Mais oubliez la théorie qui dit que la terre est comme une éponge qui retient suffisamment d’eau pour alimenter la végétation pendant des semaines.

La sécheresse survient donc lorsque la quantité d’eau qui s’évapore et qui est consommée par les végétaux s’avère supérieure à la capacité de remplacement par la capillarité du sol, qui varie selon la granulométrie de celui-ci.

À la lumière de ce principe, ce n’est pas l’eau qui vient d’en haut qui compte le plus, puisque qu’il ne pleut pas souvent, mais celle qui vient d’en bas, qui elle se trouve plus constante… si on la préserve, bien sûr!

Voici deux moyens de maintenir cette régularité d’approvisionnement en eau du sous-sol :
1. Limiter l’évaporation par l’utilisation de paillis adéquats ou de plantes couvre-sol;
2. Repartir la capillarité en réhumectant la mèche souterraine.

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Comment repartir la capillarité

Grâce au seul dispositif d’arrosage sur le marché que j’ai conçu sur ce principe. Commercialisé en 2014, ce dispositif écoresponsable se nomme Logissol-O. Son but premier : abreuver et fertiliser la plante là où elle en a besoin, avec un minimum d’eau, tout en redémarrant la capillarité qui fait défaut lors d’une sécheresse.

Mon objectif était de développer une méthode logique d’arrosage, universelle et accessible à tous et qui apporterait plusieurs avantages à ses utilisateurs. Simple en apparence, ce dispositif cache une ingéniosité que seuls les utilisateurs peuvent apprécier. Aucun autre système permet d’arroser sous la terre, directement aux racines, sans humecter la surface, avec 80 % moins d’eau, de deux à trois fois moins souvent, avec de l’eau toujours à la bonne température, sans jamais utiliser d’eau potable, en permettant de fertiliser au besoin, et ce, autant avec des engrais granulaires que liquides, en remettant en marche la capillarité du sol, redonnant ainsi à vos plantes leur autonomie d’approvisionnement en eau, et avec une durée de vie minimale de 20 ans! Tout cela pour une meilleure santé et un meilleur rendement de vos plantations.

La construction d’une maison saine nécessite de concevoir les plans différemment et d’utiliser des matériaux différents. Il en va de même pour l’aménagement extérieur. La saine gestion de l’eau potable, des eaux usées et de l’eau de pluie s’avère indispensable en construction écologique. Fabriqué à partir de matériaux recyclés ou réutilisés, Logissol-O offre une liberté d’action en matière d’arrosage des potagers et des aménagements paysagers.

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Revenons au baril récupérateur d’eau de pluie. Avec Logissol-O, vous pourrez maintenant arroser vos cultures sans jamais avoir besoin d’eau potable. Si les municipalités doivent surveiller les réserves d’eau potable en temps de sécheresse, voilà un bon moyen de couper le gaspillage sans devoir jouer à la police avec des règlements souvent contraignants pour les citoyens. Jour, soir, adresse paire ou impaire, peu importe, vous retrouvez la liberté d’arroser quand vous voulez, puisque vous n’avez plus besoin de prendre l’eau potable. Citoyens heureux et municipalité heureuse! C’est gagnant-gagnant!

N.B. : Pour des besoins plus grands en eau d’arrosage, il existe la possibilité d’installer un réservoir souterrain de 1 000 ou 2 000 litres qui permet de stocker une plus grande réserve d’eau de pluie. Ce moyen s’avère avantageux, car si les sécheresses se rallongent, il sera important de récupérer tout ce qu’on peut lorsqu’il pleuvra.

Chaque dispositif permet l’arrosage de une à quatre plantes selon leur disposition.

Prix : De 110 $ à 150 $ pour 30 dispositifs.

logissol.casergefortier.com

 

 

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