Une maison en bois cordé qui suscite la fierté

Une maison en bois cordé qui suscite la fierté

 
51

Myriam Faucher et François Vachon
Étudiants au cours Textes de magazines à l’Université Laval

« Des fois, je me dis : comment on a fait pour construire ça! », s’exclame Nathan, neuf ans, devant l’exploit de ses parents, Josée et Steve : s’autoconstruire une maison écologique en bois cordé.

Présent en Amérique du Nord depuis le 19e siècle, ce type de maison se construit comme son nom l’indique : en cordant des bûches jointes par du mortier.

« Nous avons décidé de construire notre maison en bois cordé parce que nous avons trouvé du bois abandonné dans une cour », raconte Steve, se rappelant les débuts de leur aventure il y a neuf ans.

Selon le couple gaspésien, la bonne essence de bois et son temps approprié de séchage sont indispensables à l’obtention de murs durables. Le bois nécessite de 6 à 18 mois de séchage dans un environnement sombre et sec pour éviter de gonfler une fois intégré au mur.

Quant à l’essence à privilégier, Jacques Tétreault, géobiologue et auteur de ce dossier sur le bois cordé paru dans La Maison du 21e siècle en 2004, recommande le cèdre blanc : « [Il] vient en tête de liste pour son facteur isolant (environ R-1,5 par pouce d’épaisseur), sa résistance à l’humidité et son coefficient de rétrécissement minime au séchage. » Le cèdre est également réputé pour ses propriétés antifongiques. Neuf ans après la construction, Josée et Steve constatent que les bûches n’ont pas rétréci et que le mur ne comporte aucune fissure.

Pour construire leur maison de 2 000 pi2 ­– dont 50 % des murs sont en bois cordé –, ils ont utilisé environ 20 000 bûches de 8 pouces. Ils ont érigé deux murs de cette largeur séparés par un espace d’isolation de 4 pouces rempli de styromousse récupérée. Et pour joindre les bûches, ils ont concocté une recette de mortier particulière : 12 portions de sable pour 3 d’eau et une de ciment. Petite astuce de Josée : « Afin d’avoir une maison lumineuse, nous avons ajouté une portion de chaux pour éclaircir le mortier des murs intérieurs. »

Reconnue pour son aspect écologique, cette technique de construction s’avère également économique. « En plus du bois trouvé, nous avons surtout utilisé des matériaux récupérés. Au total, nous avons déboursé environ 130 000 $ pour notre maison, puits et champ d’épuration inclus », confie Josée.

Voici les conseils de Josée et Steve à ceux qui souhaiteraient tenter l’aventure :

  1. miser sur la patience et la persévérance – ils avaient estimé prendre un mois pour ériger leurs murs de bois cordé… pour finalement les terminer en six mois;
  2. se limiter à monter deux pieds de mur par jour pour permettre à la structure de se stabiliser et au mortier de bien sécher;
  3. habiter près du lieu de construction pour s’y investir au maximum et investir dans l’achat d’outils de qualité.

Visiblement satisfaits, ils ajoutent : « Notre maison est chaude l’hiver – ils ont un foyer de masse et des planchers chauffants à l’eau chaude – et fraîche l’été. Nous économisons environ 50 % sur le coût du chauffage, notre structure est restée très stable, et l’air circule très bien dans la maison. Et nous, nous respirons de fierté que notre maison respecte nos valeurs et soit saine pour notre famille! »

Auteur

Dernières publications


Vous aimeriez aussi
Nuisances des éoliennes : une Québécoise témoigne
Minimaisons : plus d’avantages que de limites (réservé)
Construire en paille et argile au Québec ?
Lectures printanières

Laisser un commentaire

Oui Non