Lorne Trottier. (Photo : Université McGill)

Des articles publiés sur notre site Web et dans la Maison du 21e siècle comportaient certaines erreurs, nous souligne dans la lettre reproduite ci-dessous le président du Groupe Matrox, Lorne Trottier. Il affirme que son entreprise de conception de circuits intégrés et de fabrication de cartes graphiques tire moins de 1 % de son chiffre d’affaires de produits pouvant être utilisés avec un appareil sans fil. Par ailleurs, il souligne qu’une erreur sur le site de l’Université McGill portait à croire faussement qu’il était administrateur du fonds de capital-risque iNovia Capital, ce qui n’est pas le cas.

Nous avons donc corrigé nos articles Web en conséquence. Comme nous l’écrivions dans notre numéro d’automne 2012, c’est iNovia Capital qui a investi des millions de dollars dans l’industrie du sans fil, en particulier les technologies des ondes millimétriques de 60 gigahertz. (Détails sur http://inoviacapital.com/?s=wireless)

Voici la lettre de M. Trottier, suivie de notre réponse.

Le 6 février 2013

Monsieur,

Vous avez écrit sur votre site https://maisonsaine.ca, et parfois reproduits dans la version papier de votre magazine la Maison du 21e siècle, certains articles traitant des effets prétendument néfastes des champs électromagnétiques et des radiofréquences. Or, quelques-uns de ces articles parlent de moi en termes, pour le moins, peu élogieux. J’ai recensé entre autres les articles suivants:
i. « Polytechnique poursuit sa désinformation sur les radio fréquences » (28 novembre 2012);
ii. « Les compteurs intelligents rendraient intolérant aux champs électro magnétiques » (11 octobre2012);
iii. « Polytechnique, au service de l’industrie ou de l’intérêt public? » (17 juin 2012);

Par ailleurs, le premier article fait aussi référence à un autre article, anonyme celui-ci, publié sur le site EMFacts Consultancy, soit : Lorne Trottier’s Financial Ties to the Wireless/Mobile Industries (5 juillet 2012). Il m’apparaît probable, ou possible, que vous soyez l’auteur de ce dernier article, ou à tout le moins que vous êtes la source de plusieurs éléments qui y sont contenus.

Or, tous ces articles contiennent des faits erronés à mon sujet et il m’apparaît important d’en rétablir certains :
i. D’abord, vous écrivez que le groupe d’entreprises dont je suis cofondateur, Le Groupe Matrox, fabrique différents produits informatiques, dont des applications pour appareils sans fil. Je vous invite à consulter notre site Internet, www.matrox.com, où vous pourrez constater que nous ne fabriquons qu’une poignée d’appareils sans fil et que les applications électroniques que nous produisons et qui sont destinées à des appareils sans fil représentaient en fait l’infime minorité de ce que nous vendons. En effet, j’estime le chiffre d’affaires de nos produits pouvant potentiellement être utilisés avec un appareil sans fil à moins de 1 % de notre chiffre d’affaires total;
ii. Vous mentionnez aussi fréquemment mon association à iNovia Capital qui aurait, selon vous, des investissements substantiels dans l’industrie du sans fil. Or, je ne suis pas et n’ai jamais été ni actionnaire ni administrateur d’iNovia Capital; en fait, je n’ai aucun lien de quelque nature que ce soit avec iNovia Capital. Le seul lien potentiel, qui n’en est pas un, est le fait que je sois un représentant de McGill au Conseil de MSBiV, dont iNovia Capital est simplement actionnaire. J’exerce cette fonction pro bono – sans rémunération. En plus, je n’ai aucun intérêt financier dans MSBiV et encore moins d’intérêt, pécuniaire ou autre, dans iNovia Capital.

Le site Internet https://secureweb.mcgill.ca/boardofgovernors/other/non-board laissait erronément sous-entendre que je suis administrateur d’iNovia Capital et le tout a été corrigé. Bref, vos prétentions générales à l’effet que j’ai « investi des millions de dollars dans les technologies sans fil » sont insensées et dénuées de tout fondement.

Enfin, la lettre anonyme publiée sur le site EMFacts Consultancy, en plus de reprendre les mêmes arguments fallacieux eu égard à Matrox et à mon association à iNovia, en rajoute en mentionnant le Centre for Inquiry Canada (CFI), un organisme auquel je serai associé par le fait que mon neveu, Justin, y travaille ou y a travaillé.

En fait, on m’accuse dans cet article d’avoir fait un don en échange du fait que mon neveu, Justin, y travaillerait. Ceci est non seulement faux mais hautement diffamatoire. Comme le dit bien l’article, j’ai toujours fait des dons au CFI (qui n’a d’ailleurs à ma connaissance aucun intérêt dans l’industrie du sans fil — je ne comprends donc pas la pertinence du propos), et je continuerai de le faire, que mon neveu y travaille ou non. M. Fauteux, je vous encourage fortement dans le futur, si vous deviez à nouveau écrire des articles à mon sujet, à considérer les éléments mentionnés ci-dessus et à corriger les faits erronés que vous avez écrits dans la passé.

Salutations.

Lorne Trottier —

M. Trottier,

Merci de ces précisions et prière d’accepter nos excuses. J’ai corrigé les articles publiés sur notre site Web en conséquence. Par ailleurs, sachez que je n’étais pas l’auteur de l’article Lorne Trottier’s financial ties to the Wireless/Mobile Industries.

Il demeure que je suis préoccupé par le fait que, d’une part, vous préconisiez un débat sur les radiofréquences (RF) « guidé par la science », alors que, d’autre part, vous soyez webmestre du site biaisé http://emfandhealth.com/, rédigé notamment avec le Dr Michel Plante, médecin à l’emploi d’Hydro-Québec et consultant auprès d’entreprises de téléphonie cellulaire.

Votre site qualifie d’alarmistes les chercheurs qui recommandent de réduire l’exposition sans cesse croissante aux radiofréquences, comme le recommandent également des milliers de médecins, plusieurs pays ainsi que l’Agence européenne pour l’environnement. Comme vous le savez, ces chercheurs comptent parmi la cinquantaine d’experts qui ont signé une réplique que j’ai coordonnée et qui qualifie de « désinformation flagrante » une lettre ouverte/pétition sur les compteurs intelligents cosignée par un collectif d’universitaires québécois. Collectif dont vous faisiez partie, ainsi que Thomas Gervais, le chargé de cours à l’origine d’une « brigade électro-urbaine » — que la Fondation Trottier que vous dirigez finance —  à Polytechnique Montréal.

Dans une entrevue accordée au quotidien Le Devoir, M. Gervais expliquait que la brigade proposerait aux personnes qui se disent hypersensibles aux ondes électromagnétiques de se soumettre à une expérience visant à vérifier « si les malaises qu’ils éprouvent sont de nature psychosomatique ou bien s’ils sont réellement causés par les ondes ».

Or diverses études indépendantes ont révélé que l’électrohypersensibilité n’a rien de psychosomatique, comme l’ont conclut certaines études financées par l’industrie. Les signataires de la réplique à votre lettre ouverte, dont le président du Comité national russe sur la protection contre les radiations non ionisantes, l’ingénieur Yury Grigoriev, affirmaient dans leur réplique : « Les compteurs intelligents sans fil émettent des micro-ondes pulsées atypiques, de très courte durée mais relativement nocives, dont les effets biologiques n’ont jamais été pleinement testés. Ces salves qui durent des millisecondes peuvent être émises en moyenne 9 600 fois par jour jusqu’à un maximum de 190 000 transmissions quotidiennes, et à un niveau d’émission en période de pointe deux fois et demie plus intense que le signal de sécurité déclaré […] Dépendant de sa proximité des parties habitées d’une maison, […] les gens qui vivent à proximité d’un compteur intelligent risquent d’être exposés à ces ondes de façon beaucoup plus intense que s’ils sont à côté d’un cellulaire, sans parler de l’effet cumulatif de ces mêmes ondes sur les gens exposés à plusieurs compteurs, à des routeurs ou à des bornes collectrices recevant les données de consommation de jusqu’à 5 000 foyers ».

Compte tenu du fait que des milliers de personnes affirment que leur état de santé s’est détérioré après l’installation d’un tel compteur dans leur maison, et que plusieurs ont recouvré leur santé après qu’il fut retiré ou désactivé, je partage l’avis de ces experts qui « recommandent l’application du principe de précaution et l’adoption de mesures immédiates — comme l’usage de compteurs filés — pour réduire l’exposition à toutes formes de RF/micro-ondes. Nous ne préconisons pas que l’on cesse d’utiliser les technologies sans fil, seulement que l’on fasse preuve de bon sens afin que leur utilisation ne représente pas un risque pour la santé. »

Salutations
 
André Fauteux

Auteur

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